septembre1997
LA LETTRE

DE

S.O.S. PSYCHOLOGUE


NUMÉRO : 37 REVUE MENSUELLE SEPTEMBRE 1997



Au sommaire de ce numéro :

Auteur Titre de l'article
E. Graciela Pioton-Cimetti Faut-il être un lutteur pour être un homme ? (première partie)
E. Graciela Pioton-Cimetti ¿Hay que ser un luchador para ser un hombre? (primera parte)
E. Graciela Pioton-Cimetti La transformation des symboles dans l'histoire (deuxième partie)
E. Graciela Pioton-Cimetti La transformación de los símbolos en la historia (segunda parte)
E. Graciela Pioton-Cimetti Un exemple de lutte réelle pour devenir des hommes
face à la souffrance psychique (troisième partie)
E. Graciela Pioton-Cimetti Un ejemplo de lucha real para ser hombres capaces
de enfrentar el sufrimiento psíquico (tercera parte)
Hervé Bernard La lutte pour la vie
Hervé Bernard La lucha por la vida
Health I. G. News Diabetes
À lire


Faut-il être un lutteur pour être un homme ?


(première partie)


       Cette parole a été dite par un grand poète, qui fut en même temps un homme de génie et un profond penseur. Il s'agit de Goethe. C'est une preuve de simplicité de sa part.
       Il est vrai que la volonté est nécessaire dans la plupart des circonstances de la vie.

***

La vie est une lutte

Contre soi-même

Contre les autres

Contre les événements

***

       Ainsi, que ce soit en raison de circonstances indépendantes de notre volonté, ou que ce soit de notre propre gré, au nom d'un idéal, il semble bien que la vie apparaisse le plus souvent possible comme une lutte, où triompherait le plus sûrement celui qui aurait la plus grande énergie.

***

       Pourtant, la volonté, le courage, si grands soient-ils, peuvent, dans certains cas, rester vains ; et, dans bien des circonstances, il est plus prudent, plus sage, de renoncer à certains désirs, certains projets, à certaines ambitions.

***

Vanité de la lutte

Contre la nature

       Les vents et les climats risquent parfois d'être meurtriers.

Contre certaines infériorités innées

       Les infériorités physiques telles que celle de Guillaume II affligé, d'une paralysie congénitale du bras gauche et les infériorités mentales comme le minus habens.

Contre certaines personnes

       Il est quelquefois difficile de lutter efficacement contre certains êtres caractérisés par la brutalité physique, l'absence de scrupules, la dureté, la grossièreté des sentiments ou la dépravation des instincts.

       En effet, la brutalité inspire une crainte qui peut paralyser. L'absence de scrupules et la dureté ont inspiré le triomphe de certains hommes politiques, de certains hommes d'État. Il répugne à bien des personnes de répondre à l'ironie, à la moquerie, à l'insolence par des sentiments semblables ou même de répondre à une impolitesse par une autre impolitesse.

Contre les conditions de la nature humaine

       Avec l'ignorance de la destinée, des fins de l'homme, de la création, mais aussi avec les limites de la liberté métaphysique ou la brièveté de la vie, car enfin, la vie peut offrir des joies qu'il n'est pas nécessaire d'acquérir par la lutte. Ce sont celles que donnent les affections de la famille ; l'amitié ; la beauté de la nature, etc.

***

       Toutefois, malgré ces quelques restrictions, il semble bien que la vie soit une lutte où la volonté, le courage et l'énergie aient à jouer un rôle très important. Aussi, sans vouloir tomber dans les excès où peuvent conduire l'instinct de puissance et le goût de la domination, il semble nécessaire de concevoir la vie comme Goethe l'a fait et de pouvoir dire comme lui :

« J'ai été un homme, c'est-à-dire un lutteur. »


Fait à Paris, le 25 août 1997
et il fait très chaud.

E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


¿Hay que ser un luchador para ser un hombre?


(primera parte)


       Estas palabras fueron dichas por un gran poeta, que fue al mismo tiempo un hombre genial y un pensador profundo. Se trata de Goethe. Es una palabra de humildad de su parte.
       Verdaderamente, la voluntad es necesaria en la mayor parte de las circunstancias de la vida.

***

La vida es una lucha permanente

Contra si mismo

Contra los otros

Contra los acontecimientos

***

       A veces la voluntad y el coraje son insuficientes para llegar a donde nuestras ambiciones quieren llevarnos. Entonces, para no destruir será necesario renunciar a ciertos proyectos y deseos.

***

¿En qué casos la lucha es vana?

Contra la naturaleza

       El clima puede matar

Contra ciertas inferioridades congénitas

       Como la de Guillermo II que sufría de una parálisis congénita del brazo izquierdo y las inferioridades mentales y minus habens congenital.

Contra ciertas personas

       Poseedoras de brutalidad física, ausencia de escrúpulos, dureza, grosería de sentimientos o depravación instintiva.

       La brutalidad inspira tal miedo que puede paralizar y obligar al más noble a vivir en esclavo de su verdugo brutalizador.

       La ausencia de escrúpulos ha inspirado el camino de ciertos hombres políticos frente a los cuales los otros han debido callarse para no ponerse a sus alturas.

Contra las condiciones de la naturaleza humana

       La ignorancia del destino, de los fines del hombre y de la creación, de los límites de la libertad metafísica y la brevedad de la vida. En fin, ella puede ofrecer alegrías naturales no necesariamente alcanzables por la lucha como la familia, la amistad, la belleza de la naturaleza.

***

       En conclusión, la vida parece ser una lucha en la cuál la voluntad, el coraje y la energía juegan un papel importante. Personalmente, para mi, el factor principal de triunfo es la disciplina porque permite vencer la pereza.

       Sin caer en los excesos a los que puede conducir la voluntad de poder y el gusto de dominar parece que es necesario concebir la vida como Goethe lo ha hecho para poder decir como él:

«Yo soy un hombre, es decir un luchador.»


Hecho en Paris, el 25 de agosto de 1997
y hace mucho calor.

E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


La transformation des symboles dans l'histoire


(deuxième partie)


       Les contacts et la coercition sociale provoquent l'émergence de symboles qui correspondent à chaque moment historique.

       Le héros doit passer des épreuves pour parvenir à marier la princesse : la science, le savoir, la connaissance, la croyance et enfin se retrouver avec son soi en ayant accompli son processus d'individuation. Mais le mythe est toujours différent selon les moments historiques, les cultures et les connaissances.

       De toute manière, qu'y-a-t-il derrière l'accomplissement du chemin héroïque ?

***

       Les symboles ne sont pas modifiables dans la mesure où ils appartiennent aux strates les plus profondes de l'inconscient collectif et, pour cette seule raison, peuvent surgir quand les circonstances sociales leur sont favorables. Mais l'élément actif en eux n'est pas à proprement parler leur forme historique particulière, mais leur forme archétypique. Quand le contexte social fait surgir un thème archétypique, celui-ci s'imprègne d'éléments « secondaires » qui en émanent. De là, provient une autre fonction du symbole qui est de servir de pont entre l'histoire et la culture. Quand un archétype n'est pas utilisé par l'environnement social, il tombe dans les profondeurs de l'inconscient collectif et, moins il sera employé dans l'histoire, moindre sera son enracinement. Cependant, il ne pourra jamais disparaître. Ceci est la raison pour laquelle apparaissent les mêmes symboles dans des groupes ethniques, entre lesquels le contact culturel ou l'acculturation est hautement improbable. Jung rejette explicitement l'idée selon laquelle le berceau des civilisations aurait été unique et se serait répandu de là au reste du monde. Au contraire, il affirme que les symboles fondamentaux surgissent spontanément en dehors de la conscience et que leur identité provient de ce que les mythes révèlent des archétypes existant dans la psyché à l'état potentiel et qui s'activent quand les circonstances culturelles ou historiques leur sont favorables. On peut expliquer les ressemblances entre des cultures spatio-temporelles distinctes. Mais l'archétype est seulement préformé, pour utiliser une comparaison de Jung, comme les cristaux dans une solution sursaturée. Ainsi se « forment » les cristaux et les symboles à un moment donné. Les premiers sont dissous dans la solution et les seconds dans l'inconscient collectif.

       Jung explique que, quand un symbole nouveau fait son apparition dans le contexte historique d'une société, celle-ci peut l'adopter ou le rejeter. Ce mode de réception distinct du symbole s'opère en fonction des expériences historiques de ce groupe ethnique. En outre, le symbole accepté peut, dans ces mêmes circonstances, être de courte ou de longue durée. Dès lors, ce symbole plein de signification pour l'inconscient collectif pourra, dans certaines circonstances très favorables, s'imposer, mais son règne sera de très courte durée et il sera remplacé par un autre qui correspondra à l'idiosyncrasie du peuple ou de la société en question.

       Comme exemple évident de cette spéculation, Jung rapporte ce qui s'est passé avec le christianisme dans les peuples nordiques européens. La religion sémite a fini par s'imposer dans toute l'Europe. Les mythologies nordiques ont été abandonnées, mais les conditions psychiques dérivées de ces situations se sont caractérisées par leur instabilité. Pour cela, Jung affirme que l'histoire du christianisme en Europe, avec son interminable succession de guerres de religion et de schismes, avec la fréquente adaptation du rite chrétien au païen et vice versa et l'émergence d'idéologies antichrétiennes dans les temps actuels, illustre les conséquences historiques résultant de l'imposition par la force coercitive d'un ensemble de symboles inadéquats, parce que non accordés avec l'inconscient collectif des peuples nordiques. Pour Jung – comme pour n'importe quel observateur objectif de l'histoire européenne – il est évident que ce phénomène n'est pas proprement actuel, mais qu'il est le résultat de siècles de gestation. Cette tension est déterminée par l'amalgame incertain de symboles discordants – le paganisme préchrétien, la religion judéo-chrétienne et le protestantisme militant – qui provoque une insupportable tension psychique chez les Européens.

       Avec Pierre Janet, Jung postule que, pendant que l'attitude consciente se maintient fermement, les forces autonomes de l'inconscient peuvent être gardées sous contrôle. Une « descente du niveau mental » est nécessaire – affirmation de Janet que Jung, en respectueux hommage, écrit toujours, dans ses ouvrages, dans la langue du psychologue français – pour que les complexes autonomes fassent leur apparition dans le champ de la conscience. De là, on déduit que l'instabilité politique et sociale actuelle résulte fondamentalement du déclin de la symbologie chrétienne. Pour cela, on peut espérer qu'en laissant agir les symboles chrétiens comme transformateurs de l'énergie psychique, il apparaîtra un déclin des attitudes conscientes dominantes, déclin qui provoque, en accord avec les idées de Jung, la mobilisation d'autres symboles capables d'endiguer les énergies psychiques. Comme la symbologie chrétienne se montre insuffisante, de nouveaux archétypes et de nouvelles figures doivent surgir dans le champ de la conscience. La psyché individuelle pénètre dans l'inconscient collectif, mais quand cela se produit, la perte de valeur de ces symboles sociaux dotés d'un pouvoir agglutinant provoque durant un certain laps de temps l'immersion de la psyché individuelle dans l'inconscient collectif, mais alors il convient d'espérer simplement l'émergence de nouveaux matériaux inconscients.

       Jung a prévu cette situation en analysant des patients allemands durant la période qui suivit la guerre de 1914-1918 :

« J'ai remarqué des perturbations particulières dans l'inconscient de ces personnes qui ne pouvaient pas être attribuées à leur psychologie personnelle. »

       Jung a considéré – et les faits postérieurs lui ont donné amplement raison – que la psychologie de ces Allemands montraient une symbologie venant d'étapes antérieures au christianisme qui conduisait à la mythologie nordique. Il a prévu l'émergence de Wotan entouré de :

« Symboles mythologiques qui exprimaient le primitivisme, la violence, la cruauté et, en somme, tous les attributs des ténèbres. »

       La naissance et le triomphe du national-socialisme a donné amplement raison à Jung. On assista à une période épouvantable de folie collective dont les facteurs initiateurs furent les produits de l'inconscient collectif, produits dont l'inflation désordonnée firent tomber le peuple allemand dans le chaos.

       Une autre observation très intéressante de Jung nous met en garde contre les peuples trop civilisés. Prisonniers des attitudes conventionnelles, les individus perdent effectivement leur capacité à expérimenter le flux normal des éléments inconscients. C'est ce qui s'est produit dans l'Angleterre victorienne. Trop liés au rituel social, les gens manquaient d'une énergie psychique qui était réprimée par le conventionnalisme social. L'individu perd alors contact avec les forces créatrices de son inconscient et il doit placer sa foi et sa façon d'agir au service des conventions qui sont des mécanismes sans âme ne pouvant jamais faire autre chose que suivre la routine de la vie. Dans ces conditions, le psychisme penche trop du côté de la conscience. L'énergie psychique s'accumule dans l'inconscient et, dans l'impossibilité de trouver les canaux de communication avec la conscience, elle atteint une ampleur telle qu'elle éclate en une rébellion incontrôlée, sans permettre aux émotions de remonter jusqu'à la conscience.

« On observe que, quand prédomine la simple routine de la vie sous la forme de conventions traditionnelles survient l'éclatement de forces créatrices, c'est-à-dire d'archétypes. »

       Durant ces étapes de « domestication » historiques*, les conventions procurent à l'individu une sécurité, en le dotant d'un moyen facile pour pouvoir admettre des attitudes. Cette sécurité constitue son principal danger psychologique, car :

« Quand apparaissent des conditions nouvelles, qui ne sont pas prévues par les anciennes conventions, la panique s'empare de l'être humain, que la routine maintenait inconscient, tout comme elle s'empare de l'animal en fuite, avec des résultats également imprévisibles. »

       Par conséquent, cette position de déséquilibre, susceptible d'engendrer plusieurs complications individuelles et sociales, ne peut se maintenir que lorsque la conscience est très puissante et réussit à refouler ces éléments inconscients.

       Cependant, la position d'équilibre, obtenue sur la base d'un refoulement impitoyable, est instable. L'accumulation inconsciente provoque la fin de la répression et l'émergence triomphante de l'inconscient collectif. Les symboles enterrés à grande profondeur s'activent, entourés d'autres contenus en partie rendus conscients et dotés d'une considérable énergie qui se dressent dans une franche rébellion. Quand cette situation se produit chez un individu isolé, elle provoque une psychose et le prive de contact avec le milieu social. Quand elle surgit chez plusieurs individus, elle provoque un mouvement social d'une puissante énergie mobilisatrice.

       Le psychotique est un individu vaincu par ses forces inconscientes, mais la masse ne peut pas être cataloguée de psychotique, parce que, comme le dit Jung :

« La même condition se présente avec des caractères collectifs, mais dans la masse elle exerce seulement une prédomination partielle. Dans ces circonstances, d'étranges idées s'emparent de personnes saines. Des groupes, des sociétés et des peuples entiers peuvent subir ces éclosions avec les caractéristiques d'une véritable épidémie mentale. Le psychotique isolé est un cas individuel et susceptible d'être contrôlé. Mais les épidémies sociales qui se présentent dans les sociétés globales sont beaucoup plus subtiles, beaucoup plus difficiles à contrôler et beaucoup plus dangereuses, parce qu'elles sont irrésistibles. Un cas typique est le national-socialisme allemand. De plus, elles se déguisent sous des éléments constants et donc faciles à développer et elles découvrent des ennemis occultes qui ne participent pas de leur véritable psychose collective, agissant contre eux avec toute la violence primitive plus ou moins contrôlée que possèdent tous les êtres humains. »

       Cette situation est qualifiée par Jung de « possession ». Dès lors, un diagnostic psychologique, plus ou moins brillant, ne va pas au fond des choses. L'important est de saisir que les possessions dans le cours de l'histoire se produisent à cause de la renaissance d'un symbole oublié et apparemment anachronique.

« Quand ces symboles se trouvent chez un grand nombre d'individus comme s'ils étaient attirés par une force magnétique, formant ainsi une foule, son leader ne tarde pas alors à apparaître, représenté par l'individu qui présente la plus petite résistance, le moindre sentiment de responsabilité et, en raison de son infériorité, la plus grande volonté de pouvoir. Il sera la personne chargée de mettre en liberté tout ce qui est prêt à faire irruption et la foule devra le suivre avec la force irrésistible d'une avalanche. »

       Ces paroles de Jung viennent à propos pour réfuter ses possibles affinités avec l'hitlérisme.

       Il emploie aussi le terme « démoniaque » pour décrire cette situation. Dans son roman classique, Les possédés, Dostojevski rapporte comment les nihilistes s'introduisaient dans le corps de la sainte Russie. Il put prévoir leur façon d'agir et comment se projetteraient les contenus de l'inconscient collectif, sans le désigner comme le faisait Jung. Cette œuvre majeure de Dostojevski s'enchaîne avec Crime et Châtiment et culmine avec les Frères Karamazov. Dans Les possédés, le cas individuel de Raskolnikov, de Crime et Châtiment, fait place à celui de Verjovenskii dans un drame, ou plus exactement dans un mélodrame. Si, en Raskolnikov, le crime individuel de l'usurière et de sa sœur aînée se borne à un cas individuel motivé par un principe darwinien peu élaboré – la survie du plus fort –, chez Verjovenskii, qui est un cynique, une personne dépourvue de tout préjugé, il doit s'appuyer sur son œuvre de révolutionnaire, sur des faits réels comme la misère et la souffrance des ouvriers de l'usine de Schpigulin. De cette manière, il déguise son action derrière le masque du pathétique.

       Dostojevski a capté d'une manière aigüe que cette personne sans âme était aussi un ange, un mystique qui rêve d'une révolution qui se produira des années plus tard, mais il ne sort pas de la résurrection du passé, du temps des usurpateurs, des faux Dimitris sortis du peuple et montés sur le trône à cause de la foi et de la superstition des masses. Pour cela, il compte sur son ami, l'aristocrate Stavriguin, pour monter sur le trône impérial comme un faux tsarévitch. Le père de Verjovenskii, l'abominable et sympathique Trofinovitch, est aussi un « possédé ».

       Ce sont les fils du positivisme, qui ne croyaient pas en Dieu ni au diable : courtois, négateurs, souriants, aimables, fins et subtils, ils parlaient français, préférant la langue de leur nourrice à celle de leur mère. Ni froids ni chauds, seulement tièdes, à la manière de ceux qui sont condamnés par l'ange de l'Apocalypse, ceux qui ne sont ni purs ni impurs. Cependant, le sceptique s'horrifie devant l'homme d'action qui est son fils, fils de son sang et de ses idées.

       Dans un dialogue mémorable entre les deux, on note la différence entre le protocolaire et délicat Trofinovitch, encore sentimental, qui a conservé sa foi dans la Madone de Dresde et qui cependant, en homme endurci, méconnaissant la courtoisie – il la considère comme une faiblesse – est ferme et impitoyable quand il affirme qu'un train vaut beaucoup plus qu'une Madone. L'œuvre fut écrite en 1870. Plus tard, nous trouvons cette même conception dans la bouche d'autres « possédés », affirmant qu'il vaut beaucoup mieux manger et jouir que souffrir et prospérer spirituellement.

       Cette possession démoniaque dont nous parle Jung est illustrée par le cas allemand. Nous contemplons horrifiés comment surgissent des éléments psychologiques de l'inconscient faisant irruption dans la conscience comme agents d'une maladie mentale.

       Rappelons, ici, comment, même si les contenus et les manifestations varient selon la culture, les archétypes surgissent du fond de l'inconscient collectif et sont les symboles historiques des figures mythologiques qui, lorsqu'elles gagnent la conscience individuelle et collective, forgent des usurpations de segments conscients, par d'autres archaïques inconscients. Ce mythe se constelle, s'entoure d'éléments conscients et inconscients qui se constituent en un « complexe autonome » qui agit comme tel. Pour cela, les faits absurdes que nous avons observés dans l'histoire peuvent se présenter à nouveau, en se déguisant opportunément comme des revendications sociales, de meilleurs salaires, de bénéfices illimités de la science, etc. Mais le noyau de ces sophistications ou de ces rationalisations, pour parler selon le langage freudien, est toujours inconscient et irrationnel.

       C'est aussi l'idée directrice de Jung quant au phénomène religieux. Celui-ci constitue la cristallisation d'éléments qui surgissent dans l'inconscient collectif de figures historiques de première grandeur – les fondateurs de religions comme Bouddha, Manès, Zoroastre, le Christ, Mahomet – et, de là, leur projection sociale.

« La religion est une expression spontanée d'une certaine condition psychologique prédominante. Son utilité est de donner de la stabilité à la psyché, en empêchant l'émergence des expériences religieuses directes, presque toujours catastrophiques pour l'individu et la société comme fondement solidifiant du corps social. »

       La nature de la religion est essentiellement symbolique. Elle se manifeste sur tous les plans que Jung a décrits à propos du symbole. Elle est psychologique, dans le sens où elle exprime les éléments les plus profonds de l'inconscient collectif, elle est sociale, parce qu'elle maintient l'interrelation de l'individu avec le groupe en fonction de croyances partagées ; elle est historique, parce qu'elle donne à la continuité des peuples un cadre de référence pour sa situation actuelle et elle est surtout ontologique, parce qu'elle est le moyen à travers lequel presque tous les individus sont capables d'expérimenter une certaine intuition du sens ultime de la réalité. La relation entre la religion et la conscience est un des points clés de la théorie jungienne, pour affronter le problème psychologique historique et social de notre temps.

       Selon Jung, l'aspect actuel du problème religieux provient du conflit qui s'est développé entre la religion et la raison, durant l'étape historique des « lumières » du XVIIIe siècle. Durant cette époque, la lutte fut dure entre différents secteurs de la population européenne, car beaucoup de ses plus grandes intelligences aspiraient, avec un manque absolu de perspective psychologique, à ce que les vérités religieuses se mettent en accord avec la raison. Jung nous dit que les croyances religieuses proviennent d'expressions des archétypes inconscients et, donc, quand ils arrivent à la conscience, ils s'avèrent incompréhensibles si nous voulons leur appliquer les catégories de la pensée rationnelle.

       Pour être inconscientes, elles sont « numineuses » et donc vécues intimement. Pour cela, en conformité avec les concepts jungiens, exprimer qu'un homme a la « foi » équivaut à dire qu'il est capable de vivre ses symboles et que ceux-ci restent vivants, tandis qu'exprimer qu'un homme est « sceptique » signifie qu'il est incapable de vivre ses symboles archétypiques et que ceux-ci ont cessé de posséder une valeur numineuse.

       Cette situation est très intéressante et chargée de conséquences pour l' « espace-temps historique » actuel. Pour commencer avec le développement de l'idée de Dieu, c'est, selon Jung, un archétype qui s'exprime sous la forme d'un symbole. C'est le symbole du plus grand pouvoir énergétique. L'individu touche directement aux réalités ultimes de la vie par son intermédiaire.

       Néanmoins, pour répondre à beaucoup de critiques des conceptions religieuses de Jung, nous devons insister sur ce qu'il entend par religion. C'est, comme le dit l'étymologie latine : religare, unir. La fonction de la religion serait de centrer un complexe autonome puissant, numineux et de grand pouvoir unificateur, avec lequel différents archétypes de l'inconscient collectif s'harmoniseraient en un équilibre instable et interne. C'est un concept psychologique, non pas théologique ou ontologique.

       Le concept de persona chez Jung possède aussi d'indubitables connotations sociales. Rappelons comment la persona est le côté extérieur de la personnalité, précisément celui qui s'oriente vers la société et que le sujet exhibe devant elle. Son affirmation se réalise à travers les symboles sociaux en vigueur et, pour cela, il la définit comme un « extrait de la psyché collective ». Son élaboration s'effectue non seulement à travers des caractéristiques psychologiques individuelles, comme la biographie, la nature, etc., et plus particulièrement à travers les symboles sociaux qui renferment la plus grande signification pour le groupe entier.

       On déduit que, quand les symboles sociaux procurent d'efficaces canaux de communication, les énergies psychiques affluent sans obstacle vers la vie sociale. Le sujet, dans ces conditions, peut conserver ses modules psychologiques, en les adaptant aux symboles ou à des « analogues libidinaux » de la société globale dans le moment et l'espace historique où on évolue. Quand les qualités de sa psychologie ne sont pas en accord avec les symboles de la société globale où il vit, il ne parvient pas à trouver les canaux de communication adéquats pour s'adapter à la vie, il ne peut pas forger une persona et les énergies psychiques cessent de s'écouler vers l'extérieur, en se retournant vers l'inconscient et, dans un mouvement régressif de la libido, il se transforme en se coupant des parties de la vie sociale acceptées par consensus, en se névrotisant. Cette situation ne doit pas être interprétée comme définitive, car il peut arriver – et, de fait, cela arrive fréquemment – qu'elle recommence à se forger une autre persona, qui puisse s'adapter sans difficultés majeures à la vie collective.

       Jung appelle cette restructuration :

« Restauration régressive de la persona. »

       La marginalité comme comportement social serait cette restauration sans translation progressive.

       Il peut arriver aussi que cet effort avorte ou que, dans cette reconstruction, un rôle soit rendu à l'individu dans la société et que ce mouvement progressif de la libido échoue. Alors, l'énergie continue à retourner à l'inconscient jusqu'à mobiliser les archétypes. Quand cette situation se présente, le futur de l'individu devient dramatique. Non seulement il doit s'adapter à la vie sociale, mais aussi à sa propre vie. C'est dans ces cas que les désirs d'en finir avec la vie se développent, car on en arrive à méconnaître le sens de celle-ci. Jung affirmait que la signification de la vie était représentée par ces symboles intégrés dans la structure sociale profonde de la société globale. La névrose consiste, essentiellement, selon Jung, en ce que l'homme ne trouve pas de sens à sa vie. Alors, il se sent étranger à la société globale et il s'enfonce au sein de l'inconscient, en essayant de trouver les archétypes et les symboles qui lui feraient trouver son nouveau visage dans la société, sa nouvelle persona. Quand cela se produit, et ceci avec une fréquence effrayante, l'inconscient expérimente une « inflation » provoquée par l'excès de libido qu'il contient. L'émergence chaotique des archétypes se produit. L'individu devient prisonnier de ses représentations archétypiques et s'aliène.

       Historiquement, cette situation sous-entend l'affaiblissement des valeurs sociales d'une culture. Quand ses symboles s'avèrent incapables d'alimenter l'anxiété de vivre d'un individu, la culture est blessée à mort. Le mécontentement intime de chaque membre de la société conduit à la désagrégation progressive de la tradition culturelle.

       Sans outrepasser les limites psychologiques qu'il s'est fixées, Jung affirme qu'une société peut fonctionner de manière satisfaisante seulement quand elle fournit à ses membres les symboles nécessaires pour que la libido s'écoule de l'individu vers la société et réalise des entreprises culturelles dont celle-ci a besoin.

       Quand cela n'arrive pas, les individus s'immergent dans l'inconscient en essayant de trouver de nouveaux symboles, de nouveaux mythes, de nouvelles religions qui provoquent la transformation des croyances fondamentales de la société globale. C'est ce qui, selon Jung, se produit précisément maintenant en Occident. On assiste à de nombreux signes de transformation de la libido comme semblent être la psychanalyse elle-même, l'introspection aigüe de la littérature actuelle, l'apparition de la peinture non figurative, l'introduction de doctrines et de religions orientales, le doute sur les valeurs intellectuelles et morales du monde occidental. Jung interprète ces symptômes comme des éléments de diagnostic qui le portent à affirmer que les symboles en vigueur en Occident manquent, en réalité, de vigueur pour véhiculer la libido des individus vers l'extérieur et il y a lieu d'attendre l'émergence, ou plus exactement l'actualisation de nouveaux symboles, parce que le passé survit dans la psyché et nous devons considérer l'émergence de nouvelles valeurs et de nouveaux symboles comme la floraison d'antiques croyances qui étaient enterrés et qui commencent à renaître.

       Ici, apparaît la vraie conceptualisation de Jung sur l'homme comme être historique, coïncidant avec celle de Dilthey :

« La psyché ne peut pas être considérée comme un édifice de propriété horizontale, où le sous-sol correspond à l'inconscient. Il est vrai qu'il s'étend profondément vers le bas, mais aussi vers le fond dans une dimension temporelle, de façon que, d'une manière ou d'une autre, l'histoire soit potentiellement contenue et inconsciemment exprimée en chaque individu. »

       J'ai donc, ici, la grande hypothèse jungienne pour l'étude de l'histoire en fonction de la psyché. Elle rend possible la dimension de l'étude temporelle où le temps est une catégorie unitaire pour la personnalité et l'histoire sociale. Comme l'a signalé le professeur Eaton il y a quelques années, le jour viendra où cet aspect de la théorie jungienne de la psyché s'intégrera avec les systèmes philosophiques de l'époque, développés par Bergson, Husserl, Whitehead et G. H. Mead.

       Ici, se trouve l'opportunité de rappeler la théorie jungienne de la synchronicité qui pénètre profondément dans le concept du temps et aussi de l'espace extérieur, en fonction de la psyché.

***

       En toute intimité et à nous de répondre à notre question : quel est le modèle du héros dans notre société moderne ?

       Il ne faut pas oublier que les anciens de « notre tribu » mondialisée sont de plus en plus mis en foyer gériatrique, que la mort est niée, car ce n'est pas une victoire et que la réussite sociale doit venir le plus tôt possible dans la vie.

       Nos anciens ne sont plus écoutés. La vieillesse est une maladie.

       Enfin, le symbole héroïque de notre époque n'est qu'un pantin, une satyre du vrai héros qui s'est endormi de fatigue dans l'inconscient en se contentant d'un aujourd'hui glorieux, mais fugitif, parce que sans transcendance.

       Le symbole du héros d'aujourd'hui serait-il un démagogue hypnotiseur et fraudeur, capable d'être le roi dans une société de borgnes ?



* L'empire russe, après avoir été appelé Union soviétique protectrice, devient aujourd'hui la Communauté des États indépendants. Il y a toujours eu pour ce peuple un agent dompteur : en même temps qu'il punissait, il était fort protecteur. L'individualité était inconcevable. Toute pulsion étant réprimée revenait dans les profondeurs collectives et enrichissait l'archétype peut-être le plus archaïque et le plus violent dans l'évolution du corps social, celui de l'homme dans le mythe primordial qui avait tout perdu quand il avait tout possédé. Pour lui, le paradis disparaissait pour devenir un rêve de matrice utérine. Abandonné à son sort par le père, bien puni pour sa désobéissance, il a dû accepter la première évidence : pour survivre, il fallait tuer ou être tué.


Fait à Paris, le 25 août 1997

E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


La transformación de los símbolos en la historia


(segunda parte)


       Los contactos y la coerción social provocan la emergencia de símbolos que corresponden a diferentes momentos históricos.

       El héroe debe pasar numerosas y difíciles pruebas para poder casarse con la princesa (integrar su anima): adquirir la ciencia, el saber, el conocimiento, las creencias necesarias para encontrarse finalmente con su « si mismo » luego de haber cumplido su «proceso de individuación». El mito cambia de imagen de presentación según el tiempo histórico, la cultura y los conocimientos.

       De todas maneras: ¿qué hay detrás del camino del héroe?

***

       Hemos expresado que los símbolos son inmodificables por cuanto pertenecen a los estratos más profundos del inconsciente colectivo y por esto sólo pueden surgir cuando las circunstancias sociales les son favorables. Pero, lo que se activa, no es propiamente la forma histórica particular del símbolo, sino su forma arquetípica. Cuando el contexto social hace surgir un tema arquetípico, éste se impregna con los elementos «secundarios» provenientes del mismo. De aquí surge otra función del símbolo, es el puente entre la historia y la cultura. Cuando un arquetipo no es utilizado por el contorno social cae en las profundidades del inconsciente colectivo y cuando menos sea empleado en la historia, menor será su profundización, sin embargo jamás pueden desaparecer. Esta es la razón por la cual aparecen símbolos entre grupos étnicos, en los que es sumamente improbable el contacto cultural o la aculturación. Rechaza Jung explícitamente la idea según la cual la cuna de las civilizaciones ha sido una y de allí se expandió por el resto de la ecumene. Al contrario, afirma que los símbolos básicos surgen espontáneamente fuera de la conciencia y que su identidad proviene de que los mitos revelan arquetipos, existentes en la psiquis en estado potencial y que se activan cuando las circunstancias culturales o históricas le son favorables, de allí se pueden explicar las semejanzas existentes entre culturales espacio-temporales distintas. Pero el arquetipo está solo preformado como –utilizando un símil de Jung– los cristales en una solución sobresaturada. Así se «forman» los cristales y los símbolos en un momento dado. Antes estaban disueltos unos en la solución y otros en el inconsciente colectivo.

       Jung manifiesta que cuando un símbolo nuevo hace su aparición en el contexto histórico de una sociedad, ésta puede adoptarlo o rechazarlo. Esta distinta recepción del símbolo está en función de las experiencias históricas de ese grupo étnico. Además, el símbolo aceptado puede, por estas mismas circunstancias, ser de pequeña o larga duración. Desde luego este símbolo carente de significado para el inconsciente colectivo, podrá en algunas circunstancias muy favorables, imponerse pero su reinado será de muy corta duración y será reemplazado por otro más afín con la idiosincrasia del pueblo o de la sociedad en cuestión.

       Como ejemplo evidente de esta especulación relata Jung lo ocurrido con el cristianismo en los pueblos nórdicos europeos. La religión semita terminó por imponerse en toda Europa. Las mitologías nórdicas fueron abandonadas, pero las condiciones psíquicas derivadas de estas situaciones se caracterizaron por su inestabilidad. Por ello, afirma Jung que la historia del cristianismo en Europa con su interminable sucesión de guerras de religión y de cismas, con la frecuente adaptación del rito cristiano al pagano y viceversa y el surgimiento de ideologías anticristianas en los tiempos actuales, está evidenciando las consecuencias históricas de haber impuesto por la fuerza coercitiva o emulativa, un conjunto de símbolos inadecuados porque no estaban de acuerdo con el inconsciente colectivo de los pueblos nórdicos. Para Jung –como para cualquier observador objetivo de la historia europea– es evidente que este fenómeno no es propiamente actual sino lleva largos siglos de gestación. Esta tensión está determinada por la amalgama incierta de símbolos discordantes –el paganismo precristiano, la religión judeocristiana y la militancia protestante– que provoca una insoportable tensión psíquica en los europeos.

       Con Pierre Janet postula Jung que mientras la actitud consciente se mantiene firme, se pueden mantener controladas las fuerzas autónomas del inconsciente. Es necesario un «descenso del nivel mental» –afirmación de Janet que Jung, en respetuoso homenaje, escribe siempre en francés en sus libros– para que los complejos autónomos hagan su aparición en la superficie de la conciencia. De aquí se deduce que la actual inestabilidad política y social, se engendra fundamentalmente en la declinación de la simbología cristiana. Por ello, es dable esperar que al dejar de actuar los símbolos cristianos como transformadores de la energía psíquica aparezca una declinación de las actitudes conscientes dominantes, declinación que determina, de acuerdo con las ideas de Jung, la movilización de otros símbolos, capaces de encauzar las energías psíquicas. Como la simbología cristiana se muestra insuficiente deben surgir nuevos arquetipos y nuevas figuras a la superficie de la conciencia. La psiquis individual se adentra en el inconsciente colectivo, pero cuando ello ocurre la perdida de valor de esos símbolos sociales con poder aglutinante provoca durante un cierto lapso la inmersión de la psiquis individual en el inconsciente colectivo pero entonces solo cave esperar simplemente la salida de nuevos materiales inconscientes.

       Jung anticipó esta situación al analizar pacientes alemanes en la postguerra de 1914-1918. El dice:

«Advertí perturbaciones peculiares en el inconsciente de estas personas que no podían ser atribuidas a su psicología personal.»

       Consideró Jung –y los hechos posteriores le dieron amplia razón– que la psicología de estos alemanes mostraban una simbología proveniente de etapas anteriores al cristianismo, llegando a la mitología nórdica. Previó el surgimiento de Wotan rodeado de:

«Símbolos mitológicos que expresaban al primitivismo, la violencia, la crueldad y, en suma, todos los atributos de las tinieblas.»

       El nacimiento y el triunfo del nacionalsocialismo le dió amplia razón. Se asistió a un período pavoroso de locura colectiva cuyos factores desencadenantes fueron los emergentes del inconsciente colectivo, emergentes cuya inflación desordenada sumergieron al pueble alemán en el caos.

       Otra interesantísima observación junguiana, nos pone en guardia acerca de los pueblos demasiados civilizados. En estos casos, ocurre que por estar «presos» en las actitudes convencionales, los individuos pierden su capacidad de experimentar el flujo normal de los materiales inconscientes. Ello ocurrió en la Inglaterra victoriana. Demasiado apegados al ritual social, carecían de energía psíquica por estar esta reprimida por el convencionalismo social. El individuo pierde entonces contacto con las fuerzas creadoras de su inconsciente y debe colocar su fe y su actuación al servicio de las convenciones que son mecanismo sin alma que nunca podrán hacer otra cosa que asir la rutina de la vida. En esta condición se desequilibra el psiquismo demasiado hacia el lado de la conciencia. La energía psíquica se acumula en el inconsciente y al no poder encontrar los canales de comunicación con la conciencia alcanza una magnitud tal que estalla en una rebelión incontrolada, sin conciencializar las emociones.

«Se observa que, cuando predomina la simple rutina de la vida bajo la forma de las convenciones tradicionales sobreviene el estallido de las fuerzas creadoras; es decir los arquetipos.»

       Durante estas etapas de «domesticación» históricas, las convenciones procuran al individuo una seguridad, dotándolo de un medio fácil para poder admitir actitudes. Esta seguridad constituye su mayor peligro psicológico, pues:

«Cuando se plantean condiciones nuevas, no previstas por las convenciones antiguas, el pánico se apodera del ser humano, a quien la rutina mantenía inconsciente, así como se apodera del animal en fuga, con resultados igualmente imprevisibles.»

       Esta posición de desequilibrio, por ende, susceptible de engendrar variadas complicaciones individuales y sociales, solo puede ser mantenida cuando la conciencia es muy poderosa y consigue reprimir estos materiales inconscientes.

       Sin embargo, esta posición de equilibrio logrado sobre la base de una férrea represión es inestable. La misma acumulación inconsciente determina la ruptura de la represión y el surgimiento triunfante del inconsciente colectivo. Se activan los símbolos enterrados a gran profundidad, rodeados de otros contenidos en parte conciencializados dotados de tremenda energía los que se alzan en franca rebelión. Cuando esta situación se produce en un individuo aislado provoca una psicosis y lo priva del contacto con el medio social. Cuando surge en numerosos individuos, se provoca un movimiento social de poderosa energía propulsora.

       El psicótico es un individuo vencido por sus fuerzas inconscientes, pero la masa no puede etiquetarse de psicótica, porque dice Jung que:

«La misma condición se presenta con caracteres colectivos, pero en la masa sólo ejerce un predominio parcial. En estas circunstancias extrañas ideas se apoderan de personas sanas. Grupos y sociedades y aún pueblos enteros pueden sufrir estas eclosiones bajo las características de una verdadera epidemia mental. El psicótico aislado es un caso individual y susceptible de ser controlado. Pero, estas epidemias sociales que se presentan en las sociedades globales, son mucho más sutiles, mucho más difíciles de controlar y mucho más peligrosas, porque son arrolladoras. Caso típico es el nacionalsocialismo alemán. Además se disfrazan de elementos constantes y, por lo tanto, fáciles de desarrollar y descubren enemigos ocultos en quienes no participan de su verdadera psicosis colectiva, actuando contra ellos con toda la violencia primitiva que poseemos todos los seres humanos, más o menos controlada.»

       Esta situación es calificada por Jung como «posesión». Desde luego, un diagnóstico psicológico, más o menos brillante, no hace al fondo del asunto, lo importante es captar que las posesiones en el curso de la historia se producen por el resucitamiento de un símbolo olvidado y aparentemente anacrónico.

«Cuando éstos símbolos se dan en un gran número de individuos como si los atrajera una fuerza magnética, formándose así una turba ; no tarda, entonces, en aparecer su conductor, representado por aquel individuo que presenta la menor resistencia, el menor sentido de la responsabilidad y, en razón de su inferioridad, la mayor voluntad de poder. El será el encargado de poner en libertad todo aquello listo para hacer irrupción y la turba habrá de seguirlo con la fuerza irresistible de una avalancha.»

       Estas palabras de Jung vienen muy a propósito para refutar sus posibles afinidades con el hitlerismo.

       Emplea, también, el término «demoníaco» para rotular esta situación. En la clásica novela de Dostojevski, Demonios, aunque en muchas traducciones castellanas se rotula como Los endemoniados, el genial novelista relató como los nihilistas se introducían en el cuerpo de la santa Rusia y previó su forma de actuar y como se proyectarían los contenidos del inconsciente colectivo, por supuesto sin designarlo como lo hace Jung. Esta obra señera de Dostojevski empalma con Crimen y castigo y culmina con Los hermanos Karamasov. En Demonios, el caso individual de Raskolnikoff, de Crimen y castigo, se transforma en Verjovenskii en un drama o mejor dicho en un melodrama. Si, en Raskolnikoff, el crimen individual de la usurera y de su hermana anciana no pasa de ser un caso individual, actuando en nombre de un darvinismo poco elaborado: la supervivencia del más fuerte; en Verjovenskii que es un cínico, un despreocupado debe apoyarse en su obra de revolucionario, en hechos reales, como ser la miseria y el dolor de los obreros de la fábrica de Schpigulin. De esta manera, disfraza su acción tras la máscara del patetismo. Dostojevski captó con agudeza que éste desalmado es, también, un ángel, un místico que sueña con una revolución que años, después, se produjo, pero no sale de la resurrección del pasado, de los tiempos de los usurpadores, de los falsos Dimitris salidos del pueblo y exaltados al trono por la fe y la superstición de las masas. Para este fin cuenta con su amigo, el aristócrata Stavriguin, para subirlo al trono imperial como un falso zarevitz. También, es un «demonio», el padre de Verjovenskii, el abominable y simpático Trofinovich. Eran los hijos del positivismo, que no creían en Dios ni en el Diablo: corteses, negadores, risueños, amables, finos y sutiles que hablaban francés, prefiriendo la lengua de la nodriza a la de la madre. Ni fríos, ni calientes, sólo tibios, a la manera de los condenados por el ángel en el Apocalipsis, los que no son puros ni impuros. Sin embargo, el escéptico se horroriza ante el hombre de acción que es su hijo, hijo de su sangre y de sus ideas.

       En un diálogo memorable entre ambos se asiste a la diferencia entre el cortés y delicado Trofinovich, todavía sentimental que ha conservado su fe en la Madona de Dresde y que sin embargo, un duro, ya que desconoce la cortesía –considerándola debilidad– es duro y un despiadado cuando afirma que un tren vale mucho más que una Madona –la obra fue escrita en 1870. Más tarde, esta misma concepción la encontramos en boca de otros «demonios», afirmando que vale mucho más comer y gozar bien que sufrir y prosperar espiritualmente.

       Esta posesión demoníaca de lo que nos habla Jung es ilustrada con el caso alemán. Aquí, también, contemplamos horrorizados como surgían elementos psicológicos del Averno, irrumpiendo en la conciencia como agentes de una enfermedad mental.

       Reiteramos que si bien los contenidos y las manifestaciones varían de conformidad con la cultura, los arquetipos surgen del fondo del inconsciente colectivo y son los símbolos históricos de las figuras mitológicas que cuando ganan la conciencia individual y colectiva, forjan usurpaciones de segmentos conscientes, por otros arcaicos inconscientes. Este mito se consteliza, se rodea de elementos conscientes e inconscientes que se constituyen en un «complejo autónomo» que actúa como tal. Por eso, los mayores absurdos que hemos contemplado en el curso de la historia pueden presentarse de nuevo, disfrazándose en la oportunidad como reivindicaciones sociales, mejores salarios, beneficios ininterrumpidos de la ciencia, etc. Pero el núcleo de estas sofisticaciones o de racionalizaciones para decirlo en la jerga freudiana es siempre inconsciente e irracional.

       Esta es, también, la idea rectora de Jung respecto al fenómeno religioso. Este constituye la cristalización de elementos que surgen en el inconsciente colectivo de figuras históricas de primera magnitud –los fundadores de religiones, como Buda, Manes, Zaratustra, Cristo, Mahoma– y de allí su proyección social.

       Nos dice:

«La religión es una expresión espontánea de cierta condición psicológica predominante. Su utilidad es la de proporcionar estabilidad a la psiquis, impidiéndole el surgimiento de las experiencias religiosas directas, casi siempre catastróficas para el individuo, y a su vez como correligio como fundamento solidificante del núcleo social.»

       La naturaleza de la religión es esencialmente simbólica. Se manifiesta en todos los planos que Jung describió a propósito del símbolo. Es psicológica, en el sentido de expresar los elementos más profundos del inconsciente colectivo, es social, porque mantiene la interrelación del individuo con el grupo en función de creencias compartidas; es histórica, porque suministra a la continuidad de los pueblos un marco de referencia para su situación actual y es, sobre todo, ontológica, porque es el medio a través del cual, casi todos los individuos son capaces de experimentar una cierta intuición, acerca del significado último de la realidad. La relación entre la religión y la conciencia es uno de los puntos claves de la teoría junguiana, para encarar el problema psicológico histórico y social de nuestro tiempo.

       De acuerdo con Jung, el aspecto actual del problema religioso proviene del conflicto entablado entre la religión y la razón, durante la etapa histórica del «Iluminismo» del siglo XVIII. Durante esta época fue dura la lucha entre distintos sectores de la población europea, pues muchos de sus espíritus rectores aspiraban, con absoluta carencia de la necesaria perspectiva psicológica, a que las verdades religiosas estuvieran de acuerdo con la razón. Nos dice Jung que las creencias religiosas provienen de expresiones de los arquetipos inconscientes y, por lo tanto, cuando llegan a la conciencia resultan incomprensibles si queremos aplicarles las categorías del pensamiento racional. Pero, por ser inconscientes son «numinosas» y, por lo tanto, vivenciadas entrañablemente. Por ello, de conformidad con los conceptos junguianos, expresar que un hombre tiene «fe» equivale a decir que es capaz de vivir sus símbolos y que éstos se mantienen vivos, mientras que expresar que un hombre es «escéptico» significa que este es incapaz de vivir sus símbolos arquetípicos y que estos han dejado de poseer valor numinoso.

       Esta situación es muy interesante y preñada de consecuencias para el «espacio-tiempo-histórico» actual. Comencemos con el desarrollo de la idea de Dios. De acuerdo con Jung, éste es un arquetipo que se expresa bajo la forma de un símbolo. Es el símbolo de mayor poder energético y por su intermedio el individuo alcanza sus contactos directos con las realidades últimas de la vida.

       Sin embargo y con el objeto de enfrentarnos a muchas de las críticas de las concepciones religiosas de Jung, debemos insistir sobre lo que él entiende por religión. Es como dice la voz latina: religare, unir. La función de la religión sería centrar un complejo autónomo poderoso, numinoso y de gran poder constelizante, con la cual se armonizarían en un equilibrio inestable e interno a él, distintos arquetipos del inconsciente colectivo. Este es un concepto psicológico, no teológico ni ontológico.

       El concepto de «persona» en Jung posee, también, indudables connotaciones sociales. Recordemos que la persona es el lado externo de la personalidad, precisamente, aquella que mira hacia la sociedad y que el sujeto exhibe ante la misma. Su afirmación se realiza a través de los símbolos sociales vigentes y, por ello, la define como un «extracto de la psiquis colectiva». Su elaboración se efectúa no sólo a través de las características psicológicas individuales, como ser el tipo, la biografía, su naturaleza, etc. Sino además y muy especialmente a través de los símbolos sociales que encierran mayor significación para el grupo total.

       De allí que deduzca que cuando los símbolos sociales proporcionan eficaces canales de comunicación, las energías psíquicas afluyen sin obstáculos hacia la vida social. El sujeto, en estas condiciones, puede conservar sus módulos psicológicos, adaptándolos a los símbolos o «análogos libidinales» de la sociedad global en el momento y espacio histórico que le toca vivir. Cuando las cualidades de su psicología no están acordes con los símbolos de la sociedad global en que vive, no logra hallar los canales de comunicación adecuados para adaptarse a la vida, no puede forjar una «persona» y las energías psíquicas dejan de fluir hacia el exterior, volcándose hacia lo inconsciente y en un movimiento regresivo de la libido se transforma apartándose de las partes de la vida social consensualmente aceptadas, neurotizándose. Esta situación no tiene que interpretarse como definitiva, pues puede ocurrir y, de hecho ocurre con frecuencia, que vuelva a forjarse otra «persona», la cual puede adaptarse sin mayores dificultades a la vida colectiva.

       Jung denomina a esta reestructuración:

«Restauración regresiva de la persona

       La marginalidad como conducta social sería esta restauración sin traslación progresiva.

       Puede ocurrir, también, que este esfuerzo se malogre o que en esta reconstrucción que devuelve un papel al individuo en la sociedad, este movimiento progresivo de la libido, fracase. Entonces, la energía continúa retrocediendo hacia el inconsciente hasta movilizar los arquetipos. Cuando se presenta esta situación, el futuro del individuo se torna dramático. No solo debe adaptarse a la vida social, sino también a su propia vida. Es en estos casos, cuando se hacen presentes los deseos de terminar la vida, pues llega a desconocerse el significado de la misma. Jung afirma que el significado de la vida está representado por aquellos símbolos integrados en la estructura social profunda de la sociedad global. La neurosis consiste esencialmente, según Jung, en que el hombre no encuentra sentido a su vida. Entonces, se siente extraño a la sociedad global y se sumerge en el seno del inconsciente, procurando hallar los arquetipos y los símbolos que le hagan vivenciar su nuevo rostro en la sociedad, su nueva «persona». Cuando ocurre, esto con aterradora frecuencia, el inconsciente experimenta una «inflación» provocada por el exceso de libido que contiene; se produce la emergencia caótica de los arquetipos ; el individuo cae preso de sus representaciones arquetípicas y se aliena.

       Históricamente esta situación involucra el debilitamiento de los valores sociales de una cultura. Cuando sus símbolos se manifiestan incapaces de alimentar el ansia de vivir de un individuo, la cultura está herida de muerte. El descontento íntimo de cada integrante de la sociedad conducirá a la disgregación progresiva del acerbo cultural.

       Sin sobrepasar los límites psicológicos que se impuso, Jung afirma que una sociedad puede funcionar satisfactoriamente sólo cuando suministra a sus miembros los símbolos necesarios para que la libido siga fluyendo del individuo hacia la sociedad y realice empresas culturales que la misma necesita.

       Cuando ello no ocurre, los individuos se sumergen en lo inconsciente procurando hallar nuevos símbolos, nuevos mitos, nuevas religiones que provoquen la transformación de las creencias básicas de la sociedad global. Ello es lo que de acuerdo a Jung, ocurre precisamente ahora en Occidente. Se asiste a numerosos signos de introyección de la libido, como ser el propio psicoanálisis, la aguda introspección de la literatura actual, la aparición de la pintura no figurativa, la introducción de doctrinas y religiones orientales, la duda acerca de los valores intelectuales y morales del mundo occidental. Jung interpreta estos síntomas como elementos diagnósticos que lo llevan a afirmar que los símbolos vigentes en Occidente carecen en la actualidad de vigor para vehiculizar la libido de los individuos hacia el exterior y cabe esperar el surgimiento, o mejor dicho, la actualización de nuevos símbolos, porque el pasado sobrevive en la psiquis y el surgimiento de nuevos valores y de nuevos símbolos debemos considerarlos como el florecimiento de antiguas creencias que estaban sepultadas y que vuelven a florecer.

       Aquí surge la verdadera conceptualización de Jung acerca del hombre como ser histórico, coincidiendo con Dilthey:

«La psiquis no puede ser considerada como un edificio de propiedad horizontal, donde el subsuelo corresponde al inconsciente. Es verdad que se extiende profundamente hacia abajo, pero, también, lo hacia atrás en una dimensión temporal, de manera que de una manera u otra, la historia está potencialmente contenida e inconscientemente expresada en cada individuo.»

       He ahí, pues, la gran hipótesis junguiana para el estudio de la historia en función de la psiquis. Ella hace posible la dimensión del estudio temporal donde el tiempo es una categoría unitaria para la personalidad y la historia social. Como señalo el profesor Eaton hace algunos años llegará el día en que este aspecto de la teoría junguiana de la psiquis se integre con los sistemas filosóficos del tiempo, creados por Bergson, Husserl, Whitehead y G. H. Mead.

       Aquí es la oportunidad de recordar la teoría junguiana de la sincronicidad que cala profundamente en el concepto del tiempo y, también, del espacio exterior, en función de la psiquis.

***

       En toda intimidad y complicidad respondan a nuestra pregunta: ¿cuál es el modelo del héroe en nuestra sociedad moderna, en nuestro momento histórico de mundialización?

       Para contestar, no olvidar ciertos detalles:


Hecho en Paris, el 25 de agosto de 1997

E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


Un exemple de lutte réelle pour devenir
des hommes face à la souffrance psychique


(troisième partie)


       Pourquoi « SOS » ? L'association a été créée dans les années 88 à la suite d'un éclat de vérité dans un état de conscience objective.

       Le but ? Démocratiser la psychologie et les consultations d'orientation pour une catégorie potentiellement en demande, mais sans moyen d'accéder à un professionnel spécialisé. L'objectif étant d'obtenir une réponse, un guide, un éclairage dans une situation bloquée.

       Bâtir « SOS » fut un formidable effort, une lutte sans merci.

       « SOS » n'est pas en concurrence avec mes confrères. Au contraire, elle ouvre les portes de la compréhension à des personnes qui avaient des préjugés, plus ou moins justifiés, à propos de toute démarche de consultation psychologique.

       Quant aux thérapies et naturellement à la psychanalyse, elles étaient trop chères pour ceux qui ne pouvaient pas payer.

       Je reconnais avoir fait pression sur certains de mes confrères auxquels j'ai envoyé des patients pour des consultations ou des thérapies hebdomadaires. Ils les ont reçus dans des conditions largement concurrentes dans la relation qualité/prix par rapport aux consultants remboursés.

       Mon équipe a beaucoup changé. Nous partageons de plus en plus des idéaux humanitaires.

       Nous faisons ce que nous pouvons, mais nous luttons ensemble.

       Nos groupes cliniques s'améliorent.

       La publication mensuelle de la Lettre de « SOS » est peut-être notre plus grand effort. Communiquer sans vulgariser n'est pas facile. Laisser tout le monde s'exprimer est, pour nous, une obligation. Les articles sont signés, car chacun tient à la responsabilité de sa pensée et nous respectons largement le désir de nos adhérents de communiquer beaucoup de choses qui leur tiennent à cœur et que, parfois, ils n'auraient jamais osé dire.

       D'autres signent avec des initiales ou des pseudonymes et je trouve cela excellent. Ils sont en train de dialoguer avec leur inconscient et la dialectique se passe, en général, bien.

       Nous n'avons pas encore de collaboration dans la langue espagnole, mais je l'espère bientôt. Cela nous aidera à mieux lutter dans les deux langues.

       Les portes de nos groupes cliniques du dernier jeudi de chaque mois sont ouvertes à tous même s'ils ne sont pas encore adhérents. Il faut s'annoncer dix jours à l'avance et vous serez accueilli avec grand plaisir.

Goethe disait :
« Va,
Dédaigne la vérité.
Le regret viendra ensuite
. »

       Je crois qu'il s'agit d'une question fondamentale. Nous avons tous besoin d'écouter et d'être écoutés. C'est la vérité à ne pas dédaigner.

       Enfin, au nom de toute l'équipe de « SOS », nous vous remercions de nous accompagner dans notre lutte.

       Un proverbe arménien dit : « Fais du bien, il te le sera rendu quelque part »

***

       Les journées mondiales de la jeunesse viennent de se finir dans un climat de quasi parfaite illumination.

       Nous sommes tous dans la lutte.

       Hasard, causalité, synchronicité ? La canicule n'a pas épargné ces journées !

       Si ce soir le ciel n'est pas étoilé, il reste, néanmoins, le souvenir de ces JMJ et il faut savoir lire dans les signes.


Fait à Paris, le 25 août 1997

E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


Un ejemplo de lucha real para ser hombres
capaces de enfrentar el sufrimiento psíquico


(tercera parte)


       ¿Porqué «SOS»? La asociación fue creada en el año 88 en un momento de lucida conciencia objetiva.

       ¿El objetivo? Democratizar la psicología y las consultas para orientación para una categoría demandante, pero sin medios para acceder a un profesional especializado y reconocido. A ellos queríamos y queremos hacer llegar una respuesta, dar una guía, iluminar una situación confusa.

       Construir «SOS» fue un esfuerzo formidable, una lucha sin tregua.

       «SOS» no compite con mis colegas, no les hace sombra; al contrario, ella abre las puertas de la comprensión a quienes tenían o tienen prejuicios más ó menos justificados a propósito de toda iniciativa de consulta psicológica.

       Con respecto a las terapias y al psicoanálisis son demasiado caros para los que no pueden pagar.

       Reconozco haber presionado a algunos de mis colegas a quienes enviamos pacientes para consultas puntuales ó terapias semanales, para que éstos fueran recibidos en condiciones de precio competitivas a las de los servicios sociales.

       Mi equipo cambió mucho, en él hubieron gentes de valor que por causas mayores debieron partir. Recordamos particularmente a Jean-Marc Voisin y a Jean-Pierre Gabriel.

       Los que quedamos, compartimos cada más día ideales humanitarios.

       Hacemos lo que podemos, pero luchamos juntos.

       Nuestros grupos clínicos mejoran en forma y contenido.

       La publicación de nuestra « carta mensual » es nuestro mayor esfuerzo. Comunicar sin vulgarizar no es fácil. Dejar a todos y a cada uno expresarse libremente es para nosotros una obligación. Los artículos son firmados dado que cada uno es responsable de su pensamiento y de su expresión. Respetamos el deseo de nuestros adherentes de comunicar lo que quieren profundamente y que tal vez jamás se hubieran permitido decir.

       Otros firman con sus iniciales ó con un seudónimo, personalmente encuentro el hecho excelente dado que están así dialogando con sus inconsciente. Por otra parte, dicha dialéctica se pasa, en general, muy bien.

       No tenemos todavía colaboraciones en castellano provenientes del exterior de nuestro equipo, pero las esperamos.

       Las puertas de nuestros grupos clínicos de los últimos jueves de cada mes están y estarán abiertas a todos, incluso a los que no son adherentes.

       Para participar, bastará anunciarse diez días antes para ser recibido con gran gusto.

Goethe decía:
«Anda,
desdeña la verdad.
El arrepentimiento vendrá después.»

       Considero que ésta es una cuestión fundamental.

       Todo tenemos necesidad de escuchar y de ser escuchados. Esa es la gran verdad que no debe ser desdeñada.

       El equipo de «SOS» que presido les agradece el hecho de acompañarnos en nuestra lucha.

       Un proverbio armenio dice: «Haz bien, de alguna manera te retornará

***

       Las jornadas mundiales de la juventud se terminaron el 24 de agosto en un clima de perfecta iluminación.

       Comprendimos que estábamos todos en la lucha…

       ¿Casualidad, causalidad, sincronicidad?

       La canícula se sostuvo por más de una semana radiante hasta ayer 24 a la noche cuando la XIIe jornada se terminó. La noche del 23, la velada de oración en Longchamp no parecía parisina sino de Buenos Aires. El viento se suspendió, las estrellas titilaban y el mundo entero cantaba a la esperanza.

       Hoy, es 25. El cielo no está estrellado, pero queda el recuerdo y la fuerza.

       Como dice el cura de mi parroquia: «Il faut savoir lire dans les signes» (hay que saber leer en los signos).


Fait à Paris, le 25 août 1997
y llueve dulcemente.

E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


La lutte pour la vie


       La vie est lutte depuis l'enfance et durant toute la vie. Cette donnée est si caractéristique que nous l'oublions dans notre quotidien. La lutte fonde la vie, dirait Freud. Ou plutôt, voulant faire une théorie du fait humain – les conduites de l'homme, sa vie, sa relation avec les autres, avec le mode – Freud parle du conflit fondamental entre les pulsions de vie (Eros) et les pulsions de mort (Thanatos). On pourrait même dire que la lutte fonde la vie. En effet, que serait la vie sans la mort qui, mettant un terme à celle-ci, motive notre action afin de profiter de la vie ?

       Où s'exprime, s'élabore cette lutte dans notre vie de tous les jours ?

       C'est la lutte contre les proches, qui tendent naturellement, à la limite des règles sociales, à réduire, voire écraser notre liberté. Dans notre société de plus en plus technicisée et urbanisée, c'est la lutte contre le bruit, la pollution, le fait de devenir un pion dans un système dont le contrôle nous échappe à tous les niveaux et nous ne savons pas qui dirige, mais on nous apprend, on nous intime d'obéir aux règles du système pour le bien social.

       Or il existe d'autres formes de luttes plus personnelles : contre des traits négatifs du caractère et qui coûtent de l'énergie psychique comme la colère, l'avarice, les obsessions, l'angoisse face à une situation nouvelle, la difficulté de communication, la timidité. Parfois nous ne nous en rendons pas compte sauf quand ils nous emmènent trop au détriment de notre bien ou quand les autres nous le font alors savoir.

       La vie est une lutte perpétuelle contre l'obstacle quel qu'il soit ; contre la réalité, car la vie est mouvement et se heurte à l'environnement interne et externe.

       Mais la vie doit se ménager des moments de repos, d'abandon pour justement profiter de ce qu'on a gagné pendant les moments de lutte. Il s'agit d'investir de l'énergie, de la libido sur ces nouveaux territoires conquis ; il s'agit de perlaborer* pour aboutir à une nouvelle structure psychique, un nouvel équilibre psychique, à une nouvelle modalité de fonctionnement psychique ou encore à un nouveau rapport de force avec notre environnement. Pour reposer le corps et le mental. Et surtout pour laisser l'inconscient s'exprimer et faire le bilan du chemin effectué à force de luttes.

       La vie serait ainsi une succession de moments actifs et de moments de repos où il est possible de distinguer différents niveaux. C'est déjà vrai entre le jour ouvert à l'action et la nuit qui invite au repos. Mais il existe d'autres cycles de temps. Par exemple, l'effort que je dois déployer pour écrire et terminer cet article, avec l'image d'un travail utile à réaliser qui, peut-être, me laissera plus en paix dans ma lutte avec la vie. C'est aussi le temps et la sueur nécessaires pour terminer mon travail au bureau afin de partir en vacances l'esprit reposé prêt à savourer, engranger les douceurs du farniente. Cela peut être aussi l'effort pour payer les mensualités pendant plusieurs années pour une maison qu'on a achetée. Plus loin, cela ne pourrait-il pas être la lutte pour un idéal, une situation sociale, une place dans ce monde, et qui occuperait quasiment toute la vie ?

       Il faut savoir répartir son effort dans le temps, en tenant compte des imprévus prévisibles. Le reste étant les événements de la vie, la mort inattendu d'un proche, le licenciement économique d'une société qui marchait bien il y a encore un an… Si on met trop de forces dans une bataille, il risque de ne plus en rester pour les luttes futures. On ne peut pas toujours compter sur le hasard pour rétablir l'équilibre des forces à notre avantage.

       Bien que nous cherchions, pour préserver notre espace, nos acquis, nos biens, à échapper aux situations angoissantes, potentiellement dangereuses, la vie sociale et même la vie tout court nous expose inexorablement à diverses luttes. Il faut donc garder toujours en réserve de l'énergie psychique et physique, tout au moins préserver l'espace spatial et temporel suffisant pour les restaurer, afin de se protéger toujours contre l'environnement. Au-delà, tout devient l'affaire de Dieu ou du hasard, selon notre système de croyances ou notre foi.

       Toutefois, peut-on survivre sans lutter ? Oui, mais au prix d'une dépendance à une personne, à un environnement, à un groupe, dont on subit la loi. C'est-à-dire au prix d'une aliénation.

       La vie devient alors un choix : apprendre à lutter pour survivre, pour vivre de manière autonome, pour réaliser ses projets ou subir la loi des autres, du monde au détriment de ses désirs. Mais la vie ne fournirait-elle pas, à tout moment, la possibilité de faire ce choix ? Je vous laisse répondre à cette question.



* Au-delà de la psychanalyse, dans une acception élargie, la perlaboration peut désigner le processus psychique par lequel on intègre une interprétation d'événements et on surmonte les résistances qu'elle suscite. Il s'agirait d'un travail psychique de maturation liée à une nouvelle vision des choses permettant de se dégager de certaines habitudes, comme la répétition névrotique, qui conduisent à l'échec, allant à l'encontre de notre bien. La perlaboration demande du temps, qui dépend du rythme biologique et psychique de chacun.


HERVÉ BERNARD


Retour au sommaire


La lucha por la vida


       La vida es lucha siempre, desde la infancia y hasta el fin. Esto es así y lo olvidamos cotidianamente. La lucha funda la vida, diría Freud. Así como también sus comportamientos, su relación con los otros.

       Freud habla de conflicto entre la pulsión de vida (Eros) y la pulsión de muerte (Tánatos).

       La lucha funda la vida. En efecto ¿qué sería de la vida sin la muerte la cual poniéndole término nos motiva a disfrutarla?

       ¿Dónde se elabora y se expresa ésta lucha en nuestra vida de todos los días?

       Es la lucha contra el prójimo, en los límites de las reglas sociales que limitan nuestra libertad. En nuestra sociedad, cada vez más tecnificada y urbanizada, es la lucha contra el ruido, la polución, el hecho de convertirnos en vanos peones al interior de un sistema, cuyo control nos escapa en todos los niveles. No sabemos quién dirige, pero se nos enseña, se nos intima a obedecer las reglas del sistema por el bien social.

       Ahora bien, existen otras formas de lucha personales: contra los rasgos negativos de nuestro carácter que nos cuestan mucha energía física; contra la cólera, la avaricia, las obsesiones, la angustia frente a situaciones nuevas, las dificultades de comunicación, la timidez. A veces no nos damos cuenta sino cuando nos hacen mal o cuando los otros nos lo hacen saber.

       La vida es una lucha perpetua contra el obstáculo sea el que sea, como la realidad porque la vida es movimiento y choca contra los entornos tanto interno como externo.

       Pero la vida debe ser ocupada también por momentos de reposo, de abandono para poder disfrutar de lo que se ha ganado en los momentos de lucha.

       Se trata de invertir la energía libidinal sobre nuevos territorios a conquistar. Se tarta de perlaborar* por lograr una nueva estructura psíquica, un nuevo equilibrio psíquico, una nueva modalidad de funcionamiento psíquico y aún más: una nueva relación de fuerza con nuestro entorno para así descansar el cuerpo y la mente y sobretodo para dejar al inconsciente expresarse y hacer el balance del camino efectuado a fuerza de luchas.

       La vida sería así una sucesión de momentos activos y de reposo donde se podrían detectar diferentes niveles.

       Se ve ya la diferencia entre el día que nos abre a la acción y la noche que nos invita al reposo. Pero existen otros ciclos de tiempo. Por ejemplo, el esfuerzo que debo hacer para escribir y terminar éste artículo, con la seguridad de la imagen de un trabajo útil a realizar y que tal vez me dejará más en paz para luchar con la vida.

       Es también el tiempo y el sudor necesarios para terminar mi trabajo profesional y partir en vacaciones, el espíritu reposado, listo a saborear las dulzuras del farniente.

       Puede ser también el esfuerzo para pagar las mensualidades durante varios años por la casa comprada y yendo más lejos. ¿No podría ser la lucha por un ideal, por una situación social ó un lugar en el mundo que ocuparía toda la vida?

       Hay que saber repartir su esfuerzo en el tiempo, teniendo cuenta de los previsibles imprevistos. El resto son los acontecimientos de la vida: la muerte inesperada de un próximo, el licenciamiento económico de una sociedad que hace un año andaba bien… Si se pone demasiado fuerza en una batalla puede que no quede más para luchas futuras.

       No se puede contar siempre sobre el azar para restablecer el equilibrio de fuerzas en nuestro favor.

       Aunque busquemos para preservar nuestro espacio, nuestras adquisiciones, nuestros bienes escapar a situaciones angustiosas, potencialmente peligrosas, la vida social y la vida simplemente nos expone inexorablemente a distintas luchas. Es necesario luego guardar reservas de energía física y psíquica, ó por lo menos preservar el espacio y el tiempo para repararlas a fin de poder protegerse siempre contra el medio ambiente.

       Más allá se trata de asuntos de Dios ó del azar, según nuestro sistema de creencias ó nuestra fe. De todas maneras ¿se puede sobrevivir sin luchar?

       Si, pero al precio de depender de una persona, de un entorno, de un grupo cuya ley debemos soportar. Es decir al precio de una alienación.

       La vida se convierte entonces en una elección: aprender a luchar para sobrevivir, para vivir de manera autónoma, para realizar nuestros proyectos ó soportar la ley de los otros en detrimento de nuestros deseos. ¿La vida nos ofrece en todo momento la libertad de ésta elección? Les dejo responder a ésta pregunta.



* Más allá del psicoanálisis en una acepción más amplia, la perlaboración puede designar el proceso psíquico por el cual se integra una interpretación del acontecimiento y se va más allá de las resistencias que ella suscita. Se trataría de un trabajo psíquico de maduración, ligado a una nueva visión de las cosas que permitiría abandonar ciertos hábitos como la repetición neurótica que conduce al fracaso, porque va contra lo que es nuestro bien. La perlaboración pide tiempo para realizarse, un tiempo que depende del ritmo biológico y psíquico de cada uno.


HERVÉ BERNARD


Retour au sommaire


Diabetes


       A través de nuestro correspondiente de Internet, Health I.G. News, nos llegan las últimas novedades sobre progresos médicos en todas las ramas de esa ciencia.
       Para los especialistas diabetólogos y para los pacientes que sufren de diabetes, veamos la comunicación de
Health I.G. News sobre los avances en el tratamiento de dicho problema expuestos en el Congreso de Helsinki.

Nueva droga

       Uno de los anuncios conocidos desde el Congreso de la Federación Internacional de Diabetes en Helsinki, Finlandia, fue el lanzamiento de una nueva droga para la enfermedad llamada "Troglitazone".

       "Ofrece muy buenos resultados y puede prevenir la afección crónica en pacientes con factores de riesgo", según dijo Jerrold Olefsky de la Universidad de California en San Diego.

       El Troglitazone, además, ayuda a los pacientes diabéticos a regular sus niveles de glucemia y colesterol; dos de los mayores problemas que afrontan cotidianamente.

       La droga, presente en el mercado bajo los nombres de "Noscal" y "Rezulín" también se observó como ayuda para las personas con síntomas pre-diabéticos.

       El Troglitazone incrementa la sensibilidad corporal a la insulina, la hormona fundamental que permite la entrada de la glucosa a las células y la energía se pueda producir.

       Recordamos que existen dos formas diferentes de diabetes:

300 millones de dolares en búsqueda de la cura

       El presidente norteamericano, Bill Clinton, incluyó en el presupuesto 1997 un monto de 330 millones de dólares destinado a programas de investigación sobre la Diabetes Mellitus.

       Según lo anticipado, se aplicarán 150 millones de dólares para estudios vinculados al Tipo 1 de la enfermedad. La cifra soportará un plan quinquenal de investigación –30 millones de dólares por año– para el desarrollo de innovaciones científicas y de tratamiento, focalizando no sólo la prevención sino también "la cura" de la afección crónica.

       La noticia sobre el impulso de investigaciones relacionadas a la búsqueda de una cura para la Diabetes Mellitus, se produce con el eco de una campaña que logró una gran adhesión en los Estados Unidos y Europa.

       No obstante, diversos especialistas, sin contradecir los enunciados del movimiento, apelan a continuar con el control de la afección crónica. "El día que se encuentre un método de cura definitivo para la Diabetes, el paciente podría decirle adiós a la enfermedad...pero si posee en ese momento complicaciones secundarias como la ceguera, amputaciones, problemas renales, vasculares, coronarios y/o cerebrales; es difícil que las mismas vuelvan atrás", indicaron.

       La información emanada desde el Capitolio se produjo además 10 días después de finalizado el Congreso Mundial de la Federación Internacional de Diabetes, realizado en Helsinki, capital de Finlandia.

       Allí, el noruego Jack Jarvell –quien luego de 4 años al frente de la Federación, entregó el mando a la mexicana María L. de Alva–, advirtió que en el año 2.010 "la Diabetes será una de las mayores causantes de muerte". Por su parte, la Organización Mundial de la Salud (OMS) estima para el año 2.025, unos 300 millones de diabéticos alrededor del mundo.


Agradezco personalmente a nuestro correspondiente argentino.

La Presidente de S.O.S. Psicólogo
E. GRACIELA PIOTON-CIMETTI


Retour au sommaire


À lire



       Dans le journal Le Figaro du samedi 28 juin 1997, à la rubrique de la vie scientifique en page 9 : l'énigme de la schizophrénie. L'article est excellent et sa divulgation est utile. L'article peut être consulté sur le site Internet suivant :

http://www.lefigaro.fr/


L'équipe de S.O.S. Psychologue


Retour au sommaire




Retour à la page d'accueil

Retour à la liste des numéros de la revue

Pour écrire à notre secrétariat, cliquer sur : E-mail