Où suis-je maintenant ? 
...S.O.S. Psychologue m'aidera à le savoir...

LA LETTRE DE

S.O.S. PSYCHOLOGUE

¿Dónde estoy ahora? 
...S.O.S. Psicólogo me ayuderá a saberlo...


NUMÉRO : 45 REVUE MENSUELLE JUILLET 1998

Choisissez la couleur du fond d'écran :



LA PENSÉE DU MOIS : Ton regard est si profond que j'y ai perdu ma mémoire (Aragon)

Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
E. Graciela Pioton-Cimetti L'existence de l'égoïsme
 
Hervé Bernard L'égoïsme existentiel
 
Georges de Maleville L'égoïsme essentiel
 
Elisabeth Courbarien Essai sur l'égoïsme existentiel
 
Health I. G. News Asma





Il serait infiniment triste si tous les hommes étaient égoïstes. Peut-être leur nombre tendait-il à augmenter à une époque où l'incrédulité favorisait l'éclosion et l'accroissement de ce penchant. Il serait pénible de constater, aujourd'hui, que tous, sans exception, veulent « vivre leur vie », et, absorbés par leurs préoccupations personnelles, passent, indifférents à la douleur, quand ils ne la causent pas.

S'il y a une vérité bien établie, semble-t-il, c'est celle que La Fontaine a illustrée dans sa fable la Besace et que résume le proverbe de la paille et de la poutre : nous voyons clairement les défauts d'autrui et ignorons les nôtres.

Jupiter nous créa besaciers tous de même manière :
Il fit pour nos défauts la poche de derrière
Et celle de devant pour les défauts d'autrui.

Il faut savoir distinguer l'égoïste qui prend pour guide son moi en opérant un transfert de responsabilités de l'homme personnel qui prend pour guide sa personne.

En fait, pris étymologiquement, ces mots sont très semblables, mais une nuance existe : l'homme personnel rapporte les choses à lui tandis que l'égoïste, non seulement les rapporte à lui, mais encore est capable de sacrifier autrui à son intérêt.

***

Cependant, parmi ceux-là, il en est qui éviteraient d'employer des moyens malhonnêtes, d'occasionner quelque souffrance. Si quelques écrivains se sont plu à décrire des êtres pervers, peut-être n'y avait-il là, pour eux, rien d'autre qu'un moyen de capter l'attention du public.

Si de telles natures existaient réellement, elles mériteraient d'être mises hors la société. Il semblerait juste et désirable qu'il leur fût infligé les mêmes chagrins, les mêmes tortures qu'elles se plaisent à faire subir aux autres. Une haine implacable, le mépris le plus humiliant devraient être leur châtiment. L'envie, l'orgueil insensé, la sécheresse de cœur ne peuvent laisser indifférents ceux qui ont conservé une âme pure. Les êtres pervers sont presque toujours haïs de ceux qu'ils atteignent directement. Ils ne méritent pas cette aversion seulement en raison du tort qu'ils portent ; mais la seule pensée de leur malignité, le spectacle de leur dépravation est décevant et déprimant.

Sans nul doute, s'il existe des individus aussi malfaisants, ils sont l'exception. D'autre part, il est des âmes vertueuses capables de souffrir, intensément et cruellement, de la corruption des autres alors même qu'elles ne sont pas leurs victimes.

Si ces individus sont odieux et méritent le mépris et l'aversion, ceux qui, par leur inertie ou leur complaisance, autorisent et favorisent l'infamie, doivent-ils être confondus dans une même aversion et un même mépris ?

Tout dépend, naturellement, des motifs qui déterminent leur attitude. Il est possible d'être complaisants pour des raisons diverses, ce qui conduit à avoir, envers ces personnes, ce même sentiment de mépris. Il existe, toutefois, des raisons moins dégradantes pour ceux dont la pureté de sentiments ne peut soupçonner l'indignité des autres.

***

Les personnes qui, par intérêt, tolèrent l'égoïsme sont coupables. Pour s'asservir ainsi dans le seul souci d'un intérêt personnel, il faut vraiment avoir soi-même une âme basse, capable de turpitude. Si une telle conduite est due à des préoccupations personnelles, elle est lâcheté.

Très souvent, surtout dans les collectivités, certains, des mieux doués, se laissent dominer par des natures corrompues qu'eux-mêmes reconnaissent comme telles. Dès lors, toutes les fautes sont expliquées, excusées !

Il est alors coupable de s'abandonner à des caractères sans honneur, à des caractères perfides. Satisfaits de la médiocrité, certains d'entre nous acceptent sans répugnance. Vertu, dignité ne sont alors que de vains mots. Quelle vulgaire prudence…

Peut-être est-il des personnes qui connaissent leur faiblesse de caractère et savent que, si elles dénoncent le mal, l'indignité, elles ne pourront que lutter à outrance. Or elles ont peur d'une vie agitée par suite d'oppositions, de querelles. Par crainte ou par mollesse, et, par conséquent, par absence de ferme idéal, elles permettent le mal et traitent comme les honnêtes gens des êtres pervers qu'elles semblent, de cette façon, encourager. Il est inutile de leur demander de modifier leur comportement, car c'est comme s'il était demandé à Dracula ce qu'il pensait des transfusions sanguines !

Si donc leur inertie n'est pas justifiée par des raisons primordiales, elles méritent d'être blâmées.

C'est encore une médiocrité de haïr sincèrement le vice, mais de ne point le combattre par crainte d'être tourné en ridicule par des audacieux, de se voir accuser de rigorisme hypocrite par ceux qui jugent superficiellement et ne sont point outrés en présence de manifestations éhontées de sentiments coupables et bas.

***

Bien des personnes véritablement indignées de la corruption répandue autour d'elles ont cherché à la combattre. Hélas, elles s'arrêtent lassées et désabusées et même résignées après avoir vu échouer tous leurs efforts et triompher la malignité.

Évidemment, elles gardent un profond mépris pour le mal, mais elles ne font plus rien pour l'enrayer. À la vérité, c'est un spectacle déconcertant de voir le mérite, la vertu devenir un objet de risée. Avec plus de patience, une plus sérieuse connaissance des choses, le bien finit presque toujours par triompher et le vice par être, un jour ou l'autre, châtié.

Indépendamment de toute idée de résultat, il faudrait avoir l'invincible énergie de lutter, de lutter désespérément, même si nous pensons que nous sommes seuls, même si nous entendons les autres plaindre notre sort et parler de duperie. Il est coupable de n'avoir point cette suprême énergie, cette inaltérable confiance dans le bien, une haine du mal assez vigoureuse pour imposer l'abstention de toute complaisance et pousser à une lutte constante.

Accepter la médiocrité des autres, sous prétexte que sont connus leurs propres défauts, c'est avoir une conduite qui n'en est pas moins condamnable, car elle tient encore à l'insuffisance d'idéal.

***

Il est une pensée réconfortante : l'abstention peut être dictée par des mobiles acceptables ou même très nobles et qui supposent une réelle fermeté de caractère, un sincère oubli de soi et une très grande bonté.

Il peut arriver d'être dans l'impossibilité de combattre le mal sans compromettre des intérêts supérieurs, des intérêts qui demandent le sacrifice même de la personnalité en vue de préserver quelques personnes d'une souffrance certaine. Ceux qui ont le mérite de sacrifier leur honneur au bonheur des autres peuvent-ils être condamnés ? Pour persévérer dans cette attitude, il faut un courage et une générosité dignes sinon d'éloges, du moins de respect.

Il semblerait juste de respecter ceux que retiennent des scrupules, fâcheux par leurs effets, mais louables par leur nature : une excessive humilité, même dans la vertu, peut les contraindre et les arrêter. Et que penser d'une conduite d'abstention ? Elle est faiblesse et ses effets n'en restent pas moins condamnables et dangereux pour les conséquences.

Certaines personnes s'abstiennent d'agir efficacement contre le mal en raison de la répugnance que leur inspirent la perfidie aussi bien que l'audace et le cynisme et sont dirigés par la très ferme pensée que la vie et les circonstances feront justice. Cette abstention demande un certain stoïcisme, lorsqu'elle consiste à supporter soi-même les agissements des égoïstes.

Enfin, la crainte d'attrister ceux qui ignorent un égoïste, en supportant en silence ses infamies, est une conduite digne d'estime et de sincère admiration. Elle semble supposer une réelle force de caractère en même temps qu'une certaine générosité de cœur. Ces cas sont probablement rares, mais ils peuvent se rencontrer…

***

Pensons-nous assez souvent à la cathédrale que nous devrions élever ? Certains d'entre nous ne sont-ils pas trop enfermés dans leurs intérêts les plus immédiats ? Il serait bon d'écouter Saint-Exupéry, de partager son inquiétude et au lieu de vivre en égoïstes, sans nous soucier du prochain, de bâtir la grande cathédrale humaine qui permettrait de se dépasser.
E. Graciela PIOTON-CIMETTI





Le mot égoïsme semble toujours résonner négativement comme s'il condensait tous les défauts humains, toutes les valeurs morales péjoratives. L'égoïste pense d'abord à lui avant de se représenter les autres. Toute sa vie est centrée sur lui-même. L'invitation au partage rencontre chez lui l'agressivité et la haine. L'égoïste pense à l'autre en fonction de ce qu'il peut lui apporter et non en fonction de ce que lui-même peut lui donner.

L'égoïsme n'est pas tant l'orientation de l'action vers son intérêt propre, c'est la constance de ce mouvement, sa rigidité, son côté inébranlable et inéluctable. Il est le contraire de la vie qui est un enchaînement d'échanges avec les autres et d'actions réalisées pour soi-même. La vie est un jeu de mouvements tantôt centrifuges tantôt centripètes, depuis les plus élémentaires, comme celui de se nourrir, de dormir, de s'habiller, jusqu'aux plus élaborés comme, par exemple, travailler pour une entreprise, se lier avec un partenaire, être bénévole dans une association, etc.

On pourrait presque dire que la vie est un double mouvement vers soi et vers les autres. Vers soi afin d'être disponible vis-à-vis des autres. Vers les autres afin d'en retirer du bien, du plaisir pour soi. Ainsi, on peut voir la vie soit dirigée vers soi – vision égoïsante –, car elle y revient tôt ou tard, à travers le salaire gagné, le plaisir éprouvé, la satisfaction d'avoir aidé un ami ; soit dirigée vers les autres, à travers le don de son temps, le travail réalisé pour son entreprise, l'argent du salaire qui permet de faire vivre sa famille – vision altruiste.

Mais il n'est pas toujours possible de tout donner aux autres, au point de se priver soi-même, car le corps a besoin de nourriture physique, de se protéger des intempéries, du sommeil de la nuit pour reprendre des forces. L'âme a besoin de se régénérer affectivement et psychiquement en se donnant du plaisir. Soumis aux contraintes et aux agressions du monde extérieur, l'esprit a besoin de se ressourcer au sein d'un espace intérieur qui pourra lui apporter calme et force. Il puisera dans l'énergie vitale, c'est-à-dire cosmique, ainsi que dans les fantasmes, les représentations et les affects inconscients, qui vont agir comme de véritables transformateurs et accumulateurs d'énergie, permettant de se préparer à une action pensée et intelligente.

Chacun a donc besoin d'un minimum de ressources pour au moins se maintenir en vie et réaliser les conduites universelles de la vie : grandir, apprendre, trouver un partenaire, se marier, élever des enfants et transmettre une part de son savoir et de son expérience à ses descendants. Mais la vie n'est pas qu'un processus régulier et harmonieux dans le temps. Elle est ponctuée d'accidents, de douleurs, de handicaps, puis de moments de bonheur, de calme. Cet enchaînement est parfois très chaotique, sans aucun sens, entrecoupé de périodes de doute sans fin, qui rappellent la scène d'un naufragé perdu seul, dans l'immensité d'un océan, qui n'est même plus capable d'espoir.

C'est dans ces moments difficiles qu'il faut utiliser ses plus maigres ressources pour s'aider soi-même. J'utiliserais l'image de l'alpiniste qui grimpe une falaise parsemée de prises très espacées. Il faut se servir de son intelligence pour trouver le meilleur chemin, de sa capacité à restaurer son énergie physique et psychique pour éviter le stress, s'aimer soi-même pour reprendre du courage. Il faut de l'audace pour briser les résistances derrière lesquelles réside parfois toute proche la solution et de la discipline pour agir dans la permanence et la régularité. On pourrait désigner ce mouvement tourné vers soi, égoïsme existentiel, car il s'étaye dans les moments les plus difficiles de l'existence, quand la vie rime avec la survie, quand les pulsions de vie et les pulsions de mort s'affrontent dans un combat inexorable. L'égoïsme existentiel se développe dans les premiers moments de l'enfance lorsque le bébé reste seul avec son angoisse après le départ de sa mère, lorsque l'adolescent commence à se lancer dans le monde et à se battre avec un environnement sans concession ou lorsque survient le premier chagrin d'amour ou la perte d'un proche de la famille. Les différentes épreuves de la vie fortifient l'esprit, pousse au développement des qualités mentales et psychiques telles que la capacité de frustration, ce qui permet d'aller toujours plus loin dans la vie, de poursuivre sa maturation et son chemin d'individuation, tremplin vers la réalisation de soi.

L'égoïsme existentiel est nécessaire à chaque être, car il constitue une base narcissique primaire sur laquelle peut se construire une identité et un projet de vie. Dans le cas contraire, la personnalité n'est qu'un faux self, le psychisme doit s'aider de béquilles ou bien fonctionne dans la répétition névrotique. Donc, apprenons à penser à nous pour mieux penser aux autres !

Hervé BERNARD





La vie me contrarie. Sans cesse, je me heurte à des obstacles dus à l'incompréhension des autres, à leur légèreté dans la tenue de leur parole, ou tout simplement à leur égoïsme. Je suis forcé d'imposer ma place au soleil, et, quand je l'ai conquise, de la défendre.

Ce n'est pas facile de vivre au milieu des autres. C'est un exercice périlleux, dont les résultats sont régulièrement compromis.

Et je me bats, doucement mais parfois violemment, pour consolider mes « acquis », comme il est dit dans le langage syndicaliste, ou tout au moins, pour les préserver. Tantôt sur un front, tantôt sur un autre, au gré de l'événement.

Mais, quand j'y réfléchis, c'est précisément cette multiplicité de places à défendre qui me pose problème. D'abord cela me fatigue : on n'en a jamais fini de défendre son « droit de vivre » à sa manière avec les autres.

Et puis, au fond, qu'est-ce que je défends ? Je ne le sais pas trop moi-même. Bien sûr, je tiens à un certain statut, professionnel, social, affectif, relationnel, que j'ai réussi tant bien que mal à me construire. Mais je constate que celui-ci, au fond, est rarement remis en question, si ce n'est dans des crises graves, heureusement très peu fréquentes.

En fait, ce que je défends, dans cette lutte permanente, ce n'est pas tant ma position que l'idée que j'estime que les autres devraient en avoir, la considération que les autres, à mon sens, devraient me porter.

Je me trouve donc amené la plupart du temps, non à me défendre contre des attaques objectives, qui se produisent rarement sauf si je vis dans une ambiance très conflictuelle qu'il faudrait alors changer, mais à défendre une certaine idée de moi-même qu'il me paraît normal d'imposer aux autres et qu'il me paraît choquant de ne pas faire partager.

L'objet du conflit se déplace constamment en fonction de la facette de ma personnalité exposée à la critique d'autrui.

C'est là une forme d'égoïsme, bien naturelle, dira-t-on. Depuis ma petite enfance, j'ai poussé en m'affirmant par rapport aux autres, et j'ai dégagé une place pour moi en imposant aux autres une certaine image de moi qui me rende acceptable à autrui, ou tout au moins tolérable. Si ce n'était pas le cas, ce serait dramatique et je ne pourrais que vivre seul, ce qui est impossible.

Mais aujourd'hui, où je ne suis plus, depuis bien longtemps, un bébé qui crie pour attirer l'attention, tant d'efforts sont-ils nécessaires, Et dans quel but ?

Je sens bien, quand je m'examine plus profondément et avec calme, qu'il y a en moi quelque chose qui est à moi, à moi seul, et qu'il importe de préserver à tout prix. C'est là que siège un égoïsme essentiel.

Mais quand je me situe au niveau de cet égoïsme-là je fais des constatations curieuses :

Tout d'abord ce noyau, strictement personnel, que je trouve en moi-même en le cherchant, varie fort peu. Somme toute, et tout bien examiné, il est fort peu sensible aux aléas de mon comportement et à mes aventures dans les relations avec les autres. Il y serait plutôt indifférent. Tout bien pesé, son existence est indépendante de l'histoire de ma personne.

Et « cela » c'est à moi, et à moi seul. Il y siège un égoïsme légitime, lié à la conscience que j'ai de ma propre vie.

Mais cet égoïsme-là, étrangement, je vais l'oublier, aussitôt pour aller défendre auprès des autres des images de ma personne, des images de comportement dénuées, la plupart du temps, de toute consistance objective. Et j'estime, moi adulte, que cette lutte, permanente, est indispensable pour « préserver ma place ». Je m'y épuise même et le temps s'écoule à ce jeu-là.

Mais qui s'occupera, durant ce temps-là, de l'objet de mon « égoïsme essentiel » qui n'appartient qu'à moi, et qui ne demande qu'à grandir si je m'en occupe, mais qui s'étiole quand je le délaisse pour aller défendre mes apparences ?

C'est là une vraie question.

Georges de MALEVILLE





Sur une île luxuriante naquit un jour une petite fille qui répond au doux prénom d'Aurore.

Cet endroit est, de très loin, le plus idyllique et le plus enchanteur dont vous n'ayez jamais rêvé. Même dans vos rêves les plus fous. Les forêts y abritent d'accueillantes clairières, les ruisseaux éclaboussent de leurs cascades sur les rochers où viennent s'émousser leurs folles ardeurs. Quelque animal s'ébroue ça et là sous la fraîcheur de ces projections. Toute la nature déborde de générosité pour apporter qui ses fruits, qui ses fleurs, afin d'emplir de couleurs et de vie cet univers aux frontières du magique.

Le plus pur des paradis. C'est ici que notre douce et rêveuse enfant grandit. S'épanouit.

Chaque jour, elle s'enhardit, s'éloigne un peu plus de son logis, s'aventure à la découverte de nouveaux espaces. Là, elle repère une famille de plantes différente des autres. Le jour suivant, elle escalade une vertigineuse barrière rocheuse, oublieuse des griffes qu'elle s'y fait, toute à la joie de sa conquête. D'en haut le spectacle qui s'offre à elle est grandiose, plein de promesses…

Elle explore et elle découvre. Elle se construit. Elle prend confiance. Tout juste a-t-elle conquis une relative partie de son espace, sans avoir même eu le temps de pousser la curiosité jusqu'aux confins de son domaine, qu'accoste, par une rayonnante journée, comme toutes ces journées peuplées de nos amoureuses rencontres, le plus fringant jeune homme que la terre eût jamais porté.

Comment eut-il pu en être autrement, pour cette charmante recluse qui n'avait, jusque là, eu pour seule compagne que son isolement ? Éblouie autant qu'émerveillée par cette miraculeuse rencontre, séduite par tant de grâce, notre jeune femme tombe sous le charme de cette subite apparition. Captivée. Éperdument amoureuse.

Dans son hospitalité généreuse, elle consent bien volontiers à l'accueillir, avec sa coutumière simplicité, en son fief. Bien piètre fief en vérité, puisqu'il n'est ceint d'aucune barrière ! Quel accès pourrait-elle lui défendre ? Nul n'est besoin d'interdire ! Elle donne tout. Tout ce dont la nature lui a fait présent, elle l'offre en partage à cet ange tombé du ciel. Que pourrait-elle lui refuser, elle qui a tant reçu ? Elle lui consacre son temps, son énergie, veille sur son bien-être le jour, sur son sommeil la nuit. Elle le protège, elle le nourrit. Elle lui ouvre son cœur. Il est son enfant. Il est toute sa vie. Elle tremble de ses peurs. Elle gémit de ses cris.

Peut-on aimer plus qu'elle l'aime ? Peut-on être plus choyé et chéri qu'elle le choie et le chérit ? A-t-on jamais donné plus que ce qu'elle accepte par amour de lui, jusqu'à lui révéler ses plus intimes pensées ? Auprès de lui, le temps s'est écoulé. Il a fuit.

La foudre a frappé. Qu'est devenue sa flamme ? Une brindille a pris feu, puis une branche, un arbre et la forêt toute entière s'est embrasée. Cet ardent brasier a métamorphosé ce coin de paradis en un amas de cendres. En quelques semaines, quelques jours, quelques heures à peine. Tout a été détruit. Consumé. Désolation.

Ils sont là, debout mais hébétés, à contempler stupéfaits les ravages de l'enfer. Sans rien comprendre. Mais sans avoir lutté. Alors, détournant pour la dernière fois son regard tout rempli de larmes de ce paradis déchu, elle a plongé. Seule. En quête d'un nouvel espace. Moins artificiel. Moins irréel. Plus vrai. Et cet univers de joie rien, ni personne, ne pourra lui enlever. Jamais.

C'est là que l'existence d'Aurore commence véritablement.

Elisabeth COURBARIEN





Un grupo de científicos británicos ha identificado un componente activo en un virus ligado a las inflamaciones de pulmón que podría contribuir a la creación de una vacuna contra el asma, según un informe publicado en la revista científica Journal of Experimental Medicine.

Según los investigadores, este virus, conocido con las siglas RSV, es responsable de una tercera parte de los casos de asma que se producen.

El profesor Peter Openshaw y su equipo del Imperial College School of Medicine en Londres han logrado identificar una parte activa de una sustancia que produce el virus, denominada proteína G, que podría ser utilizada como base para la creación de la vacuna.

Se cree que esta proteína activa un gran número de células inflamatorias que entran en los pulmones desnivelando el sistema inmunológico y produciendo gran cantidad de mucus que provocan ahogos.

Los científicos han demostrado en los ratones sobre los que se realizaron las pruebas de laboratorio, que sólo es necesaria una pequeña muestra de la proteína para producir una alteración del sistema inmunológico.

El equipo británico, junto con sus colegas estadounidenses del Instituto Nacional de Salud de Washington, esperan poder probar en niños, en los próximos tres años, una vacuna basada en la proteína G alterada genéticamente.

Openshaw señala en la revista: "realmente creo que estamos a punto de desarrollar una vacuna contra ciertas condiciones clínicas como el asma, que requiere una manipulación de la respuesta inmunológica".

En Argentina se gastan más de 100 millones de pesos anuales en su tratamiento

El ama está registrando, desde mediados de la década del 70, un incremento gradual de mortalidad en personas de entre 5 y 35 años, en países industrializados.

En Argentina se gasta por año 116 millones de pesos sólo en productos farmaceúticos para el asma y otras afecciones similares y esta cifra sigue aumentando. El crecimiento anual promedio del gasto en productos farmecéuticos para el asma en nuestro país, es del 5,5 por ciento.

Los costos totales en cuidados relacionados con el asma, sólo en Estados Unidos, en 1985, fueron de aproximadamente 4500 millones de dólares. Actualmente esta suma ascendió a 6200 millones de dólares.

La pérdida de días de clases de los niños o días de trabajo de los adultos y las muertes prematuras son otros costos indirectos relacionados con el asma, sin tener en cuenta los costos intangibles como alteraciones físicas, socio económicas, dolor, miedo y el efecto social sobre los enfermos, familiares y empleadores.

Un reporte realizado por el Panel de Expertos de la Organización Global de Salud Mundial de Iniciativa para el Asma, establece que este desorden inflamatorio se inicia con broncoconstricción aguda o reducción de las vías respiratorias, derrame de líquido (edema) dentro de las vías, producción de mucus y cambios en la estructura de las vías respiratorias (remodelación).

El rango de prevalencia del asma se estimó en el 5% de la población adulta y en el 10% de los niños. Se calcula que existen 150 millones de personas en el mundo con esta enfermedad y sólo en Estados Unidos cuatro de cada diez mil asmáticos mueren cada año.

El asma crónica crece a razón de un 50 por ciento cada 10 o 15 años. Mata a 1000 personas por año en Argentina y 5000 en los Estados Unidos. Es una enfermedad que afecta al 17 por ciento de los niños de 6 años y un 11 por ciento a los de 13 años. Es una condición que afecta a los niños, adolescentes y adultos.

Health I. G. News




Cliquez sur la porte   et bonne visite !

Marque la puerta   ¡y buena visita!