NUMÉRO 182 REVUE BIMESTRIELLE novembre-décembre 2019

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Drôle de décembre Extraño mes de diciembre
 
Bernard, Hervé Drôle de décembre
 
Baleani, Eduardo Curioso diciembre
 
Delagneau, Philippe Drôle de décembre
 
Giosa, Alejandro Curioso diciembre
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de octobre 2019
 
Thomas, Claudine Drôle de décembre


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Je dis : drôle de décembre. Comme c'est curieux !
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



C'est la nuit qui commence avec l'appel d'un patient du Canada.

La nuit ressemble à toutes mes nuits avec un silence intense et réparateur. Avec la télévision allumée sur les nouvelles toujours implacablement effrayantes… c'est la guerre. Nous sommes en guerre, essayons de faire comme si la situation belligérante n'existait pas. La paix est encore ici, dans mon quartier. Par la fenêtre je contemple la lune et je sais que je t'ai aimé malgré nos guerres : différents points de vue sur la politique, le futur et le monde…

Je sais que tu m'as aimé et abandonné aussi, que mes anniversaires et mes Noëls sont, sans toi, perdus dans ton inatteignable éternité. Décembre pourrait appeler mes larmes, mais je ne sais pas pleurer.

Je me suis repentie, je t'ai aimé, mais je n'ai pas su te retenir et tu es parti loin de mes nuits sans sommeil. Oui, en ce décembre, un voile noir se tend sur moi. Je viens de faire un IRM du cerveau et de découvrir que j'ai la cicatrice d'un AVC silencieux et ancien.

Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Seulement je me souviens d'avoir eu des vertiges. Tout semble aller bien, mais je ne suis pas bien. Tu me manqueras toujours. Tu n'iras plus en Argentine avec moi, et moi peut-être je laisserai d'aller pour me faire gonfler de vie, de rires. Comme me manque le rire dans ce pays dont l'humeur a l'air de ne pas être trop fréquent.

En Argentine, nous rions de tout et nous avons parfois des crampes de rires à l'estomac. Drôle de décembre !

Seule avec ton souvenir. Notre mariage n'a pas trop duré. Tu es parti soudain, un jour, dans la nuit. Si je ferme les yeux, j'ai une image de toi comme partant avec deux ou trois valises préparées avec anticipation. Drôle d'image, mais rien ne m'étonne ! Tu m'as laissé des souvenirs. J'ai pu être dans tes bras et c'est cela qui me manque. J'ai froid, dans mon dos et dans mon âme.

Approche mon anniversaire. Je te remercie pour avoir comblé mes silences. Je cherche ta voix que je voudrais matérialiser, mais ma mémoire refuse à le faire. Notre amour a duré très peu et ta place reste vide. Notre dernier Noël, nous étions seuls tous les deux.

Tout arrive au mois de décembre.

Je peux parler beaucoup pendant la journée, mais pas pendant les repas. À ces moments j'ai l'air distante, mais je suis présente. J'écoute le monde, la vie, les amis, mais je suis ailleurs dans l'écoute sans matérialiser des réponses. À ces moments je ne suis pas seule, mais j'écoute, car j'ai envie de sortir de mon cadre professionnel.

Drôle de décembre, les lumières de Noël dans la nuit de l'avenue Montaigne, sont comme des enveloppes de coton doré sur les arbres, mais il ne s'agit pas de toute l'avenue. La beauté s'arrête à quelques pâtés de maison avant les Champs Élysées.

Cette perspective d'un vide m'a fait penser que je suis comme cette avenue : à mi-parcours resplendissante de lumières. Le reste de moi-même est dans l'ombre et Noël et le nouvel An ne sont que des moments de méditation encore plus intenses.

Fait à Paris le 14 décembre 2019
et je me souviens de nous…
À notre éternité ensemble.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Drôle de décembre que ce mois de décembre de l'année 2019.

Les difficultés de cette saison automnale qui préfigure les rigueurs de l'hiver trouvent habituellement avec bonheur la période de fin d'année où vacances et ambiances de joie et de paix favorisent les rassemblements familiaux devenus traditionnels.

Mais que se passe-t-il en France où la trêve de Noël semble très difficilement trouver sa voie au milieu des mouvements sociaux et des grèves des moyens de transport. La situation est plus que tragique dans les grandes villes et en particulier Paris et toute l'Ile-de-France.

Qu'importe l'origine précise de cette situation sociale ! L'histoire de la France est ponctuée de mouvements sociaux, celui-ci n'est qu'un de plus, peu importe ce qui a allumé la mèche !

D'après les médias et les agences de sondages la France est coupé en deux entre ceux qui soutiennent la grève, par solidarité avec les grévistes ou pour montrer leur désaccord dans ce conflit social, et ceux qui ne soutiennent pas la grève, estimant le mouvement exagéré ou ne se sentant pas du tout concernés par la question.

Le rassemblement familial semble devoir laisser sa place aux tensions sociales et aux sentiments de désaccord avec l'autre qui fait grève, avec l'autre qui soutient la grève, avec l'autre qui n'a pas d'opinion, avec l'autre qui…

Le dialogue semble être évacué au profit de la posture, inconditionnelle, sourde, aveugle et sans limite de temps.

Le lien social, qui fait qu'une communauté d'êtres aux histoires, aux cultures, aux valeurs, aux idéaux de vie et aux projets très différents, parvient à vivre en paix ensemble, avec un sentiment de liberté et de justice partagé, semble se déliter, au point de vouloir se rompre, comme si un mouvement social émaillé de sentiments de contestation, voire de révolte de degré divers, avait pris le pas sur la sagesse et la raison des individus de cette communauté.

Qu'importe s'il existe ou non des leaders, des pyromanes sociaux, des professionnels de la politique, des médiaux, qui cherchent à tirer profit de cette situation de confusion, le mouvement ne prenait pas une telle ampleur si une part importante de la population ne se laissait pas entraîner par ce mouvement de désordre qui me semble à l'opposé d'un véritable dialogue social où doivent se traiter, dans un cadre d'action et d'échange accepté par tous, tout ce qui relève des conflits, des choix de société, des problèmes sociaux nécessitant une action corrective, évolutive.

Quand une société, comme notre communauté nationale, entrent dans une phase de leur histoire marquée par la confusion, la violence, la prise en otage d'une partie de la population, ne faut-il pas se poser la question sur ce qu'il convient de penser, d'interroger, de prendre conscience pour que chacun d'entre nous puisse contribuer à retrouver le chemin de la sagesse et puisse éclairer un peu l'autre qui est encore trop dans la confusion.

Une société nécessite de longues générations pour se construire un ensemble de lois, de règles de vie, de points d'équilibre sociaux suffisant pour assurer un vivre ensemble acceptable. Quelles forces semblent pousser notre société pour une lente, mais régulière déconstruction, qui montre son œuvre à l'occasion de multiples aspects de notre vie sociale, comme des analyseurs de conflits et d'insatisfactions parfois connus, mais aussi souvent inconscients ?

Que devient la solidarité nationale, quand le navire tangue de plus en plus, même en cette période de fin d'année, où la grande majorité d'entre nous aspire au repos, au ressourcement auprès de ses proches, à un peu de sérénité bien mérités, quand la vie est souvent synonyme de douleur, d'angoisse, de peur et de difficultés qu'il faut affronter sans relâche, parfois au quotidien !

Plutôt que de donner prise à ce conflit social, qui prend un malin plaisir à tendre au dialogue de sourds ou au non dialogue, prenons de la distance pour mieux se rapprocher de l'essentiel, dont les fondements de notre société, aussi imparfaite soit-elle, font bien sûr partie !

Restons calme pour soi et ses proches en défendant nos propres valeurs d'écoute, de tolérance et de travail pour mieux avancer soi même et aider les autres dans cette drôle de période.

Hervé Bernard



Drôle de Décembre, drôle de monde. Nous sommes nombreux en ce mois de décembre à être particulièrement sollicités sur le plan professionnel, pour d'autres, c'est la même solitude sociale qui pèse.

Dans le matérialisme effréné d'une économie libérale, nos institutions « le cœur et le poumon d'un ordre et d'une équité sociale » sont bafouées, les services publics sont sacrifiés à la gloire d'un impérialisme financier.

Que d'oppositions, d'indifférences, de dispersions dans la multitude de nos vies, les citoyens contre les politiques, les religieux contre les athées, les intérêts corporatistes contre les intérêts communs, tout est objet de discorde.

Qui sommes-nous aujourd'hui pour être soumis à cette situation, ne formons nous pas une humanité, en avons-nous perdu le sens et le goût ?

Qui a encore conservé le sens d'une écoute attentive et bienveillante, le sens de la conciliation, de la réconciliation ? Qui conserve en lui cette espérance fondamentale de vouloir encore et toujours comprendre, de vouloir peut être accéder à cet Amour Sacré que nous propose le Christ dans un chemin d'évolution spirituelle ?

Certains se préparent à célébrer les fêtes chrétiennes de Noël, c'est le mois de l'Avent. Nous pourrions nous sentir tous concernés, ce pourrait être pour nous-mêmes l'opportunité d'un temps miraculeux à se rappeler soi-même, à se rappeler à l'essentiel, à se rappeler le sens des valeurs perdues dans nos actions et nos pensées du quotidien.

Pour me rappeler que je ne suis pas seulement un ouvrier, un cadre d'entreprise, un homme, une femme, un croyant ou un athée, une idéologie, je suis avant tout un être humain. J'appartiens à la famille humaine, à la famille du vivant. Ce que l'on commet à l'autre comme injustice irradie dans cette humanité, c'est à nous tous qu'est commise l'iniquité.

Réfléchissons à devenir meilleurs au-delà des apparences, des opinions, des oppositions, devenons sensibles à ce que nous avons perdu. Que ce mois de l'Avent profite à tous à se questionner sur soi-même, appelons cette autre Energie qui nous réunis et nous appelle à devenir réellement des êtres humains à l'image de Dieu. Redécouvrons grâce à elle l'amour conscient, l'amour christique de soi-même et de notre prochain. Amen

Fait à Chessy, le 14 décembre 2019
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



L'Avent est une période qui précède Noël. Les fidèles se préparent intérieurement, comme une sorte de retraite, à célébrer Noël, la naissance du Christ.

Nous voyons chaque ville s'illuminer, se parer d'étoiles et de guirlandes qui plongent petits et grands dans la magie de Noël. Les grandes villes organisent des spectacles, des marchés, des animations, des traditions, offrant ainsi un paysage fantastique et féerique pour la joie de tous.

À cette occasion, les associations de quartiers et les boutiques s'associent pour embellir, animer et dynamiser les rues proposant aussi des rendez-vous chaleureux et gourmands.

Oui le mois de Décembre est très particulier. Ce devrait être un moment de joie, d'intimité, de partage et d'amour où les familles sont heureuses de se rassembler, de passer un agréable moment ensemble, mais ce n'est pas toujours le cas, loin de là. J'ai véritablement une sensation de contradictions.

Cela me ramène aux Noëls passés dans la famille. J'ai en mémoire tous ces Noëls où je n'arrivais pas à m'intégrer. C'était superficiel et faux et tous les ans inlassablement cela recommençait. J'étais mal à l'aise et j'avais hâte que cela se termine. Il y avait tout sauf l'essentiel, l'amour, le partage et la vérité. En fait, il n'y avait rien à partager. Que du vide. Nous allions à la messe de minuit à l'époque, mais pourquoi ? Pour vivre quoi ? Pour paraître, ou tout simplement parce que c'était la coutume ? Il n'y avait aucun sens à ce que nous vivions. En ce qui me concerne, à cette époque, j'étais athée. Le fait d'assister à tout cela me dégoûtait, il n'y avait rien qui me nourrissait, je ne voyais que mensonge.

Les fêtes de fin d'année sont souvent une période douloureuse pour les personnes à la rue ou isolées qui se sentent exclues. Un grand motif de solitude est l'aspect financier. Les plus âgées, qui souvent manquent d'autonomie et de moyen sont particulièrement touchées. D'autres se retrouvent seules pour vivre ces moments de fêtes et détestent cette période souvent due à des tensions dans la famille ou à l'éloignement de celle-ci.

Les grands fléaux sont l'égoïsme qui s'accentue de plus en plus, l'indifférence qui la plupart du temps est due à l'atrophie ou à la mort de la sensibilité émotionnelle, la non-reconnaissance et surtout la non conscience où les gens ne sont plus que des machines, mais certainement pas des êtres humains au sens propre du terme.

À l'approche de cette période de fêtes, nous pouvons faire notre possible pour que des personnes se sentent moins seules et puissent vivre la chaleur du corps et du cœur dans la paix.

Bonnes fêtes à tous.

Fait à Chessy, le 4 décembre 2019
Claudine Thomas