NUMÉRO : 48 REVUE MENSUELLE OCTOBRE 1998

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LA PENSÉE DU MOIS : Le hasard est le nom que prend Dieu pour voyager incognito (Einstein)

Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
E. Graciela Pioton-Cimetti L'essence de l'être
 
E. Graciela Pioton-Cimetti Voir, faire, transcender Ver, hacer, transcender
 
E. Graciela Pioton-Cimetti Requiem à ma petite maman (2) Requiem a mi madrecita (2)
 
Hervé Bernard L'essence de l'être
 
Florence Boisse Comment l'atteindre ?
 
Nicole Chatellard L'essence des êtres
 
Mathilde Pizzala Notre être…
 
Elisabeth Courbarien L'essence de l'être
 
Health I. G. News El progreso del Alzheimer con melatonina
 
Health I. G. News Restauración neurológica: la experiencia del CIREN
 
Jacqueline de Pierrefeu L'ouragan "Mitch" El huracán "Mitch"





« Dieu est essence première. Les créatures sont essences secondes. L'essence seconde suffit pour prouver que deux substances diffèrent, mais elle ne suffit pas pour mesurer avec précision la différence qui est entre elles » (Condillac, Art de raisonner, I, 3).

« Pour faire de grandes choses – nous rappelle Montesquieu – , il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux. »

L'essence de l'être est aussi vieille que l'homo sapiens puisqu'elle dut naître avec la conscience objective et la notion de valeur.

***

Le verbe latin valere – qui nous a donné l'adjectif valeureux – signifie être fort. Ce qui a de la valeur, c'est donc ce qui a de l'importance, ce qui compte et, avant tout, la vie de l'individu, sa propre vie qu'il considère comme le plus précieux de tous les biens puisque, sans elle, il ne jouirait d'aucun, pas même du plaisir de la sacrifier.

Si la pensée se contente d'abord de séparer le précieux de l'utile, de l'inutile et du nuisible, en se développant elle se bâtit ce que Nietzsche devait nommer une « échelle des valeurs », dans l'ordre matériel comme dans l'ordre moral.

Les valeurs matérielles fixèrent l'envie quand la société se fut organisée et qu'il fallut, selon l'expression de Rousseau, « avoir des provisions pour deux ». La notion de propriété se précisa. Chacun rêva de troupeaux – le mot pecus, bétail, a donné l'adjectif pécuniaire après le vieux nom pécune –, de terres, de jarres d'huile et, finalement, de monnaie représentée par des barres de sel, des galets, des joyaux, des métaux précieux, des pièces…

Il suffit de lire, sur un journal, les mots : dévalorisation, valeurs mobilières et immobilières, valeurs étrangères et valeurs nationales pour concevoir l'importance accordée par les hommes aux valeurs marchandes réelles, monétaires ou fiduciaires. Ces valeurs mesurent tout, même le temps, puisque Time is money et même l'individu puisqu'en certains pays, il vaut exactement le nombre de ses dollars.

***

En face de ces valeurs pour lesquelles il a été édifié de somptueuses banques dont les animateurs mobilisent le téléphone, la radio, la télévision, la presse écrite ou parlée et les moyens informatiques, déclenchent des paniques, des « crises » aussi redoutées que la fin du monde, il est alors possible de se demander ce que sont devenues les valeurs suprêmes comme le sacré, le juste, le beau, le noble, l'héroïque…

Situées tout en haut de l'échelle des valeurs, elles sont, aujourd'hui, descendues vers les échelons moyens ou inférieurs, en dépit de l'effort des moralistes, des éducateurs, des hommes d'État, des pasteurs et de tous ceux qui regrettent le « bon vieux temps ».

***

Toute valeur est précaire, ne l'oublions pas, puisqu'elle exprime un certain rapport entre un sujet et l'homme qui l'apprécie : le moindre changement dans l'objet ou le sujet transforme ce rapport.

***

Loin d'apercevoir des signes de déclin dans la valeur accordée, nous commençons de craindre, au contraire, qu'elles n'effacent toutes les autres, y compris les « essences idéales » vers lesquelles l'humanité, depuis des millénaires, levait les yeux pour se guider.

À chaque moment de l'histoire, l'esprit humain est partagé entre les spéculations les plus audacieuses sur le système du monde et les formules routinières qui guident l'outil ; entre les méthodes démoniques et l'usage de la raison, de l'observation, de l'expérience.

***

L'usine automatique d'une part, le laboratoire émaillé de blanc d'autre part : voilà donc bien les deux valeurs suprêmes devant lesquelles s'agenouillent les hommes d'aujourd'hui !

Déjà, parmi les universitaires, on commence à vouloir séparer les purs spéculateurs de ceux qui peuvent servir directement l'industrie, et à favoriser ceux-ci aux dépens de ceux-là.

Devant cette montée des valeurs à la mode, il est indispensable que des esprits équilibrés s'élèvent en rappelant la primauté des valeurs morales sans lesquelles la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue, la primauté de la personne humaine sur la conjugaison de la main et du cerveau.

E. Graciela PIOTON-CIMETTI





La fonction transcendante

Aux quatre fonctions fondamentales (réflexion, sentiment, intuition et perception) qui sont, selon ce que nous avons souligné, des fonctions d'adaptation au monde, Jung ajoute une cinquième, qu'il appelle fonction transcendante, le « je ».

Il précise bien, dès le début, qu'il n'est pas approprié de comprendre ce terme de « transcendant » dans un sens métaphysique ; il s'agit, là encore, en examinant les choses de près, d'adaptation, mais d'une adaptation non plus extérieure, mais intérieure entre des opposés qui ne peuvent être réconciliés que par un dépassement.

Cette fonction transcendante est illustrée, de façon particulièrement brillante, dans l'étude déjà mentionnée sur les lettres de Schiller concernant l'éducation esthétique ; elle s'identifie à un principe élaboré par Schiller, lui-même, et qui, sous le nom de « forme vivante », est appelé à réconcilier les deux principes que Jung oppose du « penser » et du « sentir ». Il faut nous en référer à ces pages substantielles des Types psychologiques :

« J'ai donné à cette fonction conciliatrice des contraires le nom de fonction transcendante. »

Nous penserons, peut-être, que le mieux que pût faire Jung eut été de s'arrêter ici, puisque suit immédiatement l'un de ces passages où nous nous laissons emporter, comme dans le langage parlé, par des comparaisons certainement suggestives, mais qui sont privées de rigueur :

« Elle n'a rien de mystérieux ; c'est seulement une fonction d'éléments conscients et inconscients, analogue aux fonctions mathématiques où on rencontre des grandeurs réelles et des grandeurs imaginaires. »

La persona

La partie par laquelle le moi entre en relation avec le monde est appelée par Jung la persona, nom dérivé de la tragédie grecque, où cette dénomination désignait le masque dont l'acteur se recouvrait la tête pour jouer. Elle suggère l'idée que le moi agit déformé, masqué, dans ses relations avec l'extérieur.

« La persona est un complexe fonctionnel auquel on parvient pour des motifs d'adaptation ou de nécessaire commodité, mais il n'est pas identique à l'individualité. Celle-ci se réfère exclusivement aux relations avec l'objet, avec l'extérieur. »

« C'est un compromis majeur touchant à tout ce qui apparaît entre l'individu et la société. »

La persona est donc un pont entre l'image structurelle du monde et la structure interne de l'individu. Pour qu'elle puisse agir efficacement, elle doit posséder trois éléments imbriqués entre eux et formant une structure : 1) l'image idéale que tout être humain porte en lui, en accord avec celle selon laquelle il aimerait se comporter ; 2) l'image qui s'est formée dans le milieu où il agit en conformité avec ses goûts de même qu'avec ses idéaux et ses comportements ; 3) les conditions physiques et psychiques du sujet qui posent des limites à ses possibilités de réalisation du moi.

Ces trois fonctions adaptatives doivent agir en harmonie, pour permettre une adaptation parfaite. Si elles ne sont pas bien intégrées, le sujet ne parviendra à réaliser sa tâche qu'au prix de grandes difficultés, et cette situation sera un facteur déterminant d'empêchement dans le développement de la personnalité.

Par exemple, si un homme adopte uniquement les valeurs et les comportements que lui impose la collectivité, il sera un représentant typique de la masse anonyme. Si, en revanche, il prête une attention exclusive à sa propre image idéale, il agira comme un extravagant, un solitaire et même un rebelle.

À la persona appartiennent non seulement les constantes psychiques de notre personnalité, mais aussi nos modèles, notre façon de nous exprimer, de nous habiller, de marcher, de parler, notre manière habituelle d'affronter les problèmes existentiels de peu d'importance et tous les détails qui campent socialement un homme.

Chez un individu bien adapté au monde extérieur, la persona est une barrière élastique, mais dont nous pouvons nous affranchir et qui lui assure une conduite à l'intérieur des limites normales de cohabitation. En revanche, quand cette barrière devient rigide, se mécanise et se transforme en « masque », elle agit comme une camisole de force, qui empêche une adaptation logique et active aux mises en demeure du milieu ambiant et détruit la personnalité.
Selon Jung :

« L'identification à la fonction, à la profession ou au titre, a quelque chose de séduisant ; mais, à travers cela, beaucoup de personnes se réduisent à la dignité que la société leur a attribuée. »

La persona, en agissant sous le couvert d'un masque rigide, procure une compensation économique aux insuffisances personnelles.

Souvent, derrière une personne brillante, se cache un monde de tristesse et de puérilité.

L'âme

Jung entend par « âme » un concept beaucoup plus restreint que la plupart des psychologues. Pendant que presque tous y voient le synonyme de psychisme, pour Jung, c'est seulement la portion du moi tournée vers l'inconscient. C'est-à-dire que c'est un complexe fonctionnel, équivalent à la persona, mais dirigé vers l'intériorité, vers l'inconscient. Cette structure est indépendante des contingences extérieures et elle varie seulement en fonction de crises existentielles.

« Selon mon opinion, éprouvée par l'expérience, le principe général, en ce qui concerne le caractère de l'âme, est qu'elle se comporte de manière complémentaire par rapport au caractère extérieur. L'expérience nous enseigne qu'elle possède habituellement toutes les qualités humaines générales qui manquent dans la disposition consciente. Le tyran torturé par de mauvais rêves, de sombres pressentiments ou d'intimes frayeurs, est une figure typique. Extérieurement déconsidéré, dur et inaccessible, il est intérieurement accessible à n'importe quelle angoisse, à n'importe quel caprice, comme s'il s'agissait de l'être le moins indépendant et le plus influençable… Le caractère complémentaire est aussi mis en évidence dans le caractère sexuel, comme j'ai pu le vérifier, à maintes reprises, de façon indubitable. Une femme très féminine aura une âme masculine et un homme très viril une âme féminine. »


La función trascendente

A las cuatro funciones fundamentales (reflexión, sentimiento, intuición y percepción) que son, según hemos subrayado, funciones de adaptación al mundo, Jung añade o superpone una quinta, que denomina función trascendente, el «yo».

Precisa bien, desde un principio, que no es preciso comprender aquí este término «trascendente» en un sentido metafísico; se trata aún, si se mira de cerca, de adaptación, pero de adaptación interior esta vez, entre opuestos que no pueden ser reconciliados más que por un adelantamiento.

Esta función se presenta, de modo particularmente brillante, en el estudio ya mencionado concerniente a las «cartas» sobre la educación estética de Schiller; se identifica pues con un principio extraído por Schiller mismo y que, bajo el nombre de «forma viviente», está llamado a reconciliar los dos principios que opone, del «pensar» y del «sentir». Hay que remitirse a estas páginas sustanciales de los Tipos psicológicos:

«He dado a esta función conciliadora de los contrarios el nombre de función trascendente.»

Se creará quizá, que lo mejor que podría haber hecho Jung era pararse aquí, ya que lo que sigue inmediatamente es uno de estos pasajes en los que, para explicarse familiarmente, se deja llevar, como en el lenguaje hablado, por comparaciones ciertamente sugestivas, pero a las que no hay que pedir rigor:

«No tiene nada de misterioso; es solamente una función de elementos conscientes e inconscientes, análoga a las funciones matemáticas donde se encuentran magnitudes reales y magnitudes imaginarias.»

La persona

La parte, por medio de la cual, se relaciona el «yo» con el mundo la llama Jung la «persona», nombre derivado de la tragedia griega, en la cual, la misma denominación designaba a la máscara con la que se cubría el rostro el actor al representar. La misma designación involucra el concepto de que el «yo» actúa deformado, enmascarado, en sus relaciones con el exterior.

«La persona es un complejo funcional al que se ha llegado por motivos de adaptación o de necesaria comodidad, pero no es idéntica a la individualidad. Está referida exclusivamente a las relaciones con el objeto, con el exterior.»

«Es un compromiso mayor de lo que parece entre el individuo y la sociedad.»

La persona, pues, es un puente entre la imagen estructural del mundo y la estructura interna del individuo. De lo que se deduce que para que actúe con eficacia, debe poseer tres elementos intrincados entre sí, formando una estructura: 1) la imagen ideal que todo ser humano lleva en sí, de acuerdo con la cual desearía proceder; 2) la imagen que se ha formado en el ambiente en el que actúa de conformidad con sus gustos y con sus ideales y procederes; 3) las condiciones físicas y psíquicas del sujeto que ponen límites a sus posibilidades de realización del «yo».

Estas tres funciones adaptativas deben actuar armónicamente, para lograr una perfecta adaptación. Si no están bien integradas, el sujeto no logrará realizar su tarea, sino con dificultades y esta situación será un factor determinante de impedimentos en el desarrollo de la personalidad.

Por ejemplo, si un hombre adopta únicamente los valores y las actitudes, sirviéndose sólo de los rasgos dominantes de la colectividad, será un típico hombre-masa y si, en cambio, presta exclusiva atención a su propia imagen ideal, actuará como un extravagante, un solitario e incluso un rebelde.

A la persona pertenecen no sólo las constantes psíquicas, sino también nuestros modales, nuestra forma de expresarnos, de vestir, de caminar, de hablar, nuestro modo habitual de encarar los problemas existenciales, de poca monta y todos los detalles que forjan el tipo de presentación social de un hombre.

En un individuo bien adaptado al mundo exterior, la persona es una barrera elástica, pero franqueable, que le asegura una actuación dentro de los límites normales de convivencia. En cambio, cuando se torna rígida, se mecaniza y se transforma en «máscara», actúa como un chaleco de fuerza, impidiendo una adaptación lógica y activa a los requerimientos del medio ambiente, derrumbando la personalidad.
Dice Jung:

«La identificación con el oficio o la profesión o con el título tiene algo de seducción; por ello, muchos hombres, no son más que la dignidad que la sociedad les ha otorgado.»

La persona, actuando como rígida máscara, proporciona una compensación económica a las insuficiencias personales.

Muchas veces por detrás de una persona brillante, solo se encuentran un montón de tristezas y puerilidades.

El alma

Jung entiende por «alma» un concepto mucho más restringido que la generalidad de los psicólogos. Mientras casi todos la estiman como sinónimo de psiquis, para Jung es sólo la porción del «yo» vuelta hacia el inconsciente: es un complejo funcional, equivalente a la persona, pero dirigida hacia la interioridad, hacia el inconsciente. Esta estructura es independiente de las contingencias externas y sólo varía en función de crisis existenciales.

«Según mi opinión, comprobada por la experiencia, por lo que a carácter del alma se refiere, rige el principio fundamental general de que, en conjunto el alma se comporta complementariamente respecto del carácter externo. La experiencia nos enseña que el alma suele poseer todas las cualidades generales humanas que se echan de menos en la disposición consciente. El tirano torturado por malos sueños, presentimientos sombríos o íntimos temores, es una figura típica. Exteriormente desconsiderado, duro e inaccesible, es interiormente accesible a cualquier zozobra, a cualquier capricho, como si se tratara del ser menos independiente y más sugestionable… El carácter complementario se evidencia también en el carácter sexual, como he podido comprobar muchas veces de modo indudable. Una mujer muy femenina tendrá un alma masculina y un hombre muy viril un alma femenina.»
E. Graciela Pioton-Cimetti





Où suis-je aujourd'hui

Il se peut qu'aujourd'hui il me soit nécessaire de comprendre où je suis. Mon essence voit, mon corps fait et mon « je » se bâtit dans cette nouvelle vie où tu n'es plus là.

« Accueillir une grande douleur, c'est accueillir aussi une grande joie », disait un de mes maîtres. Ce maître n'était pas, comme la plupart des gens peuvent l'imaginer, un grand barbu avec des yeux remplis de lumière « venant du rien et arrivant au tout ». Il s'agissait d'une belle femme, sage, sereine, humaine, capable d'aimer. Elle m'avait dit cela à propos du départ de sa mère. À cette époque, j'avais encore la mienne, mais j'ai retenu ces paroles, car elles répondaient à une question profondément intérieure et quotidienne que je me posais chaque nuit.

Je dois dire que si l'essence voit et le corps fait, l'espace de mes certitudes n'est que mon « je » ; cette fonction transcendante que Jung considère comme indestructible au-delà du temps, mais aussi dans le temps : unité, individuation, existence dans « l'ici et maintenant » entièrement.

***

Où suis-je aujourd'hui chère maman ?

***

Enfin, nous partageons l'éternité chaque instant ! J'écoute, sans délirer, ta respiration ancestrale. La pluie ne cesse pas, les fleurs jaunes se multiplient sur le balcon de la cuisine.

La nature semble renaître depuis l'arrêt naturel de ta souffrance.

***

Où suis-je ? Dans une immensité d'amour où je retrouve, en pleine maturité, ma jeunesse, mon enfance et tes entrailles…

***

La nuit s'étend sur les vertes vallées, sur les villes étrangement brillantes. La nuit m'accueille dans son sein et je m'endors joyeuse, parce que tu es en paix, parce que je suis en paix, parce que nous sommes en paix.

***

Ton être, mon être, l'être de mes enfants, l'âme du monde… Où est la différence ? Ma petite, subtile, sage maman, pleine de silences si riches…

Nous nous alimentons à une source unique, ce Dieu, cet Absolu, qui prenant des noms différents n'est que la force toute puissante que nous tous partageons.

***

Depuis septembre, je rêve de toi, je t'écris. j'ai compris beaucoup de choses !

Comme, par exemple, chaque fois que je suis allée te rendre visite, tu savais que je devais partir.

Tu as tellement bien su garder le silence que, seulement aujourd'hui, je comprends ton courage, ma petite maman.

Fait à Paris, le 2 novembre

Deux mois à peine après ton départ…
Il pleut beaucoup, c'est le déluge…
J'écoute Mahler à l'intérieur de moi-même :
« Symphonie du nouveau monde »
Bonsoir, donne-moi ta main…
Paix à ton âme
Je t'aime.



¿Dónde estoy?

Es posible que necesite comprender dónde estoy, hoy, en esta vida nueva. Mi esencia ve, mi cuerpo hace y mi «yo» se constituye en ésta nueva dimensión de la realidad en la que no estás.

«Recibir un gran dolor es recibir también una gran alegría» decía uno de mis maestros, no barbudo, ni iluminado, no uno de esos que dicen «venir de la nada para acceder al todo» sino una linda mujer, sabia serena y humana, capaz de querer. Ella lo dijo hablando de la muerte de su propia madre. En ese tiempo, yo tenía todavía la mía, pero guardé esas palabras como respuesta a una pregunta profunda, interior y cotidiana que desde tiempo inmemorial me acompañaba.

Debo decir que si bien la «esencia ve y el cuerpo realiza» el espacio real de mis certezas es mi «yo», esa función transcendente que Jung considera como indestructible, fuera del tiempo y del espacio: principio de unidad, de individuación, de existencia en el «aquí y ahora enteramente».

***

¿Dónde estoy ahora querida mamá?

***

Al fin compartimos hoy la eternidad cada instante. Escucho, sin delirar, tu respiración ancestral. La lluvia no cesa, las flores amarillas se multiplican en el balcón de la cocina.

La naturaleza parece haberse desencadenado cuando tu sufrimiento se terminó. Ella está suntuosa.

***

¿Dónde estoy? En una inmensidad de amor en la cual encuentro, en plena madurez, mi juventud, mi infancia y tus entrañas…

***

La noche se extiende sobre los verdes valles, sobre las ciudades bulliciosas. La noche me recibe en su seno y yo me duermo feliz porque estás en paz, porque supe quererte viva hasta tu último suspiro, porque estoy en paz, porque estamos en paz.

***

Tu ser, mi ser, el ser de mis hijos, el alma del mundo… ¿Dónde está la diferencia? Mi pequeña, sutil, sabia mamá…silenciosa de silencios ricos…

Bebemos todos de una fuente única, ese Dios, ese Absoluto, que tomando nombres diferentes es la fuerza todopoderosa que todos compartimos.

***

Después de septiembre, soñé con vos, te escribí y ¡comprendí muchas cosas!

Por ejemplo que cada vez que yo iba a verte vos sabías que luego yo tendría que irme.

Has sabido guardar tan bien el silencio que sólo hoy comprendo tu coraje, mamita.

Hecho en Paris el 2 de noviembre

Hace apenas dos meses que partiste…
Llueve mucho, es un diluvio…
Escucho Mahler al interior de mi misma:
«Sinfonía del nuevo mundo»
Buenas noches, dame la mano…
Paz a tu alma
Te quiero.

E. Graciela Pioton-Cimetti





Qu'est-ce qu'un être ? Pour Descartes et la pensée occidentale en général, l'homme est un corps et un esprit. Pour la médecine, l'homme est réduit à un corps somatique où la pensée résulte du fonctionnement physico-chimique du cerveau. Pour la religion chrétienne, l'homme possède une âme et habite un corps. Pour Freud, le père de la psychanalyse, l'homme possède une psyché structurée en une conscience et un inconscient ; la particularité de ce dernier système psychique étant qu'il n'est pas accessible à la conscience. Seuls sont visibles ses effets (cf. Psychopathologie de la vie quotidienne).

Mais l'homme est aussi ce que chantent les poètes : un être fait de désirs et de sentiments, doué d'esthétique, aimant le beau et cherchant à le faire savoir.

L'homme est également un mouvement que certains appellent destin, qui paraît prendre son énergie d'un lieu très profond lui appartenant, faisant partie de sa nature ; comme s'il était le résultat automatique d'un programme qui n'accepte que quelques variantes en fonction de l'environnement, sorte de déterminisme personnel.

L'homme possède un corps avec ses qualités propres : il peut être fort, beau, habile ou sensuel. Sa personnalité le dote de capacités particulières l'invitant à exceller plutôt dans certains domaines. Son sens éthique le pousse à une certaine moralité, à réaliser des projets en résonance avec son désir intérieur, son intuition. Parfois, cette recherche est inconsciente, car on agit sans savoir pourquoi, mais on sait qu'on est dans le vrai.

L'essence de l'être, c'est alors habiter le plus possible son corps et son esprit, être le plus en accord avec les possibilités de son corps et de son esprit, au plus prêt de leurs besoins. Jung parle de programme archétypique. Je parlerai dans un langage plus poétique d'habiter son être.

Mais habiter son être exige un long apprentissage et de la patience. Il n'est pas toujours aisé d'accepter ses propres limites et de s'y adapter.

Le caractère d'une personne ne mesurerait-il pas le degré d'adaptation à son être, la relation d'harmonie existant ou non entre le moi et l'être ?

Le moi serait un mode de fonctionnement psychique centré dans la conscience, mais possédant aussi des ramifications dans l'inconscient dont le rôle serait d'assurer un équilibre psychique par rapport aux mouvements internes (les pulsions) et vis-à-vis de la pression extérieure (les objets et les personnes qui nous entourent). Le moi cherche à établir des liaisons pour assurer du sens aux actions qu'il commande : nous sommes attirés par une personne, parce que nous la trouvons belle… L'être plonge plus profondément dans le psychisme. Il traduit les tendances pulsionnelles, éthiques et morales de la personne. L'être reflète l'appréhension du monde et détermine la relation qu'il veut établir avec lui.

Si le moi peut être modelé par la volonté, par la discipline ou par un travail analytique, l'être demeure une constante de l'individu. L'être constitue son essence, ce qui peut expliquer le mouvement et la force sous-jacente à son action, aux projets qu'il établit et essaie de réaliser. Mais l'être peut être barré par un moi névrotique qui fait dériver l'énergie psychique vers des complexes qui ont tendance à s'autonomiser. Ce sont des structures psychiques, la plupart du temps, inconscientes qui nous font répéter les mêmes erreurs, qui nous rendent phobiques vis-à-vis de certaines situations alors que le danger n'est qu'imaginaire, qui nous font voir la réalité différemment de ce qu'elle est dans l'absolu et souvent pour les autres.

Le moyen le plus sûr et le plus humain de s'extraire d'un fonctionnement névrotique est de se confronter au monde et au regard des autres. La communication avec l'autre est la première étape d'un processus de connaissance et de réalisation de soi. La volonté d'échapper à la souffrance de l'échec, à la douleur morale de ne pas réussir sa vie ou tout simplement d'être mal dans sa peau avec le cortège dansant de somatisations est le moteur de ce processus de transformation.

Apprenons à suivre les pulsions de vie qui sont autant de guides pour avancer vers la lumière de son être. Il faut commencer par repérer les petits signes annonciateurs de changements bénéfiques pour notre être. Dans le doute un questionnement au plus profond de nous-mêmes et l'intuition permettra de les reconnaître et les décrypter. Les rêves sont la voie royale vers l'inconscient où plonge notre être.

L'être est limité dans l'espace, le temps et l'inconscient. À lui d'utiliser au mieux cet espace à plusieurs dimensions pour réaliser ses rêves !

Hervé BERNARD





« L'essence de l'être » me brûle la plume !

C'est un concept qui me dérange et que je tourne et retourne dans mon cerveau sans savoir comment l'appréhender. À la manière d'une technique lacanienne, je dirais que je ne sais pas par quel sens l'aborder.

Quel paradoxe que cet homonyme des sens alors que, précisément, on ne la voit pas, on ne la touche pas, on ne la respire pas, on ne l'entend pas. Elle est là, on s'en doute bien, et c'est tout… Or elle est censée représenter une énergie fondamentale.

On ne la maîtrise pas et c'est, sans doute, pour cette raison qu'elle me fait un peu peur. Elle touche de trop près la notion de vie…et donc, celle de la mort.

Pour moi, elle est associée à de curieuses expériences que je fais depuis longtemps. Des expériences qui, à en croire des témoignages proches de mon entourage, ne sont guère partagées.

Ce sont des moments qui me reviennent où je me vois, brusquement, comme « décoller » par la pensée de la situation dans laquelle je me trouve. Je ne sais même pas si je continue de donner la répartie à mes interlocuteurs, mais il est bien possible que, étant donné la caractère fugitif de cet état, personne ne s'en rend compte.

Il m'apparaît très nettement l'image suivante :

  • l'autre, si proche le moment précédent – parfois, appartenant aux membres de ma famille – devient un individu comme les autres, sans distinction aucune. Même l'apparence qu'il revêt est, non pas utile, mais sans grand intérêt ;

  • la situation que je vis ressemble à une mise en scène d'un scénario déjà écrit ;

  • la pièce dans laquelle je me trouve vient s'opposer aux autres éléments d'un puzzle dont je ne conçois pas l'immensité ;

  • moi-même, je ne suis plus « moi », mais infime partie d'un tout.

Il s'agit littéralement d'une expérience de dépersonnalisation qui, répétée et confondue avec la réalité quotidienne finirait par intégrer les descriptions nosologiques psychiatriques.

C'est surtout une « remise à zéro » de mon être : un événement qui témoigne de la précarité de mon état humain, précarité relative sur le plan strictement terrestre, puisqu'elle varie de mon âge actuel à cent ans, et peut-être plus.

Cette impression de passage ne retire en rien l'importance de vivre pleinement ma vie dans « l'ici et maintenant ». Au contraire, comme tout état intermédiaire, il est indispensable. Cela m'oblige à être humble, intégrée dans un contexte beaucoup plus large que ma petite personne…sans oublier que chaque élément d'un puzzle doit être présent si chacun veut aboutir à sa réalisation.

Voilà ce que m'inspire « l'essence de l'être » ; je me rends bien compte que l'analyse est assez brève et peu philosophique.

Florence BOISSE





Et si c'était le désert des sens ?

En effet, notre corps est le support de notre ego. Tout est fait dans notre vie de tous les jours pour solliciter nos sens et satisfaire notre ego : vitrines et publicités chatoyantes, alléchantes et inventives nous donnent envie de goûter à tout ce qui se fait de mieux.

Nous essayons d'oublier notre mal être devant la télévision, un verre d'alcool à la main, ou bien alors nous allons nous trémousser dans une boîte enfumée et hurlante au milieu de personnes qui sont aussi perdues que nous.

Notre peur de lâcher prise nous conduit au bord du gouffre et nous nous cramponnons à tout ce qui est susceptible de nous faire paraître.

Où est l'âme dans tout cela ?

Dans un tout autre ordre d'idée, supposons qu'un soir sur la plage, au moment où le soleil va plonger derrière l'horizon, notre vue se porte sur cette immensité qui se calme.

Nous nous asseyons en bordure de l'eau et le clapotis des vagues vient mourir à nos pieds recouverts d'écume. Le sable glisse entre nos doigts et une odeur iodée remplit nos poumons.

Tous nos sens sont sollicités et, pourtant, nous jouissons d'une paix merveilleuse et nous ne sommes rien au milieu de tout.

Notre ego n'intervient pas, car rien ne dépend de lui.

L'essence des êtres serait-elle donc la mort de l'ego ?

Nicole Chatellard





Notre être, celui qui nous porte, celui que l'on croit connaître… Que de mystères contient-il ? Que nous réserve-t-il comme surprise ?

Au fur et à mesure de notre progression, nous découvrons de nouveaux sentiments, de nouvelles pensées. Comment tout cela arrive-t-il en nous ? L'analyse, la maturité, l'observation, l'expérience, la lecture, le cinéma ? Peu importe, il n'en est pas moins vrai qu'un jour nous découvrons de manière physique, réelle, brutale, époustouflante, angoissante…que amour et haine se côtoient, l'un aussi grand que l'autre.

L'espace d'un instant ressentir le pouvoir que l'on peut avoir sur un autre être, se délecter de sa souffrance… Quelle jouissance extrême !

L'espace de temps suivant arrive la peur, la honte de se dire que l'on est aussi comme ça… Émotion douloureuse !

L'instant suivant, sentir son cœur se gonfler, prendre la dimension universelle et se fondre dans le ciel doré avec un tel débordement d'amour, c'est trop !

C'est aussi angoissant que le sentiment de haine.

Dans ces trois espaces infimes de temps, notre essence s'est exprimée. Ensuite tout retombe.

À partir de ce moment, notre temps d'humain, nous le passerons à nous souvenir de l'émotion de cet espace temps d'amour et à craindre cet autre espace de temps de haine.

Il ne nous reste que leur empreinte gravée en nous.

Mathilde Pizzala





Quelle idée m'était donc passée par la tête, ce jour-là, de suggérer un thème de cette nature ?

Ce thème qui aurait dû fleurer bon, comme le parfum du renouveau, et qui soudain, là, se métamorphosait en une chose terrible, chargé d'une complète appréhension à être. Avec une odeur de soufre mâtinée de souffrances.

L'être en devenir craint-il toujours de se trouver confronté à sa propre réalité ?

Ah, une fois encore, les défenses névrotiques surgissaient devant moi pour me faire douter.

Mais cette fois, j'en étais sûre, forte de ma nouvelle énergie et confiance sereine en moi, j'en viendrais à bout, je leur tordrais le cou. Oui, j'allais abandonner ces blessures, ces monceaux de boulets de mon passé pour construire un être neuf, un être nouveau. Plus jamais servile.

Je tournais la page. Enfin. Dieu en soit loué !

Si j'avais un seul instant songé, en proposant ce sujet, l'écho qu'il rencontrerait dans mon existence au moment même où je vous écris…j'aurais, avec certitude, tremblé. Aujourd'hui, je dois faire le constat, qu'en cette intuition supplémentaire, il faut voir le fait d'une nouvelle synchronicité, de celles qui me sont devenues si habituellement familières que je finirais pour un peu par ne plus les remarquer. Ou ne plus m'en troubler.

Je suis en train. En marche.

Et j'ai peur.

Nier cette composante, serait se voiler une fois encore la réalité. Accepter ma peur, c'est regarder en face comment je vais grandir, puisque je vais la dépasser.

Ma voie est là. Elle s'ouvre sous mes pas. Moi, qui ne savais plus très bien comment orienter ceux qui depuis des mois – que dis-je – des années, m'étais laissée ballotter plus que diriger par les influences extérieures, parfois néfastes, avançant à tâtons, je m'éveille et prends conscience que c'est désormais moi qui me détermine seule, à partir de mes aspirations, moi qui choisis, moi qui réalise pour moi-même. J'ai cessé de laisser les autres décider à ma place. Je suis devenue le chemin. Mon chemin de vie.

Et, au-delà de toute ma peur, il y a une foi, une foi indicible, la certitude dans une vérité, dans la légitimité de mes actes, dans la justesse de mes propos, dans l'acceptation de ce qu'est l'autre et de ce que je suis face à lui. Sans a priori, sans préjugés.

Je peux désormais me faire miroir, lui renvoyer l'image du faux s'il s'avise d'être faux, lui renvoyer l'image du juste, si devant moi se trouve un juste. Je sais. Je vois. Je sens.

En ce moment, je livre bataille. Dans la joie. Elle bat son plein. Par habitude, je luttais pour les autres. C'était tellement plus facile !

Je sais que je suis le protagoniste de mon propre combat. J'en suis au cœur et, malgré mes douleurs, je suis fière de combattre pour mon bon droit. Pour le respect que je me dois.

Je commence à mieux comprendre de quelle sorte je peux exploiter toute l'énergie que je porte en moi en la canalisant dans l'action. Je me sens à la fois vecteur et support de mes agissements. Jamais, je ne me suis sentie aussi déterminée depuis…vingt ans. Toute une vie de guérillas hésitantes et sans victoires pour tordre le cou à un vieux faux pas. Ah, maudit faux pas qui m'avait en ligne directe poussée dans la voie du masochisme, dans la voie du dénigrement perpétuel de moi-même et dans, pire perversité, la voie de l'acceptation du dénigrement de tiers, qu'il fût ou non justifié.

Et, comme vous, probablement moins innocents ou naïfs que moi, savez combien il est essentiel de se prémunir de la négativité d'autrui, hélas beaucoup plus répandue que je n'en avais conscience, je mesure soudain l'ampleur de la névrose d'échec et son impact, dans laquelle je m'étais laissée conduire, dans laquelle j'avais baigné, sans jamais trouver l'énergie de la lutte.

Satanée image de moi-même.

Combien m'en a-t-il fallu, d'encouragements, de compliments, de témoignages d'amour tout simplement, pour que je parvienne enfin à me redonner un soupçon de valeur dans l'échelle de notre humanité ? Comme il leur en a fallu de la patience à ceux qui m'aiment pour me soutenir au long de ces journées où seules quelques menues plaintes s'échappaient exceptionnellement de mes lèvres et où aucune action ne se mettait en place pour venir en soulager les causes profondes.

Ah…oui, après avoir donné tant d'amour, j'en recevais à mon tour. J'en recevais suffisamment pour parvenir à m'aimer comme je suis, alors que je m'étais spoliée, privée toute seule du simple droit à l'amour. Je vivais dans l'absence totale de conviction de mériter de l'amour. Quel traumatisme engendré par un échec ! J'avais, suite à celui-ci, été amenée vers l'idée qu'il me fallait aller jusqu'au reniement de moi-même pour me faire aimer. C'est alors que de silence en pardon, de soumission en sacrifice, j'avais cédé tout ce qui m'appartenait, jusqu'à être dépossédée de moi-même.

Une belle image vide. Sans aucune valeur.

Comment aurait-on pu aimer plus longtemps quelqu'un qui se pliait à tous vos désirs, à tous vos caprices, à toutes vos lubies, à toutes vos injustices ?

Comment aurait-on pu aimer une personne qui ne savait plus qui elle était, qui ne savait plus dire « non » ?

Le réveil du volcan. Dur, le réveil du volcan. Puissant. Justifié. Imprévisible.

Tous, ils s'étaient insoucieux, assoupis à l'idée qu'ils me feraient une fois encore douter de moi. Qu'ils m'écraseraient.

Et puis là…là, je les vois faire grise mine et s'étrangler de stupeur, car ils ne font plus le poids avec leurs jugements de valeur. Il n'y a plus personne en face de moi pour désormais m'enlever la légitimité que j'ai chèrement conquise. Plus personne pour faire le poids. Même sans régime.

Il m'a fallu batailler ferme. Sans relâche, pendant tous ces mois d'analyse. Souvent dans les larmes plus encore que dans le sang. J'ai souffert. J'en ai pleuré plus que je n'aurais jamais cru pouvoir en déverser. J'ai connu les affres de nuits sans sommeil. J'ai connu des journées sans appétit. J'ai eu soif d'amour. J'ai eu soif de reconnaissance.

Alors, à bout de courage, j'ai fini par crier. Un seul cri. Mais un cri monstrueux. Le déchirement d'un cri de douleur et de renaissance. Celui qui évoque mieux que les mots la souffrance intérieure profonde de l'être. Celle qu'il a enduré jusqu'à ne plus pouvoir la contenir. Celle qui a fini par déborder du trop plein de ces accumulations silencieuses.

Et, hier, alors qu'un homme qui me croisait me demandait si j'étais heureuse d'être une femme libre, j'ai répondu que j'étais heureuse, oui, d'être une femme libérée.

Elisabeth Courbarien





Nuevas técnicas de diagnóstico y tratamiento:

Científicos argentinos detienen el progreso del Alzheimer con melatonina


Los doctores Daniel Cardinali, docente y jefe del Departamento de Fisiología de la Facultad de Medicina de la Universidad de Buenos Aires; Miguel Márquez, jefe del servicio de neuropsiquiatría del Hospital Francés, e Ignacio Brusco, del mismo servicio, lograron detener el avance del mal de Alzheimer en 14 pacientes, suministrándoles diariamente 9 miligramos de melatonina, una hormona natural segregada por la glándula pineal y encargada de sincronizar los ritmos circadianos del organismo.

El tema fue discutido en la Academia Nacional de Medicina con la presencia de algunos de los máximos especialistas en el tema, como Robert Robinson, de la Universidad de Iowa, y Jeffrey Cummings, de la Universidad de California. El doctor Brusco relató: "pudimos comprobar los efectos de la medicación en un caso testigo de dos gemelos univitelinos; es decir, que comparten absolutamente su herencia genética. Ambos habían comenzado a sufrir la enfermedad al mismo tiempo; uno era paciente nuestro y el otro no. El que está en tratamiento con melatonina hoy viene a la consulta, charla, está sin psicofármacos, vive con su mujer y sigue exactamente igual que antes. El otro está con dificultades de deglución, incontinencia, no habla… Hay una clara diferencia entre el paciente tratado y el no tratado. La pregunta es por qué…"

Los investigadores confiesan que aún no pueden ser absolutamente estrictos en la valoración de los hechos, porque para ello necesitarían realizar un estudio anatomopatológico del cerebro de los pacientes estudiados. Sin embargo, ellos sugieren que, al mejorar el sueño, la melatonina mejora la actividad durante el día y hace posible evitar la administración de psicofármacos que –aunque hasta ahora eran imprescindibles– provocan aún más deterioro.

Según Cardinali: "el tema pasa por la restauración del sueño, porque ese estadio en el que nos pasamos el tercio de la vida es tan importante que, al recuperar un sueño más juvenil, se recupera la capacidad de soñar y de secretar hormonas, como la de crecimiento, por ejemplo. En la medida en que uno recupera ese sueño también recupera todas estas funciones de reparación".

El investigador agregó: "La melatonina, esa llave maestra que gobierna nuestros ritmos biológicos, es una molécula muy simple que se produce químicamente y resulta llamativamente económica". En la Argentina, la melatonina es un medicamento de venta libre.

Health I. G. News





Es evidente que el Sistema Nervioso posee propiedades naturales que le permiten auto-repararse o restaurar una función alterada. El enfoque contemporáneo de las Neurociencias implica abordar, en consecuencia, las alteraciones secundarias a la agresión o enfermedad controlando la causa que la originan o los factores que la agravan y estimulando las capacidades de restauración del tejido nervioso garantizadas por su capacidad plástica, su propiedad de regeneración y su respuesta a estímulos tróficos.

El desarrollo de la neurobiología permite un abordaje farmacológico, quirúrgico y de neuro-rehabilitación a un nivel biomolecular y fisiopatológico que supera las opciones del abordaje sintomático convencional.

La protección neuronal y la modulación de la transmisión cerebral, permiten reequilibrar apropiadamente algunos circuitos alterados y disminuir la velocidad de progresión en algunas enfermedades del Sistema Nervioso.

El abordaje multifactorial integral que ofrece posibilidades de recuperación superiores, armónicamente conjugado con el dominio de las bases naturales del funcionamiento del Sistema Nervioso en estados de salud y enfermedad, y de su capacidad de recuperación intrínseca; conforman el marco teórico y el contexto científico que fundamentan esta novedosa estrategia terapéutica.

La aplicación de los Métodos Neuro-restaurativos requiere de una evaluación preliminar multifactorial e integrada que permite cuantificar y calificar los trastornos y sus consecuencias.

Esta información permite diseñar Programas Terapéuticos individualizados, sobre la base de la severidad de la lesión y la potencialidad efectiva de recuperación.

El abordaje terapéutico implica un enfoque multidisciplinario, intensivo y de duración variable que permita corregir los desbalances inducidos por la noxa y estimular las capacidades de restauración del Sistema Nervioso.

Generalmente, los Programas comprenden métodos farmacoterapéuticos para proteger las neuronas agredidas (Neuroprotección), modular adecuadamente la neurotransmisión (Neuromodulación) y estimular el metabolismo y la homeostasia neuronal (Inductores Tróficos), asociándose circunstancialmente fármacos para el control sintomático o el control de efectos colaterales según corresponda.

Los Métodos Qurúrgicos de mínimo acceso por técnicas estereotáxicas con planeamiento quirúrgico automatizado y comprobación neurofisiológica por micro-registro de la actividad neuronal estarán indicados de forma individualizada acorde a las normas y criterios internacionales y a la experiencia del colectivo profesional tratante.

La Neuro-rehabilitación basa su actividad en el estímulo de los mecanismos neuroplásticos y el adiestramiento altamente especializado de las capacidades o habilidades comprometidas para lograr la máxima recuperación funcional posible.

Implica la combinación armónica de técnicas fisiátricas, defectológicas, logopédicas, psicológicas y de estimulación biofísica con caracter individual e intensivo en dos sesiones diarias de más de 6 horas. Las Técnicas y Métodos Alternativos se utilizan por prescripción especializada en el control de disturbios bien definidos y de manera individualizada.

El universo de atención del CIREN (Centro Internacional de Restauración Neurológica) está dirigido a pacientes afectados por secuelas de lesiones agudas o portadores de enfermedades crónicas invalidantes del Sistema Nervioso, por ello, su sistema de atención está estructurado en dos grandes Programas Terapéuticos: el Programa de Restauración Neurológica y el Programa de Restauración Biológica General (REBIOGER) y cuenta para desarrollarlos, con siete Clínicas altamente especializadas y un área de investigaciones básico-clínica.

Restauración neurológica: la experiencia del CIREN

Estas Clínicas son las siguientes: Trastornos del Movimiento, Lesiones Estáticas del Adulto, Lesiones Raquimedulares, Afecciones Neuromusculares, Neurología Infantil, Restauración Biológica General y del Sueño; en esta última se atienden pacientes de todas las edades, aquejados de insomnio, roncopatía, episodios motores nocturnos, entre otros trastornos del sueño.

Además, el CIREN cuenta con varios servicios, entre ellos, un Servicio de Neurocirugía vinculado al Programa de Restauración Neurológica, donde se realizan neurocirugías especializadas de acuerdo a las enfermedades del sistema nervioso de que se trate. Con un novedoso enfoque, basado en métodos quirúrgicos de mínimo acceso por técnicas estereotáxicas con planeamiento automatizado y comprobación neurofisiológica por semi-micro-registros de la actividad neuronal, el Servicio de Neurocirugía del CIREN, incluye 57 procederes quirúrgicos de avanzada y la aplicación de 13 técnicas de Cirugía Estética.

Este desarrollo ha posibilitado la introducción de un nuevo marco estereotáxico: "ESTEREOFLEX" producido por el CIREN y el prestigioso Centro de Inmunoensayo de Cuba, el cual tiene incorporados software propios para la planificación quirúrgica, los semi-micro-registros eléctricos cerebrales profundos y la neurocirugía vascular.

En atención a los pacientes, participa un equipo profesional multidisciplinario, altamente especializado y compuesto por: neurólogos, neurocirujanos, psiquiatras, clínicos, urólogos, especialistas en neuro-rehabilitación y en enfermería neurológica; todos escogidos a través de una rigurosa selección académica. El alto nivel alcanzado por sus investigadores, personal médico y paramédico, junto a una adecuada organización e infraestructura hospitalaria y un moderno equipamiento tecnológico, permite al CIREN brindar una esmerada atención médica y un clima de seguridad en el éxito de los tratamientos que en él se ofrecen.

El CIREN posee una capacidad de 254 camas disponibles en habitaciones dobles y en su esfuerzo por incrementar la calidad de vida de sus pacientes y en congruencia con su alto nivel científico y tecnológico ha puesto a la disposición de los enfermos esta nueva tecnología: La Restauración Neurológica, que sobre bases y métodos de avanzada y con el calor humano de sus trabajadores intenta mediante Programas Terapéuticos Multifactoriales y Especializados, ofrecer una opción terapéutica más racional a quienes discapacitados por afección del más complejo sistema del organismo, necesitan opciones terapéuticas concretas para recuperarse o atenuar sus limitaciones. Y lo hace sobre óptimas condiciones de confort y garantía para su bienestar y seguridad.


*Dr. Emilio Villa Acosta, Vicedirector Ejecutivo, Centro Internacional de Restauración Neurológica (CIREN), Ciudad de La Habana, Cuba.

Teléfono: (53-7) 33-6028/21-5823/33-6003
Fax: (53-7) 33-6028/33-6339 (para conocer más sobre el CIREN)
Fax: (53-7) 33-2420/33-6302 (para enviar datos clínicos)
Website: http://www.ciren.cubaweb.cu
E-mail: cineuro@neuro.sld.cu
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AIDE AUX VICTIMES DE L'OURAGAN «MITCH»

Le Honduras durement frappé par cet ouragan


Le 7 novembre dernier, il était dénombré plus de 7 000 morts, 22 000 disparus, plus de 2 millions de personnes évacuées…

Toutes les cultures sont détruites, 90% du territoire est privé d'eau potable, plus de 70 ponts sont impraticables sans compter les inondations, les glissements de terrain qui ont emporté au moins 8 000 maisons dans la seule ville de Tegucigalpa…

Aujourd'hui, les épidémies et la famine sont de nouvelles menaces…

Les dégâts sont considérables. Les pertes sont difficiles à chiffrer.

Pour l'heure, le pays nécessite les produits de première nécessité, à commencer par : des médicaments, des vêtements pour enfants, des couvertures, des draps, des denrées alimentaires non périssables, du matériel d'outillage, etc.

CE PAYS A BESOIN DE VOUS,
DE NOUS TOUS

En mon nom personnel et au nom de notre association, je fais appel à votre fraternité, à la solidarité de tous face à une catastrophe dont le peuple attend notre soutien.

L'ambassade du Honduras en France (8, rue Crevaux – 75008 Paris – téléphone : 01 47 55 86 45) a ouvert un compte pour les versements au nom de :


"Fonds victimes ouragan Mitch"
Société Générale – 7, place de Fontenoy – 75007 Paris
code banque 30003 – code agence 03301
nº de compte : 00051220136-09

Nous ne pouvons pas rester impassibles :

LE HONDURAS COMPTE SUR NOUS TOUS

Il faut l'aider. Merci de tout coeur.

Note : Les personnes non résidentes en France peuvent prendre l'attache de l'ambassade ou du consulat du Honduras de leur pays de résidence pour obtenir toute information sur les numéros des comptes bancaires ouverts pour les versements.



AYUDA A LAS VICTIMAS DEL HURACÁN «MITCH»

Honduras fue devastado por este huracán


El 7 de noviembre, se contaban 7 000 muertos, 22 000 desaparecidos, más de 2 millones de personas evacuadas…

Todas las plantaciones fueron destruidas, 90% del territorio está privado de agua potable, mas de 70 puentes fueron destruidos, sin contar con las inundaciones, los deslices de terreno que destrozaron 8 000 casas en la sola ciudad de Tegucigalpa…

A la hora actual, las epidemias y el hambre son nuevas amenazas…

Los siniestros son considerables. Las perdidas difíciles de evaluar.

Por el momento, el país necesita los productos de primera necesidad, empezando por: medicamentos, ropa para niños, cobijas, sábanas, comida, material de construcción, etc.

ESTE PAÍS NECESITA DE USTEDES,
DE TODOS NOSOTROS

En mi nombre personal, y en nombre de nuestra asociación, acudo a su fraternidad, a la solidaridad de todos ante una catástrofe de un pueblo que espera nuestra ayuda.

La embajada de Honduras en Francia (8, rue Crevaux–75008 Paris, teléfono: 01 47 55 86 45) abrió una cuenta bancaria para la ayuda financiera bajo el nombre:

"Fonds victimes ouragan Mitch"
Société Générale–7, place de Fontenoy–75007 Paris
código banco 30003–código agencia 03301
n° de cuenta: 00051220136-09

Ante un tal evidencia, no podemos quedar impasibles:

HONDURAS CUENTA CON TODOS NOSOTROS

Tenemos que ayudar. Gracias de todo corazón.

Nota: Las personas no residentes en Francia pueden comunicarse con la Embajada o el Consulado de Honduras en su país para obtener los datos de las cuentas bancarias de emergencia abiertas en sus países respectivos.

Jacqueline de Pierrefeu




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