octnov1997
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LA LETTRE

DE

S.O.S. PSYCHOLOGUE

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NUMÉRO : 38 REVUE MENSUELLE OCTOBRE-NOVEMBRE 1997

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Au sommaire de ce numéro :

Auteur Titre de l'article
E. Graciela Pioton-Cimetti La psychologie (de son origine à nos jours)
E. Graciela Pioton-Cimetti La psychothérapie jungienne
E. Graciela Pioton-Cimetti La psicoterapia junguiana
Elisabeth Courbarien Témoignage
Georges de Maleville À quoi sert la psychanalyse ?
Hervé Bernard Une analyse, pourquoi faire ?
À lire


La psychologie

(de son origine à nos jours)


       Dans la société moderne, où la technique et les sciences ont pris une importance démesurée, l'humanisme doit céder la place à un humanisme nouveau tenant compte de la pluralité des éthiques à travers les continents, des apports de la psychologie, de la génétique, de l'existentialisme, du marxisme, du personnalisme, des efforts des métaphysiques pour intégrer la science…

       La volonté d'un humanisme nouveau répond à la crise de la civilisation.

       La tradition française, qui veut maintenir la psychologie dans le cadre des études littéraires, paraît faire preuve d'un sentiment plus juste que l'initiative prise par d'autres pays, de transporter la psychologie à la faculté des sciences. Il est permis de soutenir que toute étude est science ou est appelée à le devenir. Mais si la distinction qui a présidé à la séparation des deux facultés a un sens, c'est qu'aux « sciences » il est étudié la nature et aux « lettres » les humanités.

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       Sous l'époque des Césars où les signes de la décadence apparaissent brusquement, il faut noter que Sénèque exerce la psychologie en pénétrant dans l'étude des sentiments. Ses œuvres fourmillent de fines remarques sur la nature humaine en général et sur son temps.

       Le mot « psychologie » vient du grec psukhê (science de l'âme). Il a été créé au XVIe siècle et il n'est devenu usuel qu'au XVIIIe.

       À côté de la psychologie des philosophes, qui est une partie d'un système, il a toujours existé une psychologie des psychologues.

« Depuis Platon jusqu'à Descartes, la partie la plus élevée de la psychologie n'a fait qu'un avec la métaphysique. » (J. Lachelier, Œuvres, I, 169).

       Ce mot signifie l'étude de tout ce qui concerne l'âme. C'est la seule acceptation que signale le Dictionnaire de l'Académie comme étant une partie de la philosophie qui traite de l'âme, de ses facultés et de ses opérations. Ainsi comprise, elle englobe la psychologie rationnelle et la psychologie empirique ou expérimentale.

       La vraie psychologie n'est pas la description de la pensée, mais l'explication de la pensée. Au vrai, psychologie et philosophie ne se distinguent que par fiction ; le plus souvent, le psychologue est un philosophe honteux et le métaphysicien un psychologue qui s'ignore.

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       Au XIXe siècle, elle devient la science positive des faits psychiques, c'est-à-dire des faits qui peuvent être connus par la conscience ou par introspection. Ainsi comprise, la psychologie se réduit à la psychologie empirique.

« La psychologie a pour objet l'étude scientifique des faits de conscience. » (Th. Ribot)

« Si nous devions formuler de la psychologie une définition qui ralliât la presque totalité sinon l'unanimité des suffrages parmi les collaborateurs de ce Traité, nous dirions que c'est la science où l'introspection joue un rôle essentiel et préalable dans la description des faits et dans l'analyse des mécanismes mentaux où la biologie et la sociologie étudient les racines et l'évolution sociale des fonctions psychiques et où la psychologie pathologique, la pathologie mentale et la pathologie nerveuse nous apportent la contribution la plus précieuse. » (G. Dumas, Nouveau Traité de psychologie)

Psychologie rationnelle et psychologie expérimentale ou empirique

       La psychologie rationnelle est la partie métaphysique qui, partant des données de l'expérience, principalement de l'expérience intérieure ou psychique, cherche à déterminer la nature, l'origine et la destinée du principe qui explique les faits de conscience.

       La psychologie expérimentale – qu'il vaudrait mieux appeler empirique lorsqu'elle ne pratique pas l'expérimentation méthodique – a pour objet l'analyse de ces faits et la recherche de leurs causes immédiates.

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       De nos jours, la psychologie est la science ayant pour objet le comportement de l'homme en tant qu'être conscient en situation dans le monde physique et social.

« Aujourd'hui, la psychologie a compris que l'activité psychique de l'homme doit être conçue comme un comportement dans le monde et que les différents processus mentaux ne sont, en réalité, rien d'autre que des composantes de cette conduite globale. Elle a vu, d'autre part, que ce comportement est toujours fonction du comportement d'autrui, de sorte que, dans l'étude du processus même du comportement, le facteur social entre comme un des déterminants essentiels. » (J. Nuttin, Les sciences sociales dans l'enseignement supérieur)

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Dans le langage courant :

       1 ) Au plan subjectif, la psychologie est l'aptitude particulière à comprendre l'homme réel, les autres et soi-même, à pénétrer les mobiles secrets de sa conduite.

       2 ) Au plan objectif, c'est l'ensemble des traits de caractère d'un individu ou d'un groupe d'individus.

La psychologie analytique

       C'est le nom que C. G. Jung, après sa rupture avec Freud, donna à sa propre doctrine qui se distingue de la psychanalyse par une notion élargie de la libido et par l'introduction d'un inconscient collectif comme soubassement de l'inconscient individuel.

La psychologie clinique

       Cette méthode d'observation permet, à la manière du médecin au lit du malade, de s'efforcer de comprendre les cas individuels dans leur singularité.

       Par opposition à la psychologie introspective, la psychologie clinique se fonde sur l'observation d'autrui, mais sur une observation orientée vers la conscience plus que vers le comportement. Elle se fonde essentiellement sur les rapports interpersonnels du psychologue avec son sujet et les techniques scientifiques de laboratoire n'interviennent qu'à titre auxiliaire.

La psychologie comparée

       Pour certains, c'est la psychologie animale ou zoologique.

       En fait, c'est l'étude, en vue de mieux connaître l'adulte normal et civilisé dont s'occupe la psychologie générale, d'êtres dont le psychisme est moins développé : animaux, enfants, primitifs, criminels, aliénés…

La psychologie de comportement

       Éliminant tout recours à l'introspection et toute considération de l'aspect subjectif des faits, elle a pour objet les réactions globales de l'organisme à l'action du milieu, soit physique, soit social.

       Elle fut répandue en Amérique, à partir de 1913, par Watson sous le nom de Béhaviorisme.

La psychologie de la conduite

       Forme particulière de la psychologie objective ou de comportement consistant à se fonder sur les seules données extérieures, mais en les considérant comme des manifestations d'états intérieurs ou états de conscience.

       Cette conception a été formulée par Pierre Janet et reprise par D. Lagache.

« La psychologie de la conduite est, d'une manière générale, l'étude de l'homme dans ses rapports avec l'univers et surtout dans ses rapports avec les autres hommes. » (P. Janet)

La psychologie différentielle

       C'est la branche de la psychologie qui recherche des différences existant soit entre divers groupes humains (races, sexe, âges), soit entre membres d'un même groupe.

La psychologie fonctionnelle et psychologie structurale

       La première considère les faits psychiques en fonction de l'ensemble du psychisme ou de l'ensemble organisme-milieu et comme réponse à des besoins.

       Au contraire, la psychologie structurale s'en tient à l'analyse des structures de l'activité psychique ou du comportement.

« La psychologie structurale est analytique ; elle porte ses regards sur la composition des processus mentaux. Elle s'intéresse au comment des phénomènes, à leurs rouages internes. » (E. Claparède, Psychologie de l'enfant)

La psychologie individuelle

       Terme par lequel Adler désigna sa conception de la psychanalyse après sa scission d'avec Freud : la psychologie individuelle étudie l'homme dans sa complexité concrète et cherche à l'adapter aux conditions concrètes de son existence.

La psychologie pathologique

       La psychologie pathologique a pour objet d'établir les lois psychologiques de nos états morbides et de conclure, si possible, aux lois psychologiques de nos états normaux.

La psychologie des profondeurs

       Elle a pour objet l'exploration de l'inconscient.

La psychologie réflexive

       C'est la réflexion. Elle permet de sonder les profondeurs du psychisme suivant les méthodes élaborées principalement par Freud.

La psychologie sociale

       C'est l'étude de l'homme vivant en société. Elle peut être centrée : sur l'homme individuel (inter-psychologie de G. De Tarde) ou sur la société comme telle (sociologisme de Durkheim)

« Il n'y a pas un seul fait de la psychologie individuelle qui ne soit un fait de psychologie sociale. Tout est social et tout est individuel. » (M. Merleau-Ponty, Bulletin de Psychologie)

Interpsychologie

       Branche de la psychologie qui a pour objet les relations intersubjectives, c'est-à-dire des sujets entre (inter) eux, les uns avec les autres.

Métapsychologie

       Recherches ayant pour objet l'au-delà du donné de l'expérience psychologique : soit des phénomènes supraconscients, soit le principe du psychisme (psychologie rationnelle ou métaphysique).

       À ce propos, Freud, s'adressant à Fliess, lui dit :

« Trouves-tu que je puisse employer ce mot de métapsychologie pour qualifier une psychologie qui vous entraîne au-delà de l'état conscient ? »

Parapsychologie (synonyme : métapsychique)

       C'est la discipline ayant pour objet les phénomènes qui dépassent les capacités du psychisme normal : télépathie, voyance, prophétie.

« Les spécialistes contemporains du paranormal ont adopté, pour désigner leur discipline, le terme de parapsychologie, alors que les survivants de l'époque héroïque gardent le titre de métapsychistes ou de psychistes. » (R. Amadou, La télépathie)

« [Au lieu de occulte], nous proposons le terme parapsychique, dans lequel le préfixe para marque justement qu'il s'agit de phénomènes exceptionnels, aberrants, paradoxaux, en dehors des lois de nous connues de la pensée et de la vie. » (E. Boirac, La psychologie inconnue)


E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


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La psychothérapie jungienne


       Jung a été un grand médecin et un grand psychologue. Son œuvre s'est centrée ensuite sur le traitement et l'interprétation pathogénique des processus morbides. Bientôt, il s'est rendu compte qu'une psychothérapie centrée sur le patient, conçue comme une entité abstraite, séparée de sa réalité existentielle et historique, était une voie sans issue qui s'achevait en tautologie. Pour cela, en abordant ce chapitre de la technique psychothérapique jungienne, nous entrons, en réalité, dans le creuset même de sa pensée. C'est précisément, ici, que nous pouvons observer les profondes projections sociales et historiques de son savoir-faire qui vont bien au-delà du travail strictement professionnel d'un psychologue, pour méritoire qu'il soit.

       La psychothérapie de Jung se distingue décidément d'une pratique professionnelle orthodoxe, car elle se convertit d'emblée en « chemin de salut ». Et c'est, dès lors, un chemin de salut qui prend un sens quasi religieux. Non seulement elle comporte la guérison des processus névrotiques qui affectent l'individu, mais elle aspire à forger, autant que possible, la perfection de la personnalité soumise à son analyse. Pour cela, non seulement elle met en œuvre tous les procédés actuels pour confronter, traiter et guérir la plus petite perturbation psychique, point de départ de la névrose et des psychoses, mais aussi les moyens opportuns pour obtenir l'atténuation, voire la disparition des symptômes qui indiquent une névrose grave ou une psychose. Jusqu'ici Jung procède comme un psychologue en plein exercice professionnel qui applique ses connaissances pour le bénéfice de son patient et mérite, pour cela simplement, la considération spéciale de ses contemporains et successeurs.

       Comme un psychothérapeute chevronné, il a compris que ce travail n'est que le prélude à la formation d'une nouvelle personnalité. La psychothérapie est alors formatrice de la personnalité et éducatrice, car elle met le malade en face des problèmes éternels de la vie.

       Les deux voies peuvent se concevoir séparément ou simultanément. La profondeur de la perturbation et surtout des instances internes obscures d'insatisfaction font, pour le dire avec les mots du maître, que :

« Ils sont peu nombreux ceux qui suivent le dernier chemin… Car il est aussi étroit que le fil d'un couteau1. »

« Dans le processus analytique, c'est-à-dire dans l'échange dialectique entre le conscient et l'inconscient, il existe un développement – dans le sens de Jaspers – un progrès vers une finalité ou une fin, dont la nature, difficile à découvrir, m'a occupé pendant plusieurs années. Les traitements psychologiques touchent à une fin dans toutes les phases possibles de leur développement, sans avoir la sensation d'avoir touché une finalité.

On observe des issues typiques, transitoires : 1) après avoir reçu un bon conseil ; 2) après une confession plus ou moins complète, mais de toute manière suffisante ; 3) après avoir reconnu un contenu essentiel, jusqu'alors inconscient, mais qui, une fois rendu conscient, a pour conséquence un nouvel élan de vie ou d'activité ; 4) après s'être libéré de la psyché infantile, par le biais d'un travail bien plus large ; 5) après avoir trouvé un nouveau mode rationnel d'accommodement aux conditions d'un monde environnant difficile ou inhabituel ; 6) après la disparition de symptômes douloureux ; 7) après un changement positif du destin comme, par exemple, un examen, des fiançailles, un mariage, un changement de profession, etc. ; 8) après avoir découvert qu'on se rattache à un credo religieux déterminé ou après une conversion ; 9) après avoir commencé à édifier une philosophie pratique de la vie2. »

       Ces considérations expliquent bien pourquoi la méthode de traitement de Jung n'est pas universelle. À l'intérieur de l'infinie variété des perturbations psychiques, les méthodes utilisées doivent varier selon les conditions de chacun, la disposition psychique et la nature du patient.

       Pour cela, Jung n'a pas établi une formule universelle. Les méthodes utilisées et leur amplitude varient dans chaque cas. Jung a reconnu la valeur des concepts freudiens sur la sexualité, mais il évoque aussi l'insistance d'Adler sur la volonté de puissance en tant que facteur névrotisant. À ces deux motivations, il ajoute d'autres facteurs de perturbation psychique qui sont spécifiquement humains : la religion et les nécessités spirituelles et sociales propres à l'homme.

« La nécessité spirituelle apparaît dans la psyché comme un instinct, et même comme une véritable passion. Ce n'est pas un dérivé d'un autre instinct, mais un principe sui-generis, c'est la forme indispensable de la force de l'instinct3. »

       En accord avec la structure polaire de nos jugements dont la pensée héraclitienne fait état et qui oppose au monde des instincts primitifs de la nature – le sexe, l'instinct de conservation – un autre monde spirituel, Jung nous dit :

« Le polymorphisme de la nature primitive des instincts et le champ de la formation de la personnalité se trouvent face à face pour former un couple de contraires appelés la nature et l'esprit. Ce couple de contraires n'est pas seulement l'expression éternelle, mais aussi peut-être la base de cette tension que nous appelons l'énergie psychique4. »



1 Jung C. G. : Dos ensayos sobre psicología analítica, ob. cit., p. 205.
2 Jung C. G. : Psicología y alquimia, ob. cit., p. 14.
3 Jung C. G. : Energética psíquica y esencia del sueño, ob. cit., p. 103.
4 Hostle Raymond : Del mito a la religión, Ed. Amorrortu, Buenos Aires, 1971, p.  113.


E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


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La psicoterapia junguiana


       Jung ha sido un gran médico y gran psicólogo. Su obra estuvo pues centralizada en el tratamiento y la interpretación patogénica de los procesos morbosos. Bien pronto, se percató de que una psicoterapia centralizada en el paciente, concebido como ente abstracto, apartado de su realidad existencial e histórica, era un camino cerrado que terminaba en una tautología. Por ello, el abordar este capítulo de la técnica psicoterapéutica junguiana, entramos, en realidad, en el propio crisol de su pensamiento y es aquí donde, precisamente, se pueden observar las profundas proyecciones sociales e históricas de su quehacer que exceden en mucho a la labor estrictamente profesional de un psicólogo, por meritoria que sea esta última.

       La psicoterapia de Jung se aparta decididamente de una práctica ortodoxa profesional, pues, se convierte en su « camino de salvación » desde el primer momento. Y es un camino de salvación-concepto, desde luego, casi religioso. Encierra no solo la curación de los procesos neuróticos que afectan al individuo, sino aspira a forjar la perfección de la personalidad sometida a su análisis. Por ello, no solo dispone de todos los procedimientos actuales para enfrentar y tratar, aún curar, la perturbación psíquica más pequeña, por desgracia, punto de partida de la neurosis y de las psicosis, como de los medios oportunos para lograr la atenuación, aún la desaparición de los síntomas que comportan una grave neurosis o psicosis. Hasta aquí procede como un psicólogo en pleno ejercicio profesional que aplica sus conocimientos para el beneficio de su paciente y por esto únicamente merece la especial consideración de sus contemporáneos y sucesores.

       Tratándose de un psicoterapeuta avezado comprendió que esta labor, es sólo la antesala de la forjación de una nueva personalidad. La psicoterapia es, entonces, formadora de la personalidad, educadora, pues enfrenta al enfermo a los problemas vitales eternos.

       Las dos vías se pueden dar separadamente o simultáneamente. La profundidad de la perturbación y, sobre todo, las oscuras instancias internas de insatisfacción hacen, para decirlo con las propias palabras del maestro, que :

« Sean pocos que sigan el último camino… Pues es tan estrecho como el filo de un cuchillo1. »

« En el proceso analítico, esto es, en la discusión dialéctica entre lo consciente y el inconsciente, existe un desarrollo – en el sentido de Jaspers, la acotación es nuestra –, un progreso hacia una finalidad o un fin, cuya naturaleza, difícil de desentrañar me ocupó durante muchos años. Los tratamientos psicológicos alcanzan un fin en todas las fases posibles de su desarrollo, sin que tenga uno la sensación de que se haya alcanzado también una finalidad.

Se verifican finales típicos, transitorios : 1) después de recibir un buen consejo ; 2) después de haber hecho una confesión más o menos completa, pero de todos modos suficiente ; 3) después de haber reconocido un contenido esencial, hasta entonces inconsciente, pero que, una vez hecho consciente, aporta como consecuencia un nuevo impulso de vida o de actividad ; 4) después de haberse liberado de la psique infantil, mediante un trabajo más bien largo ; 5) después de haber encontrado un nuevo modo racional de acomodación a las condiciones del mundo circundante tal vez difíciles o no habituales ; 6) después de la desaparición de síntomas dolorosos ; 7) después de un cambio positivo del destino como, por ejemplo, un examen, un noviazgo, un casamiento, un divorcio, un cambio de profesión, etc. ; 8) después de descubrir que uno pertenece a un determinado credo religioso o después de una conversión ; 9) después de comenzar a construir una filosofía práctica de la vida2. »

       Estas consideraciones explican bien porqué el método de tratamiento de Jung no es universal. Dentro de la infinita variedad de perturbaciones psíquicas, los métodos utilizados deben variar de acuerdo a las condiciones de cada uno, a la disposición psíquica y a la naturaleza del paciente.

       Por ello, Jung no ha establecido una fórmula universal. Los métodos utilizados y su amplitud varían en cada caso. Jung ha reconocido el valor de los conceptos freudianos sobre la sexualidad, pero el mismo señala el indudable acierto de Adler en indicar la voluntad de poder como factor neurotizante. A estas dos motivaciones les agrega otros factores de perturbación psíquica que son específicamente humanos : la religión y las necesidades espirituales y sociales propias del hombre.

« La necesidad espiritual aparece en la psiquis como un instinto, incluso como una verdadera pasión. No es un derivado de otro instinto, sino un principio sui-generis, esto es la forma indispensable de la fuerza del instinto3. »

       De acuerdo a la estructura polar de origen a nuestro juicio heracliteo, opone al mundo de los instintos primitivos de la naturaleza – sexo, conservación – otro mundo espiritual y dice :

« El polimorfismo de la naturaleza primitiva de los instintos y el campo de la formación de la personalidad, se hallan frente a frente formando el par de contrarios, llamado naturaleza y espíritu. Este par de contrarios es no sólo la eterna expresión, sino quizá, también, la base de aquella tensión que nosotros denominamos energía psíquica4. »



1 Jung C. G. : Dos ensayos sobre psicología analítica, ob. cit., pág. 205.
2 Jung C. G. : Psicología y alquimia, ob. cit., pág. 14.
3 Jung C. G. : Energética psíquica y esencia del sueño, ob. cit., pág. 103.
4 Hostle Raymond : Del mito a la religión, Ed. Amorrortu, Buenos Aires, 1971, pág. 113.


E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


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Témoignage


       Je suis entrée en thérapie un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine : par erreur. Je me suis très vite rendue compte, que si ma démarche avait été guidée par le souci d'être utile à d'autres en démythifiant et désacralisant celle-ci, pour être crédible, je me devais de donner l'exemple. Charité bien ordonnée impliquait donc de commencer par soi-même.

       Zut ! me suis-je dit, en débutant par le déversement d'un trop plein de larmes accumulées sans raison, bien sûr. Je n'étais pas venue là pour étaler ma si paisible et si tranquille existence. Oh, à peine avais-je connu quelques « bobos » : la perte d'une maman au seuil de l'adolescence, quelques amours déçues, une fausse couche… Rien que du commun ne justifiant pas la venue à l'introspection !

       Les douleurs des autres me sont toujours apparues plus éprouvantes et moins banales que mes propres souffrances, sur lesquelles j'avais pris coutume de ne pas m'appesantir.

       Après donc avoir tenu avec brio le rôle de l'autruche et de l'éléphant, je me suis mise à l'œuvre avec des pincettes. Bien entendu, lors des premiers entretiens, j'ai nié avec véhémence, en le croyant mordicus, avoir songes, ou fantasmes… C'est quoi un fantasme, une vision obscène ?

       Pour ce qui est du rêve, peut-être eut-il mieux valu que je m'abstienne : le côté prémonitoire de certaines images et leur interprétation m'ont été carrément, objectivement intolérables. J'ai donc censuré allègrement image et son, attendant vainement que le rêve se reproduise, ce qu'il ne manque généralement pas de faire quand il a été mal analysé. Peine perdue.

       Jusqu'à ce que la vie me mette en face de la réalité. Là, cette prise de conscience expérimentale est venue conforter mon esprit cartésien dans sa recherche. Il me fallait donc cette preuve pour accepter de « lâcher prise ». Je me suis mise, dès lors, à l'œuvre avec acharnement, conviction et discipline, m'adonnant à l'écrit pour y figer états d'âmes, états de conscience. Ainsi, peu à peu, ai-je commencé à me faire confiance.

       Ceci a été possible uniquement, parce que j'ai joué le jeu, ne dissimulant rien, ne cachant rien, ne reniant rien de ce que je suis, de ce que je fais. C'est en cela que la démarche est courageuse, car elle demande à chacun une grande honnêteté pour s'accepter, avec nos côtés ombre à mettre en lumière. C'est à ce prix que s'éveille notre lucidité. Lucidité sur nous-mêmes. Lucidité sur autrui. Ainsi changent au quotidien les regards des uns portés sur les autres et ce, pour plus de clarté dans notre vie à tous.

       Mais, si vous le permettez, revenons au commencement, enfin, à la genèse du travail. Tiens ! en le transcrivant, je finis par mieux comprendre le sens de ce mot « travail » dans l'expression « travail analytique ».

       J'ai donc posé la question du néophyte ignare avec une candeur extraordinaire : « Comment fait-on un deuil ? » En fait, je croyais naïvement que l'on allait me fournir le manuel de procédure, avec les recommandations et la description d'un cheminement type, étape par étape : périodes d'avancées succédant à des moments de découragement, donnant elles-mêmes suite à des phases de recul, de rejet, tout en conservant foi dans l'issue finale… Il n'en a rien été. Vous me croirez si vous voulez, le manuel en question n'est pas encore édité…et, malheureusement, comme chacun se doit d'être l'écrivain du sien, je ne jouerai pas l'auteur du best-seller Le « deuil apprivoisé », bien qu'il s'agisse là d'un joli titre pour un animal sauvage.

       Allez ! Je vous laisse le soin de débroussailler, mes vœux de succès vous accompagnant dans cette entreprise, vous qui, d'ailleurs, n'en éprouvez pas plus la nécessité que moi-même, n'est ce pas ?


ELISABETH COURBARIEN


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À quoi sert la psychanalyse ?


       La question résonne étrangement, un peu à la manière des questions pièges qu'on pose dans les examens universitaires, du type « quelle est l'utilité de la démocratie, ou celle de la vaccination ? ».

       On n'a pas trop envie de répondre. Ou plutôt non, tout bien considéré, on a envie de répondre que la psychanalyse ne sert à rien, car chacun peut faire son analyse soi-même, s'il en ressent le besoin. Et ce besoin lui-même est rarement pressant.

       Car, au fond, chacun se connaît lui-même, n'est-ce pas ? Chacun connaît sur lui-même, mieux que quiconque, des détails qu'il n'avouera jamais, n'est-il pas vrai ? Alors à quoi bon se raconter à un professionnel de la psychologie, qui ne vous apprendra rien sur ce que vous connaissez déjà et qui ne pourra pas, bien sûr, découvrir ce que vous êtes décidé à ne pas lui dire ?

       Ce discours est général. Il est profondément ancré dans la mentalité des gens. Il repose sur le postulat que chacun se connaît bien lui-même.

       Et là est l'erreur : erreur commune, mais erreur énorme.

       Cette illusion repose sur la constatation que chacun peut, quand il est en bonne santé, dans son « bon sens », observer ce qu'il fait. Un homme normal contrôle ses actes, sinon il devient irresponsable. Et pouvant contrôler son agir, il croit tout savoir sur lui-même.

       Il le croit d'autant plus qu'il sait, lui, sur lui-même, beaucoup de choses que les autres ne savent pas : il sait ce qu'il a fait quand il était seul, sans témoin. Il sait aussi ce qu'il pense, seul ou en présence d'autrui. Les autres n'auront jamais une exacte connaissance, sauf s'il se décide à tout dire.

       Étant spectateur, acteur et décideur de sa propre action, l'homme croit donc tout savoir sur lui-même. Que pourrait donc lui apporter une analyse ?

       Elle lui apportera – qu'il s'agisse d'une analyse thérapeutique, ou d'un simple entretien à cœur ouvert avec une personne de confiance –, un éclairage sur un aspect des choses auquel les gens ne pensent presque jamais : celui de savoir, non pas ce qu'ils ont fait ou voulu faire, mais pourquoi ils l'ont fait ou ont voulu le faire.

       Si l'on poursuit l'examen de conscience jusqu'à ce stade, on se heurte tout de suite à un seuil de résistance : à moins d'avoir complètement perdu la tête, et d'en être convaincus, les gens diront tous que s'ils ont pris telle ou telle décision, s'ils ont accompli tel ou tel acte, c'est parce qu'ils avaient raison. Et c'est d'ailleurs le refus de discuter une telle raison qui les pousse à refuser l'examen de leur conduite.

       Et, cependant la confiance accordée à un interlocuteur, ou la conscience cuisante d'un échec dans leur comportement, va parfois les pousser à remettre en question les raisons d'une attitude ou d'une décision. L'individu conviendra qu'il s'est trompé, qu'il n'a pas eu raison, et décidera d'adopter à l'avenir un autre comportement dans des circonstances analogues. L'incident sera clos…et l'analyse s'arrêtera là, sans autre résultat que la correction de certains comportements inadéquats.

       L'homme ne se connaîtra toujours pas lui-même, et n'aura de lui-même qu'une vision extrêmement limitée, circonscrite aux conduites aboutissant manifestement à un échec. Ce n'est pas inutile et la plupart des gens se satisfont de cette connaissance très partielle d'eux-mêmes, mise en œuvre grâce au recours à quelques amis sûrs. Mais c'est bien peu de chose, à côté du trésor que peut apporter à chacun la véritable connaissance de soi, fruit d'une analyse réelle, que celle-ci soit thérapeutique ou non.

       En effet, ce qui est intéressant à examiner dans le psychisme d'un être humain, ce ne sont pas les raisons de sa conduite. Au fond, tout le monde a toujours un petit peu raison. En combinant ces motivations avec beaucoup d'arguments tirés d'une expérience contraire, on arrive à corriger une conduite, et la machine humaine repart tant bien que mal.

       Mais elle repart toujours aussi aveugle, car ce qui compte en réalité, et demeure à ce stade toujours inconnu, ce ne sont pas les raisons que l'homme donne à sa conduite, mais bien les raisons de ces raisons.

       S'il cherche à découvrir celles-ci, l'homme pénètre alors dans un univers nébuleux où se mélangent, dans une mêlée confuse, pulsions, affects ou répulsions très anciennes, souvenirs vécus, exemples subis, tendances, espoirs, regrets. Tout ceci dans un tourbillon animé d'une énergie confondante et insoupçonnée, et traversé par un fleuve au courant majestueux, venu d'on ne sait où, allant on ne sait où, dont les manifestations psychiques inconscientes sont les effluves.

       Il s'agit, pour qui veut véritablement se connaître, de descendre jusqu'à la berge du fleuve pour en goûter l'eau et y dresser sa tente.

       Alors, quand il sera assis sur la berge, les tourbillons psychiques qui surmontent l'explorateur, s'ordonneront en solides colonnes de temple grec, et il comprendra enfin, d'une façon globale et réellement compréhensive, pourquoi précédemment il avait tort ou, peut-être et pourquoi pas raison.


GEORGES DE MALEVILLE


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Une analyse, pourquoi faire ?


       Pourquoi commencer une psychothérapie ? De nos jours, la question est toujours difficile à aborder. Le mot psychanalyse fait peur également, car il évoque souvent des images de folie, de souffrance, la maladie mentale, des sensations de lourdeur. Même si la psychothérapie, de par ses objectifs et ses modalités, est plus légère qu'une analyse, le fait de consulter un psychologue n'est pas aussi simple que rendre visite à son médecin ou à un spécialiste.

       Depuis que Descartes a séparé le corps et l'esprit et que des siècles de développement scientifique ont fait progresser la médecine, les maladies somatiques nous semblent quelque chose de bien identifié dans notre être. C'est comme une partie de nous-mêmes qui parfois entre en dysfonctionnement et demande une réparation pour retrouver son bon état de marche. Certes, des maladies restent incurables, mais nous pensons que les progrès de la science finiront par vaincre le mal.

       En ce qui concerne notre esprit, il en va tout autrement, car il est une partie tellement intime et essentielle que nous avons des scrupules à le livrer à l'action de quelqu'un d'autre, même si la société reconnaît le psychologue dans sa compétence et son savoir-faire.

       Mais comme Freud nous l'a montré, la découverte de l'inconscient reste une troisième révolution bien difficile à digérer après Copernic (la terre n'est pas le centre de l'univers) et Darwin (l'homme fait partie du règne animal). Peu à peu, l'homme doit accepter de voir sa position et son pouvoir se réduire, d'abord par rapport à son environnement, puis chez lui.

       Une analyse est d'abord une aventure au fond de soi-même et avec soi-même, accompagnée par un spécialiste. En dehors des cas d'urgence, commencer une analyse est une décision personnelle pour mieux se connaître, corriger certains défauts de la personnalité ou pour espérer se changer suffisamment afin de transformer les échecs trop répétitifs de la vie en un début de réussite.

       La vie est une succession de constructions d'images, de représentations*, de relations avec les autres selon un processus qui a commencé dans l'enfance et se poursuit jusqu'à la mort. Ces constructions fonctionnent comme des repères, comme les « cartes » de Scott Peck, qui servent à nous diriger dans le monde et aussi dans notre espace intérieur pour agir et produire de nouvelles constructions. Ainsi peu à peu, nous nous construisons une vision du monde, celle de notre monde tel que nous le recevons.

       Comme l'œil, qui ne perçoit pas passivement le jeu des rayons lumineux, mais reconstruit des formes à partir de schémas intériorisés, l'esprit évolue et élabore à partir de cartes intérieures aux multiples dimensions spatiales, temporelles, sensorielles…

       Il arrive que nos cartes intérieures soient parsemées de trous. Il manque des bouts de cartes et cela nous perturbe, car le vide fait toujours peur et attire l'angoisse. Nous avons beau y coller avec un sparadrap un autre bout de carte, quelque chose cloche. Ces trous peuvent nous faire prendre non par erreur, mais par ignorance, comme malgré nous, une voie différente de celle que nous aurait indiqué la bonne carte. Ils nous gênent, car notre nature n'aime pas trop les aspérités, mais préfère les visions bien lisses pour que notre regard glisse plus harmonieusement sur les objets que nous rencontrons.

       Quels peuvent être ces trous dans notre quotidien ?

· la rencontre d'une personne autoritaire nous met mal à l'aise, nous fait perdre nos moyens sans que nous puissions y trouver une solution. Le scénario se répétant toujours à l'identique ;

· la rencontre avec une personne de sexe opposé qui nous plaît nous fait perdre intérieurement nos moyens. Même si extérieurement nous paraissons plein d'assurance, nous ne savons pas quoi faire de la situation, comment exprimer nos émotions…

· une solitude de quelques jours, le départ impromptu, mais précipité de notre conjoint, une mission pour notre travail ou toute autre situation qui nous coupe malgré nous de nos proches nous plonge dans une angoisse qu'on tente de réprimer…

       Il existe bien d'autres exemples de ces situations où nos cartes intérieures ne peuvent plus répondre à certaines de nos expériences, car elles s'arrêtent avant. À chacun de dessiner les contours de ses cartes intérieures dans son quotidien !

       Mais le plus déroutant, c'est que très souvent nous ne sommes pas conscients des trous dans nos constructions intérieures. Nous croyons ou préférons croire à un chemin bien balisé où tout est parfaitement reconnu, où l'objet du désir du moment, quel qu'il soit, est rigoureusement identifié et ciblé. Alors nous pouvons nous demander si les trous des cartes intérieures ne seraient pas responsables de nos malheurs, de nos frustrations, de nos échecs, surtout quand ceux-ci deviennent de véritables no man's land, des dépressions vertigineuses. Car l'origine de ces espaces vides est essentiellement le conflit, qui a précipité tel un trou noir la représentation, l'image que nous voulions y placer. Or celle-ci s'est heurtée à d'autres déjà bien ancrées et incompatibles avec elle.

       La psychanalyse propose de reconnaître les trous de notre psychisme, de repérer les effets qu'ils produisent sur notre conduite et de les remplacer par des bouts de cartes choisis en toute conscience, selon notre désir. Pour nous aider dans ce travail la psychanalyse utilise une technique qui est la méthode des associations libres. Selon une loi inéluctable du psychisme l'inconscient tend à signaler à la conscience l'existence des trous quand telle carte intérieure est mobilisée. Pour cela, il utilise des moyens détournés pour déjouer la conscience : un lapsus, un acte manqué, une sensation particulière, autant de mes sages sibyllins, dont le sens nous échappe.

       La psychanalyse propose un cadre pour dialoguer avec l'inconscient et affronter l'angoisse et les résistances inévitables qui vont survenir. Car il est difficile de se séparer de ce que l'on connaît bien, même s'il s'agit d'une carte pleine de trous :

· un cadre pour éviter au patient de sortir de l'objectif de combler les trous ;

· un cadre pour contenir l'angoisse et la peur de l'analysant, pour le sécuriser, durant son travail analytique.

       Au patient de choisir jusqu'à quel point réparer les trous, motif de sa souffrance : se satisfaire d'une carte rapiécée ou partir d'une page blanche et y inscrire tous les nouveaux éléments d'une carte. Et cette dernière option n'a d'ailleurs pas de fin, car nous pouvons toujours nous construire de nouvelles cartes.

       Je n'ai pas voulu expliquer doctement le fonctionnement psychologique d'une analyse, mais plutôt par des images montrer ce qu'elle peut apporter à notre vision du monde pour le rendre meilleur et surtout plus accessible à nos désirs.



*  Ce que l'on se représente, ce qui forme un contenu de pensée. Freud a opposé la représentation à l'affect. Chacun de ces éléments subissant dans le psychisme un sort distinct.


HERVÉ BERNARD


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À lire



Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j'ai pleuré
par Paulo Coelho (Éditions J'ai Lu, Paris)


       « … Je me suis assise et j'ai pleuré. La légende raconte que tout ce qui tombe dans les eaux de cette rivière, les feuilles, les insectes, les plumes des oiseaux, tout se transforme en pierres de son lit. Ah ! que ne donnerais-je pas pour pouvoir arracher mon cœur de ma poitrine et le jeter dans le courant. Il n'y aurait alors plus de douleur, plus de regret, plus de souvenir… Quelque part, cette rivière en rejoint une autre, puis une autre, jusqu'au moment où, bien loin de mes yeux et de mon cœur, toutes ces eaux avec la mer. » (extrait de la première page)



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