NUMÉRO 141 REVUE BIMESTRIELLE février-mars 2012

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial
  Le partage
 
Bernard, Hervé Le partage : une solution à la crise
 
Delagneau, Philippe Le partage
 
Giosa, Alejandro Compartir
 
Labraidh, Seonaidh Hacia una religión del siglo XXII
 
Manrique, Carla Compartir, un valor para vivir mejor
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de janvier 2012
 
Thomas, Claudine Le partage


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Partager, c'est communiquer notre expérience en écoutant attentivement l'éveil que nos paroles peuvent créer en l'autre pour l'aider à exprimer à chaque fois sa propre expérience.

Partager demande sincérité.

Le partage, qui ne se fait pas de façon spontanée, n'est pas une communication. C'est un isolement caché dans un univers de paroles insensées.

Le thème proposé aujourd'hui nous confronte à des questions fondamentales : pouvons-nous partager si nous ne sommes pas capables de le faire avec nous-mêmes en exprimant cette dialectique incontournable qui se fait entre le conscient et l'inconscient ?

Le cloisonnement est nécessaire.

Quoi en moi peut être utile à être partagé ?

Où est l'esprit dans le partage ?

Je crois qu'il nous est proposé de nous ouvrir à l'autre.

Dans le partage, il y a une demande.

Qu'est-ce que je peux dire sur ce que je partage avec moi-même ? Mon désir de transmettre, cette pulsion qui s'enracine dans l'intuition que nous sommes dans un transit grégaire.

Je partage avec moi-même cette nécessité absolue d'appartenir à un principe divin qui me dépasse.

Je partage avec Dieu ce que intuitivement je connais de lui. J'arrive à créer de nouvelles situations dans lesquelles les signes de sa présence enrichiront ce que je ne connais pas encore de lui. L'esprit circule, fait bouger les feuilles des arbres. Dans un sens je crois partager, c'est l'unique solution pour dire que nous sommes vivants. Je ne rentre pas dans la théorie, je rentre dans la proposition faite à chacun de méditer et exprimer ce que le partage éveille en lui.

Bon travail !

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le thème du partage est peut-être pour moi le plus important, mais aussi le plus difficile à décliner, car toute ma vie n'est que partage.

À l'intérieur de moi-même, la solitaire innée que je suis, et dont l'acquis n'a pas changé la structure, partage avec les autres par l'évocation presque permanente des souvenirs de moments partagés, avec mes amis, avec mes enfants, avec mes ancêtres, avec mes élèves.

Le partage n'est qu'un style de vie. Celui qui ne donne pas, ne reçoit pas. Quand je parle de mes ancêtres j'inclus mes parents naturellement, mais ils ne sont qu'un maillon d'une chaîne qui va très loin dans l'espace et dans le temps.

J'ai choisi de parler du partage avec mes élèves qui ont travaillé et travaillent dans l'art-thérapie, dans ses formes diverses.

Je suis marquée par l'expression libératrice et la capacité de celui qui se montre, s'expose à être vu comme une expression de partage nécessaire.

Dans l'histoire de ma famille, mes ancêtres ont été des peintres, des écrivains, professions à part. Ils ont communiqué par des actes concrétisés en musique, en peinture. Le partage a été pour tous, et je m'inclus, une libération des tracas quotidiens, des frustrations de vie.

Je profite aujourd'hui pour rendre honneur à ceux de mes patients et élèves qui ont choisi comme acte d'expression, de sublimation et de générosité l'art-thérapie.

Un souvenir pour Florence Chauvel : comment elle avait fait de son expérience de l'art-thérapeute acquise à l'hôpital Sainte-Anne un atelier pour les enfants handicapés, plus ou moins intégrés à la société.

Dans mon cabinet, au-dessus du divan, je garde toujours trois tableaux qui ont été inspirés par le travail analytique. Le premier représente l'éveil, le deuxième la réflexion, le troisième la compréhension. Son travail avec les enfants a été remarquable. Et je lui rends hommage.

Je rends aussi hommage à Gaël Bouket, musicothérapeute, qui s'occupe des enfants autistes et des adultes autistes.

Ils font de nombreux concerts chaque année. Ses musiciens, sauf deux ou trois instructeurs, ne sont que des autistes, dépassant leurs troubles par la fine élévation que produit cette musique qui appelle cette essence, que nous tous partageons. Et je lui rends hommage.

Et je passe au présent. Les deux dernières années, le partage, avec un élève d'art-thérapie, Juliette de Montvallon, qui préparait avec moi son mémoire, a été pour moi, et j'espère aussi pour elle, une expérience extraordinaire de partage.

J'ai son mémoire devant moi, elle doit le défendre le 21 avril. Je dis que j'espère que son travail sera écouté, car nous avons mis nos âmes et nos intelligences à la compréhension de cette épopée du réel, qui était son passage par ce foyer de femmes blessées.

Mais parlons maintenant d'art-thérapie, comme lieu dans l'expérience du partage.

Cet espace donne à l'autre les moyens de créer et amène l'art-thérapeute à rester vigilant, attentif, et à maîtriser à tout instant la relation thérapeutique. Pour l'artiste, la création confirme sa liberté et son unicité, à travers l'expression de son monde mental, émotionnel, instinctif et moteur.

Dans le partage avec les patients, la porte des techniques que l'on introduit dans la relation psychothérapeutique, peut l'aider à construire ses défenses, c'est-à-dire qu'il rentre dans le cadre de travail sur lui, au moyen de la technique artistique.

Dans cette situation de mise en place thérapeutique, le patient et le thérapeute trouvent un espace de liberté, dans lequel ils peuvent s'exprimer et jouer leurs rôles complémentaires.

La peinture est avant tout la réalité cachée dans les profondeurs inconscientes de l'être que nous tous partageons. Elle n'est pas la reproduction des réalités, mais leur manifestation.

Il exprime une partie de son inconscient, de façon spontanée, mais encadrée. Les œuvres du patient doivent être prises comme des symptômes qu'il donne à partager.

Alors nous touchons les émotions, nous approchons la question de « où se trouve-t-il ? » Le thérapeute est le garant de l'espace et de la continuité, accueillant dans le partage.

Il est certain qu'une partie de la peinture moderne et contemporaine est plutôt révélatrice d'états psychologiques affectant la société autant que les individus. Mais l'art est toujours la transgression vis-à-vis de la soumission. Il s'agit d'une sublimation de la matière dont la vision se nourrit.

En tout cas, l'artiste fou crée en solitaire pour lui-même, en dehors de tout contexte culturel, mais pour en parler, il nous faudra l'immensité d'un travail sociologique, plus que parler d'une pathologie dans le sens médical.

Les œuvres artistiques sont un moyen de communication et d'échange, qui peuvent être lues comme des symboles du sentiment humain.

L'art-thérapie est une bonne indication pour les patients qui présentent des problèmes de développement, à n'importe quel stade entre la symbiose et la séparation, car ils n'ont pas acquis l'individuation.

Dans le partage la tristesse peut être exprimée comme la rage ; le besoin d'amour, est aussi un espace potentiel pour guérir de ses blessures.

Le patient accepte dans l'échange et par la dialectique avec l'art-thérapeute la coexistence de forces opposées à l'intérieur de lui-même et trouve les moyens de les intégrer.

Le thérapeute est porteur de confiance et la relation de partage permet le déblocage de l'action et de l'expression qui sont utiles dans le deuil, dans les états dépressifs, dans le manque d'appétence à vivre, dans la stimulation de l'imaginaire.

Pour les débiles mentaux l'accent sera mis sur l'aspect affectif et relationnel du partage.

L'essence de l'art-thérapie pour les adultes atteints d'un cancer réside dans la possibilité de mobiliser le processus de deuil et de stabiliser le moi menacé grâce à l'expression créative.

L'imagination collabore avec la mémoire.

« La peinture est une des aventures qui permet à l'homme de sortir du chaos. La peinture, on l'a oubliée, est aussi poésie »

À travers des extraits du mémoire dont je vous ai parlé, nous pouvons percevoir le partage et l'implication de celui qui, en étant soignant, se soigne lui-même.

Juliette dit : « Créer a toujours été pour moi une action brute et naturelle. Le soin est arrivé sous forme de besoin de réponse. Un besoin d'expliquer, de mettre en mots, de donner un sens. Prendre de la distance devant un mouvement. Devant le mien, mais aussi sans doute devant celui des autres. Comme une clé de communication qu réunirait non pas des idées mais donnerait du sens à des idées. Une trame, un langage qui permettrait à chacun de s'y retrouver, qui me permettrait de m'y retrouver ».

« Maintenant je comprends comment l'art tel que je le conçois est une représentation du vide. On en trace les contours, on en aime les formes et on se repaît d'un retour à une complétude. L'artiste crée compulsivement, dans un besoin de se retrouver, de remplir sans disparaître ».

« L'art-thérapie est un moyen de vivre ensemble, en harmonie avec soi-même et avec les autres. C'est un compromis entre comprendre et agir, être actif et passif. C'est rêver et utiliser ces rêves pour voir plus loin. En quelque sorte c'est peut-être le chemin d'une grande utopie, c'est peut-être un moyen de trouver un remède au malheur, une recette miracle à l'injustice. Mais surtout une manière de rêver, créer du merveilleux et le transmettre ».

Et dans l'introduction du mémoire je trouve une phrase qui vient toujours du passé, d'un jour de ma vie où j'ai compris que nous pouvons nous battre « contre la mécanicité, uniquement par l'élargissement du conscient en amenant à bon terme ce processus de transition entre cette position d'objet qui réagit et la position du sujet qui agit ».

Il fait beau, sublime printemps,
fait à Paris le 9 avril 2012.
Et je pense à Lévi-Strauss et à ses mythes extrêmes,
le froid jusqu'à la congélation (le Graal), la chaleur jusqu'au pourrissement (l'Œdipe).
Pourquoi ne pas approcher des mythes modérés, du printemps et de l'automne,
pour éviter les extrémismes… et accéder au partage ?
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



En situation de crise, qu'il s'agisse d'un individu, d'une communauté, sociale ou professionnelle, ou d'un pays, voire notre monde tout entier, le premier réflexe n'est pas de partager avec les autres, mais plutôt de compter et protéger ses ressources. Même si des voix religieuses, politiques, la morale, l'instruction civique de nos écoles ou même l'éducation de nos parents et aïeux, nous incitent à développer le partage plutôt que thésauriser ses propres biens, voire amasser le plus de richesses pour être sûr de ne pas manquer, d'anticiper au cas où.

Cette attitude est-elle raisonnable au niveau individuel, sociétal, éthique, moral ? Ne nous handicaperait-elle pas au détriment d'une meilleure compréhension et réalisation de soi ?

La profonde crise actuelle, économique, avec son pendant social, morale (avec la perte de repères sur un minimum de valeurs essentielles), qui est peut-être plus à comprendre sous l'angle d'une nécessaire adaptation aux nouveaux équilibres mondiaux, plutôt que comme accident passager que les mêmes recettes et thérapies vont pouvoir traiter, sans doute très rapidement, nous met face à cette problématique essentielle à la base même de toute société humaine, parfois violemment, mais inexorablement.

Qu'est-ce que le partage, dans la mesure où cette notion, sans doute vieille comme le monde, puisqu'à l'origine de l'humanité avec le développement de sociétés humaines ? Que peut signifier pour chacun d'entre nous le partage ? Existe-t-il un socle commun, une communauté de valeurs aux différentes « interprétations » du partage ?

Sans vouloir entrer dans une problématique de propriété, qui présenterait la question sous un angle juridique, sans doute trop restrictif, on ne peut partager que ce dont on dispose : des biens matériels, des valeurs morales, son temps, des sentiments, l'amitié, l'amour, une situation, sociale, matérielle, professionnelle, des honneurs. Cette liste, non exhaustive, peut sans doute être développée à l'infini pour un individu se plaçant dans une logique, une dynamique de partage.

Partager, c'est mettre au sens premier, en commun, avec ses proches, ses amis, ses collègues de travail, les personnes croisées au hasard des rencontres.

On peut partager par convention (les ressources dans un foyer familial), par contrainte (une cellule de prison, un bureau au travail), par obligation légale (dans un contrat de mariage), par calcul, par stratégie (espoir d'un échange gagnant-gagnant), mais aussi par conviction, parce que partager, donner ce que l'on peut, est devenu au fond de soi un mode de vie avec les autres.

Les motivations du partage peuvent être variables. Mais pour être pérenne et ne pas être dépendant de la réaction des autres, le partage doit être proposé sans ne rien demander en retour à l'autre, comme un acte gratuit, même si consciemment ou inconsciemment nous sommes comme attirés vers ce slogan de l'ancien premier ministre britannique Margareth Thatcher « I want my money back », qui agit comme un élastique vis-à-vis de notre capacité de partage.

Quand nous partageons, nous nous trouvons dans l'état de celui qui a accompli sa tâche, nous nous plaçons naturellement dans un état d'accueil, de réceptivité vis-à-vis des autres, de notre environnement, plus en position de mieux écouter et recevoir les messages directs ou indirects qui passent à l'intérieur de notre bulle agrandie de conscience.

Quels sont les freins au partage ?

Sans doute, l'éducation, la morale, la géographie mouvante des valeurs environnantes, qui poussent trop souvent à l'individualisme, à la propriété, à l'égoïsme, au repli sur soi, dans un monde devenu si complexe et agressif, mais aussi le niveau du stress au quotidien, souvent élevé, voire à la limite du burn-out et ce perpétuel manque de temps, qui nous empêche et justifie vis-à-vis de notre conscience notre indisponibilité de temps et d'attention nécessaire pour partager.

Partager, c'est aussi créer du lien social permettant de se sentir mieux connecté au monde et à son entourage. Le partage c'est rétablir un circuit énergétique, entre sa conscience et son inconscient, avec soi-même, avec les autres, avec notre monde environnement, qu'il faut réapprendre à développer, contrôler, apprivoiser, sans craindre de se fondre au détriment de son identité et de sa conscience de soi, bien au contraire.

Partager n'est pas naturel d'emblée, si nous n'avons par intégrer dans notre enfance, notre éducation sa dynamique et ses valeurs sous jacentes, mais il est possible d'apprendre à en comprendre sa profonde valeur éthique, ses ressorts et ses bienfaits pour le bien-être de soi-même et des autres.

Hervé Bernard



Il me semble que si l'on posait la question individuellement, nous obtiendrions presque toujours une réponse favorable. Cette idée réveille en nous un concept sacré, celui de la charité, d'une quête à un paradis peut être perdu.

Mais, en même temps, elle ne manquerait pas de susciter un sentiment de méfiance, de défiance par rapport à un risque, celui de pouvoir disparaître dans le désir et l'avidité de l'autre.

Le Christ nous a proposé de tendre l'autre joue lorsque nous étions frappés. Cette réponse est-elle réaliste lorsque nous sommes confrontés à une brute devenu insensible. Est-ce possible de l'envisager sans risque majeur pour nous même ou faut-t-il appliquer la loi du talion, œil pour œil, dent pour dent ?

Ces deux questionnements provoquent des sentiments contradictoires bien compréhensibles. Le thème est complexe, on ne peut y répondre directement et surtout, il ne s'agit pas de s'enfermer dans une affirmation rigide.

Il me semble qu'il est nécessaire au préalable d'essayer de répondre aux questions : En quoi le partage est-il possible ? Qu'est-ce qu'un partage juste ? Quelles conditions doivent être réunies ? Pourquoi je décide du partage ? Qu'est-ce que je cherche dans le partage ?

Ce préambule nous amène à parler du discernement. Il est le résultat d'une attitude et d'un questionnement qui nécessite une écoute qui va bien au-delà de ce qui est dit.

Cette écoute doit permettre d'entendre le message, l'intention derrière le discours ou l'attitude. Elle doit s'exercer dans les deux sens. J'écoute, je vois ce que je dis et j'écoute, je vois ce qui m'est dit.

C'est une question de bon sens. Si l'intention est négative, s'il l'on y découvre un mensonge, une avidité, une volonté de pouvoir, il est préférable alors de couper. Nul partage équitable juste ne peut reposer sur des pensées et émotions négatives.

Non, au contraire, le partage, c'est le radeau de la méduse. Chacun accomplit ce qu'il doit faire et ce qu'il fait. Il le fait pour lui-même et pour cette communauté de destin, ne serait-ce que pour un moment.

Le partage ne peut s'établir en dehors de la lucidité et de la confiance absolue, une confiance de réciprocité.

Le doute n'est pas permis.

Je fais confiance, une confiance éveillée et je donne.

Peut être commettrai-je une erreur d'interprétation. C'est le prix à payer pour mon éveil, le risque à prendre nécessaire pour vivre une vie qui mérite d'être vécue.

Méritons la confiance, soyons éveillés, faisons confiance.

Chessy, le 09/04/2012
Merci à l'équipe de SOS de m'avoir donné l'opportunité,
l'espace à ma confrontation avec moi-même,
jusqu'à l'insupportable qui n'est que pure mécanicité.
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



Le partage est un acte de générosité et de justice. Oui, si nous ne partageons pas, tout reste stérile, à quoi bon !

À vrai dire, je suis sans doute mal placée pour en discuter. Je n'ai jamais pu vraiment partager dans ma vie, car j'ai toujours été profondément enfermée, coupée du monde, il y avait moi et les autres et non moi avec les autres. En fait j'ai vécu comme une autiste. Aujourd'hui, une brèche semble se dessiner, je ne sais ce qu'il va se passer, ce que je vais découvrir et où je vais aller, mais pour l'instant je souhaite partager ce petit moment de « bonheur ».

Oui, je pensais au bonheur, celui dont on dit qu'il n'en faut pas beaucoup pour être heureux et celui que nous recherchons toujours sans jamais être persuadé de l'avoir trouvé et je pensais également à cette faculté qu'ont les humains à toujours reporter les choses, à penser que ce sera mieux après.

En effet, on se persuade souvent que la vie sera meilleure après s'être marié, avoir eu un enfant, et ainsi de suite.

Plus tard on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense qu'on sera mieux quand ils le seront. On est alors convaincu que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.

On se dit des tas de choses. La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent. Si ce n'est pas maintenant ce sera quand ? La vie est toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer. Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux maintenant qu'il est encore temps.

Pendant longtemps j'ai pensé que le bonheur n'existait pas pour moi, qu'il existait pour certains et non pour d'autres. Puis plus tard j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer, ma vraie vie ! Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème à résoudre en premier, un travail non terminé, un temps à passer et alors la vie allait commencer. Jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma vie, c'était le déroulement de ma propre vie.

Cette perspective m'a permis de comprendre qu'il n'y a pas un chemin qui mène au bonheur, mais que le bonheur est le chemin.

Décider qu'il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux. Le bonheur n'est pas une destination, mais une trajectoire. Il suffit juste d'apprécier chaque petit moment et de le considérer comme l'un des meilleurs moments de notre vie.

Fait à Chessy, le 27 Mars 2012.
Le printemps est là avec ses arbres en fleurs, toutes les couleurs qui s'éveillent.
Il fait beau et le soleil me réchauffe.
La nature est un merveilleux spectacle pour celui qui sait et prend le temps de l'accueillir.
Chaque jour apporte une naissance, elle s'offre à nous, elle partage avec nous.
Claudine Thomas