NUMÉRO 140 REVUE BIMESTRIELLE décembre 2011-janvier 2012

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela L'engagement El compromiso
 
Bernard, Hervé L'engagement
 
Delagneau, Philippe L'engagement
 
Giosa, Alejandro El compromiso
 
Manrique, Carla L'engagement : une valeur fondamentale Un valor fundamental el compromiso
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de avril 2011
 
Thomas, Claudine L'engagement
 
Vitton, Monica de El compromiso


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Et pourquoi ne pas le faire avec soi-même ? Me donner des rendez-vous avec moi-même tels que je donne aux autres.

Non, jamais je n'aurais imaginé cela jusqu'à ce jour où j'ai eu la chance de te connaître. Je vivais seule, comme toujours après une séparation effrayante, sans préavis. Il faisait tellement froid ce jour-là, non le jour où nous nous sommes rencontrés, mais celui de l'abandon. Je n'ai jamais osé parler de cette histoire. J'ai l'impression de ne pas pouvoir le faire. Cet événement, qui en principe était dramatique, m'a ouvert les portes de la découverte de moi-même autrement.

***

Tu étais venu chez moi un jeudi de septembre à 15h de l'après midi envoyé par une amie qui voulait nous faire partager une tranche de vie ensemble étant donné la communauté d'intérêts que nous avions. Oui, tu étais venu à 15 heures et à 19 heures tu étais encore avec moi. Je connaissais alors toute ta vie et toi la mienne. Le samedi suivant, tu m'avais demandé en mariage et j'ai dit oui. Je me suis donc engagée avec toi pour la vie et cette vie a duré vingt huit ans de bonheur et d'engagement assumé. Cela fait aujourd'hui six ans que tu es parti… ton corps seulement, pas toi…

***

De la fenêtre de mon appartement en face de la mer je t'évoque. Comme tu aimais mon pays, l'Argentine ! Et moi je l'aime aussi à tel point que je ne sais plus si je veux revenir dans « notre » pays, la France… Aujourd'hui je ne peux pas donner ma parole, m'engager, … Mais nous serons ensemble à Domme, où tu es déjà, où je serai aussi, et cette fois pour toujours… Promesse de mariage, promesse d'éternité ensemble sur terre et sans doute dans le partage de notre immortalité.

***

Déjà le 17 janvier, il me reste sept jours avant de partir d'Argentine. Oui partir, mais si tu n'es plus là-bas, en France, pourquoi revenir ? Et la mer est toujours ici, comme un appel à vivre, qui, à vrai dire, ne m'intéresse plus sans toi.

***

L'année dernière je me suis engagée avec moi-même. J'ai décidé de vivre, même en acceptant que cette immense solitude ne pourra jamais être comblée.

***

Certes j'ai ma famille, j'ai mes amis. Mais je ne crois à rien et tu le sais.

Il y avait une messe ce soir, à 20 heures, et je n'y suis pas allée. Je n'étais même pas capable de faire un stop pour plonger dans mon silence intérieur. J'avais un rendez-vous avec moi-même à 20 heures, que je n'ai pas pu honorer. Il est 20 heures 45, j'ai perdu 45 minutes de ma vie que je ne pourrai jamais récupérer. Enfin je ne peux pas dire que je n'ai rien fait, car j'ai pu contempler ma mécanicité en même temps que je descendais faire les courses et j'en ai oublié la moitié. J'ai échangé deux mots avec le concierge, et j'ai décidé de vendre l'appartement, cet immense appartement qui regarde la mer… Il y a, à Paris, des photos de nous, plus précisément du 19 mars 1995. Oui, je me souviens de toutes les dates, car je suis présente, unifiée, même quand j'accepte d'accompagner les misères de mes émotions négatives. Je m'ennuie de toi consciemment, je ne peux rien faire, rien vouloir.

***

Il est tard. Va travailler, plonge en toi, femme idiote ! Laisse tomber tes soi-disant malheurs de femme gâtée par la vie. Oui, tu as souffert, tu as perdu, mais perdre c'est peut-être gagner.

Tu as raté ton rendez-vous avec toi-même et tu en es témoin. Tu as gagné en acuité. Ta fidélité est-elle une justification pour avoir le droit à la tristesse ? Es tu capable d'aimer les souvenirs ? Qui a souffert d'abandon ? Peut-être est-ce toi qui a abandonné. Sois désolée. Un parasite a pénétré entre ton corps et ton esprit. Ne te demande pas lequel. Demande à ton subconscient pardon pour le manque de communication avec lui. Engage-toi à t'aimer et à te pardonner à toi-même. Dis merci à ton Dieu qui sait tout… C'est lui qui aura le dernier mot qui te donnera l'inspiration si à la place de laisser ton mental travailler avec tes soi-disant problèmes tu t'engages la laisser élaborer les inspirations divines. Vis, ne te pose pas de question. Vis…

***

Il est tard, la nuit est tombée sur la ville, la mer est sombre, le téléphone ne sonne plus… Tu es seule ? Non, mais il te faudra accepter l'expérience de cette morte qui s'appelle confusion. Tu n'es pas unifiée, donc tu n'es pas en paix, donc tu n'es pas libre, et pourtant tu te dis présente.

***

As-tu peur de te défenestrer ? D'un 16ème étage face à la mer, je dirais qu'il ne s'agirait pas d'une belle mort, mais accepte de t'engager à réfléchir.

***

Il n'y a pas une radio chez toi, ni une télévision, ni un ordinateur. Rien ne t'intéresse. Peut-être n'as-tu pas été capable d'aimer ou peut-être as-tu aimé d'un mauvais amour ?

***

Le 18 janvier 2012

Il y a quelques jours je me suis confessée dans la cathédrale de Buenos Aires. Depuis l'année 86 je n'étais pas allée dans cette église. Et je parlais au prêtre de culpabilité et d'inquiétude et sa réponse m'a étonnée. Il m'a dit : « tout ce qui est mauvais ne vient pas de Dieu, ta confusion vient du démon. Si la paix est en nous, vous êtes unifié, vous n'êtes pas morcelé. Dans la réalité, votre vie est belle et vous vous donnez aux autres et vous donnez en abondance. Tout ce qui est négatif vient du démon pas de Dieu. »

Il faut que je dise que mon fils était aussi surpris que moi par le langage si direct du prêtre.

***

Il y deux jours que je souffre, mais j'avais besoin de faire ma « catharsis ». Après tout, cet appartement est plein de souvenirs, de toutes sortes. Les souvenirs, je les aime, mais je suis heureuse qu'ils me donnent l'opportunité de les libérer et de me libérer.

Je regarde la terrasse allumée sur la mer calme maintenant. Il n'y a pas d'étoiles et je me souviens d'une photo de moi, un mois de janvier quand je n'avais même pas quarante ans. Comme j'étais belle avec une longue chemise de nuit bleue et les cheveux au vent, mais je me souviens de mon état interne quand cette photo a été prise : un mélange d'incertitude, d'urgence dans le désir et l'horreur des situations que j'avais peur de ne pas pouvoir contrôler.

***

Et je t'ai aimé selon moi, car je t'admirais pour ton courage. Tu venais de si loin, tu avais tellement souffert, mais ta curiosité était permanente. Tu étais un chercheur et moi aussi. Je suis partie un jour d'Argentine en ayant tout réussi, mais il me fallait oser le départ comme je pourrais oser le retour aujourd'hui, car ce que nous cherchions tous les deux est en nous et nulle part ailleurs.

Tu m'as pris par la main un jour d'octobre vers la maison du maître, Maurice Desselle. Le chemin était magnifique et lui, inoubliable… je ne peux pas revenir géographiquement pour retourner ici, en Argentine, car mon travail est là, en France… Les images reviennent. Merci Georges pour avoir illuminé ma route à suivre. Je continue cette route.

***

Je me souviens du 25 septembre 1985. Pendant le dîner j'avais le dos contre la fenêtre, tu m'as posé la question : Comment est le cap Horn ? C'était la nuit dans mon dos et j'étais surprise par la peur. Je ne connaissais pas le cap Horn. J'imaginais les énormes vagues et j'ai eu peur…

Cette année 2012, le 3 janvier j'ai fait le tour du cap Horn pendant une croisière. Il y avait de la brume. Nous étions partis directement en direction de la Nouvelle Zélande pour revenir ensuite vers la côte chilienne… Il y avait du brouillard, mais la mer était calme. Les marins ont trouvé ce calme particulièrement étrange et inattendu. Je suis allé jusqu'au bout, je crois avoir répondu à ta question en passant par l'expérience directe… Le cap Horn ne me fait plus peur, mais je le respecte avec son silence profond et mystérieux.

Écrit à Miramar pour le moment,
car cette histoire de l'engagement est inépuisable.
Le 18 janvier n'est pas fini, il commence.
Il ne finira jamais.

Le 4 février

Je n'ai pas fini avec notre engagement, peut-être tu as été et tu es l'unique amour de ma vie. Je n'arrive pas à remonter la pente. Alors je suis en France, et il s'agit du même manque de toi que j'ai ressenti en Argentine. Qui de nous deux est le survivant ? Tu m'attends, libéré du poids de ton corps. Moi ? Je suis triste, mon corps demande ta présence, ton amour plein de douceur et de respect… la caresse simple d'un bonheur partagé. Et j'aime la vie sur terre. Oui, car au moins nous pouvons dire que nous avons profité de notre puissante et sincère engagement. Pour nous, la séparation n'a pas été nécessaire pour donner de la valeur à notre union.

***

J'ai eu un flash d'une soirée avec toi il y a sept ans à la Conciergerie. Comme tu étais beau avec ton smoking ! Et nous dansions la « ballade des gens heureux » ! Et je me souviens d'avoir ressenti une émotion d'amour qui n'avait pas de rapport avec la situation, une émotion de plénitude, de perfection, d'achèvement, d'accomplissement…

C'est fini. Je ne parle plus. Je crois savoir ce que je suis aujourd'hui et j'ai un engagement urgent avec moi-même.

Fait à Paris,
il fait très froid et je dois me traduire en espagnol,
car je ressens que notre vie et notre engagement sont des réalités
à communiquer à tous ceux qui s'aiment aujourd'hui
et honorent la fidélité de ses engagements de couple.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Pouvons-nous vivre toute une vie sans engagement ?

L'observation de notre propre vie, de celles de nos proches, de notre entourage plus éloigné témoigne régulièrement et a priori explicitement de l'engagement individuel sous différentes formes, qu'elles soient morales, culturelles, institutionnelles : par exemple la condition militaire, le mariage, la foi religieuse. Souvent cet engagement embrasse toute une vie et répond à un système de codifications et de règles précises et anciennes, sans doute dictées et modelées par la tradition, l'expérience, l'histoire avec, sans doute, un objectif final de bien-être et d'harmonie des hommes et des sociétés.

Mais nous pouvons remarquer que certains engagements ne portent que sur la manière de se comporter dans la vie, essentiellement codifiant et structurant notre rapport à la vie. Ainsi en est-il de la foi religieuse (excepté le cas particulier des ecclésiastiques), du respect d'une philosophie, du mariage.

L'expérience humaine n'est-elle qu'un mode de vie, une hygiène de vie ? L'homme n'aspire-t-il pas à réaliser quelque chose dans sa vie, au-delà de la nécessité pour chacun d'entre nous de gagner sa vie, en général par une activité professionnelle ? Nos civilisations, nos sociétés humaines, nos cultures se seraient-elles réellement développées si tous ses membres ne s'étaient contentés d'effectuer un strict minimum, en se limitant à sa part de travail dans la répartition des tâches, en contrepartie de ses besoins en alimentation, pour se protéger du froid, de la pluie, du soleil et plus généralement de tous les autres dangers de son environnement ?

Ne cherche-t-on pas, comme depuis la nuit des temps, à réaliser un projet qui nous tient à cœur, ce pour quoi nous sentons avoir été façonné depuis notre naissance, ce que nous rêvons depuis notre enfance, ou ce qui émerge de notre inconscient, sans bien savoir d'où vient cette pulsion puissante. N'est-ce pas l'essence de l'être humain, pour tout simplement exister, pour s'affirmer, que de tenter d'être différent des autres, en menant à bien, parfois au prix de toute une vie d'effort, de persévérance, de discipline et de foi, une entreprise qui prend un sens tout particulier pour soi, mais qui souvent constitue un témoignage pour les autres, celle d'une vie bien « remplie », qui constitue tout simplement un héritage à la postérité ?

Une telle entreprise, un tel projet, peut parfois engager toute une vie, dans ses moindres détails, comme l'ecclésiastique qui remet son âme à Dieu, quelle que soit sa religion, sa croyance, l'ordre qu'il a choisi ou le périmètre de son sacerdoce. Mais le plus souvent il ne s'agit que d'une partie de notre vie, en temps, en espace, en croyance, en éthique, l'homme étant souvent multidimensionnel, soumis à un équilibre nécessaire et salutaire entre plusieurs pôles d'intérêt et de vie.

Il n'est pas possible de dresser une liste des différentes formes d'engagement qu'un individu peut formuler pour lui-même, tant est riche la palette des possibilités humaines, tant sont différentes les capacités, qualités et sensibilités culturelles, les valeurs entre les êtres humains et il s'agit avant tout d'un compromis moral avec soi-même, visible ou non au regard des autres. Ce qui constituera un engagement de grande valeur pour l'un pourra apparaître comme sans intérêt, futile ou tout simplement incompréhensible pour l'autre. Néanmoins pouvons-nous trouver des invariants entre ces différentes formes d'engagement ?

Un engagement est avant tout un « contrat » avec soi-même, avec sa conscience, avec les valeurs que l'on s'est donné explicitement ou non, par rapport à un objectif à atteindre. Et comme dans tout contrat, cette prise de décision librement consentie est corrélative de devoirs, d'obligations, de commandements, non négociables, et, par voie de conséquence, des choix à faire, qui ne sont plus réversibles, sauf à rompre l'engagement initial. Dans ce contexte, la discipline, l'hygiène de vie, l'organisation de son temps, de ses efforts, de ses priorités, deviennent rapidement incontournables et doivent rapidement et inexorablement devenir des réflexes au profit et dans l'intérêt de l'objectif initial, qui devient de facto la pierre angulaire de toute action et réflexion ultérieures. Mais si fort pouvant être l'engagement initial, personne n'est parfait ni complètement préparé aux difficultés et vicissitudes de la vie qui peuvent mettre en péril la voie tracée, parfois pour se fortifier et mieux affronter les dangers futurs, la plupart du temps, parce que la vie n'est pas linéaire et est parsemée de tous ces impondérables qui font partie de son essence même.

Mais pouvons-nous vivre toute une vie sans engagement ?

Cette question pose le problème de l'utilité de sa propre vie, qu'elle soit exprimée de manière explicite et qu'elle pointe inconsciemment au fond de soi : que vais-je faire de ma vie ? Que suis-je venu faire sur Terre ? Quel sens pourrais-je donner à ma vie ? Comment puis-je utiliser intelligemment, pour les autres, pour la postérité ou pour soi, cette expérience humaine qu'il m'a été donné de vivre ? Cette question pouvant devenir de plus en plus prégnante, quand nous approchons ou dépassons la mi-vie. Suis-je capable de vivre toute mon existence sans aucun engagement vis-à-vis des autres, de ses proches, de moi-même, de cette société qui me permet d'exister ? L'ordre moral en général, l'organisation des sociétés humaines, la haute valeur de l'engagement dans toutes les civilisations, dans toutes les époques poussent sans doute d'une manière ou l'autre chacun de nous à se poser cette question d'un engagement pour une cause, pour une personne, pour un idéal qui dépassera le quotidien de notre existence.

Si je n'ai pas cherché à répondre précisément à la problématique de l'engagement au niveau individuel, j'ai tenté d'explorer les différents questionnements auxquels tout être humain peut, et, sans doute, doit se confronter, pour être en paix avec lui-même, même si la forme de la question peut prendre des chemins parfois détournés et pas immédiatement reconnaissables.

Hervé Bernard



La question que je me pose est la suivante :

Comment puis-je distinguer ce qui ressort de la promesse ou de l'engagement ?

Ces concepts sont ils différents, puis-je les distinguer, le regard que je porte vers l'extérieur peut-il me permettre d'obtenir une réponse satisfaisante ou ne serait-il pas souhaitable de rechercher la réponse en moi à partir d'une compréhension acquise par l'expérience directe ?

Lorsque je me suis engagé il y a longtemps dans un travail analytique, je me rappelle que pour parler de moi, je disais « on ». Mon thérapeute me reprenait très justement en me faisant remarquer qu'il était plus juste de me nommer « Je ».

Des années plus tard, j'acquis la conviction que je n'étais pas le « je » que je prétendais être, mais bien au contraire, le « on » de mon innocence qui se révélait en vérité exact, le plus proche de ma réalité existentielle.

En observant à quel point, mes sentiments et pensées selon les circonstances influençaient mon comportement et mes décisions les plus importantes, je ne pouvais qu'adhérer complètement au concept de l'être multiple qui dans un corps unique est en réalité gouverné par un ensemble de « je », indépendants, opposés même, agissant toujours pour leurs intérêts propres et immédiats.

J'observais également que ces « je » manifestaient un discours commun apparemment cohérent.

Ils prétendent tous être unique, exigent qu'on leur fasse confiance, s'attribuent des propriétés telles que la permanence, la responsabilité, la fidélité, la volonté, etc.

Mais comment distinguer le mensonge ?

Ces propriétés sont elles réelles, parce qu'aucune influence externe ou interne ne vient perturber un équilibre ?

Ou bien, existe t-il en cet homme ou cette femme un « je » permanent, élaboré, construit après des années, voir toute une vie de travail, une vie de combat pour accepter, se confronter et se libérer de ses contradictions matérialisées, manifestées et défendues par chacun de ces « je » ?

Selon chacune de ces possibilités, quelle valeur pouvons-nous attribuer à notre engagement ?

Suis-je cette homme qui a su et a pu devenir libre, qui peut aujourd'hui dire avec certitude et vérité « Je ne suis pas cette pensée, ce sentiment qui m'anime, mais je suis quelqu'un qui s'en distingue et qui se rappelle en toute circonstance moi-même et mon but ».

Dès lors, le véritable engagement ne serait il pas une propriété de ceux qui se sont engagés d'abord vis-à-vis d'eux même, qui ont accepté et compris qu'ils avaient vécu leur vie à travers un matériel qui depuis leur enfance avait reçu un ensemble d'influences externes en harmonie ou non avec leur destinée étrique.

Quand je saurai qui je suis, ou je vais et ou je veux aller, ces « je » n'auront plus de raison d'être. J'aurai fait le choix des influences et de mon engagement rendu réel par un « je » unique et véritable.

Chessy, le 29 janvier 2012
Philippe Delagneau



L'engagement n'est pas seulement un simple mot comme s'il s'agissait de remplir une condition. C'est une valeur nécessaire pour accomplir la mission qui est effectuée dans tout type d'organisation (famille, travail, école, université, etc.).

Être engagé va au-delà de remplir une obligation. C'est mettre en jeu nos capacités pour mettre en avant tout ce qui nous a été confié et donné, parce que nous sommes devenus responsables de cette situation. Quand on se responsabilise, cela signifie qu'on va se charger de quelque chose. Par conséquent la parole est donnée, ce qui équivaut à une signature. Et si la tâche n'est pas accomplie, la confiance sera mise en doute.

Une personne engagée est celle qui remplit ses obligations en faisant un peu plus que ce qui est attendu d'elle, toujours avec amour, parce qu'elle vit, pense et rêve de mettre en avant la vie qu'elle porte. Ce peut être : sa famille, son travail, ses études et tout ce pour quoi elle a engagé sa parole.

Tous, nous avons des engagements de natures diverses, et selon le statut de la personne, comme pères de famille, comme fils, comme travailleurs, comme étudiants, etc. Il y a également des personnes qui pensent qu'avoir un engagement c'est être toujours lié par un contrat, par une promesse qui a été donnée à quelqu'un de très cher, comme une célébration de mariage, etc. Or il n'y a pas que ces engagements dans la vie.

Le fait d'accepter formellement un engagement, laisse supposer que nous savons très bien ce dont nous sommes disposés à faire, nous connaissons tous les aspects, les conséquences et les obligations concomitantes. Presque toujours, la rupture de l'engagement est due à des négligences souvent volontaires, comme principalement la paresse, le confort et l'égoïsme.

Il ne suffit pas d'accomplir ce qui est prévu, ce qui est stipulé, ce qui est évident (travail, maison, famille, études, etc.). Tout engagement a de nombreuses implications.

Examinons les plus importantes.

Dans mon cas, je pourrais citer les obligations suivantes faites avec amour :

Comme travailleuse : Je suis enseignante et j'ai beaucoup de responsabilités et d'obligations. Arriver à l'heure aux cours, offrir les meilleures connaissances à mes élèves, apporter des projets institutionnels à l'école, développer mes capacités. Et tout cela je le fais avec engagement depuis mon lieu de travail comme depuis ma maison.

Comme amie : Nos amitiés sont-elles positives et importantes ? Est-ce que nous pensons aux amis seulement quand ils ont quelque chose à nous offrir. L'amitié se cultive, il est nécessaire d'appeler, de rechercher l'autre, d'envoyer des courriers électroniques et de rendre visite aux personnes avec lesquelles nous avons une affection mutuelle, mettre en parenthèses son bien-être personnel et familial. L'amitié n'est ni facile, ni difficile à condition d'être conscients et de donner de la valeur à ceux qui nous sont proches.

Comme citoyenne : Éviter l'indifférence. Nous ne pouvons pas nous plaindre de la situation actuelle du pays sans faire quelque chose pour le changer. Il faut prendre part aux élections, soutenir des campagnes qui profitent à tous, dans le secteur de la santé, du travail, de l'activité législative.

Le pire qui peut nous arriver consiste à croire que nous ne pouvons que faire peu, comme si nous vivions isolés. Promouvoir la sécurité, la propreté et les services de base pour le lieu où nous vivons, c'est une manière de nous engager avec notre société et notre nation. C'est pourquoi nous participons et proposons des projets à notre municipalité pour résoudre les problématiques de notre quartier, aidons en apportant des stratégies pour résoudre les conflits.

Dans tous les cas, il y a lieu de protéger les personnes, les institutions et entreprises avec lesquelles nous sommes en relation. Il est triste de voir un étudiant abandonner son école, les personnes préférant et exaltant les avantages qui sont accordés dans un autre pays, se plaignant de leur conjoint à des personnes étrangères, aspirant, à la suite d'une incompatibilité, au travail dans une autre entreprise.

Combien y a-t-il d'engagements et quelles choses ils impliquent ! Si cela paraît beaucoup, nous avons vécu avec les yeux fermés devant les responsabilités, pensant seulement recevoir des bénéfices, avec la crainte de donner plus de nous-mêmes. Soyons honnêtes, il ne s'agit pas de crainte, mais d'égoïsme.

La personne engagée est généreuse, cherche comment donner davantage d'affection, faire plus d'effort, apporter plus de bien-être… Autrement dit : aller au-delà de ce que demande en principe son devoir. Il est heureux avec ce qu'il fait au point de ne pas cataloguer l'engagement comme une charge, mais comme un moyen idéal pour perfectionner son être en se mettant au service des autres.

Il est important d'enseigner cette valeur de grande importance aux enfants dans les écoles et à la maison pour qu'ils puissent développer une meilleure qualité de vie ; que les obligations et les responsabilités soient accomplies avec l'esprit de l'amour, du bonheur et de la force du compromis. En conclusion, s'engager, c'est mettre au maximum nos capacités pour mener à bien avec succès ce qui nous est confié. L'engagement qui est fait avec le cœur va au-delà de la signature d'un document ou d'un contrat. Quand nous nous engageons, c'est parce que nous connaissons les conditions que nous acceptons et les obligations que celles-ci entraînent.

Prof. Carla Manrique



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SOS Psychologue



La notion d'engagement renvoie à de multiples significations, apparemment très éloignées et toutefois liées, c'est-à-dire, que dans tout on s'engage soi-même. Plus précisément c'est prendre une décision libre et surtout être prêt à en assumer soi-même les conséquences.

S'engager, c'est par conséquent prendre une responsabilité qu'on n'était pas obligé d'accueillir. L'engagement repose donc sur la liberté.

Tout d'abord, ce qui me vient à l'esprit c'est un texte de Goethe sur l'engagement et que je cite :

Avant d'être totalement engagé,
L'hésitation nous tenaille.
Il reste une chance de se soustraire à l'initiative.
Toujours la même impuissance devant la création.
Il existe une vérité première dont l'ignorance a déjà
Détruit d'innombrables idées et de superbes projets:
Au moment où l'on s'engage totalement
La Providence éclaire notre chemin.
Une quantité d'éléments sur lesquels on ne pourrait jamais compter
Par ailleurs contribuent à aider l'individu.
La décision engendre un torrent d'événements et l'individu
Peut alors bénéficier d'un nombre de faits imprévisibles
De rencontres et de soutien matériel que nul n'oserait jamais espérer.
Quelque soit la chose que vous pouvez faire
Ou que vous rêviez de faire, faites-la.
L'audace a du génie, de la puissance, de la magie.
Commencez dès maintenant.
Goethe

Il y a ce qui est sous-jacent à l'engagement, c'est-à-dire, respect, valeur, responsabilité et conscience. Si tous ces ingrédients sont présents alors l'engagement prend vie, il a une signification, un sens pour celui qui s'engage.

Que peut-on dire de l'homme et de ses engagements que ce soit sur le plan politique, sentiment, religion, social, etc. ?

La grande majorité des êtres s'engagent sans la conscience de ce que cela implique, ce qui les guide ce sont le pouvoir, l'avidité et l'égoïsme. Ils leur manque malheureusement l'éveil et la permanence en eux pour êtres des hommes responsables et capables d'assumer et de maintenir leur choix.

Fait à Chessy, le 26 Janvier 2012
Claudine Thomas