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LA LETTRE DE

S.O.S. PSYCHOLOGUE

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NUMÉRO : 42 REVUE MENSUELLE MARS 1998

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
 E. Graciela Pioton-Cimetti Le désarroi El hombre de todas las epocas siempre ha estado inquieto
 
 Hervé Bernard Approcher le bébé Acercarse del bebe
 
 Florence Boisse Le viaduc El viaduco
 
 Georges de Maleville Les étapes du désarroi Las etapas del desarroigo
 
 E. Graciela Pioton-Cimetti Dialogue avec les auteurs
sur le désarroi
 
 E. Graciela Pioton-Cimetti Poèmes Poemas
 
 Elisabeth Courbarien Réunion de groupe : rêveries
 
 Christine Crier Télévision
 
 Georges de Maleville À voir





Dans son Discours de l'histoire, Paul Valéry donne une explication à ce sujet : « Jamais l'humanité n'a réuni tant de puissance tant de désarroi, tant de souci et tant de jouets, tant de connaissances et tant d'incertitudes. L'inquiétude et la futilité se partagent nos jours. »

L'homme de tous les temps a toujours été inquiet

César fait état de l'inquiétude des Gaulois qui craignaient que le ciel leur tombe sur la tête. Buffon fait état de l'inquiétude de l'homme primitif, venu sur terre alors que les grandes convulsions géologiques s'achevaient à peine…

Mais l'homme moderne éprouve une inquiétude plus complexe : inquiétude métaphysique analysée par Pascal ; inquiétude romantique analysée par Rousseau, Chateaubriand, Senancour, Benjamin Constant ; inquiétude métaphysique, religieuse et morale évoquée par Baudelaire et ses épigones ; angoisse existentielle présentée, sous de multiples formes, par M. Jean-Paul Sartre…

***

Les causes métaphysiques

Ces causes sont permanentes avec la peur de la mort et le problème de la survie spirituelle ou bien avec la liberté qui est impossible et le désir d'absolu qui est conçu par un être vivant dans le relatif. Cette inquiétude, que le christianisme aurait fait naître selon Chateaubriand, s'est accrue depuis que l'esprit critique a miné les croyances religieuses.

Les causes politiques

La Révolution de 1789 a détruit l'ancienne armature politique et l'espoir révolutionnaire a été déçu par la chute de Robespierre. Il a repris en 1830, a été déçu une seconde fois, s'est réveillé en 1848, a été de nouveau cruellement déçu… ; le désespoir des aristocrates en 1789 s'est atténué en Thermidor ; mais, après 1814, il a fallu peu à peu se convaincre que l'Ancien Régime ne reparaîtrait plus.

Les causes économiques

Ces causes se sont révélées en 1914 lorsque les monnaies se sont effondrées : le franc n'a fait que se détériorer depuis. En réduisant à la misère des gens fortunés, en créant les « nouveaux riches », habiles utilisateurs de la spéculation. La dévaluation monétaire a fait perdre confiance aux plus confiants.

Enfin, la révolution soviétique, la seconde guerre mondiale, la guerre froide qui a suivi ont fait naître l'idée que plus rien de stable ne subsistait : après l'effondrement des empires, l'effondrement des fortunes privées, il a pu être observé l'effondrement des valeurs morales : sincérité, justice, valeur du travail souvent ridiculisée par l'appauvrissement du travailleur et l'enrichissement du spéculateur, respect de la personne humaine qui est terrorisée dans les camps de concentration…

***

Ainsi, une véritable désagrégation s'est produite dans la plupart des nations. Et l'homme s'est découvert seul, terriblement seul, « mort en sursis » vivant à « huis clos ».

La séparation des classes ne date pas d'aujourd'hui : patriciens, plébéiens, colons, esclaves dans la Cité antique ; nobles et roturiers sous l'Ancien Régime ; riches et pauvres dans les sociétés modernes. Mais acceptée avec résignation jusqu'en 1789, elle n'est que très mal tolérée aujourd'hui.

Jamais la séparation due à la spécialisation du travail n'a été aussi poussée. La séparation due à l'éducation, primaire pour les uns, secondaire pour les autres, n'a pas disparu, malgré les efforts d'Édouard Herriot et de Paul Langevin pour créer l'école unique.

***

Le cloisonnement économique (employeurs et employés) ; social (riches et pauvres) ; culturel (primaires et secondaires) ; politique (multitude des partis) et religieux a pour conséquence le repliement de l'individu sur sa propre misère. De multiples efforts ont été tentés pour sortir les hommes de cette conscience de leur misère. Même s'il était possible de parvenir à établir une société parfaitement équilibrée aux points de vue politique, économique, financier ; même s'il était possible d'établir un parfait équilibre entre le travail et le loisir, il faut se poser la question de savoir si l'ennui serait supprimé. L'ennui où Pascal voyait le caractère essentiel de la condition humaine !

Pour ne plus s'ennuyer quand il est seul, immobile, dans une chambre, il faudrait que l'homme fût débarrassé de ce lourd privilège qu'est la pensée.

En su Discurso de la historia, Paul Valéry da una explicación a este respecto: «La humanidad nunca ha reunido tanto poder, tanta angustia, tantas zozobras y tantos juguetes, tantos conocimientos y tantas incertidumbres. La inquietud y la futilidad comparten nuestros días».

Cesar habla de la inquietud de los Galos que temían que el cielo les cayera sobre la cabeza. Buffon se refiere a la inquietud del hombre primitivo, venido a la tierra cuando las grandes convulsiones geológicas se terminaban a penas…

Pero el hombre moderno experimenta una inquietud más compleja: inquietud metafísica analizada por Pascal; inquietud romántica analizada por Rousseau, Chateaubriand, Senancour, Benjamin Constant; inquietud metafísica, religiosa y moral evocada por Baudelaire y sus seguidores; angustia existencial presentada, bajo múltiples formas por Jean-Paul Sartre…

***

Las causas metafísicas

Estas causas son permanentes con el temor de la muerte y el problema de la supervivencia espiritual o bien con la libertad que es imposible y el deseo de absoluto que es concebido por un ser que vive en la relatividad. Esta inquietud, que el cristianismo habría hecho nacer según Chateaubriand, ha aumentado desde que el espíritu crítico ha minado las creencias religiosas.

Las causas políticas

La Revolución de 1789 destruyó la antigua armadura política y la esperanza revolucionaria se vió defraudada por la caída de Robespierre. Volvió en 1830, se vió defraudada por segunda vez, se despertó en 1848, fué de nuevo cruelmente defraudada…; el desespero de la aristocracia en 1789 se atenuó en Thermidor; pero, después de 1814, poco a poco se tuvo que convencer de que el Antiguo Régimen ya no volvería más.

Las causas económicas

Estas causas fueron reveladas en 1914 cuando las monedas se derrumbaron: el franco no ha cesado de deteriorarse desde entonces; reduciendo a la miseria a gente rica, creando los «nuevos ricos» hábiles utilizadores de la especulación. La desvaluación monetaria hizo perder confianza a los más confiados.

Por fin, la revolución soviética, la segunda guerra mundial, la guerra fría que la siguió hicieron nacer la idea de que ya nada estable subsistía: después del desmoronamiento de imperios, el desmoronamiento de las fortunas privadas, se pudo observar el desmoronamiento de valores morales: sinceridad, justicia, valor del trabajo a menudo ridiculizado por el empobrecimiento del trabajador y el enriquecimiento del especulador, respeto del ser humano que es terrorizado en los campos de concentración…

***

Así, una verdadera disgregación se ha producido en la mayor parte de las naciones. Y el hombre se ha encontrado solo, terriblemente solo, «muerto sobreseído» viviendo «a puerta cerrada».

La separación de las clases no es nueva: patricios, plebeyos, colonos, esclavos en la ciudad antigua; nobles y villanos bajo el Antiguo Régimen; ricos y pobres en las sociedades modernas. Pero aceptada con resignación hasta 1789, hoy sólo es muy mal tolerada.

La separación debida a la especialización del trabajo nunca había sido tan importante. La separación debida a la educación, primaria para unos, superior para otros, no ha desaparecido, a pesar de los esfuerzos de Édouard Herriot y de Paul Langevin para crear la escuela única.

***

La separación económica, patronos y empleados; social, ricos y pobres; cultural, primarios y superiores; política, multitud de los partidos, y religiosa, tiene como consecuencia el repliegue del individuo sobre su propia miseria. Se han intentado muchos esfuerzos para sacar a los hombres de esta conciencia de su miseria. Aunque fuera posible llegar a establecer una sociedad perfectamente equilibrada desde el punto de vista político, económico, financiero; aunque fuera posible establecer un perfecto equilibrio entre el trabajo y el ocio, hay que preguntarse si el fastidio sería suprimido. ¡El fastidio en el que Pascal veía el carácter esencial de la condición humana!

Para ya no volver a aburrirse cuando está sólo, inmóvil, en una habitación, el hombre tendría que ser liberado del pesado privilegio que es el pensamiento.

E. Graciela PIOTON-CIMETTI








Les théories psychologiques nous enseignent qu'à la différence de l'animal l'homme naît immature. De nombreux animaux, dès la naissance, sont capables de marcher, de nager, de se nourrir des aliments que leur apportent leurs parents, et même de se défendre… Mais le bébé a besoin de parents pour tous ses besoins élémentaires pendant plusieurs années. Le développement du bébé, et même sa survie, nécessite tout un ensemble d'apports de la part des parents : la nourriture, une protection contre le froid et plus largement vis-à-vis de toutes les agressions extérieures, un soutien affectif et physique, un apprentissage pour toutes les capacités motrices, cognitives à acquérir…

Si un besoin du bébé n'est pas satisfait, sa capacité de frustration est insuffisante pour être capable d'attendre quelques secondes supplémentaires. Il exprime alors vivement, à corps et à cris, son insatisfaction, à la fois tentant de combler un manque et envoyant aussi un message clair à son entourage. D'une manière générale, un bébé réagit presque immédiatement aux stimuli externes et internes qui l'assaillent, quand ceux-ci attirent son attention. Vous avez certainement tous en images la réaction d'insatisfaction d'un bébé qui se développe comme une éruption volcanique si par malheur on n'apporte pas assez rapidement à sa demande une réponse appropriée.

La faim, la soif, le froid, un visage nouveau, un bruit un peu intempestif sont autant de signaux d'alarme pour l'éveil de l'inquiétude, puis de l'angoisse chez le nouveau-né. Avez-vous remarqué combien rapidement se dessinait une expression de désarroi quand ne vient pas la réponse habituellement attendue ? Le bébé se met à pleurer avec tout son corps, exprimant de tout son être sa solitude, son état de peur et de panique face à une situation angoissante qu'il ne peut pas maîtriser seul. Il faut alors toute la délicatesse et le doigté d'une bonne mère pour approcher le bébé, d'abord capter son attention, puis l'apaiser progressivement au fur et à mesure qu'il ressent la présence protectrice de l'autre, qui cherche à le soutenir physiquement, affectivement, psychiquement.

Le nouveau-né va progressivement apprendre à halluciner la mère afin d'être capable de supporter la solitude et son lot de stimulations plus ou moins angoissantes, que ce soient des pulsions, d'origine interne, ou des agressions extérieures. L'enfant apprend ensuite à « secondariser la pulsion », c'est-à-dire à retarder le moment de satisfaction de son désir, par le biais d'un apprentissage social et d'un travail psychique étayés par les personnes qui s'occupent ou sont responsables de lui.

Devenu adulte, le petit homme est censé maîtriser ses pulsions dans toute situation sociale qui le nécessite, notamment par rapport aux règles sociales et culturelles.

Mais n'est-on pas parfois exposé à des agressions qui dépassent notre capacité d'élaboration de l'afflux de stimuli qu'elles engendrent ? Les accidents de l'existence ou des événements plus quotidiens peuvent mettre en danger notre équilibre mental et psychique. Comment alors réagit le bébé qui sommeille en nous ? Ce bébé dont nous gardons des traces mnésiques et sensorielles. S'appuyant sur des exemples cliniques Otto Rank postule que toute angoisse future renvoie au premier traumatisme de la naissance. Ainsi, nous nous trouverions reliés au bébé par l'état d'angoisse que nous avons en quelque sorte engrammé à notre venue au monde et qui peut être réactivé ultérieurement dans notre vie d'adulte.

La guérison par l'analyse demande un passage par la régression, c'est-à-dire le retour à un état ou à un comportement ancien, plus archaïque, que nous avions dépassé. Se mettre en boule, comme dans la position fœtale, est un exemple de comportement de régression qui constitue une défense tout à fait naturelle face à certaines situations qui nous font peur ou nous mettent en sensation de manque. La régression est à la fois un état transitoire nécessaire pour aller plus loin ou atteindre une étape dans un parcours de vie, mais aussi un processus psychique défensif face à une situation menaçante.

Essayons d'écouter le bébé que nous avons été, quand nous sommes placés dans une situation désagréable, qui menace inconsciemment ou non notre sensation d'unité, notre espace vital. Cela peut être aussi bien une situation quotidienne qu'un événement exceptionnel.

La première réaction est une sorte de tétanisation physique ou psychique ou même les deux. Elle peut s'exprimer par une sorte de stupeur, parfois masquée par d'autres attitudes compensatrices paraissant adaptées pour l'extérieur. Mais le sujet est comme frappé de l'incapacité à élaborer tout comportement qui permettrait d'enrayer les désagréments de la situation. Quelle action mener, quelle parole verbaliser, quel discours construire pour répondre ? Il n'est pas possible de fuir, car cela ne ferait pas disparaître le danger. Il faut continuer à être présent et regarder en face la situation. Mais aucune idée de salut ne vient à l'esprit. Nous nous sentons comme un bébé perdu dans sa solitude incapable d'échapper à l'angoisse d'une situation qui l'étouffe et le met en état de panique. Les défenses psychiques sont insuffisantes pour jouer le rôle de pare-excitations et laisser un espace intérieur pour penser la situation, pour panser la douleur qui monte.

Pour certains, ce processus de désarroi se déroulera dans une unité de temps courte, quelques heures, quelques jours. Pour d'autres, ce sera plus lent, plus progressif ; et des réactions psychosomatiques (insomnie, douleurs, etc.) ou d'hystérisation (pleurs, agitation, plaintes, etc.) pourront venir masquer le mal plus profond. Parfois la situation angoissante n'est pas reconnue, mais refoulée. Un équilibre peut ainsi s'installer, plaçant le sujet dans un état indéfinissable de malaise, car les défenses psychiques et physiques laissent filtrer des montées d'angoisse, mais sont toutefois suffisantes pour que le noyau pathogène échappe à la compréhension de la conscience.

Comment sortir de cette situation ?

En utilisant ses propres ressources, retrouver le bébé qu'on a été pour réactiver les défenses et les moyens qu'ils mettaient en œuvre pour sortir de son état de désarroi. Appeler la mère réelle ou plutôt, quand l'image d'une bonne mère a pu être intériorisée, appeler la mère intérieure. Lui demander d'apaiser le bébé qui a peur et demande protection. Pour qu'une réaction positive se mettre en place, être à l'écoute du bébé, de ses réactions dans le cadre du dialogue que le sujet développe avec celui-ci. Faire respirer calmement le bébé à l'unisson de notre propre souffle, lui envoyer ainsi l'énergie vitale qui va agir comme une enveloppe protectrice, donc rassurante et apaisante.

Essayer, quand vous vous trouvez dans une situation angoissante, de vous relier au bébé que vous avez été. Vous pouvez vous aider d'une photo de vous-même bébé, ou vous rappeler un souvenir particulier de votre première enfance. Les ressources intérieures héritées du passé sont les plus solides et les plus sûrs moyens de protection dont nous disposons, car elles renforcent naturellement nos défenses.

Il n'est alors jamais trop tard pour approcher le bébé !


Las teorías psicológicas nos enseñan que contrariamente al animal el hombre nace inmaduro. Muchos animales, desde su nacimiento, son capaces de andar, nadar, alimentarse con los alimentos que les aportan sus padres, incluso defenderse… Pero el bebé necesita a los padres para todas sus necesidades elementales durante varios años. El desarrollo del bebé, e incluso su supervivencia, necesita un conjunto de aportes de parte de los padres: el alimento, protección contra el frío y en general ante todas las agresiones exteriores, un sostén afectivo y físico, un aprendizaje para todas las capacidades motrices, cognitivas que debe adquirir…

Si una necesidad del bebé no se satisface, su capacidad de frustración es insuficiente para ser capaz de esperar unos segundos suplementarios. Expresa entonces potentemente, con grandes gritos, su insatisfacción, intentando a la vez colmar una carencia y enviando también un mensaje claro a su entorno. De manera general un bebé reacciona casi inmediatamente a los estímulos externos e internos que le acometen, cuando éstos captan su atención. Vemos todos claramente la imagen de la reacción de insatisfacción de un bebé que se desarrolla como una erupción volcánica si por desgracia no se aporta a su demanda una respuesta apropiada suficientemente rápida.

El hambre, la sed, el frío, una cara nueva, un ruido un poco intempestivo son señales de alarma para despertar la inquietud, y luego la angustia del recién nacido. ¿Se han dado cuenta de la rapidez con que se dibuja una expresión de angustia cuando no viene la respuesta esperada de costumbre? El bebé se pone a llorar con todo su cuerpo, expresando con todo su ser su soledad, su estado de miedo y de pánico ante una situación angustiosa que no puede dominar sólo. Se necesita entonces toda la delicadeza y la habilidad de una buena madre para acercarse del bebé, captar primero su atención, luego calmarlo progresivamente a medida que siente la presencia protectora del otro, que quiere sostenerlo físicamente, afectivamente, psíquicamente.

Progresivamente, el recién nacido va ha aprender a alucinar a la madre afín de ser capaz de soportar la soledad y su lote de estimulaciones más o menos angustiosas, ya sean pulsiones, de origen interno, o agresiones exteriores. El niño aprende después a «segundarizar la pulsión», es decir a retrasar el momento de satisfacer su deseo, por medio de un aprendizaje social y de un trabajo psíquico apoyados por las personas que se ocupan de él o que son responsables de él.

Al llegar a adulto, se supone que el pequeño del hombre puede dominar sus pulsiones en toda situación social que lo requiera, especialmente con respecto a las reglas sociales y culturales.

Pero ¿no nos vemos a veces expuestos a agresiones que sobrepasan nuestra capacidad de elaboración del flujo de estímulos que engendran? Los accidentes de la existencia o hechos más cotidianos pueden poner en peligro nuestro equilibrio mental y psíquico. ¿Cómo reacciona entonces el bebé que duerme en nosotros? Ese bebé del que guardamos las huellas memóricas y sensoriales. Basándose en ejemplos clínicos, Otto Rank postula que toda angustia futura devuelve al primer traumatismo del nacimiento. Así nos encontraríamos ligados al bebé por el estado de angustia que de alguna manera conservamos al venir al mundo y que pude ser reactivado ulteriormente en nuestra vida de adulto.

La curación por el análisis necesita un pasaje por la regresión, es decir el regreso a un estado o a un comportamiento antiguo, más arcaico, que habíamos sobrepasado. Ponerse en ovillo, como en la posición fetal, es un ejemplo de comportamiento de regresión que constituye una defensa absolutamente natural ante ciertas situaciones que nos causan temor o nos inducen una sensación de carencia. La regresión es a la vez un estado transitorio necesario para ir más lejos o alcanzar una etapa en un recorrido de vida como también un proceso psíquico defensivo ante una situación amenazadora.

Intentemos escuchar al bebé que fuimos, cuando nos encontramos en una situación desagradable, que amenaza inconscientemente o no nuestra sensación de unidad, nuestro espacio vital. Puede ser en una situación cotidiana como en un hecho excepcional.

La primera reacción es una especie de tetanización física o psíquica o incluso las dos. Puede expresarse por un tipo de estupor, a veces escondido bajo otras actitudes compensadoras, que parecen adaptadas para el exterior. Pero la persona está como incapacitada para elaborar todo comportamiento que permitiría suprimir las molestias de la situación. ¿Qué acción hay que emprender, qué palabra verbalizar, que discurso construir para responder? No es posible huir pues esto no haría desaparecer el peligro. Hay que seguir estando presente y mirar de cara la situación. Pero ninguna idea de salvación viene a la mente. Nos sentimos como un bebé perdido en su soledad, incapaz de escapar a la angustia de una situación que le ahoga y lo pone en estado de pánico. Las defensas psíquicas son insuficientes para jugar el papel de para-excitaciones y dejar un espacio interior para pensar la situación, para curar el dolor que invade.

Para algunos, este proceso de angustia se desarrollará en una unidad de tiempo corta, unas horas, unos días. Para otros será más lento, más progresivo; y reacciones psicosomáticas (insomnio, dolores…) o de histerización (llanto, agitación, quejas…) podrán venir a ocultar un mal más profundo. A veces la situación angustiosa no es reconocida sino rechazada. Así, un equilibrio puede instalarse, colocando a la persona en un estado indefinible de malestar, pues las defensas psíquicas y físicas dejan filtrar brotes de angustia, pero son sin embargo suficientes para que el núcleo patógeno escape a la comprensión de la conciencia.

Cómo salir de esta situación?

Utilizando sus propios recursos, reencontrar al bebé que se ha sido para reactivar las defensas y medios que utilizaba para salir del estado de angustia. Llamar a la madre real o más bien, cuando la imagen de una buena madre no ha podido ser interiorizada, llamar a la madre interior. Pedirle que calme al bebé que teme y pide protección. Para que una reacción positiva se instale, hay que estar a la escucha del bebé, de sus reacciones en el marco del diálogo que la persona desarrolla con éste. Hacer respirar tranquilamente al bebé al unísono de nuestro propio soplo, enviarle así la energía vital que va ha actuar como una capa protectora, o sea tranquilizadora y apaciguadora.

Intentar, cuando vos encontréis en una situación angustiosa, reanudar con el bebé que fuisteis. Podéis utilizar una foto de cuando erais un bebé o recordar un recuerdo particular de vuestra primera infancia. Los recursos interiores heredados del pasado son los más sólidos y los medios más seguros de protección de los que disponemos pues refuerzan naturalmente nuestras defensas.

Nunca es pues demasiado tarde para acercarse del bebé!

Hervé BERNARD






Le désarroi, c'est un cauchemar.

Je suis au volant d'une voiture qui roule à vive allure. L'ombre d'un immense viaduc se dessine au loin ; je ressens alors un profond malaise.

Les contours du viaduc sont de plus en plus précis ; je comprends maintenant que le chemin que je suis sensée emprunter passe sous le viaduc.

À ce moment, le sentiment de malaise devient un étau qui me serre la gorge : une angoisse. Elle se diffuse dans tout mon corps, insidieusement. Elle brûle mes mains. Mes jambes se vident de leur énergie et s'engourdissent. Mes bras se raidissent.

Curieusement, je ne décide pas de m'arrêter, comme si j'étais obligée de passer par cette voie.

Je sais que le viaduc va, de manière imminente, s'écrouler. Promptement, j'essaie d'évaluer les effets désastreux que cela engendrera.

Brusquement, je suis effarée de constater qu'un train rapide passe sur le viaduc, ce qui, d'après mes estimations, augmente les risques de fragilisation de l'édifice.

Il n'y a pas l'ombre d'un doute : le viaduc, ce viaduc-là, va s'écrouler…et mon véhicule approche de plus en plus.

Je suis bientôt arrivée dessous. J'imagine que, même si je parviens à le traverser, les monceaux de pierres tomberont avec une telle puissance qu'ils rebondiront au loin et écraseront ma voiture.

À côté de moi, mon compagnon ne comprend pas mon désarroi. C'est un ressenti encore plus terrible pour moi : je ne peux même pas partager ma terreur puisqu'elle n'a pas de motifs apparents. Je suis véritablement seule face à mon désastreux destin.

Je me vois écrasée sous un lourd amas de pierres auprès de l'homme que j'aime, lui aussi écrasé, sans vie, mort avant moi et me laissant avec l'horreur d'un chagrin anéantissant, juste avant de constater ma propre agonie.

Tout se passe à une vitesse irréelle : à la fois fugitive et me laissant sadiquement le temps de me rendre compte de toute l'ampleur de la catastrophe potentielle qui m'attend.

Voilà. Je suis juste sous la viaduc. Comme vidée de mon sang, je ressens des fourmillements dans toutes mes extrémités ; puis mon cerveau cesse d'être alimenté et c'est le trou noir.

Soudain, je semble me réveiller, les mains crispées sur le volant. Il ne nous est rien arrivé.

Rideau !

Le désarroi, c'est cela : ce sentiment de mort imminente, alors même que des raisons objectives ne sont pas nécessairement réunies.

C'est un cauchemar éveillé à la seule différence que le réveil est beaucoup plus long dans la réalité que dans un mauvais rêve.

Ce message de mon inconscient montre combien nous avons en nous une angoisse de fond qui surgit en maintes occasions.

Elle nous brise physiquement et nous envahit psychologiquement ; elle est unique.

Comment expliquer cet ensemble de sensation monopolisantes, déséquilibrantes, dépersonnalisantes ?

Tant d'écrivains, de poètes, de philosophes ont tenté de l'exprimer et de le décrire !

Je ne l'ai jamais aussi bien compris qu'en lisant La métamorphose de F. Kafka. Car il s'agit bien de cela : se retrouver seul parmi les autres, sans défenses ou ne sachant pas les utiliser, laid, d'un aspect dégoûtant et repoussant, qui nous prend un matin au réveil plutôt qu'un autre, même si les racines nous imprégnaient déjà bien avant.

J'ignore à quoi à quoi se rattache cet « état d'être » ; une angoisse atavique, celle du philosophe, une angoisse de la naissance comme le prétendait Otto Rank. Des angoisses plus tardives (S. Freud et Cie) dont les retentissements mal vécus ont peu à peu grossi cette masse ombrique informe ?

Il me reste à l'accepter comme appartenant à la vie et non pas opposée à elle.

Après tout, le désarroi est le moteur d'une compréhension de fond.

La angustia es una pesadilla.

Estoy al volante de un coche que circula muy rápidamente. La sombra de un inmenso viaducto se dibuja a lo lejos; siento entonces un malestar profundo.

Los contornos del viaducto son cada vez más nítidos; ahora comprendo que el camino que debo seguir pasa bajo el viaducto.

En ese momento, el sentimiento de malestar se convierte en un torno que me comprime la garganta: una angustia; se propaga por todo mi cuerpo, insidiosamente. Me quema la manos; mis piernas se vacían de su energía y se entumecen; mis brazos se ponen rígidos.

Sin embargo, no me decido a parar, como si me sintiera obligada de pasar por este camino.

Sé que es inminente que el viaducto se desplome; rápidamente intento evaluar los efectos desastrosos que van a ocurrir.

Bruscamente, me horrorizo al percibir un tren de gran velocidad que pasa sobre el viaducto, lo cual, según mis cálculos, aumenta los riesgos de fragilización de la obra.

No hay la menor duda: el viaducto, este viaducto va ha desplomarse…y mi vehículo se acerca cada vez más.

Pronto estaré debajo. Imagino que, aunque consiga atravesarlo, los bloques de piedras caerán con tanta potencia que rebotarán a lo lejos y aplastarán mi coche.

A mi lado, mi compañero no comprende mi angustia. Es un sentimiento aún más terrible para mí: ni siquiera puedo compartir mi terror pues no tiene motivos aparentes. estoy verdaderamente sola ante mi desastroso destino.

Me veo aplastada bajo un pesado bloque de piedras junto al hombre que amo, aplastado él también, sin vida, muerto antes que yo y dejándome con el horror de una pena aniquilante, antes de percibir mi propia agonía.

Todo ocurre con una velocidad irreal: a la vez fugitiva y dejándome sádicamente bastante tiempo para darme cuenta de toda la amplitud de la catástrofe potencial que me espera.

Ya está. Ya estoy bajo el viaducto. Como vaciada de mi sangre, siento hormigueos en todas mis extremidades; luego, mi cerebro deja de ser alimentado y es el vacío.

De repente, parezco despertar, las manos crispadas sobre el volante. No nos ha pasado nada.

¡Telón!

La angustia es esto: este sentimiento de muerte inminente cuando las razones objetivas no se encuentran necesariamente reunidas.

Es una pesadilla despierta; la única diferencia es que el despertar tarda mucho más en la realidad que en un mal sueño.

Este mensaje de mi inconsciente muestra hasta que punto tenemos en nosotros una angustia profunda que surge en numerosas ocasiones.

Nos quiebra físicamente y nos invade psicológicamente; es única.

¿Cómo explicar este conjunto de sensaciones monopolizantes, desequilibrantes, despersonalizadoras?

¡Tantos escritores, poetas, filósofos han intentado expresarlo y describirlo!

Nunca lo había entendido tan bien como al leer La metamorfosis de F. Kafka. Pues, se trata de esto: encontrarse solo entre los demás, sin defensas o sin saber utilizarlas, feo, de aspecto repugnante y repulsivo, que nos sucede una mañana al despertar y no otra, aunque las raíces nos impregnaban ya mucho antes.

Ignoro con qué se relaciona este «estado de ser»; ¿una angustia atávica, la del filósofo, una angustia del nacimiento como pretendía Otto Rank, angustias mas tardías (S. Freud y Cía.) cuyas consecuencia mal vividas han aumentado poco a poco esta masa de sombras mal formada?

Sólo me queda aceptarlo como perteneciente a la vida y no opuesto a ella.

Después de todo, la angustia es el motor de una comprensión de fondo.

Florence BOISSE







C'est la série noire. La pression extérieure augmente sur moi, les catastrophes arrivent en rafales. Je réagis à l'une, je fais tout juste face à l'autre. Mais je n'ai plus de réaction à la troisième : elle m'enfonce, me pénètre. Je ne sais plus où reculer, je n'ai plus d'espace, je suis cerné. Et à ce moment-là, c'est le sol lui-même, qui se dérobe sous mes pieds.

Je n'ai plus d'espace, plus de place, je suis en l'air, sans repères.

Et cela ne me surprend même pas. Je savais bien que cela devait advenir ainsi. J'avais mis mon espoir dans une situation que je croyais stable et j'avais fait confiance à des relations que je croyais sûres. Je croyais, je croyais… Mais il n'y a rien à croire et j'aurais dû m'en douter.

Je ne crois plus à rien. Et je suis seul, vidé de toute espérance et les mains nues.

C'est le désarroi. Je n'ai plus d'équipage (= arroi) et je suis seul, poussé où la tempête m'emmène, stupide comme un ludion faisant sa course interminable du bas en haut de la bouteille, et aussi vide de sens que lui.

Ma souffrance est violente, aiguë. Où sont mes amours d'antan, où sont mes repères eux-mêmes ?

Mais cette souffrance est bizarre : elle m'accable, lourdement, quand je m'y abandonne. Mais dès que j'essaye de la voir pour m'y accommoder, pour dialoguer avec elle, afin de coexister, de vivre ensemble, elle fuit et je me retrouve, toujours seul, mais étrangement soulagé pour un moment.

Cette souffrance a décidément quelque chose de malsain : je veux l'examiner et voilà qu'elle disparaît. Mais elle me reprend, lancinante, dès que je lui tourne le dos. Et si je me retourne, il n'y a plus personne, plus que moi seul. Je suis seul, dépouillé, et je ressens furtivement une bouffée d'air, les prémices d'un tout petit peu de liberté. C'est curieux.

C'est curieux et cela m'intéresse. J'insiste, car je veux comprendre : me voilà découragé de tout, dépouillé de tout, seul et sans bagage qui vaille, et voilà que je me sens brusquement étrangement libre, et que le désarroi qui m'étouffait m'apparaît brusquement comme un ennemi, un ennemi dangereux et sournois, venu de l'extérieur de moi-même.

J'insiste encore, car, enfin, où est-elle cette souffrance angoissante d'avoir tout perdu ?

Elle a disparu.

Et alors ? Alors, pour un moment plus ou moins long, des jours, des mois, mais aussi parfois quelques heures, je suis moi-même, heureux, libre et fort, heureux parce que libre et fort parce que seul en moi-même.

Mes repères n'étaient que les murs d'une prison cauchemardesque qui se rapprochaient pour m'écraser, je marchais sur un tapis roulant en voulant le fixer, et les références auxquels je tenais tant, n'étaient qu'un monceau de cadavres auxquels je m'accrochais.

Bien sûr, je vais rebâtir tout cela, car c'est humain. Je vais me reconstruire une cellule, choisir de nouveaux repères entre lesquels je pourrai me barricader, remplir mon cerveau jusqu'à qu'il m'écrase d'un nouveau bric-à-brac d'identifications. Je vais le faire peut-être. Ou peut-être pas si la liberté m'a séduit.

Mais il n'empêche qu'au fond de moi-même je ne pourrai complètement oublier l'expérience du désarroi, purge bénéfique. Et que je ne pourrai plus nier que la souffrance du désarroi utilise seulement celui-ci comme prétexte. Et que cette souffrance est une force qui veut tuer tout ce qui vit.







Réponse de E. Graciela Pioton-Cimetti à l'auteur :
Rien à ajouter, c'est la nuit et je suis d'accord. Il n'y a pas de cellules autour de moi, mais c'est bien vrai : la menace est là, étrange et diabolique, me guettant à l'intérieur de moi-même.

Se trata de la serie negra, es la seria negra, las catástrofes llegan en ráfalas. Yo reacciono a la primera justo para poder encarar otra, pero no tenga más fuerza para responder a la tercera: ella me hunde, me penetra. Ya no se dónde esconderme. Y en ese momento el suelo mismo se escurre bajo mis pies.

Ya no tengo mas espacio, ningún lugar. Estoy en el aire sin limites.

Y ello ni siguiero me sorprende. Yo sabía que ese momento llegaría. Había puerto mi esperanza en una situación que había creído estable, puesto mi confianza en relaciones que creí seguras.

Yo creí, yo creí…pero no había nada en lo cual creer.

Yo debería haber dudado.

Yo no creo más a nada y estoy solo, vacío de toda esperanza y con las manos desnudas.

Es el desarraigo. No tengo más equipaje y estoy solo empujado hacía donde la tormenta me lleva, tonto como un juguete, mecánico que sube baja en una secuencia sin fin, tan vacío de sentido como él.

Mi sufrimiento es violento, agudo. ¿Dónde están mis amores de otros tiempos? ¿Dónde mi puntos de referencia?

Pero este sufrimiento es extraño, me conflectría pesadamente cuando intento abandonarme. Cuando trato de ver mi sufrimiento, de dialogar con él para ver si es posible coexistir, vivir junto él se escapa y me reencuentro solo, siempre solo, pero sabuyagado por un momento.

Este sufrimiento posee algo de malsano: quiero examinarlo y entonces él desaparece para reapropiarse de mi lancinante cuando le vuelvo la espalda. Pero si me doy verdaderamente vuelta estoy solo, despegado, pero sorpresivamente siento, un golpe de aire, furtivamente. ¡Es curioso me digo!

Si es curioso y eso me interesa. Insisto porque quiero comprender: el coraje me falta, estoy despegado de todo, solo y sin valijas, pero bruscamente me siento extrañamente libre y el desarraigo que me abrogaba se presenta a mi como un enemigo, un enemigo peligroso y obscuro venido del interior de mi mismo.

Insisto todavía, ¿porque, finalmente, dónde esta él ese sufrimiento angustiante de haber perdido todo?

El sufrimiento desapareció.

Y ahora, ahora, por un momento más ó menos largo, días, meses, o simplemente algunas horas, me siento «yo mismo», feliz, libre y fuerte, feliz porque libre y fuerte porque estoy solo en mi.

Mis referencias no fueron sino los muros de una prisión de pesadilla que se aproximaban para destruirme. Caminé sobre una banda móvil queriendo fijarla y las referencias a las cuales yo insistía en guardar no eran sino una amontonamiento de cadáveres a los que quise atarme.

Naturalmente yo quiero rehacer todo eso. Es humano. Voy a reconstruirme una celda, eligir nuevas referencias para protegerme, rellenar mi cerebro hasta que él me aplaste nuevamente a fuerza de identificaciones.

Yo lo haré, tal vez, o tal vez no; si la libertad de un instante ha podido seducirme.

Pero ello no impide que al interior de mi mismo yo no podría olvidar. Completamente la experiencia des desarraigo ¡Purga benéfica! Y no podré mas negar que el sufrimiento utilice sólo el desarraigo como pretexto. Pero no, porque este sufrimiento no merece existir. Es en si mismo una fuerza que quiera matar todo lo que está vivo.

Respuesta de E. Graciela Pioton-Cimetti al autor:
Nada a agregar, es la noche y estoy de acuerdo. No hay muros de cárceles que me rodean, pero es cierto: la amenaza está siempre presente, extraña y diabólica, al interior de mi misma.
Georges de MALEVILLE




Hervé : j'irai encore plus loin. Il faut absolument accoucher de nous-mêmes. Si, lors de la première naissance, c'est de votre mère que vous venez au monde, dans cette deuxième naissance nous sommes obligés de nous mettre au monde. Cet accouchement a lieu, en général, dans le contexte analytique dont l'accoucheur est sans doute notre analyste.

Après la croissance va vite, car nous nous protégeons bien et consciemment. Je le dis, quand c'est possible. Allez vous chercher une photo de vous petit, allez en trouver une où vous pourrez approcher cet enfant que vous étiez un jour. Mais une qui vous touche le cœur. Regardez cet enfant avec une loupe. Pouvez-vous vous reconnaître en lui aujourd'hui ? Si non, cherchez encore parmi les vieilles photos celle qui sans doute vous dira : « Regarde moi, arrête de m'ignorer, je suis encore en toi. Tu dis que tu n'as pas de souvenirs de tes premières années ? Regarde mes attitudes, ce n'est pas du tout vrai. Si tu m'as choisi c'est parce que cela te parle, parce que, ce que tu es aujourd'hui ressemble à ce que je suis sur cette photo ». Il faut aller plus loin, Hervé ! Tu as raison quand tu dis que « les ressources intérieures héritées du passé sont les plus solides et les plus sûrs moyens de protection dont nous disposons, car elles renforcent naturellement nos défenses ».

Quant à toi, Florence, tes effrayantes observations font bien penser au traumatisme de la naissance. Personne n'a pu se passer de ce traumatisme originel.

Sensation que tout va éclater, qu'il n'y aura personne de vivant et agissant autour de nous.

Le traumatisme est là, indubitablement. Et soudain, rien ne s'est passé… Le traumatisme n'est que le passage… L'homme sera toujours à la naissance comme après la mort récente – j'en suis sûre –, un astronaute perdu dans l'espace. Il y aura des bébés qui n'auront pas la nostalgie du sein maternel. Les plus adaptables sont ceux dont la mère n'a pas eu de difficulté à les laisser partir vers la vie. Ils verront dans cet univers vide des formes fascinantes et attirantes, mais il y aura d'autres enfants du silence, du manque, naissant de mères dépressives et dont l'adaptation sera plus dure. Quand l'accueil de l'enfant se fait à partir de la surdité, de la coupure dépressive ou autres pathologies plus ou moins lourdes alors cet enfant sera un jour obligé de refaire le chemin total et de réussir en se disant « jamais plus cette souffrance irrationnelle qui fait de moi un névrotique déconnecté de la réalité ».

E. Graciela PIOTON-CIMETTI






Je n'avais même pas sept ans
que ma mère me disait déjà :
N'analyse pas tout, chérie ! N'analyse pas.
Mais aujourd'hui, en plein dans l'inquiétude de ceux qui cherchent sans se fatiguer,
je me retrouve comme alors, sans trêve,
analysant.
Si le fruit de l'amour est passé sans que je le voie,
il n'a pas été pour autant moins scruté.
Si les fleurs se sont séchées dans les vases,
elles n'ont pas été pour cela moins comprises.
Si cette muette et brutale inquiétude qui m'étreint
en une nuit tiède d'un pays étrange
ne me touche pas,
c'est parce qu'un jour, acceptant mon destin,
j'ai analysé.

***

Je veux, que ce que je dirai cette nuit
reste dans ta mémoire :
Tu ne me manques pas, tu es parmi mes choses,
celles que j'aime,
celles qui me donnent la grâce,
mais en même temps que je t'aime je te déteste.
Parce que tu es comme tous :
tout en étant plus que tous,
un morceau de nostalgie enflammée,
un bouquet de poèmes non conçus,
parce que tu oublies de rire dans le matin,
de scruter en silence l'horizon,
parce qu'une brise ne te dit rien,
parce que tu ignores le temps qui détourne
et à l'aube le plaisir te fait peur.
Tu ne me manques pas,
tu seras dans mes semailles, dans ma récolte.
Tu pèseras au gramme les miracles,
mais tu sauras seulement de moi
que je suis fatiguée.

***

Autant d'enfants que Dieu voudra tu auras
et ce fut ainsi, simplement, humblement.
Tant de lunes d'attente furent plaisantes,
qu'à l'issue de ma mission,
Seigneur, je te dis :
Tu ne m'avais pas parlé, mon Dieu,
de l'angoisse.

***

Mon fils fut, comme tous les enfants,
un morceau d'amour,
un livre ouvert,
un monde sans entraves,
sans défauts,
mais il partit vers la mort
cherchant le chaînon qui lui manquait
et je tremble, simplement je tremble
face à l'angoisse brutale
qui étreint ma fille
en se voyant mère.

***

Tu m'aimes
comme d'autres peut être m'ont aimée.
Mais ton temps est si long
qu'il ne s'accorde pas au mien
et j'attends avec une brutale angoisse
qu'en une éternelle dimension nous nous retrouvions.



Yo no tenía ni tan sólo siete años
y ya mi madre me decía:
No analices todo querida, no analices.
Pero hoy, en el pleno desasosiego de los que buscan sin cansarse,
me encuentro como entonces, sin respiro,
analizando.
Si el fruto del amor pasó sin que lo viera
no fué por eso menos escrutado.
Si las flores se secaron en los vasos
no fueron por eso menos comprendidas.
Si este mudo y brutal desasosiego que me abraza
en una noche tibia de un país extraño
no me toca,
es porque un día, aceptando mi destino,
he analizado.

***

Quiero que lo que diga esta noche
te quede en la memoria:
no me faltas, estás entre mis cosas,
las que amo,
las que me dan gracia,
pero al tiempo de amarte te detesto
porque sos como todos,
aún siendo más que todos,
un pedazo de nostalgia enardecida,
un racimo de versos no engendrados,
porque olvidaste reír en la mañana,
escrutar en silencio el horizonte,
porque una brisa no te dice nada,
porque ignora al tiempo que desvía,
y en la madrugada el placer te causa miedo.
No me faltas,
estarás en mi siembra, en mi cosecha.
Pesarás al gramo los milagros,
pero solo sabrás de mí
que estoy cansada.

***

Tantos hijos harás como Dios quiera
y así fué, simplemente, humildemente,
tantas lunas de espera fueron gratas
que al final de mi misión.
Señor te digo:
No me hablaste mi Dios
del desarraigo.

***

Mi hijo fué como todos los hijos,
un pedazo de amor,
un libro abierto,
un mundo sin trabas,
sin defectos,
pero se fué hacia la muere
buscando el eslabón que le faltaba
y yo tiemblo, simplemente tiemblo
frente al brutal desasosiego
que me abraza, hija mía,
al verte madre.

***

Me quieres
como otros tal vez me hayan querido,
pero tu tiempo est tan largo,
que no se acuerda al mi
y yo espero en brutal desasosiego
que en una eterna dimensión nos encontremos.
E. Graciela PIOTON-CIMETTI



Elisabeth Courbarien :
Réunion de groupe
Cette soirée s'est déroulée le jeudi 27 novembre 1997 en présence de notre présidente qui devait accueillir de nombreux professionnels et adhérents à notre association.
La personne rêve
qu'elle se trouve mise par son frère dans trois tiroirs différents.
Une voisine échoue dans ses trois tentatives pour lui enfoncer un couteau à pain dans le dos, parce qu'avec sa main gauche elle s'empare de la lame et la brise.

Interprétation sur le plan du quotidien :

La personne doit être vigilante à regarder si au plan du travail, elle ne devrait pas se préserver d'une trahison.

Interprétation :

La trahison de son frère qui remonte à l'enfance n'a jamais été pardonnée.
Les tiroirs symbolisent une structuration de l'énergie psychique.
La triangulation œdipienne est évoquée par rapport au chiffre 3 qui se répète dans le rêve et plus généralement dans le contexte du protagoniste.

Conclusion :

Le message contenu dans le rêve est une incitation à se protéger, sans trop parler et en ayant conscience que certaines choses se trament dans le dos.

***



"Une très bonne harmonie entourait cette initiative..."

La personne qui rêve éprouve, ici, des difficultés à retrouver une chambre de service dont elle ne détient ni l'adresse ni les clefs, afin d'y rechercher des lettres liées à une sombre affaire. Elle renonce à les reprendre, quelqu'un se trouvant sur place lui ayant déclaré : « Nous savons qui vous êtes ».

Cette même personne avait précédemment rêvé avoir à retrouver un ancien studio dans une tour de style « La défense » où elle s'était déjà rendue. Elle n'en possédait pas la clef et l'accès en était difficile. Cette série de rêves est ponctuée par le récit d'un autre, intervenu préalablement, se déroulant dans la grande maison de campagne de son ex-conjoint, où elle se rend par les combles, dans un appartement inconnu de tous, derrière de petites portes.

Interprétation liée au contexte :

Trouver la clef pour exister, avec la difficulté de quitter une grande maison familiale pour une petite chambre est précisément ce qu'avait dû faire la personne.


La chambre secrète était une préparation pour les rêves suivants. Les lettres sont abandonnées, car elles appartiennent à un passé révolu.

Il est important de poser la question : « Quelle volonté de changement ai-je eu à cet âge-là ? »

***

La personne rêve d'une maison récente, de style hispanique, où elle doit entretenir un parterre de fleurs et une rangée à mi-étage, le long d'un escalier à droite. Elle se rend dans un grand magasin pour acheter du terreau, mais y renonce, car celui-ci contient encore des racines et se contente de revenir avec un arrosoir.

Interprétation :

Le rêve est lié au deuil entrepris par la personne, deuil qui se trouve à un niveau intermédiaire, car il existe encore des racines d'une ancienne relation.

Une partie du rêve s'est révélée être prémonitoire dans un tel contexte.

 MERCI DE VOTRE ATTENTION ET À BIENTÔT... 




Extrait de La douleur de vivre
par François Ceresa
À propos de la soirée thématique :
L'empire de la douleur le dimanche 1er mars à 20h40 sur Arte


Toute notre vie on cherche à l'éviter, à l'éluder, à l'oublier. La douleur est tenace. Elle est dès notre premier souffle et souvent jusqu'au dernier. Comme le dit Stephen Dwoskin dans son formidable documentaire, Douleurs, à 21h40. Elle appartient à cette cohorte primordiale d'expériences humaines qui forgent ce que nous sommes. Comme nous ne sommes rien, la douleur mène la danse et bat la mesure de nos tourments. Elle est mystérieuse, paradoxale, propre à tout le monde. Une sale vérité qui nous étreint. Une plaie. Une malédiction.

Il y a évidemment la douleur physique, qui faisait dire à Valéry que la peau est ce qu'il y a de plus profond, et la douleur psychologique, qui faisait dire à Descartes que la conscience joue un rôle dans l'émotion, mais qu'elle ne la constitue pas.

[…] La douleur aime à nous plonger au cœur de la controverse et de l'inconnu. Pour Schopenhauer, elle révèle un aspect réel du monde où le plaisir n'a pas plus de consistance que le rêve. C'est alors que nous rêvons pour oublier nos douleurs.

[…] Certains, à l'image de Malraux, pensaient qu'une douleur qui n'aide personne est absurde. Toute douleur est absurde. Maine de Biran ne disait-il pas que notre âme a plus de capacité pour le plaisir que pour la douleur ? Comme il est d'usage de dire que plus on aime plus on souffre, il faudrait ne plus aimer pour ne plus souffrir. Dieu, une fois de plus, ne serait pas content. On n'en a cure. La douleur appelle à la rescousse une hypothétique gaieté qui est la forme la plus aimable du courage. La douleur est l'océan de nos larmes. Et aussi de celles qu'on ne verse pas. » (extrait de Télé Obs)

Christine CRIER




L'invitée de l'hiver
film du jeune cinéaste anglais Alan Rickman
avec Emma Thompson et Phyllida Law, sa propre mère


Dans un merveilleux paysage glacé au nord de l'Écosse, une œuvre intimiste où trois générations vivent simultanément les frustrations qui leur sont propres, avec tendresse et humour.

L'intrigue est presque inexistante : sept ou huit personnages, une matinée d'hiver, dans un petit port d'Écosse. Mais les répliques sont beaucoup plus profondes que le sujet : un veuvage mal vécu, l'inquiétude des adolescents.

Et le tout est traité avec une drôlerie tendre, un certain amour de l'être humain auquel nous sommes déshabitués. À voir et à méditer.

Georges de MALEVILLE




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