NUMÉRO : 51 REVUE MENSUELLE JANVIER 1999

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LA PENSÉE DU MOIS : Le hasard est le nom que prend Dieu pour voyager incognito (Einstein)

Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
E. Graciela Pioton-Cimetti Grandes figures de l'Antiquité
 
Hervé Bernard Les grandes figures de l'Antiquité
 
Florence Boisse Si proche Sisyphe
 
Paul Ruty Homère : Ulysse et la ruse
 
Elisabeth Courbarien Antiquités d'actualité
 
Health I. G. News Lo que Usted debe saber sobre las insulinas
 
Jacqueline de Pierrefeu L'ouragan "Mitch" El huracán "Mitch"





L'Antiquité fut riche en grandes figures : guerriers, poètes, philosophes, orateurs, mathématiciens, architectes, se distinguent la place d'honneur dans nos mémoires ; les César, les Hannibal, les Virgile, les Socrate, les Démosthène, les Archimède et les Phidias restent éternellement de parfaits modèles, bien dignes de nous inspirer.

Quelle richesse inépuisable représente, pour notre époque, cette assemblée d'innombrables hommes illustres de l'Antiquité !

***

Tout ce que nous possédons comme patrimoine de l'esprit, c'est d'eux que nous l'avons hérité : notre langue est fille de la leur ; grâce à eux, dès le XVIe siècle, des équipes de poètes purent bâtir sur une solide base toute une littérature modelée sur les genres anciens. Nos philosophes ne font que reprendre et développer les grandes doctrines anciennes telles que l'épicurisme, le stoïcisme, et tant d'autres qui s'opposent ou s'assemblent, se combattent ou s'unissent, mais sont toujours une pensée de valeur.

En architecture également, nous sommes leurs disciples. C'est en profitant de leurs leçons que les architectes des XVIIe et XVIIIe siècles purent édifier ces chefs-d'œuvre, ces bijoux d'architecture que nous contemplons encore avec ravissement.

Dans le domaine des mathématiques, les connaissances des Anciens ont servi de point de départ indispensable, de fondement nécessaire à nos études et à nos découvertes.

Faire un choix parmi ces grands hommes, c'est, en somme, choisir le Maître qui convient à notre tempérament. Il est certain qu'instinctivement ce choix porte toujours sur une sélection de ces grandes figures qui, du fait de leur grande valeur, sont demeurés le plus présents à notre mémoire.

***

Cicéron est un de ceux-là, un de ces personnages dont il reste plus que le nom, dont il reste l'âme qui s'exhale dans les preuves sensibles que nous apportent ses écrits, dans ces autres preuves que nous ont transmises, de génération en génération, l'histoire, la tradition que les hommes font progresser à travers les siècles comme un flambeau pour éclairer les ténèbres de l'avenir. Oui, Cicéron semble immortel entre tous les autres, de par ses talents, de par ses qualités, de par son génie. Il est à la fois le consul, l'orateur, l'avocat, le poète, le philosophe enfin.

Pour justifier ce choix, il n'est que de définir ces brillantes qualités.

Celle qui apparaît la première, à la lecture de son histoire, c'est l'énergie : énergie volontaire qui s'exerce au moment voulu, énergie agissante qui déjoue les pires intrigues.

Il avait, au service de cette énergie, un talent oratoire qui galvanisait et qui convainquait son auditoire. Il suffit de relire les Catilinaires pour apprécier la fougue par laquelle il paralysait l'adversaire et le mettait hors d'état de nuire. Il faut se souvenir de la célèbre ironie avec laquelle il savait convaincre tous les citoyens de la culpabilité flagrante de Verrès, proconsul de Sicile.

Son talent oratoire ne présentait pas seulement ces qualités. Il comportait aussi la clarté, une clarté d'expression qui lui faisait généralement gagner les causes difficiles qu'il défendait. Excellent avocat, il était excellent diplomate, sachant ne blesser personne, tout en arrivant à son but. Ses discours en font assez foi pour qu'il faille en dire plus.

En définitive, homme énergique, brillant orateur, excellent avocat, il était plein de bravoure : lors du procès de Verrès, il n'a pas craint de s'attaquer à la noblesse, bien qu'il eût secrètement des sympathies pour cette classe sociale, et du vivant de Sylla, il n'a pas craint de flétrir les proscriptions.

Aristocrate, il a toujours défendu fidèlement la même politique, même quand pour la défendre, il fallait être assuré de la ruine auprès des grands. Cela prouve suffisamment son désintéressement, son absence de toute ambition. Il se mêlait à la politique, non pour lui-même, mais pour le triomphe de ses opinions qu'il croyait capables d'être utiles à sa patrie. C'est justement ce loyalisme qui l'a perdu, en ce temps où l'intrigue politique et le coup d'État étaient à l'ordre du jour. Il dut payer plus tard de sa vie sa fidélité envers un parti malheureux en qui il avait foi. Tout ceci prouve qu'un peu de naïveté, indice d'honnêteté, s'unit à son loyalisme.

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Mais Cicéron ne serait pas Cicéron si, à côté de ses qualités fermes, il n'en avait d'autres qui font partie des âmes sentimentales, poétiques et parfois philosophiques.

Ces nuances, plus que partout ailleurs, se retrouvent dans son amour pour la patrie : amour net et positif ; mais à côté de celui-là, il en éprouve un autre pour sa « petite patrie », son « berceau ». Cet amour est sentimental et poétique. Il aime cette petite patrie pour son paysage qui lui rappelle tant de souvenirs, pour ce qu'elle représente qui lui est personnel.

Nettement, il établit la différence entre la « grande » et la « petite » patrie. Cette différence reflète la dualité de son caractère : d'une part, l'homme politique, énergique, mais honnête, d'autre part, le poète et l'artiste.

D'une part, l'orateur aux improvisations chaudes et fougueuses ; d'autre part, l'artiste qui affine ses discours, qui les rend harmonieux dans leur style lyrique, dans leur cadence rythmée. Loyal, il l'est aussi bien envers sa patrie qu'envers ses amis. Il possède le culte de l'amitié et sa correspondance en est une preuve éclatante.

Philosophe, il l'a montré surtout vers la fin de sa vie, lorsque, dans son lieu d'exil, ses activités se sont reportées de la politique à des pensées plus profondes.

L'illustration, l'épanouissement de ses facultés, ce qui lui donne à nos yeux le prestige d'un héros en le rendant martyr, c'est sa mort simple et tranquille sous le poignard des assassins. Dans cette mort, il s'est, en effet, montré énergique, patriote et grand philosophe. Est-il possible de demander plus à un homme ? Notamment à un homme de cette époque où le patriotisme n'existait que pour les intérêts personnels !

***

Cicéron avait bien entendu des défauts ! Et ses défauts complétaient ses qualités.

Il était, entre autres, vaniteux, mais de la vanité d'un brave, d'une vanité sympathique. Il avait la vanité de son héroïsme et de son honnêteté. Il avait le caractère indécis, mais cela résultait de la dualité de son tempérament. Il avait aussi l'âme trop prompte à s'émouvoir et c'est peut-être là ce qui explique tout.

Qui sait si son tempérament de sentimental ne le poussait pas à être brillant orateur, à être patriote, énergique parfois !

***

Quoi qu'il en soit, c'était un homme de valeur et de grand talent. Un homme qui méritait une gloire immortelle. Ses qualités, ses défauts, en font une figure extrêmement sympathique.

Cicéron est, sans contredit, l'une des plus belles de l'Antiquité, un de ceux qui méritent le plus d'inspirer notre conduite, nous qui sommes les héritiers de cette culture latine dont il fut l'un des meilleurs représentants.

E. Graciela PIOTON-CIMETTI





L'Antiquité nous apparaît comme un lointain continent sombre et arriéré ou comme une maison ancienne et poussiéreuse. Pourtant, nombre de citations ou de pensées de nos illustres anciens restent tout à fait d'actualité, si on prend le temps de les étudier ou de les transcrire à la lumière de notre époque.

La psychologie est née à la frontière de la philosophie et de la littérature. Elle fut d'ailleurs longtemps en France dans les universités où elle fut initialement enseignée, une sous catégorie de la philosophie.

Ainsi la psychologie s'est largement inspiré des différents courants de la philosophie et des sciences.

La philosophie grecque contient déjà en germe tout le développement de la philosophie occidentale. On ne peut parler ici, comme on l'a fait à plus juste titre pour la science grecque, de « balbutiement » ou d'une « aurore ». Des philosophies comme celles de Platon et d'Aristote ne sont pas des approximations grossières que la philosophie moderne aurait « dépassées », mais des systèmes exemplaires, sinon complètement achevés, qui continuent, peut-être en raison de leur ouverture, à solliciter notre réflexion, au même titre que les systèmes de Descartes ou de Kant.

Aristote a, sans doute, le plus marqué ce qui a fondé ce qu'on a appelé ensuite la civilisation occidentale. Au cœur de sa pensée est la logique : un ensemble de règles qui permettent de faire du discours, logos, l'usage le plus cohérent, donc le plus efficace. On en trouve une trace fondamentale dans l'esprit scientifique, que Bachelard a si bien su décrire dans la formation de l'esprit scientifique.

Pour Platon, le dialogue traduit la structure première de la pensée. C'est un dialogue de l'âme avec elle-même. Le dialogue platonicien n'est pas une conversation. Il représente le mouvement d'une pensée se faisant à elle-même ses questions et ses réponses. La fonction des interlocuteurs est autre. Lorsqu'elle juge, l'âme ne se parle plus; avide de sécurité et de stabilité, c'est-à-dire d'homéostasie, selon Freud. Elle affirme ou nie une opinion dont le contenu peut être vrai ou faux. Jung a utilisé cette pensée de l'âme à elle-même en décrivant les quatre fonctions psychologiques : la réflexion, la sensation, le sentiment et l'intuition. De l'équilibre entre ses fonctions dépend la santé psychologique de l'homme d'action. Jung invoque aussi l'importance de la relation entre l'animus et l'anima, deux parties de notre âme qui structurent notre relation au monde et aux autres.

Socrate répétait qu'il ne savait rien, qu'il n'avait rien à enseigner et il n'avait pas de disciple. Ainsi, ce qui constitue l'homme, ce dont il est moralement comptable, c'est ce par quoi il est apte à rentrer dans la relation dialogique : son âme parlante et pensante et non son corps, ou ce pseudo-moi qui n'est que l'opinion que les autres ont de lui. « Connais toi toi-même », connais ce qui est en toi ! Freud a ouvert l'homme à la dimension de son inconscient. Pour Lacan, l'inconscient est structuré comme un langage. Art du dialogue de Socrate et pratique du dialogue, selon Platon, se rejoignent dans la psychologie jungienne, à travers les différents structures qui interagissent avec la pensée et l'action de l'homme : l'inconscient collectif, le soi, la persona… La fonction transcendante restant l'instance de régulation, c'est-à-dire le libre arbitre cher à la religion chrétienne, qui permet l'émergence de l'éthique.

La liste serait encore longue de ces fameux philosophes grecs ou d'autres civilisations, chinoise, proche orientale, indienne, qui marquent à jamais la pensée humaine au-delà des modes et des soubresauts de la civilisation ou de l'environnement.

Relisons ces maîtres de l'Antiquité, quitte à les retranscrire dans nos repères culturels que sont le langage, les valeurs, la morale.

Hervé BERNARD





Probablement influencée par la pensée existentialiste, j'ai toujours été impressionnée par le personnage de Sisyphe.

Cet homme représente, pour moi, l'homme au quotidien.

L'obligation de rouler éternellement une grosse roche jusqu'au sommet d'une montagne d'où elle retombe immédiatement me rappelle l'impression dont hérite l'être humain de porter un plus ou moins lourd fardeau, parfois dès sa naissance.

Sisyphe revêt différentes figures : il est cet être qui nous ressemble, qui accumule des scénarios répétitifs dont il ne peut s'écarter. Il incarne Don Juan, malheureux, incapable d'établir une relation stable, basée sur la confiance ; il vit en cette jeune femme, battue par son père, maltraitée par son premier mari et de nouveau engagée dans une relation sadomasochiste avec son second mari ; il apparaît chez cet homme, cassé par des échecs professionnels consécutifs…

S'ils ne sont pas détectés par le biais d'une thérapie, par exemple, ces scénarios de vie ne vont cesser de se reproduire à l'infini.

Cette grosse roche, ce fardeau à porter, qui nous ramène à un niveau inférieur ne nous permettant pas d'évoluer, est également ce secret de famille qui nous terrasse ; parfois, nous en avons connaissance, mais il nous embarrasse, car il est tabou ; dans d'autres cas, il nous est inconnu, mais tisse une toile plus labyrinthique que celle d'une araignée : un viol, un inceste, un bâtard…

Cette enclave, ce vide d'information apparaît alors dans nos rêves sous forme de scènes d'une violence inouïe qui s'oppose au noir silence de cette roche qui monte, qui monte et qui roule de nouveau sans qu'on puisse l'arrêter.

Sombre est la vie de Sisyphe.

Cet être qui, par naïveté, par honnêteté et désir de bien faire, a révélé un secret déplaisant à Zeus, figure de notre Dieu le père menaçant comme au Moyen Âge.

Il n'est pas bon de s'opposer à un père irréel qui est déifié ; sur le plan de l'idéal, il est toujours le plus fort.

C'est, sans doute, la naïve honnêteté de Sisyphe qui me touche le plus : être condamné pour avoir dit la vérité !

Combien de fois nous nous trouvons confrontés à ce dilemme : dire ou ne pas dire…ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous voulons au risque de nous tromper, mais dire !

Cette possibilité nous est offerte dans le cadre rassurant d'un cabinet thérapeutique. Il faut alors s'arranger pour que cela suffise ; il faut surtout réussir à s'autoriser à parler !

On sait trop que transferts et projections agrémentent subtilement nos séances. Il est terrible, lorsqu'on est psychologue, de le savoir ; car alors, on ne peut plus se permettre de dialoguer avec sa mère, son père, son mari… On sait que l'on dialogue avec leurs projections. Et que peut-on faire ? Dire à son thérapeute : « Aujourd'hui, je ne vous aime pas (ou je vous aime), car vous êtes la projection de ma mère, de mon père, etc. ? » C'est alors, immédiatement, une distance qui est introduite et qui nous empêche de vivre le sentiment premier.

Voilà encore un scénario « à la Sisyphe » ! Le phénomène de la projection qui nous est renvoyé comme en miroir.

Sisyphe vit sur une montagne, mais son mythe renvoie à la claustrophobie, à un enfermement paradoxal, au mythe de la caverne, cher à Platon. Il décrit notre incapacité à nous voir, à faire face à la lumière, et cette contrainte de n'observer que nos ombres projetées sur les murs de la caverne.

Montagne, caverne… Autant de représentants symboliques de la mère au sens jungien, c'est-à-dire renvoyant à notre inconscient, à notre intériorité.

Car l'interprétation optimiste, ou tout au moins constructive, du mythe de Sisyphe pourrait bien être l'utilité de retourner à nous-mêmes. C'est ce que nous enseignent, finalement, les religions, qu'elles concernent l'Antiquité ou notre ère chrétienne.

Florence BOISSE





Ulysse vase peint

À l'âge de 10-12 ans, j'ai lu et relu l'Odyssée racontée aux enfants, et j'ai vibré aux mésaventures de ce pauvre Ulysse, roi d'Ithaque, qui, après 10 longues années passées à assiéger Troie fut contraint d'errer pendant 10 ans encore sur les mers pour rentrer chez lui. La distance à Ithaque n'était pas longue, mais c'était sans compter sur la colère de Poséidon, le dieu des Océans.

Cette guerre de Troie avait mal commencé pour Ulysse. Il avait simulé la folie pour ne pas y aller, mais avait dû s'y résoudre : sa ruse ayant été déjouée. Il avait, pendant la guerre, mérité les surnoms de sage et rusé. D'aucuns disaient peureux, retors. Or c'est à lui que revient la victoire finale des Grecs. Il avait, en effet, offert aux Troyens un cheval colossal, en hommage à leur courage, mais il était dans le cheval et la nuit venue, il en était sorti et avait ouvert de l'intérieur les portes de la ville aux Grecs. Hélas, pour lui, Poséidon était le protecteur de la ville et le père du Cyclope, le géant Polyphème.

À la suite d'un naufrage, Ulysse s'était réfugié dans la caverne de Polyphème. Celui-ci avait manifesté son hospitalité en dévorant six compagnons d'Ulysse à chaque repas. Ulysse l'avait enivré et profitant de son sommeil, avait crevé son unique œil, puis il était sorti de la caverne avec ses compagnons accrochés sous le ventre des moutons. À ceux qui lui demandaient qui lui avait crevé l'œil, le Cyclope répondait : « C'est personne », car c'est ainsi qu'Ulysse s'était présenté.

Il serait trop long de narrer toutes les aventures d'Ulysse : Nausicaa, Circé, le chant des Sirènes, Charybde et Scylla, etc. Tout de même, au bout de 10 ans, déjouant tous les pièges de Poséidon, il se retrouve sur son île envahie par les prétendants qui dilapident ses biens en pressant Pénélope, son épouse, de choisir parmi eux le futur roi d'Ithaque. Pénélope essaie bien de retarder l'échéance en défaisant la nuit ce qu'elle avait tissé le jour sur son métier, mais sa ruse déjouée, elle est obligée de choisir et se promet à celui qui sera capable de tendre l'arc d'Ulysse. Aucun n'y parvient, sauf un mendiant qui en profite pour tuer tous les prétendants. Et le mendiant, c'est Ulysse déguisé qui retrouve, enfin, son épouse et son trône.

Le parcours initiatique d'Ulysse le rusé m'a appris – mais-ai je bien retenu la leçon ? – qu'il est rarement bon d'aborder l'obstacle de front. À l'instar des arts martiaux d'Orient, il utilise la force de l'adversaire à son profit. À qui entame une plongée dans l'inconscient, l'exemple d'Ulysse paraît essentiel. Toute transformation sur le chemin de l'individuation se heurte à l'hostilité de l'environnement qui ne peut comprendre que l'on puisse se distinguer par une originalité dans le comportement, les propos, les modes de pensée et de vie. Il est très difficile d'évoluer dans un milieu dont on ne partage pas les idées préconçues. Affirmer que la terre était ronde et tournait autour du soleil dans un monde qui la croyait plate a coûté très cher aux imprudents qui s'y étaient risqué. Il faut beaucoup de courage pour affirmer le contraire de ce que pense la majorité et, sans doute, vaut-il mieux se cacher tant qu'on n'est pas assez fort pour le faire.

L'épisode du Cyclope comporte quelques autres points qui méritent réflexion : Ulysse crève l'unique œil du Géant. Ne s'agit-il pas de ce fameux troisième œil dont il nous reste, paraît-il, quelques traces, mais aussi de l'œil du cœur de la Tradition ! Privé de cet œil, le Cyclope ne peut plus que tâter le dos de ses moutons. Incapable de dépasser les apparences, il ne peut réaliser la présence d'Ulysse sous les moutons, la présence de Personne. Tant pis si Persona n'est pas un mot grec… Il s'agit, tout de même, d'un pseudonyme donc d'un masque !

Pénélope n'est pas en reste de ruse efficace. Elle défie les trois Parques tisserandes qui filent le destin des hommes. Et pourtant, les décisions des Parques ne pouvaient être changées, même pas par les dieux.

À l'époque où je lisais ce livre, je m'étais vu en songe parcourant à pied les routes de France à la poursuite d'une femme que tout le monde ovationnait comme une reine, mais la reine était motorisée…

L'Odyssée d'Ulysse, c'est l'odyssée d'un couple ! C'est une histoire d'amour…

Paul Ruty





Notre culture a beau être imprégnée des traces qu'y laissèrent ces illustres ancêtres, nos médecins, pour ne citer qu'eux, prêtant toujours le fameux serment institutionnalisé par Hippocrate, venir disserter sur cet héritage ne m'est pas, au prime abord, apparu comme un exercice élémentaire !

Ah, occultation, quand tu nous tiens !

La plupart de ces hommes (avec ma mémoire défaillante, je n'ai pas, hélas, spontanément souvenance d'une femme ayant traversé les âges pour son érudition), non contents d'être philosophes, tels Platon, Virgile, Sénèque ou Aristote, étendaient leur domaine de compétences, en ce qui concerne une majorité de Grecs, en tout cas, bien au-delà, jusques aux sciences et autre mathématique. En bonne scientifique, c'est plus sous ce jour-là et leur cortège de théorèmes, qu'il me fut donné de découvrir et de me familiariser avec les glorieux Pythagore, Euclide, Thalès et notoire Archimède !

Il m'est resté, toutefois, je le concède, de ces longues années laborieuses de lecture des Lettres latines, outre quelques muscles au mémorable porter d'un indispensable et corollaire Gaffiot, quelques antiques vestiges et bribes d'un texte qui débutait ainsi : « Il y avait par hasard dans les deux armées trois frères (trigemini fratres), semblables par l'âge et la vigueur… »

L'histoire, pour ceux qui l'ignoreraient, conte qu'au lieu de se livrer à une bataille sanglante, deux armées désignèrent chacune trois des leurs pour s'affronter en un combat singulier et décider ainsi du sort de la victoire.

Les uns, défenseurs de Rome, s'appelaient les Horaces, l'autre armée, celle qui luttait pour la cité d'Albe, portait le nom de Curiaces.

Deux des Horaces succombèrent rapidement sous les coups de leurs adversaires. Le troisième prit alors la fuite. Décriant sa lâcheté, les témoins de la scène furent bientôt contraints de réaliser leur méprise quand celui-ci se retourna soudain sur ses poursuivants, tous blessés plus ou moins grièvement lors des premières joutes, pour venir triompher du premier, le plus légèrement atteint, puis du suivant, plus sérieusement touché, avant d'achever le dernier, qui, dans un état plus pitoyable encore que celui de ses deux frères, n'avait pas eu la force de se porter à leur secours, ni une similaire vélocité dans sa course poursuite.

Ainsi, fut donc consacrée la victoire des Horaces.

Cette morale est toujours d'actualité, qui prône la lucidité dans un combat, faculté à esquiver l'affrontement de face, quand nous ne sommes pas de taille à nous mesurer concomitamment à des adversaires supérieurs en nombre, pour mieux en venir à bout dans un face à face ultérieur où le rapport de forces s'avère plus équilibré.

Dans un dialogue, il en est de même que dans ces antiques luttes, car ce sont là désormais les duels de nos quotidiens d'hommes réputés civilisés, ceux auxquels nous ne pouvons échapper et que nous devons livrer.

Il nous faut, par manque d'une absolue maîtrise de l'art de la persuasion devant un auditoire impersonnel et malheureusement peu attentif, parvenir à capter l'intérêt, ou trouver un autre terrain d'expression. Ceci implique, en général, d'en passer par une relation interpersonnelle, une expression d'individu à individu, d'homme à homme, ainsi qu'en temps que femme, je prends si malicieusement plaisir à le dire, pour communiquer en profondeur.

Il est plus aisé d'exister et d'être vrai dans un rapport direct, que noyé dans le brouhaha indistinct d'une masse. Le discours transite alors plus librement jusqu'à l'interlocuteur.

Ce sont dans ces seules apartés privilégiées que nos messages peuvent réellement porter. Dans le chassé croisé de ces regards, dans l'échange de ces mots, qui, aux oreilles ouvertes d'une écoute plus attentive et plus consciente peuvent enfin trouver et toucher leur cible.

Les mots qui touchent, ne sont pas obligatoirement ceux qui blessent. Mais nul n'est besoin de chercher à détruire autrui pour s'en faire comprendre, comme on eut dû le faire d'un véritable ennemi. Nous sommes là, non pour guerroyer sauvagement, mais pour, loyalement, nous faire entendre de lui.

Alors, si, pendant un temps, nous avons donné l'impression de fuir et tourner les talons, semblant sur le point de quitter le champ de bataille, parce que la perspective du collectif nous amenait à craindre d'y perdre, non notre âme, mais à tout le moins nos moyens sans résultats, nous nous sentons capables d'effectuer ce retour sur nous-mêmes et, aujourd'hui, probablement mieux qu'hier, de faire front.

Oh, faire front, oui, mais en faisant fi de cet esprit frondeur et de cet orgueil démesuré.

Quel homme, venant de perdre successivement sous ses yeux deux de ses frères, alliés les plus fidèles, irait sans gravité vers son destin ?

Ne perdons pas de vue que dans la vie, la lutte désordonnée n'est pas synonyme d'efficacité et qu'il faudra, avec humilité, apprendre à faire bon usage de toutes nos armes y compris, à l'occasion, d'une pincée de notre…légendaire charme !

Car, là où le seul animus par sa toute puissance virile ne peut être proclamé vainqueur, l'anima, par son recul et sa douceur, trouvera, plus aisément à n'en pas douter, un judicieux chemin pour convaincre.

Certains enseignements de nos antiques brillants esprits n'ont décidément, en cette modeste illustration, rien perdu de leur force dans notre actualité.

Elisabeth Courbarien



Lo que Usted debe saber sobre las insulinas
Fuente: Asociación americana de Diabetes (ADA)


Características: Las tres principales características de la insulina son:

Comienzo: El tiempo en que la insulina alcanza el torrente sanguíneo y comienza a hacer su trabajo (bajar la glucosa sanguínea). Tiempo pico: El tiempo durante el cual la insulina se encuentra en su rendimiento máximo reduciendo los niveles de azúcar en la sangre.

Duración: El tiempo durante el cual la insulina permanece realizando su función.

Clases de Insulina: Las siguientes son las clases de insulinas disponible. Recuerde, que cada persona tiene su respuesta particular a la insulina, así que los tiempos mencionados son aproximados.

Existe una nueva insulina de acción rápida "lispro" lanzada en 1998. La insulina lispro comienza a trabajar alrededor de cinco minutos después de ser inyectada, alcanza su pico en alrededor de una hora, y es efectiva por un período de 2 a 4 horas. Lispro puede ser inyectada inmediatamente antes de las comidas. (De hecho, si está usted usando lispro, no debe dilatar las horas de sus comidas). Adicionalmente, y debido a que lispro abandona el torrente sanguíneo tan rápidamente, hay menos oportunidad de que una hipoglucemia ocurra varias horas después de haber comido.

La insulina Regular o de acción corta usualmente llega al torrente sanguíneo en menos de 30 minutos después de haber sido inyectada. Alcanza su pico dentro de un período de 2 a 3 horas después de la inyección, y es efectiva por aproximadamente 3 a 6 horas.

La insulina de acción intermedia generalmente alcanza el torrente sanguíneo de 2 a 4 horas después de haber sido inyectada. Su pico se produce 4 a 12 horas más tarde, y es efectiva por alrededor de 10 a 18 horas. Las variedades de insulina de acción intermedia incluyen tanto la NPH como la Lenta. Estas son a menudo usadas en combinación con insulina de acción corta.

Las insulinas de acción prolongada llegan a la sangre en 6 a 10 horas después de la inyección. Las mismas proveen una descarga de insulina casi continua. Usualmente se aconseja combinar la insulina de acción prolongada con una de acción corta. Esta combinación provee un pico de efecto insulínico a la hora de las comidas.

El tiempo de absorción de la insulina Ultralenta humana -considerada como una insulina de acción prolongada- varía de persona a persona. Por tanto, para algunos pacientes la Ultralenta funciona como una insulina de acción intermedia, mientras que en otros trabaja como una insulina de acción prolongada.

Las insulinas pre-mezcladas son convenientes para aquellos que preparan mezclas de insulinas NPH y Regular en una jeringa. La mezcla más típica es 70% de NPH y 30% de Regular.

La insulina pre-mezclada puede ser de ayuda para las personas que tienen problemas preparando insulinas de dos botellas diferentes y leyendo las instrucciones y dosis correctas. Esta insulina es también útil para aquellos que tienen problemas de la vista o problema con el manejo de sus manos (por ejemplo, debido a la neuropatía o artritis), y es conveniente para las personas cuya diabetes haya sido estabilizada sobre esta combinación.

Concentración de las diferentes insulinas: Todas las insulinas vienen disueltas o suspendidas en líquidos, pero las soluciones tienen diferentes concentraciones. La más usada en los EE.UU. hoy en día, es U-100. Esto significa que la solución tiene 100 unidades de insulina por mililitro de fluido. La insulina más utilizada en Europa y América Latina, es la U-40, que contiene 40 unidades de insulina por mililitro de líquido. Como usted debe saber, las insulinas de concentraciones diferentes requieren diferentes jeringas. Por ejemplo, las jeringuillas U-40 son usadas con insulina U-40 y las jeringuillas

U-100 son usadas con insulina U-100, etc. Si usted prepara insulina U-100 en una jeringuilla U-40, puede que obtenga dos veces y media la cantidad de insulina que usted necesita.

Sin embargo, si usted se inyecta insulina U-500, tendrá que usar una jeringa U-100 o una jeringa de tuberculina, la cual está diseñada para dosis muy pequeñas. (Las jeringas diseñadas para U-500 no están disponibles en los Estados Unidos). Si este es su caso, asegúrese de mencionar este aspecto de su inyección cuando discuta su dosis de insulina con su médico o profesional de la salud -por ejemplo, si se encuentra usted internado en un hospital.

Fuentes de procedencia de insulina: Durante muchos años, las insulinas más usadas eran la bovina, porcina y combinaciones de res y cerdo. En la actualidad, las insulinas humanas de ADN recombinante son las más vendidas en los EE.UU. A través de la ingeniería genética, la bacteria o levadura es transformada en pequeña "fábricas" que producen insulina humana sintética.

La fuente de procedencia de una insulina es importante porque usualmente afecta la rapidez con que la insulina puede ser absorbida, el tiempo en que alcanza su pico, y la duración de la misma. Las insulinas humanas son absorbidas más rápidamente que las otras formas. Otro punto importante es que las insulinas de fuentes animales tienen más probabilidad de producir reacciones alérgicas. Sin embargo, muchas personas han usado estas insulinas por años sin ningún tipo de problemas.

Health I. G. News





AIDE AUX VICTIMES DE L'OURAGAN «MITCH»

Le Honduras durement frappé par cet ouragan


Le 7 novembre dernier, il était dénombré plus de 7 000 morts, 22 000 disparus, plus de 2 millions de personnes évacuées…

Toutes les cultures sont détruites, 90% du territoire est privé d'eau potable, plus de 70 ponts sont impraticables sans compter les inondations, les glissements de terrain qui ont emporté au moins 8 000 maisons dans la seule ville de Tegucigalpa…

Aujourd'hui, les épidémies et la famine sont de nouvelles menaces…

Les dégâts sont considérables. Les pertes sont difficiles à chiffrer.

Pour l'heure, le pays nécessite les produits de première nécessité, à commencer par : des médicaments, des vêtements pour enfants, des couvertures, des draps, des denrées alimentaires non périssables, du matériel d'outillage, etc.

CE PAYS A BESOIN DE VOUS,
DE NOUS TOUS

En mon nom personnel et au nom de notre association, je fais appel à votre fraternité, à la solidarité de tous face à une catastrophe dont le peuple attend notre soutien.

L'ambassade du Honduras en France (8, rue Crevaux – 75008 Paris – téléphone : 01 47 55 86 45) a ouvert un compte pour les versements au nom de :


"Fonds victimes ouragan Mitch"
Société Générale – 7, place de Fontenoy – 75007 Paris
code banque 30003 – code agence 03301
nº de compte : 00051220136-09

Nous ne pouvons pas rester impassibles :

LE HONDURAS COMPTE SUR NOUS TOUS

Il faut l'aider. Merci de tout coeur.

Note : Les personnes non résidentes en France peuvent prendre l'attache de l'ambassade ou du consulat du Honduras de leur pays de résidence pour obtenir toute information sur les numéros des comptes bancaires ouverts pour les versements.



AYUDA A LAS VICTIMAS DEL HURACÁN «MITCH»

Honduras fue devastado por este huracán


El 7 de noviembre, se contaban 7 000 muertos, 22 000 desaparecidos, más de 2 millones de personas evacuadas…

Todas las plantaciones fueron destruidas, 90% del territorio está privado de agua potable, mas de 70 puentes fueron destruidos, sin contar con las inundaciones, los deslices de terreno que destrozaron 8 000 casas en la sola ciudad de Tegucigalpa…

A la hora actual, las epidemias y el hambre son nuevas amenazas…

Los siniestros son considerables. Las perdidas difíciles de evaluar.

Por el momento, el país necesita los productos de primera necesidad, empezando por: medicamentos, ropa para niños, cobijas, sábanas, comida, material de construcción, etc.

ESTE PAÍS NECESITA DE USTEDES,
DE TODOS NOSOTROS

En mi nombre personal, y en nombre de nuestra asociación, acudo a su fraternidad, a la solidaridad de todos ante una catástrofe de un pueblo que espera nuestra ayuda.

La embajada de Honduras en Francia (8, rue Crevaux–75008 Paris, teléfono: 01 47 55 86 45) abrió una cuenta bancaria para la ayuda financiera bajo el nombre:

"Fonds victimes ouragan Mitch"
Société Générale–7, place de Fontenoy–75007 Paris
código banco 30003–código agencia 03301
n° de cuenta: 00051220136-09

Ante un tal evidencia, no podemos quedar impasibles:

HONDURAS CUENTA CON TODOS NOSOTROS

Tenemos que ayudar. Gracias de todo corazón.

Nota: Las personas no residentes en Francia pueden comunicarse con la Embajada o el Consulado de Honduras en su país para obtener los datos de las cuentas bancarias de emergencia abiertas en sus países respectivos.

Jacqueline de Pierrefeu




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