NUMÉRO : 53 REVUE MENSUELLE AVRIL 1999

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LA PENSÉE DU MOIS : Il faut savoir pardonner à l'erreur...

Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
E. Graciela Pioton-Cimetti L'authenticité de la conduite
 
Hervé Bernard Authenticité de la conduite
 
Elisabeth Courbarien Bonne conduite
 
Paul Ruty Le samouraï
 
Health I. G. News Día mundial de la salud
 
Health I. G. News Informaciones…
 
Novena conciencia Y, en el preciso instante, en que todo…



En formulant que « l'enfer est pavé de bonnes intentions », la sagesse populaire a souligné les difficultés auxquelles se heurte l'homme dès qu'il entreprend de réaliser ce qu'il a conçu. Entre la pensée et l'action s'ouvre un abîme qu'il n'est pas facile de franchir.

Les philosophes l'ont démontré par de subtiles analyses. Que de « j'aurais bien voulu, mais je n'ai pas pu » !

Et pourquoi est-ce donc si difficile à tout un chacun d'imiter ces milliers de héros, de saints, de martyrs et d'anonymes qui surent et purent agir selon leur pensée ?

***

Les tendances qui nous poussent à l'action sont relativement importantes :

  • Les tendances organiques avec l'instinct de conservation ; appétits : faim, soif, appétit sexuel ;
  • Les tendances altruistes avec les instincts grégaire et maternel, la sympathie, la camaraderie, la communion avec le groupe ;
  • Les tendances dominatrices avec l'agressivité mise en valeur par Freud ;
  • Les tendances sociales avec le goût de la vie domestique ; de la vie professionnelle ; de la vie civique ;de la vie patriotique ;
  • Les tendances idéales avec la tendance du vrai : la science ; la tendance au beau comme l'art ; la tendance au bien comme la morale ; la tendance à l'absolu comme la religion.

    Et c'est le mécanisme de la conception d'une action par la pensée qui choisit parmi les tendances.

    ***

    La pensée est libre. Certes, on ne pense pas exactement ce qu'on veut, notamment lorsqu'on cherche à concevoir le réel d'après les règles de la méthode expérimentale. La santé joue son rôle dans notre vision optimiste ou pessimiste des choses. L'hérédité joue le sien dans notre tendance à la mélancolie, aux idées noires. La pensée vogue au gré du moment. Il suffit d'une émotion, d'un désir fugitif, d'un souhait pour que s'élèvent les plus beaux édifices. Mais bien des obstacles se dressent qui nous évitent de les faire passer de la virtualité à la réalité.

    Il est difficile de passer à l'action. Admettons que la virtualité d'action élaborée durant notre rêverie devienne désir, c'est-à-dire, comme Spinoza l'a montré, une tendance « avec la conscience d'elle-même ». Admettons que, nouveau Rodrigue, nous désirions venger l'honneur familial outragé ; que femme du pêcheur des Pauvres gens, nous désirions adopter les orphelins de la maison voisine.

    Des obstacles matériels se dressent devant nous et peuvent faire avorter notre désir. Il suffit d'une pierre, sur le chemin, pour tomber avec le panier d'œufs qui contenait en germe les poulets, le cochon, la vache et son veau dont nous avions rêvé. Plus question de bâtir, d'acheter la ferme, le tracteur à l'aide desquels nous pensions pouvoir faire fortune !

    La volonté d'autrui se dresse aussi devant nous pour mettre obstacle à la réalisation de ce que nous avons conçu. La vie nous force à user constamment notre volonté contre celle d'autrui. Et quelle que soit l'œuvre que nous cherchons à concevoir, dans le domaine moral, intellectuel, économique ou politique, la réaliser demande du travail, de l'obstination, du courage, mais aussi de la chance.

    La volonté collective oppose d'ailleurs parfois sa terrible puissance à notre désir. Celui qui pense le vrai ou le juste dans l'hérésie en fait l'expérience. Aussi bien Socrate quand il affronte ses juges que Galilée quand il s'incline momentanément devant les siens. Il n'est pas vraiment facile d'agir selon sa pensée lorsque, comme à Socrate, elle vous fait aimer une conception du juste et du sacré contraire à celle de la cité ; lorsqu'elle vous offre, comme à Galilée, une image du vrai interdite par la communauté religieuse. Il suffit de si peu de chose pour détourner l'action de la voie où la pensée l'engage puisque celle-ci trouve, dans l'individu lui-même, des obstacles à son aboutissement.

    Soi-même enfin : voilà le plus efficace des obstacles, indéfiniment rebâti et toujours orienté à la traverse quand nous croyons pouvoir le contourner. « L'homme – a écrit Gabriel Tarde – est un être social greffé sur un être vital » et cet être vital ne veut pas être privé de la moindre provende. Or agir pour autrui, lorsque la pensée l'exige, agir pour l'idéal intellectuel, moral, religieux ou politique, c'est aller contre son instinct de conservation, contre ses appétits. Agir selon son devoir, quelle qu'en soit la justification, c'est aller contre ses passions.

    Trop souvent, nous avons peur d'engager le fer, avec plus puissant que nous, nous craignons d'en pâtir dans notre chair, dans notre situation professionnelle, dans la situation dont nous nous sommes entourés. Nous aimons la paix, le calme, l'insouciance. La moindre action troublerait cette aimable torpeur dans laquelle nous nous complaisons… Une bonne pensée est vite conçue. Hélas, il faut quelquefois toute une vie pour la réaliser. Il faut même donner sa vie immédiatement, sans retour, l'échanger contre une valeur plus haute, disait Saint-Exupéry.

    ***

    Souvent, les difficultés devant lesquelles nous reculons ne se découvrent qu'après coup, au fur et à mesure de l'action. Elles n'avaient pas été prévues et voilà bien la cause de tout le mal. Il faudrait ne s'engager dans l'action qu'après avoir mûrement réfléchi.

    Ne connaissons-nous pas des personnes assez maîtresses d'elles-mêmes pour accomplir ce qu'elles ont conçu ? Ne sentons-nous pas en nous-mêmes ce pouvoir sans lequel nous ne serions plus que des bouchons sur l'eau ? Seulement, il ne suffit pas de concevoir un souhait, il faut déterminer avec précision l'objectif et les moyens de l'atteindre. Il a été dit que le génie « est une idée de jeunesse réalisée dans l'âge mûr ». Sans prétendre faire œuvre géniale, nous pouvons ambitionner de devenir d'honnêtes gens, des êtres authentiques et non des marionnettes. Encore faudrait-il faire le nécessaire pour y parvenir.

  • E. Graciela PIOTON-CIMETTI



    La conduite est fille de la réflexion. Jung ajouterait à la pensée, le sentiment, la sensation et l'intuition, qui constituent les quatre fonctions psychiques. Mais en quoi une conduite est-elle authentique ?

    L'action et la pensée sont soutenus par la pulsion, « processus dynamique consistant dans une poussée qui fait tendre l'organisme vers un but ». Et la vérité fondamentale de la pulsion est le désir. D'où vient le désir qui nous amène à l'essence de l'être humain, au mystère de la vie ?

    Au-delà de la question du pourquoi, intéressons-nous au comment de la conduite : quels sont les processus psychiques à l'œuvre dans la conduite ?

    Chaque acte de notre vie quotidienne est sous-tendue par une pulsion et encadré par des limites que l'on s'est donné à soi-même, à travers l'éducation, la morale, l'éthique, la peur du danger et de l'interdit.

    La plupart du temps, la pulsion utilise des voies d'étayage qui agissent comme des réflexes conditionnés en raison du plaisir agréable que nous avons goûté dans le passé. Nous créons nos propres modes de jouissance en utilisant notre corps et notre esprit. Pour les uns, il s'agira de bonne chère, de sport, de marche à pied, de cigarette ; pour d'autres, ce sera la lecture, les mots croisés, le travail intellectuel, la conversation. Le point commun de toutes ces activités est qu'il procure du plaisir à leur auteur, souvent tout en les enrichissant par l'énergie retirée, la préservation du lien relationnel à des proches, l'augmentation des connaissances. La pulsion naît de la rencontre du désir éveillé et de la recherche d'un plaisir déjà connu, à l'occasion d'un moment de temps libre. La psyché est passée maître dans la préparation dans le temps et dans l'espace pour contrôler la pulsion qui va distiller progressivement le plaisir attendu. Pas trop vite, car sinon peuvent apparaître la frustration et même des pulsions contraires et surtout destructrices ; pas trop lentement, car le plaisir passera à côté.

    Mais il est d'autres désirs plus profonds et plus difficiles à aborder. Bien que cachés dans l'inconscient, ils interagissent puissamment avec notre conscience, tant qu'ils ne seront pas satisfaits. Ce sont des désirs méconnus qui nous mettent mal à l'aise, car souvent nous ne les reconnaissons pas en tant que tels. Ils sont contrariés par des pulsions contraires qui interdisent leur émergence.

    Le plus classique est le désir œdipien, quand le complexe d'Œdipe n'est pas dépassé. Le jeune enfant ou parfois l'adulte ressent un désir pour sa mère, mais en raison de la peur du père, de la morale, refoule ce désir. D'où la conversion de l'énergie du désir en différents symptômes en fonction de la personnalité, du stade d'évolution psychique de la libido, de l'histoire de la personne. La difficulté du travail sur soi nécessaire pour reconnaître ce désir et canaliser son énergie dans des voies permises par la société et la morale de la personne est qu'il est enchevêtré par voie associative à de nombreux autres investissements que nous ne voulons pas toucher. Il est souvent difficile de faire preuve de création en innovant dans sa conduite quand il s'agit de changer de repères dans notre vie quotidienne ou même notre projet de vie. Là, il faut savoir lire et comprendre la signification de notre mode d'être au monde et aux autres avant qu'il ne devienne une organisation psychique autonome. Le destin d'un désir refoulé est à la fois de se faire reconnaître à travers la conversation en symptôme. Le désir est toujours là, présent dans le vécu, mais méconnaissable.

    Comment s'en sortir quand on est en proie au doute et à l'incertitude sur le chemin à emprunter ? Là intervient l'authenticité de la conduite. Malheureusement, il n'existe pas de recette. C'est à chacun de trouver au plus profond de son cœur et de sa logique quels actes faire au quotidien, à s'armer de patience face aux résistances parfois très dures qui tendent toujours à s'opposer à l'émergence du désir à la conscience. L'intelligence est autant au service de l'émergence du désir que de son refoulement. Jung invoque la fonction transcendante pour nous rendre le libre arbitre de décider de notre sort, méconnaître son désir et continuer à souffrir ou avoir le courage de le rencontrer.

    Je n'ai livré au lecteur qu'un exposé théorique de la géopolitique du désir. À chacun d'adapter mes propos à sa propre géographie, aux connaissances qu'il a déjà acquises sur lui-même.

    Hervé BERNARD



    « Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais ! »

    Qui peut prétendre ne pas avoir entendu cette phrase, telle une mauvaise excuse dispensée comme un prétexte devant un brusque soupçon de culpabilité ?

    La conscience est donc là, tapie non loin, pour se rappeler à notre bon souvenir et occasionner quelques remords parmi quelques oublieux du droit chemin. N'empêche, ils ont beau éprouver ce sentiment de ne pas agir selon les préceptes qu'ils leur furent inculqués et qu'eux-mêmes se targuent souvent de transmettre, ils doivent constater leur faiblesse et leur incapacité à se conduire dans la droite lignée de ceux-ci.

    Avec authenticité.

    Alors, pour s'affranchir de la part de responsabilité qui leur incombe dans la trahison manifeste de leurs actes à leur pensée… ils lancent cette petite phrase en un « Sésame ouvre-toi » de leur exemplarité déchue.

    Dire qu'il est simple de se comporter de façon fidèle à ces principes de bonne conduite… Grand Dieu, si tel était le cas, nous serions tous des saints et nous ne nous auto flagellerions jamais de nos conduites déviantes, quand, encore, nous figurons au rang de ceux qu'étouffe un peu de cette mauvaise conscience.

    Comment pourrait donc se définir une conduite authentique ?

    Selon moi, par une fidélité en pensée, en parole et en action ! Au bien.

    Plus facile à énoncer qu'à appliquer.

    Que celui qui n'a jamais failli lui jette la première pierre…dès lors de voisin qui trébuche, en collègue qui flanche, de copain qui trahit, en ami qui s'égare, nous finissons par nous demander, édifiés, où nous-mêmes puisons la force de rester fidèles sans tomber dans le ridicule, sans non plus nous draper dans la superbe repoussante d'un côté par trop moralisateur, alors qu'aucun de ceux qui nous entourent, ou si peu, ne semble parvenir à rester dans les clous définis par le respect de ces valeurs.

    Avoir une conduite authentique, c'est frôler, dans notre civilisation moderne, l'élimination vers le banc de ceux dont la participation s'avère insupportable.

    Seule l'exclusion devient inéluctable, aucun argument fondé ne pouvant leur être reproché.

    S'ensuit donc la relégation au banc de « pas touche », quand il est tellement plus drôle et amusant d'être au cœur de la partie !

    Que ne serait-on pas tenté de faire, jusqu'à se renier soi-même, pour se confondre dans la masse perfectible, en échappant à l'insupportable lourdeur de devoir se contenter de regarder le jeu sans pouvoir y prendre part. Le football américain n'est au demeurant pas idéalement conçu et adapté pour le joueur équipé pour un match de socker !

    Le respect de règles et d'une véritable éthique vont être, aux yeux de ceux qui les transgressent, fréquemment interprétés comme autant de signes de faiblesse. Tous les coups seront permis pour s'approprier plus de territoire, plus d'emprise, plus de pouvoir. Celui qui lutte à la défense du sien ou à son expansion sans spolier quiconque, sans agissements perpétrés contre des tiers, celui-là conserve, peut-être, le respect de lui-même, mais n'obtient souvent que celui de ses rares pairs, tandis qu'il doit faire face à toujours plus de dénigrements de ceux qui ont oublié le sens profond du mot respect.

    S'il tentait que cette notion aux allures faussement désuètes leur fut un jour inculquée !

    Il est intolérable, à bon nombre, de devoir se vivre porteurs d'une culpabilité fort lourde, quand l'autre, à côté d'eux, semble jouir d'une âme si légère !

    La tentation de détruire est là, sous-jacente, derrière l'abus de pouvoir ou de position dominante des uns.

    Derrière la perversité des autres.

    Comme le disait si pertinemment Matzneff : « Donnez la moindre parcelle d'autorité à un médiocre, il se transforme incontinent en tyranneau. »

    Si nous laissons faire, pire, si nous nous laissons faire, où commence notre culpabilité ? Tel saint Pierre, nous avons, quand bien même forts de nos croyances, trahi au moins trois fois pour ne pas afficher de façon ostentatoire cette différence fondamentale que nous portons. Elle n'est déjà pas si simple à vivre, alors que nous faudrait-il supporter de plus comme sarcasmes et autres moqueries devant la manifestation tangible de ces différences ? Tout au mieux cherchons nous à esquiver et à nous préserver des jalousies et des envies de destructions que sont susceptibles de s'attirer notre joie et notre paix intérieure. Nous ne cherchons pas à faire office de modèle ou de référence, mais déjà, simplement, à vivre en toute quiétude.

    Oui, je dois pour ma part concéder que j'ai failli à l'authenticité dans ma conduite, quand il s'est agi « d'être » et que j'ai fait le choix de « paraître ». Paraître, pour mieux me fondre dans la masse. Paraître et prendre part à la mêlée. Paraître, pour « apparaître » à l'identique. Paraître, pour tenter d'échapper à la crucifixion promise par ceux qui ne savent pas ce qu'ils font. Par ceux qui ne sauraient être la proie d'un remords de conscience en sachant « ne pas bien agir », parce qu'ils semblent devenus ignorants de ce qu'est le bien. Et œuvrent dans un no man's land de la conscience, là où règne sans nulle distinction, la plus absolue confusion entre ce qui est bien et ce qui est mal.

    C'est étrange…parce que la conscience, c'est un peu comme cette source de vie que nous promet la foi, comme cette eau qui désaltère plus que n'importe quel breuvage et dont on ne se lasse pas, non qu'elle drogue ou enivre, mais qu'elle nous irradie ! Et l'expérience prouve qu'il est plus agréable de poser ses pas pour avancer en lumière.

    Vers la lumière de l'authenticité.

    Car, lorsqu'enfin se déchire le voile, tout s'éclaire.

    Elisabeth Courbarien



    Le langage des psychologues est surprenant, quelque soit la bonne volonté mise à se vouloir clair. Entreprendre d'expliquer la nécessité de l'analyse n'est pas une mince affaire. Ceux qui s'y hasardent, ressentent évidemment l'immense difficulté que l'on peut éprouver à exprimer son propre inexprimable. Ils ont toutefois quelques chances de passer leur message s'ils s'adressent à des pairs, psychologues comme eux ou familiers du langage d'initié. Mais qu'il essaient de le dire à l'homme de la rue qui n'est pas en possession du « code » et leurs propos les plus subtils se transforment en une horrible langue de bois qui les fait apparaître comme de gentils dingues quand ce n'est pas de dangereux manipulateurs. Je n'ai pas osé me lancer le mois dernier, de peur de tomber dans le piège. Un exemple, à peine trafiqué, à l'intention de l'homme de la rue, fera-t-il l'affaire, cette fois ci ?

    ***

    Robert est en prison, il a été condamné à 20 ans pour meurtre. Au cours d'une bagarre, armé d'un couteau, il a frappé au cœur son adversaire.

    D'après lui, il tenait son couteau devant lui. Au cours d'une bousculade, il est tombé sur son adversaire et le couteau est entré ; tout seul, dit-il.

    Mais le procès est passé et cela justifie le dialogue suivant :

  • Vois tu, Robert, Nous avons eu une éducation différente, Tu sais te battre au couteau, moi non ! Mais il me semble que dans une bousculade, au cours d'une bagarre, si je tiens un couteau devant moi, mon réflexe immédiat sera de retirer mon bras pour éviter de tuer. Tu ne l'as pas fait. Il y a donc certainement une bonne part de culpabilité en toi.

  • Mais, je ne voulais pas tuer !

  • Mais, tu n'as pas retiré ton bras !

  • C'est vrai ! Mais je suis fait comme ça. Y-a-t-il un moyen de changer mes réflexes, de faire que dans ce genre de situation, je réagisse comme toi ?

  • Il y en a un qui a été inventé par un certain Pavlov. Imagine le scénario suivant : on te bouscule ; si tu mets ton bras en arrière, on te donne ton repas normalement, si tu ne bouges pas ton bras, on te prive de repas et si tu mets ton bras vers l'avant, on te prive de repas et on te donne un coup de bâton. Tous les matins pendant un mois et, tu verras, ton bras partira vers l'arrière à la moindre bousculade même si tu ne risques plus de sanction.

  • Mais je deviens un automate !

  • Oui ! Mais tu sais, c'est un peu comme ça que je fonctionne moi aussi.

  • Je ne veux plus être un automate. C'est ce que je deviens ici. Dans la prison, j'ai appris à marcher en rasant les murs, à attendre la gamelle, à remuer matin et soir à heures fixes, sur ma litière pour que l'on vérifie à travers l'œilleton que je suis toujours vivant, à demander l'autorisation par écrit pour la moindre formalité, à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre dans une cour de promenade de 50 mètres carrés, à enlever ma montre pour passer sous le portique détecteur de métaux chaque fois que je sors de ma cellule, à lever les bras pour la fouille chaque fois que je croise un surveillant… Et, j'en passe… Mais je veux résister. Je ne me sens plus dans mon élément parmi les autres détenus. J'ai l'impression de me noyer ! Je veux changer et je ne peux pas croire que c'est impossible. Y-a-t-il un autre moyen de transformer mes réflexes qui ne fasse pas de moi un automate ?

  • As-tu pensé à la religion ?

  • Je ne crois pas. Il y a trop d'injustice dans le monde. Il n'y a rien d'autre ?

  • Une psychanalyse peut-être !

  • C'est quoi ?

  • Quelqu'un qui t'accompagne dans une recherche intérieure pour essayer de débusquer avec toi les raisons de tes comportements et t'aider à voir la vie sous un angle différent. Les psychanalystes utilisent pour cela, avec toi, tous tes fantasmes, tes rêves, tes manies, tes goûts et tes répulsions.

  • Ils peuvent lire l'avenir dans les rêves ?

  • Ce n'est pas tout à fait ça !

  • J'ai fait un rêve bizarre, dernièrement : Je nage dans une rivière, mais le courant très fort m'entraîne vers une cascade. J'en entends les grondements de plus en plus fort et je vais me noyer. J'essaye de nager vers le bord de la rivière, mais un Samouraï est là pour m'empêcher d'aborder chaque fois que je m'approche !

  • C'est quoi, un Samouraï ?

  • Un chevalier, un homme d'honneur, mais celui-là m'a vraiment fait très peur. Tu crois qu'un psychanalyste pourrait comprendre ce que cela veut dire ?

  • ***

    Mon exemple qui se termine, comme beaucoup de rêves par un point d'interrogation, a-t-il été efficace ? J'ai cru pouvoir faire sentir, la nécessité de l'analyse à l'homme de la rue privé du « code », à défaut de la lui expliquer. Mais je réalise maintenant que pour qu'il comprenne, il lui faut tout de même deux qualités particulières : avoir souffert et pouvoir deviner le Rédempteur derrière le Samouraï. Faute de quoi, ma démonstration est ratée.

    En fait, c'était un faux problème, elle était ratée de toute façon :

    Il n'y a pas de psychanalyste en prison !

  • Paul Ruty



    El 7 de abril de 1948, 26 de los 61 Estados que la habían firmado, ratificaron la Constitución de la Organización Mundial de la Salud; acto que marcó la entrada en vigencia del organismo.

    Por tal motivo, el 7 de abril de cada año se conmemora el citado acontecimiento como el Día Mundial de la Salud.

    Este año, la OPS/OMS dedica el Día Mundial a los adultos mayores, con el lema: "Sigamos activos para envejecer bien".

    Para el año 2000, Estados Unidos y Canadá tendrán más de 50 millones de habitantes de más de 60 años de edad; América Latina y el Caribe, más de 42 millones.

    Establecer una comunidad intergeneracional armónica

    La Dra. Gro Harlem Brundtland, Directora General de la Organización Mundial de la Salud aseguró que "el envejecimiento de la población mundial es uno de los retos más importantes que tendrá ante sí el mundo durante el próximo siglo, pero también encierra una gran oportunidad. Las personas de edad tienen un gran aporte por hacer". La titular de la OMS agregó:

    "A menudo se considera que los adultos mayores constituyen un grupo homogéneo proveniente principalmente de países industrializados, que ya no aportan nada a sus familias ni a la sociedad, pudiendo incluso llegar a constituir una carga. La verdad no podría ser más diferente. La mayoría de las personas de edad demuestran a diario lo equivocado de esas ideas".

    "El envejecimiento activo –continuó Gro Harlem Brundtland– abarca todas las dimensiones de nuestra vida, a saber, la física, la mental, la social y la espiritual. Un estilo de vida adecuado, la participación en la familia y la sociedad y un entorno propicio para el envejecimiento preservan el bienestar. Las políticas que reducen tanto las desigualdades sociales como la pobreza son esenciales para complementar los esfuerzos individuales en pro de un envejecimiento activo".

    "El mantenimiento de la salud y la calidad de vida durante toda la existencia de una persona –culminó–, permiten vivir vidas en plenitud y establecer tanto una comunidad intergeneracional armónica como una economía dinámica".

    Promover mayor conocimiento

    Por su parte, el Dr. George A.O. Alleyne, Director de la Organización Panamericana de la Salud indicó que "a medida que el siglo 20 llega a su fin, los adultos mayores se convierten en uno de los segmentos de la población que crece más rápido en todos los países del mundo. Por consiguiente, ha llegado el momento de promover mayor conocimiento del público acerca de cómo hacer los últimos años de vida saludables y placenteros".

    "Si descubrimos maneras de prolongar y mantener nuestra vitalidad física e intelectual por un período tan largo como sea posible –agregó–, podremos seguir aportando a nuestras familias y a la comunidad, al mismo tiempo que ellos siguen beneficiándose de nuestras experiencias y éxitos.

    Este proceso también enriquece el bienestar socioeconómico de las naciones de este Hemisferio. El tema del Día Mundial de la Salud de 1999 Sigamos activos para envejecer bien nos recuerda que el envejecimiento saludable es más que evitar las enfermedades. El mensaje tras el tema es que si adoptamos comportamientos y estilos de vida saludables en la niñez, podemos esperar que nuestra edad adulta y los años posteriores sean especialmente estimulantes y productivos.

    El Director de la OPS remarcó: "Al mantenerse y permanecer física y mentalmente activos, podemos dar más vida a nuestros años y no sólo más años a nuestra vida."

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    Salud infantil: La infección crónica del oído y el deterioro del lenguaje

    Un informe publicado en The Lancet (1999;353:960-963) concluyó que el retraso de la cirugía ante un cuadro de infección crónica del oído en los niños, no aparece asociado a un mayor riesgo de deterioro del lenguaje y su uso. Investigadores de la Universidad de Bristol, Reino Unido, estudiaron a 182 niños, de 1 a 4 años de edad, y que sufrían de infecciones crónicas del oído, con el objetivo de recoger datos. 92 de ellos fueron sometidos a cirugía dentro de las seis semanas tras el diagnóstico, mientras que los restantes fueron observados durante nueve meses, antes de tomar una decisión sobre la intervención quirúrgica.

    Si bien notaron que los niños con cirugía retrasada mostraron niveles menores del uso expresivo del lenguaje, comparados al promedio de su edad; la diferencia con el grupo de intervención inmediata no fue evidente 18 meses después de la cirugía. Los autores aclararon que la falta de tratamiento a largo plazo de la infección crónica del oído puede conducir a retardos en el desarrollo expresivo del lenguaje, pero remarcaron que 11 niños del grupo de estudio al que se le retrasó la intervención, mejoraron durante el período de espera. Hasta tal punto, que la cirugía fue juzgada como innecesaria.

    La falta de sueño afecta a la inteligencia

    Los británicos pierden demasiadas horas de sueño, lo que los pone en situación de sufrir retrasos mentales, según investigadores británicos. El trabajo por turnos, las prolongadas jornadas laborales y una cultura en la que "dormir es para los débiles" son algunos de los motivos por los que Gran Bretaña se ha convertido en una sociedad despierta las 24 horas del día, explicó al diario Observer el profesor Jim Horne, del Centro de Investigación del Sueño de la Universidad de Loughborough. Agregó que dormir una hora menos de las ocho que suelen recomendarse puede reducir en un punto el coeficiente intelectual de una persona.

    Por ello, es fácil perder 15 puntos durante una semana, lo que puede llevar el coeficiente intelectual hasta los 100, "el límite del retraso" mental, indicaron los científicos. "El sueño se redujo peligrosamente", expresó Horne, que es además cofundador de la Fundación Británica del Sueño. "Incluso en nuestras vidas de ocio, el sueño se considera una pérdida de tiempo. Para los jóvenes…irse temprano a la cama no está bien", indicó el profesional. La falta de sueño no sólo puede reducir el coeficiente intelectual, sino que también limitaría la capacidad de raciocinio y la coherencia lingüística. Esto se debe a que el sueño es el momento en el que el cerebro humano procesa la información recibida durante el día. (Reuters)

    Nuevo compuesto podría reparar nervios lesionados

    Una nueva técnica que utiliza un viscoso compuesto químico y un baño de calcio podría ser útil para remendar nervios rotos y ofrece una esperanza a las personas paralíticas o con lesiones en los nervios. Según los especialistas, la técnica ha tenido éxito en una serie de animales de laboratorio y esperan probarla pronto en los humanos.

    "Casi puede afirmarse que este nuevo método puede ser usado para unir de nuevo axiones rotos o aplastados en los seres humanos", indicó en un comunicado George Bittner, de la Universidad de Texas en Austin, quien dirigió el experimento. "La técnica une los terminales cortados o aplastados de las células para que conduzcan de nuevo las señales eléctricas por el área afectada, apenas segundos o minutos después del procedimiento", agregó.

    En artículos en la Revista de Neurociencia, Bittner y sus colegas indicaron que habían aplicado una solución viscosa de glicol polietileno (PEG) a los terminales rotos por un minuto o dos.

    El PEG se utiliza en medicina y mantiene unidos los nervios rotos. Los investigadores aplicaron después una solución de sales de calcio, parecidas a los fluidos naturales del cuerpo. En pocos minutos, los nervios comenzaron a transmitir las señales.

    Los científicos pensaban que los células nerviosas no vuelven a regenerarse después de rotas, pero muchos experimentos recientes parecen demostrar que eso no es cierto. Los investigadores presumen que uno de los compuestos naturales de la membrana celular –que ayuda a controlar el crecimiento, desarrollo y cicatrización de una célula después de una lesión– puede generar el crecimiento de nuevas terminales nerviosos cuando se utiliza como medicamento. (Reuters)

    Health I. G. News



    Ocurrio una tarde de navidad.

    En esta parte del mundo, diciembre es muy caluroso.

    Mis pasos se oian a varias cuadras a la redonda de tan vacias que estaban las calles. Crei que al fin, habia llegado eso, a lo que todos llaman juicio final. Que ideas… Imaginé a millares de catolicos agrupados ante las catedrales pretendiendo pagar su ticket to the paradise…, a otros millares de testigos de jehova, reunidos en sus fastuosas quintas, repitiendo a los gritos que se merecian cualquier cosa que les sucediese.

    Y el tan mentado Dios, por fin, apareciendo, pedia orden y disculpas, porque, decia, se habia cometido un error organizativo, que habia sido una falsa alarma y sugeria a los feligreses releer las instruciones del gran libro para evitar, en lo futuro, mas derramamientos de sangre.

    Mis pasos seguian oyendose como si fuera el unico caminante en ese momento. Descartes la idea del juicio, pero en mi cabeza rondaba extravagante una sarta de ideas organizadas por mis sentidos casi etereos, casi evaporados por la temperatura.

    Sordo, el viento, movia las copas de esos arboles, que nunca sabre como se llaman; pero que tan bien, esa tarde, protagonizaran junto conmigo el instante preciso de mi desaparicion.

    Me dirigia hacia un lugar donde no queria llegar: a mi casa.

    El ambiente navideño, se mostraba espeso. Hacia varios meses que no tenia trabajo… Por ende, ni un centavo habia en mi bolsillo, ni en mi casa, ni en el banco, ni en mi futuro cercano. Como mi pais, estaba sumido y consumido por las deudas.

    Asi y todo seguian publicitandose por television, radios, revistas, diarios y carteles, el confort y sus beneficios. De delicada e imperceptible manera, te contaban que, si no podias vivir como ellos te mostraban, tu vida no tenia sentido. Es mas, te sentias acusado de no querer vivir mejor.

    Los ignorantes cerebros conducidos por la ilusion, defenestraban la imagen de cada hombre de otrora, reduciendolos a larvas, con la vara de la calumnia. Esos hombres ya no tenian rostro. Solo la mascara de la culpa.

    Y, ante lo irreversible y la desesperacion, acudian escondidos a hacerse atender por pastores, curanderos y otros oportunistas que ofrecian, a muy bajo costo, un poco de autoestima. Se veia a las esposas, también, elegir entre varios tipos del producto mencionado con soltura y normalidad. Y aunque reconociendo la inutilidad del recurso, muchas decian que era efectivo contra la celulitis.

    Feliz Navidad. Y yo me preguntaba como le explicaria a mi familia que, esta noche, no habria, ni siquiera, el arbolito prometido para el día de la Virgen.

    Tenia las manos atadas y vacias. Atadas, de tan vacias. A pesar de todo, el reflejo de los vidrios de los negocios, me mostraban a mi mismo.

    Eran casi las tres de esa tarde. Amarga la boca de no poder.Mis piernas casi no se sentian de tanto que habia caminado.

    Mis manos, imaginariamente amoratadas, comenzaron a hacerse ausentes…pero claro…eso era rutina para ellas.

    Pense que se trataba de otro ataque del panico. Pero no.

    Efectivamente, mi cuerpo estaba desapareciendo.

    Entré en un rapido de la mente y me incline sobre el tronco de uno de esos arboles, de los que nunca recuerdo como se llaman. Y aunque acepte que estaba loco, desapareci de todos modos… Parecia un apagon general de mi interior. Eso si que era no poder. Sentia, nada. Es decir, no sentia.

    Ya no habia nada mas que la nada. No estaba muerto, solo desaparecido. Solo el quieto paisaje del juicio final. Solo esa vision. Sin pensamientos ni olores ni nada. Ni siquiera el infaltable humo de un cigarrillo entrando en mi nariz. A pesar de la inminente desesperacion que me que me ganaria en instantes, sabia que me seguiria perteneciendo a mi mismo pasase lo que pasase.

    Algun día encontrare palabras para describir bien, como se siente un hombre que no tiene trabajo en un dia como la navidad.

    ¿Pero saben que? Luego vendria Año Nuevo… Y el cumpleanios de mi pequenio Ivan… Y el de mi esposa luego… Y yo seguiria desapareciendo ante cada festejo, ante cada impotencia…

    De pronto, como en mi lugar, comenzo a manifestarse la imagen de mi mismo otra vez. Yo crei que era asi. Misma ropa misma cara. Debia ser yo… Si…en cambio mi cuerpo se hallaba habitado por un hombre nuevo que me dijo:

    ¿Hacia donde vamos? ¿Me acompañas hasta la cima?

    ¿Donde?

    ¿Hacia la cima. Es cerca, queda solo a diez estaciones de aca.

    No tengo boleto para el tren.

    Alli fue cuando desperte. Ni siquiera mi corazon latia fuera de lo comun. Esto habia sido un sueño, para que jamas olvide de donde vengo y donde ya nunca quiero regresar. Conoci esta estacion y aqui me quedo.

    Yo estaba en el infierno,ahora no. Ni mi familia.

    Gracias.Feliz Navidad.

    Novena conciencia




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