NUMÉRO 146 REVUE BIMESTRIELLE décembre 2012-janvier 2013

Choisissez la couleur du fond d'écran :

Revenir en mode de visualisation classique

Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  La lutte La lucha
 
Bernard, Hervé La lutte
 
Cohen, Rut Movimientos creativos
 
Delagneau, Philippe La lutte
 
Durieux, Marie-José Poème à Graciela Poema a Graciela
 
Giosa, Alejandro La lucha
 
Manrique, Carla La Lucha contra el ego
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de décembre 2012
 
Thomas, Claudine La lutte


Envoyer à un(e) ami(e)
    envoyer à un(e) ami(e)    
   Imprimer/Imprimir
    imprimer    
   Vos réactions sur ces articles
    vos réactions sur ces articles    


Avant le jour de la création, la lutte était déjà présente, en latence, pour se manifester dans la première séparation entre les ténèbres et la lumière. Et la lutte continue aujourd'hui, à chaque instant de notre vie, car nous sommes le miroir microcosmique d'un macrocosme ancré par Dieu.

Lutte pour naître, conciliation permanente entre la force négative et la force positive. Nous vivons dans la lutte en nous-mêmes la superbe manifestation d'une étincelle de la lutte primordiale.

Dès la naissance nous sommes confrontés à des étayages contradictoires, parfois paradoxaux, des étayages dans lesquels nous sont appris tout et son contraire. Mais cette ambivalence nous aide à vivre dans une lutte permanente pour survivre au commencement, pour sortir des identifications projectives, plus tard pour acquérir une identité accueillante de toute formation et information qui peuvent nous permettre de devenir conscients et sortir lentement, mais sûrement de la position de paraître pour accéder à celle d'être.

Aujourd'hui ma lutte est centrée sur la transmission. Il est plus facile de rester dans le silence que de partager sans égoïsme ce que nous avons compris. Heureusement je trouve en moi la brèche pour me rendre disponible aux autres. J'essaie de communiquer la valeur d'être inconditionnel sans pour cela être complice.

De toute manière, chaque minute de notre vie est une lutte et je vous propose : « Laissez venir la vie, contemplez sans préjugé, prenez le temps de comprendre, pour pouvoir un jour interpréter, sans trop se détourner de la vérité relative à laquelle, nous les êtres humains, nous pouvons accéder ».

En face d'une colère, ne l'étouffez pas, il faudra l'accompagner, jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli, soyez des conciliateurs ! Notre lutte depuis la naissance jusqu'à la fin, n'est que pour devenir conscient et nettoyer les obstacles de notre vie, par le travail avec nous-mêmes.

Mais comme disait Sartre : « Avec les autres pour les autres ».

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Goethe dit : « j'ai été un homme, c'est à dire un lutteur »

Ce poète fut en même temps un homme de génie et un profond penseur. C'est une preuve de simplicité de sa part.

Cependant, beaucoup d'entre nous auraient pu formuler la même réflexion avec autant de sincérité. De fait, la volonté nous semble nécessaire dans la plupart des circonstances de la vie.

***

Nécessité de la volonté : la vie est une lutte

Contre soi-même

Pour s'imposer des contraintes :

Afin de corriger certaines dispositions physiques comme, par exemple, Démosthène qui dut s'exercer pour former sa voix qu'il avait faible avec un défaut de prononciation ; afin de réprimer ses défauts, car il faut de la volonté, de la ténacité et du courage pour reconnaître ses infériorités et ses tendances répréhensibles.

Pour affermir et développer ses dispositions physiques, ses talents et ses qualités morales.

Pour acquérir les connaissances et les capacités qu'exige l'exercice d'une profession.

Contre les autres

Pour se défendre contre leurs mauvais exemples, leurs mauvais conseils et leur inintelligence.

Pour sauvegarder et affirmer sa personnalité de manière à agir selon ses goûts, ses idées et ses opinions ce qui peut provoquer la surprise, la méfiance, la critique, le blâme de l'opinion publique.

Pour défendre ses intérêts, sa réputation, son bonheur en luttant contre les médisances, les calomnies et les entreprises motivées par l'esprit d'intrigue, l'envie et la haine.

Contre les événements

Les événements heureux qui peuvent déterminer l'imprévoyance, l'affaiblissement de la volonté, le développement excessif de la sensibilité, la vanité si souvent reprochée aux « parvenus » et l'indélicatesse.

Les événements malheureux dans le domaine matériel avec la nécessité de la lutte pour la vie, pour le plus grand nombre des individus nés sans ressources ou sans ressources suffisantes. Or l'exercice d'un métier, d'une profession est le plus souvent une fatigue et une contrainte.

Il y a aussi nécessité de lutter pour ceux qui ont des revers de fortune, pour ceux qui perdent leur situation.

Dans le domaine moral ou affectif en raison des échecs dus à diverses circonstances, à des déceptions, à des deuils.

Les événements indifférents avec la nécessité de lutter contre les habitudes routinières.

***

Ainsi que ce soit en raison de circonstances indépendantes de notre volonté ou que ce soit de notre propre gré en raison d'un idéal, il semble bien que la vie apparaisse le plus souvent comme une lutte.

Pourtant, la volonté, le courage, si grands soient-ils, peuvent, dans certains cas, rester vains. Il est plus prudent de renoncer à certains désirs, à certains projets, à certaines ambitions.

***

Vanité de la lutte

Contre la nature

Les vents et les climats qui sont meurtriers pour certaines régions

Contre certaines infériorités innées

Comme celles de Guillaume II affligé d'une paralysie congénitale du bras gauche ou des infériorités mentales.

Contre certaines personnes

Avec la difficulté de lutter efficacement contre certains êtres caractérisés par la brutalité physique, l'absence de scrupules, la grossièreté des sentiments.

Contre les conditions de la nature humaine

Par l'ignorance de la destinée, des fins de l'homme et de la création. Par les limites de la liberté, la brièveté de la vie…

D'autre part, la vie peut offrir des joies qu'il n'est pas nécessaire d'acquérir par la lutte. Ce sont celles que donnent les affections de la famille, l'amitié, la beauté de la nature, etc.

***

Toutefois, malgré ces quelques restrictions, il semble bien que la vie soit une lutte où la volonté, le courage, l'énergie aient à jouer un rôle très important. Aussi sans vouloir tomber dans les excès où peuvent conduire l'instinct de puissance et le goût de la domination, il apparaît nécessaire de concevoir la vie comme Goethe l'a fait et de pouvoir dire comme lui :

« J'ai été un homme, c'est-à-dire un lutteur. »
Fait à Paris, le 16 janvier 2013
Et je lutte entre la nécessité d'achever un deuil
et la réalité de le faire sans t'oublier.
Merci pour avoir partagé nos luttes
en face des réalités de la vie,
en face de nos enfants pas toujours faciles.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le thème de la lutte me fait aussitôt penser à la maxime « struggle for life », que l'on peut traduire en français par « lutter pour vivre » ou, après un glissement psychologique par « lutter pour exister » ou, sur un plan plus global, « lutter pour être ».

Si la lutte est d'abord un sport de combat, bien éloigné de nos activités habituelles pour la très grande majorité d'entre nous, en quoi peut-elle nous servir comme qualité ou simplement comme exemple dans notre comportement au quotidien, dans notre attitude face à la vie ?

S'il est clair que les animaux sauvages doivent lutter presque à chaque instant pour trouver leur nourriture, se protéger contre les prédateurs, les intempéries ou ses congénères, les animaux domestiques sont très loin de cette situation puisque l'homme subvient complètement à leurs besoins sans qu'il ne soit nécessaire pour eux de lutter, comme selon un contrat moral où la contrepartie serait l'affection qu'ils nous portent, plus ou moins explicitement, souvent sinon tout le temps sans exclusive. D'ailleurs un animal domestique est incapable de survivre quand il doit revenir à la vie sauvage.

Toutefois, cette comparaison entre animaux sauvages et animaux domestiques, tendrait à démontrer que l'homme, en grande majorité protégé par la société de manière générale, et si on analyse plus en détail, par les forces de police, les habitations, toutes les infrastructures et institutions qui lui permettent d'agir, de penser, de se projeter dans l'avenir sans devoir préparer ou mettre en œuvre des plans de batailles, des armes ou des postures menaçantes ou agressives. Une analyse plus fine met rapidement en évidence que la sécurité à cent pour cent n'existe pas, même dans un environnement protégé et sécurisant, l'homme est soumis à des agressions physiques, morales, psychologiques de tout ordre, en général bien explicites, mais parfois subtiles, discrètes, pernicieuses, voire cachées, contre lesquelles il doit se préparer et se prémunir.

Il peut paraître antinomique de dispenser un message à l'apparence martiale pour promouvoir la lutte et les techniques, postures, réflexes, attitudes mentales, stratégies, tactiques et divers objets qui peuvent lui être associés, alors que nos sociétés fonctionnent de plus en plus dans des états de droit, avec des cadres réglementaires de plus en plus complets et sécurisants, des infrastructures et des dispositifs de plus en plus sûrs et un discours qui mêle assistanat et messages que tout est sous contrôle.

Mais rien dans notre univers n'est pérenne, l'occurrence de crises est inhérente à tout système, à toute organisation, à tout biotope : un environnement qui pousse de plus en plus à réduire sa capacité de lutte peut dysfonctionner, tomber en déclin, connaître des catastrophes où lutter peut alors devenir essentiel pour survivre et défendre son territoire, ses intérêts ou ses moindres et ultimes chances de s'en sortir.

C'est pourquoi il est important de toujours se préparer au difficile, à l'impensable, au non prévisible, voire au pire des scénarios, quand savoir lutter devient la meilleure assurance pour ne pas perdre pied, ne pas abandonner la partie et donner une chance à ses capacités de défense et d'attaque d'être utilisées avant d'être efficaces.

Lutter est d'abord une arme d'essence psychologique avant d'être une arme physique, car que serait lutter s'il n'y a pas la motivation de se battre, s'il n'existe pas la volonté de se servir des ses armes personnelles. Il faut donc au préalable lutter contre l'inertie, le manque de prise de conscience et de confiance en soi, pour développer des capacités pour lutter et surtout des capacités psychiques et morales de pouvoir s'en servir quand l'environnement et la situation l'exigent.

L'esprit de lutte gagne donc à être intégré dans l'éducation, à l'école, dans le cercle familial, dans le message général de la société et de ses citoyens, au travers des valeurs reconnues et mises en œuvre, et surtout entretenu pendant toute sa vie, ce qui signifie un effort personnel et un entraînement régulier.

Mais il ne s'agit de céder à des excès qui viseraient par exemple à armer chacun d'entre nous, comme nous le montrent régulièrement les actualités américaines avec les tragiques accidents que nous connaissons, ou de réagir à tout propos ou à toute situation qui semblerait montrer un risque pour notre sécurité, pour l'intégrité de notre moi ou de notre soi. Il convient, comme en toutes choses et pour suivre le précepte bouddhique « la voie du milieu est la voie de la sagesse », d'agir de manière mesurée, donc à un niveau adapté à la menace, sans quoi l'ambiance va devenir invivable et créer des cohortes de névroses, comportements extrêmes regrettables, des niveaux de stress porteurs de pathologies plus ou moins graves à long terme, bref dégrader le climat social et créer des clivages entre ceux qui pourront s'en accommoder et ceux qui seront laissés sur le bord du chemin.

La lutte n'est pas la guerre, heureusement même s'il existe des liens et des zones communes entre elles. Au contraire, la lutte est une alternative essentielle, primordiale pour qui veut vivre en paix, au sens le plus large du terme, et éviter le conflit ouvert. La lutte doit être un mode de vie qui doit se situer entre lutter proprement dit et se préparer à lutter en toutes circonstances.

Mais alors que signifie lutter ?

Il serait vain de vouloir décliner toutes les modalités que peut revêtir la lutte vis-à-vis des autres, vis-à-vis de son environnement ou encore face aux circonstances de la vie, car elle dépend des capacités, des valeurs morales et des sensibilités de chacun. Lutter peut prendre des formes très différentes en fonction de la réponse la plus adéquate à apporter à une situation afin de gérer le court terme, mais aussi le long terme.

J'ai toujours été marqué par cette maxime d'Isaac Asimov, auteur célèbre de romans de science-fiction, mais qui connaissait bien l'esprit humain « La violence est le dernier refuge de l'incompétence ». Lutter c'est mettre en œuvre toutes les possibilités, toutes les actions qui permettent d'éviter la zone dangereuse si notre sécurité psychologique ou physique peut être atteinte. C'est savoir anticiper, c'est-à-dire reconnaître le danger, qu'il soit dirigé ou non, conscient ou non de la part d'une ou d'autres personnes, pour ne pas se retrouver au pied du mur de la confrontation, dans une situation intenable où nous pouvons devenir violent ou complètement anéanti.

La lutte est un rapport particulier à l'espace et au temps. Cela peut être tout simplement savoir dire « NON » à un chemin, à une proposition, à une situation, même s'il nous en coûte à court terme.

Lutter, c'est toujours savoir se positionner dans l'espace et le temps afin de préserver une lieu d'équilibre et un rapport harmonieux par rapport au monde, par rapport à son propre monde, ce qui nous entoure et ce que nous avons construit à l'intérieur.

Lutter se rapprocherait plus de la force intérieure, d'une structure intérieure solide, associée si possible à des objectifs de vie, clairs et précis, car on se bat mieux pour atteindre un but que pour défendre un territoire à conserver.

La lutte est universelle et s'adapte aux civilisations, aux cultures et à l'histoire pour constituer une modalité d'être et une conception du monde, intrinsèque au vivant, et lui permettant d'exister et de faire rayonner son être.

Terminé, le 22 janvier 2013, dans le train qui remonte sur Paris.
Hervé Bernard



Quel sens pouvons-nous-lui donner ?

La question est pertinente, car elle a au moins le mérite de la distanciation, d'un stop par rapport à une idée communément admise et véhiculée par notre éducation dés le plus jeune âge à travers les bandes dessinées ou les livres d'histoires.

L'idée communément admise dans son ensemble, est qu'il y a d'une part les gentils, d'autre part les méchants dont, évidemment, nous ne faisons pas partis. Et si nous avions échappé par hasard à cette influence, notre éducation à travers les médias et films d'aventure en tous genres sont là pour nous rappeler cette grande vérité.

Nous vivrions donc dans un monde dualiste, les gentils s'opposant aux méchants. Bien sûr, dans notre vie d'adulte, les termes changent et deviennent savants soutenus par la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces, ou les plus faibles cèdent la place aux plus forts. En somme, la destinée de l'homme serait celle de se conformer à un phénomène naturel et automatique, de deux forces qui s'opposent.

Mais ce qui nous est également transmis est que la nature ou un phénomène plus mystérieux a doté l'homme d'une conscience morale, une conscience objective qui voit, et fait interroger l'homme qui agit.

N'avez-vous pas un jour observé chez les autres principalement, comment un acte objectivement amoral pouvait être justifié par son auteur dans un sens positif, considérant qu'en toute occasion, il agit uniquement pour le bien ?

Comment ne pouvons-nous pas surprendre à travers ces propos l'écho peut être lointain d'une moralité qui interpelle, presque surnaturelle ? D'où vient-elle, de qui émane-t-elle ?

Nous pourrions objecter que nous observons le résultat d'un conditionnement, d'une leçon bien apprise, en somme, d'une imitation. Je suis bien d'accord, mais alors comment est-ce possible d'imiter quelque-chose ou quelqu'un qui n'existe pas. Cela me semble un non sens et ne correspond pas à mon expérience empirique.

Je sens cette présence, je vois l'imitation et j'observe la justification, un outil bien sophistiqué que nous savons manier pour servir nos intérêts égoïstes avec l'innocence d'un nouveau né, toujours pour le bien d'un principe, d'une communauté, d'un pays, d'un monde.

La lutte fratricide qui nous est proposée et qui repose sur la dualité ne devrait pas être la nôtre. Nous ne sommes pas seuls ni opposables. Interrogeons cette conscience qui nous interpelle.

Si seulement, nous pouvions accueillir, occuper avec elle l'espace du mensonge, de l'avidité, de l'envie, de la jalousie, de l'orgueil, notre destinée s'en trouverait changée.

Que la lutte mécanique pour laquelle je suis conditionné devienne ma lutte consciente et volontaire dans le but objectif de donner un sens aux valeurs objectives, un sens à la présence de la vie, un sens à la création.

Fait à Chessy, le 27 Janvier 2013
Philippe Delagneau



Ode à ma psychologue

Elle était là dans son fauteuil, elle a souffert dans son corps, dans sa chair, elle souffre encore.
Mais quand tu es là, ta douleur annihile les autres.
Elle a aimé à la folie, passionnément, toujours, mais dans son regard tu resteras l'unique.
Elle est intemporelle, confidente, tour à tour mère, sœur, amie.
Quelle que soit celle que tu cherches, tu la trouveras auprès d'elle.
Elle n'est pas grande, mince silhouette, sylphide à la démarche aérienne.
Lorsqu'elle t'étreint, tu es envahi par sa force.
De son Argentine, elle a gardé son accent chantant, et lorsqu'elle te parle, elle te transporte vers d'autres horizons.
Ami, toi qui est dans la peine, qui te bat avec les démons de ton âme, perdu dans la vie, tu ne sais où aller, alors ne cherche plus, son cœur, comme sa porte, te sont grands ouverts.
Et pour toi, elle sera là dans son fauteuil.
Marie-José Durieux



Pour lire ce fichier PDF, cliquer sur l'icône :

Si vous ne possédez pas le logiciel
Acrobat Reader
indispensable pour sa lecture,
vous pouvez le télécharger sur le site :
Acrobat Reader

SOS Psychologue



Lutter pour sa propre évolution c'est essentiel, je dirai même que c'est vital, ce devrait être le but de chacun d'entre nous.

C'est un travail de transformation intérieure, car presque tout ce que nous avons fait dans notre vie a été tourné vers l'extérieur et la vie extérieure a absorbé la presque totalité de notre vie. Le temps consacré à nous tourner réellement vers nous-mêmes est infime par rapport à celui tourné vers l'extérieur. Il s'agit de nous éveiller afin de nous connaître et découvrir par la voie de la conscience le sens même de notre vie. Il est essentiel que l'homme prenne conscience que sa vie n'a pas de but et pas de sens, qu'il doit travailler pour gagner sa liberté et abandonner sa mécanicité.

Toutes les disciplines du développement de l'homme quelles qu'elles soient commencent par une lutte, c'est une nécessité conforme aux lois générales d'évolution de la vie : commencer, continuer, achever, entretenir.

La vie est une lutte de chaque jour, de chaque instant, elle nous maintient debout, dans la joie et l'espérance. Dans ce cas, la vie n'est pas vide et prend tout son sens. L'observation en vue de la connaissance de soi commence par la lutte contre les habitudes qui nous font apparaître tels que nous semblons être. Cette lutte, à cause de son inutilité immédiate, l'impuissance, l'énergie qu'elle demande, est difficile et rebutante. Elle n'est concevable pour une personne que si cette dernière a compris la nécessité de se rappeler pourquoi elle l'entreprend. Si cette personne comprend qu'il est nécessaire de se soumettre à cette discipline, alors la lutte contre les habitudes devient le moyen de se voir tel que l'on est et, sans s'en rendre compte, le premier instrument de sa transformation intérieure.

Celui qui approche un tel travail sur lui-même se sent touché et convié à une remise en question des valeurs sur lesquelles il appuyait jusqu'à présent sa vie. Une telle demande intérieure nous montre à quel point les connaissances que nous avions sur nous-mêmes et sur la vie restaient superficielles. À force de lutte, la vie émerge et nous nous sentons émerveillés de découvrir la réalité. Une autre vie que nous ne soupçonnions même pas auparavent. Pour qu'un travail soit effectif il doit reposer sur des bases solides et équilibrées.

Pourquoi l'homme ne se questionne t-il pas ? Pourquoi se trouve t-il devant telle ou telle difficulté ?

L'homme doit comprendre que dans sa vie des chocs lui sont nécessaires, que ces chocs ne sont pas contre lui, mais qu'ils sont indispensables à sa propre évolution. Ce sont des cadeaux, des opportunités pour lui afin qu'il lutte et grandisse. Au fur et à mesure de sa lutte, de ses efforts, il verra sa force et sa capacité d'adaptation à différentes situations évoluer et pourra ainsi aborder la vie avec plus de sérénité, il se verra confiant, sûr de lui et bien debout dans son axe.

La non lutte mène à la paresse qui est la mère de tous les vices, au désespoir et à sa propre dégénérescence.

Fait à Chessy, le 20 Janvier 2012
Lorsque je regarde dehors et que je vois toute cette blancheur
je ne peux m'empêcher de penser
à la pureté, cette neige immaculée,
sans les traces de l'homme, c'est apaisant,
quel beau spectacle !
Mon plus beau souhait en ce début d'année
est que l'homme prenne le temps de se tourner vers lui-même,
de se questionner et qu'il lutte sans cesse
pour son évolution afin d'être plus conscient.
Claudine Thomas