NUMÉRO 185 REVUE TRIMESTRIELLE juillet-août-septembre 2020

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  La confusion La confusión
 
Bernard, Hervé La confusion
 
Baleani, Eduardo La confusión
 
Delagneau, Philippe La confusion
 
Giosa, Alejandro La confusión
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de juillet 2020
 
Stella, Silvia La confusión
 
Thomas, Claudine La confusion


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Il se trouve chez l'enfant des contaminations de mots ou de pensées qui font que les éléments des processus intellectuels s'embrouillent les uns dans les autres ainsi que des digressions où ces éléments s'éparpillent et mettent l'acte intellectuel en lambeaux.

D'où des confusions, souvent des contradictions tenant à son incapacité de distinguer et d'ordonner les éléments d'un tout.

Ces rapports confusément aperçus sont cependant à la base de beaucoup de processus mentaux.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Je parle quatre langues. Je me débrouille un peu pour que ma mémoire ne m'empêche pas de me souvenir. Mais ma confusion se trouve dans l'aire de Broca et dans ma mémoire où se sont développés des troubles du langage.

J'ai eu un AVC et je me bats toujours pour récupérer le langage perdu.

Comme j'ai écrit tous les jours ces histoires en castillano, je me trouve avec la possibilité de les traduire en français.

Ce qui m'est propre, c'est ma langue maternelle. Je me repose tout en travaillant. Et je traduis mes livres français/espagnol pour faire comprendre que le doute m'évite de pouvoir parler en langue française.

Je me tiens dans le passé où il n'y avait pas de confusion et où j'avais toute ma mémoire.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Dans les deux thèmes précédents, la croissance et la perfidie, je m'interrogeais sur l'attitude et la réaction possible de l'homme vis-à-vis de la pandémie du COVID 19, qui touche quasiment tous les pays de la planète, la plupart du temps brutalement, profondément et sans doute pour longtemps.

À nouveau je pars de cette situation inédite dans l'histoire de notre humanité pour traiter également le thème de la confusion en relation avec cette pandémie.

Avec le thème de la croissance, j'invitais chaque être humain à considérer la pandémie comme une opportunité pour l'humanité de réfléchir à un développement plus responsable et non plus fondé sur toujours plus de croissance. Cette pandémie virale faisait brutalement irruption dans notre civilisation humaine, comme si la planète terre nous envoyait un puissant signal d'alerte sur sa mise en danger par l'homme et mettait un stop pour en comprendre le sens.

À chacun de tenter de se questionner, d'en comprendre le sens et de saisir l'opportunité de penser notre humanité autrement, de manière plus respectueuse de notre environnement !

Avec le thème de la perfidie, je pointais l'absence de respect de l'être humain vis-à-vis de son environnement, qui lui permet pourtant son développement, et de tous les autres vivants qui la composent, l'homme prélevant de plus en plus de ressources et empiétant sur l'espace vital de plus en plus d'espèces animales et végétales avec son lot de destructions, oubliant que sa parole de respect de l'autre, à la base de toutes les communautés humaines, devait s'appliquer à tout le vivant.

Avec le thème de la confusion, peut être aussi abordé l'attitude de chacun avec la pandémie du COVID 19 et de toutes les mesures, souvent fortes, mises en place pour la combattre, tout au moins pour en contrôler sa progression.

J'observe pour l'instant une confusion générale, dans la mesure où toutes les réactions et leurs contraires, peuvent être relevées ici et là, à différents niveaux. Voyons quelques exemples flagrants !

Au niveau individuel, j'observe régulièrement des comportements exagérés dans les réactions par rapport au risque réel de la pandémie, par rapport aux consignes données par les spécialistes, par l'État, par le gouvernement, comme :

· la tendance au repli sur soi (on tend à s'enfermer chez soi comme par crainte d'attraper le virus simplement en pointant le bout de son nez à l'extérieur),

· une difficulté pour reprendre une vie plus normale, comme revenir au bureau après une période de télétravail,

· un rejet de la proximité physique de l'autre, comme si le fait de se croiser même à courte distance présentait un danger important.

Au niveau collectif, si, par exemple au travail, une même personne trouve normal de réduire fortement le nombre de participants, qui sont tous masqués, à une réunion dans une salle pourtant de plus grande capacité, quitte à faire participer les autres par visioconférence depuis leur bureau, et que plus tard elle participe à un événement convivial, comme un pot de départ, dans la même salle, avec le même nombre de personnes, mais non masqués, pour boire et pour manger, les esprits s'échauffant au fur et à mesure que les distances physiques sont de moins en moins respectées, où est la logique ? Il s'agit plutôt d'une forme de confusion.

Nous perdons vite de vue nos points de repère de prévention sanitaire, avec notamment tous les gestes barrière largement définis au niveau de la plupart des états, quand nos intérêts personnels changent. Notre discipline, c'est-à-dire notre capacité à garder les mêmes règles quelles que soient les circonstances, peut être rapidement mise à mal en fonction du contexte, de notre état d'esprit, peut-être de la dose de consignes et avis contraires récemment entendus, notamment via les médias. N'y a-t-il pas là un champ de développement de la confusion individuelle, notamment quand les contraintes liées à la pandémie perdurent dans le temps ?

Et que penser également de l'action de nos gouvernements ? La France, pourtant le pays des Lumières, chantre de l'état organisé et bien géré notamment depuis Colbert, à l'origine du jardin à la française où tous les éléments sont alignés selon une précision mathématique et une logique sans concession, n'a pas cessé d'édicter des règles et leurs contraires, en expliquant à chaque fois scientifiquement les raisons de ses choix :

· les masques : au début du confinement, quand la population française s'est trouvée véritablement confrontée à la réalité de la pandémie, les masques n'étaient pas nécessaires, mais uniquement réservés aux agents médicaux, aux médecins, aux infirmières et à tous les personnels des urgences et de sécurité (SAMU, pompiers). Tout le monde a bien compris qu'il s'agissait d'aligner les mesures sur l'état des stocks de masques, largement insuffisants. Puis, quand les masques sont enfin devenus disponibles, progressivement les masques sont devenus la norme, dans les commerces et les entités recevant du public, puis à l'extérieur et sur le lieu de travail.

· le confinement : début 2020, alors que la Chine instaurait un confinement drastique de quasiment toute sa population (près de 20% de la population mondiale), la France a attendu deux mois avant de prendre des mesures extrêmes, minimisant ou passant sous silence ce qui se passait presque partout dans le monde et chez nos voisins européens. Maintenant le moindre soubresaut des chiffres de la mortalité, des nouveaux cas de contamination et du nombre d'entrée en réanimation, est l'occasion de nouvelles mesures, au point que le quidam ne sait plus très bien où il en est, que les agents économiques ont bien du mal à préparer l'avenir, que ne peut bien sûr pas s'organiser, se construire, se mettre en place au jour le jour, mais avec un délai et dans un environnement stable.

Cette confusion de nos gouvernements s'ajoute à la confusion individuelle, elle se nourrit même mutuellement. Et la confusion est ainsi fondamentalement contagieuse, d'autant plus que nos corps et nos esprits ont été mis à mal après toutes les mesures imposées depuis mars. Comment rester serein et rassuré face à de nombreux proches plus ou moins dans la confusion ?

La confusion est certes naturelle dans notre fonctionnement psychologique, quand nous sommes confrontés à une situation entièrement nouvelle. Elle est liée au mode de fonctionnement fondé sur un système très complexe et très complet de points de repère, agissant comme un mode d'emploi pour évoluer, réfléchir et agir dans notre environnement quotidien. L'objectif est toujours de se sentir en sécurité physique, psychologique, sentimentale, ou en tout cas de ramener son état de stress à un niveau acceptable, en fonction de ses propres critères.

Ce qui est normal, face à une situation nouvelle, c'est d'analyser la situation, d'élaborer un nouveau comportement et d'ajuster ses gestes réflexes à la réalité du terrain.

Ce qui n'est pas normal, c'est lorsque cette phase de confusion dure trop longtemps ou qu'on ne parvient pas à élaborer un nouvel ensemble de comportements capable de réduire son niveau de stress.

Ce qui est le plus difficile à appréhender c'est le fait que ces processus sont en grande partie inconscients. Non que chacun ne ressente pas clairement son angoisse intérieure. Mais il est difficile de voir, de ressentir en quoi chacun de nos comportement intègre une part d'angoisse, une part de confusion.

Dans le cas de la pandémie du COVID 19, où, pour l'instant, aucune avancée dans la connaissance et la résolution du problème ne permet de revenir à la situation antérieure, car mêmes les meilleures mesures barrières comportent un risque, parce que le virus est invisible et que les personnes contaminés sont la plupart du temps asymptomatiques, et parce qu'aucun vaccin n'a encore été trouvé, il est très difficile de trouver sa meilleure équation de vie au plan de sa vie sociale, au regard de ses projets personnels, vis-à-vis de son équilibre de vie au quotidien, car personne n'est capable de donner de la visibilité sur l'évolution de cette crise.

La meilleure arme est sans doute d'appliquer scrupuleusement et avec constance les mesures barrière sur lesquelles se sont mis d'accord largement les spécialistes, d'y adapter sa vie sociale sans repli sur soi excessif, d'adopter une attitude et une hygiène de vie basées sur la culture du calme intérieur en dosant les activités personnelles aptes à préserver un niveau de sérénité suffisant. Cette règle de vie est sans doute à adapter au cas, par exemple, des personnes à risque. Mais l'inventivité humaine est inépuisable pour trouver d'autres moyens de préserver la vie sociale, pour garder son équilibre, son efficience et son épanouissement au travail…

Gardons confiance en nous, en notre civilisation humaine et en notre planète Terre ! Voyons cette pandémie comme une épreuve supplémentaire sur notre chemin de vie, même si nous avons l'impression de nous retrouver en terre inconnue. Après le doute, la confusion et la discipline, viendra la lumière !

Hervé Bernard



Quelle terrible situation tant sur le plan individuel que collectif. Nous avons été et nous sommes nécessairement confrontés à cette situation. Nous en ressentons la lourdeur, nous pouvons décrire des situations extérieures contradictoires, incompréhensibles d'un point de vue purement rationnel. Ces manifestions négatives sont le résultat d'une confusion qui s'est installée en nous à partir d'une réalité objective physique et psychologique et à partir de notre réalité subjective.

Ce qui est intéressant est de vouloir comprendre ce phénomène, un processus que nous portons en nous dépendant de notre nature, de notre structure interne.

Personne ne peut échapper à la confusion, à sa condition humaine. Même le Christ a dû s'y confronter lorsqu'il vécut la tentation de vouloir échapper à sa destinée consciente et librement choisie. Mais pour le Christ, il s'agissait de sacrifier sa vie pour la transmission empirique d'un enseignement, d'une vérité objective qu'il avait comprise et intégrée. C'est ce qu'il a voulu nous transmettre au prix de sa vie.

Ce qui m'intéresse c'est de comprendre ce qui est à l'origine en nous de la confusion sachant que toute l'organisation sociale et toutes nos manifestations externes dépendent de ce que nous sommes individuellement, la collectivité étant une somme d'individus.

Lorsque nous nous exprimons, nous pouvons dire « je » ou même « on » en parlant de soi, en évoquant ses pensées, ses émotions, un état d'âme.

J'ai un vague souvenir que dans ma jeunesse, j'utilisais souvent le « on ». À plusieurs reprises, j'ai été corrigé pour me proposer à utiliser plutôt le « je ».

Et c'est ce que j'ai fait. Je trouvais que ça avait un sens de m'exprimer à la première personne du singulier, pourquoi me masquer derrière un collectif ?

Puis, au cours de ma recherche, de mon exploration empirique ma compréhension s'est à nouveau inversée. Lorsque nous nous exprimons par « je » dans notre réalité subjective, ça fait sens, ne suis-je pas constitué d'un corps physique qui lui est unique ?

Mais est-ce bien réel pour autant dans une autre réalité, une réalité objective qui correspond à notre structure interne, physique et psychologique ?

Ce « je » ne serait-il pas une identification à une structure visible la plus évidente, notre corps physique ?

Suis-je réellement constitué dès la naissance d'un « JE » unique, immuable qui se développerait par la suite toujours dans l'unité. Un « JE » qui parle simultanément de façon intégrée au nom de toutes mes parties constituantes intellectuelle, émotionnelle, corporelle, instinctive et sexuelle ?

Ou bien serais-je constitué par une multitude de « je » ? Chaque « représentant » prendrait pour un instant le pouvoir d'un groupe de pensées, d'émotions, de sentiments, d'envies, de préférences, de désirs, laissant les autres « je » en sommeil jusqu'à une nouvelle prise de pouvoir de l'un d'entre eux en réaction aux situations extérieures ?

La question nous est posée, à nous de vouloir y répondre. Sommes-nous UN ou multiple ?

C'est une question fondamentale.

À partir d'observations empiriques, en constatant nos divergences internes, ces jeux de pouvoir ou nos pensées, nos émotions se contredisent, nous pouvons commencer à comprendre quelle est notre véritable situation et admettre que sous une apparente permanence règne la confusion.

Alors notre seul objectif sera de construire en nous un véritable « JE », un Maître intérieur dont parle tous les enseignements ayant pour but d'éveiller l'homme à sa condition d'esclave et en ses possibilités d'évolution.

Chessy, le 26 septembre 2020
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



Être dans la confusion qu'est-ce que cela représente pour moi ? Que quelque chose est confus et pas clair et dans ces conditions je ne me sens pas bien. Alors je marque un temps d'arrêt et je m'observe, je me questionne et j'essaye de trouver une réponse à mon questionnement, c'est aussi un discernement.

Pour comprendre et dédramatiser le sentiment de confusion, cela nécessite prioritairement de libérer le mental de ses pensées négatives. Nous avons besoin que notre activité cérébrale soit réactive pour nous affirmer et être présent. La confusion peut être réellement un handicap, voire une prison. Grâce à ces prises de conscience, l'esprit se sent plus libre. Un esprit libre permet la créativité et de donner un sens à notre vie. Je pense que lorsque nous sommes dans l'affirmation il ne peut y avoir de confusion.

Pour ne pas être dans la confusion il faut Être, c'est-à-dire, être dans son axe, présent et conscient. À ce moment-là, seulement tout devient clair. On se sent apaisé et bien en soi.

Pour cela, il faut d'abord se connaître soi-même pour vivre en bonne harmonie avec soi-même. Comment puis-je vivre avec les autres dans le respect si je ne sais pas vivre avec moi-même.

Quand le travail que l'on fait a un sens, il est moteur, il enrichit, il épanouit et engage aussi.

Fait à Chessy, le 23 Septembre 2020
Claudine Thomas