NUMÉRO 131 REVUE BIMESTRIELLE juin-juillet 2010

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Être positif
 
Bernard, Hervé Être positif
 
Delagneau, Philippe Être positif
 
Giosa, Alejandro Ser positivo
 
Manrique, Carla Cómo mejorar la calidad…
 
Recher, Aurélien Être positif
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de mai 2010
 
Thomas, Claudine Être positif


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Si ce que tu veux dire est moins important que le silence tais toi et laisse le temps du silence dominer, et tu verras que les feuilles de l'automne seront parties vers des horizons différents, il n'y aura pas non plus la solitude comme remède à ton vouloir sans bornes de cacher ta vraie souffrance d'animal abandonné sous une pluie qui tombe en averse ; et parce que la dernière heure du jour est arrivée, je me demande encore si l'aube pourra se manifester sans le regret d'être ignorée, car il est triste de contempler l'indifférence dans laquelle nous vivons les choses importantes de l'équilibre cosmique.

Fait à Paris en attendant la prochaine résurrection. Demain matin, selon mes calculs.

Aujourd'hui, je t'attendais comme toujours sans connaître ton visage, mais mieux dit, sans savoir lequel pouvait être ton visage à ce moment de notre vie où nous sommes depuis si longtemps séparés par la mort dans cette vie que nous avons pensé éternelle. En approchant Nietzsche dans « l'Idéal ascétique », il considère que les religions jouent un grand rôle dans la Genèse de la civilisation par la répression des instincts. Nous étions si positifs pour nous passer de considérer l'instant de mort ; dans ce sens nous avons fait l'abstinence de toute réflexion au sujet de la disparition du corps et tu me protégeais, parce que ma présence était l'évidence de ta présence dans le vivant.

ÊTRE POSITIF

Il se peut que ce soit mieux de commencer à se questionner au sujet du sens que nous voulons donner aujourd'hui à ce mot, pour moi, il s'agira d'un processus dynamique dans le transit vers une conscience plus élargie qui permettra l'accès à des perspectives nouvelles pour la compréhension des événements aussi bien que les autres protagonistes du dit événement. En principe, si quelqu'un que je considère me demande de l'aide je réponds presque instinctivement : oui, ce oui me permet d'apaiser l'approche angoissée de l'autre dans le mystère de son questionnement. Je prends alors le temps de me mettre en dehors du « temps »pour plonger dans l'instant de l'autre qui devient notre temps du partage. En écrivant, je me vois en train d'être positive, rien à craindre, nous sommes les seules dans une route initiatique, et dans une vibration de « notre » énergie beaucoup plus subtile et généreuse, il n'y a plus d'interdits, les transgressions sont permisses, les préjugés sont pulvérisés par nos pas comme les feuilles mortes d'un automne qui s'égare, et je crois sans aucun doute à la vérité dans le discours de l'aujourd'hui de l'autre. En Argentine, il y a une bande dessinée qui s'appelle « Mafalda » et dont la qualité est dans la sustentation d'une philosophie de la vie ancrée sur le réel qui la rend merveilleuse, positive, nous fait rire, mais surtout nous donne des leçons. Je me souviens d'une petite histoire qui s'est passée à Buenos Aires : Mafalda était avec son amie Susanita (une petite bourgeoise dont l'unique rêve était de se marier depuis sa petite enfance avec un homme riche et convenable pour lui faire des enfants et lui donner une vie facile). À ce moment est arrivé une 2 CV conduite par un homme, une 2 CV au milieu des voitures de grand luxe et ostensiblement appartenant au type « people » dont parle les magazines de femmes, c'est-à-dire plus tôt plouc et clinquant, mais avec un bel appartement et des chaussures bien cirées, Susanita regarde avec horreur la 2 CV et l'homme qui sort de la même voiture. Elle est horrifiée, Mafalda lui répond : la voiture c'est rien l'important c'est l'homme.

Je sais bien qu'il pleut, mais pas dans mon âme, j'ouvre le livre de mes secrets, je profite du bruit léger de la pluie qui m'apaise de plus en plus, une sensation de plaisir sans parasite m'accompagne. Je fais la lecture de mes rêves et je me pose la question de son sens aujourd'hui dans ma vie. Je suis sûre de trouver la clé de mon présent, le sens de mon projet de vie, j'expérimente le besoin d'explorer des horizons qui m'ont été interdits, j'ai envie de connaître des pays dont je n'ai même pas imaginé vouloir connaître. Le silence enveloppe mon apparente solitude en lui donnant du sens et je suis bien, car tout ce qui est et qui sera dépend largement de tous les moments de ma vie, moments que je n'ai jamais cessé de construire. Ma conscience est tranquille et je me sens positive, je n'ai pas de dettes, je suis en paix, mon travail est une source d'évolution. Le partage avec mes élèves permet l'arrêt du temps par le vécu du moment privilégié que seulement nous pouvons vivre quand les chercheurs se mettent ensemble à travailler pour comprendre le mystère insondable et le sens de notre vie sur terre. Je regarde les glaïeuls à travers la fenêtre, il y a vingt ans et à chaque été ils reviennent, les pigeons couvent sur mon balcon, le silence et la paix engendrent en moi des états sans trouble et j'aime mon apparente solitude si riche et si simple, je n'ai pas besoin de beaucoup pour aimer la vie, j'ai l'impression d'exister sans manquer de rien. Il ne s'agit pas d'une résignation comme identification compensatoire c'est un état de grâce, merci à la création.

Fait à Paris, le 15 Août 2010
Comme je te disais il pleut des cordes,
Comprends-moi.
Je vivais pour toi et aussi pour moi, nous étions libres.
Je t'ai tant aimé que ta présence remplie les espaces les plus profonds de moi-même.
Nous n'avons rien perdu, nous nous aimons autrement.
Et c'est l'été et, comme il pleut aujourd'hui, il ne sera pas nécessaire d'arroser les plantes.
Je ne suis pas en train d'affirmer ton existence charnelle, mais ta présence éternelle dans cet instant où je suis.
Nous avons marché ensemble pendant 32 ans sur ce chemin initiatique où nous sommes arrivés au seuil de notre mystère.
Continuons.
Le chemin est devant, le passé n'existe plus.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Être positif est un état d'esprit, c'est comme une sorte de mosaïque de comportements réflexes dont l'unique objectif est de permettre la réalisation de ses aspirations les plus hautes, de ses projets les plus désirés, de ses souhaits les plus profonds.

La positivité n'est ni innée, ni acquise, c'est une qualité qui se travaille au quotidien.

Être positif, c'est garder espoir et maîtrise de soi, même si les événements extérieurs ou intérieurs cherchent à nous déstabiliser vers la colère, la déprime, le désœuvrement, le découragement. Alors qu'il est si facile de céder à des sentiments négatifs. C'est laisser ouvertes les vannes de cette énergie extérieure dont il ne faudrait jamais se couper, même quand nous nous retrouvons seuls dans l'adversité, perdus loin de nos repères personnels, familiaux, intimes qui nous rassurent, mais surtout nous gratifient d'un encouragement qui nous paraît comme un dû de la vie.

Mais la vie n'est pas toujours maîtrisée, d'ailleurs son essence est sans doute de n'être pas maîtrisable avec une garantie de 100%, comme s'il suffisait de payer une première fois pour toute la vie. Non, la vie ne fonctionne pas comme cela.

Il suffit d'observer la nature au plus près de nous, comme dans les plus lointaines contrées. L'homme depuis l'aube des temps a toujours, et de plus en plus chercher à maîtriser la nature, voire la dompter et même la tordre selon ses désirs même les plus fous, mais les catastrophes naturelles nous rappellent régulièrement qu'il n'en est rien : les tempêtes, les tsunamis, les inondations, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques égrènent çà et là leurs chapelets d'histoires dramatiques, parfois, et c'est là le pire, annoncées. Mais la population n'écoute pas la voix de l'histoire, la sagesse des personnes de bon sens ou plus responsables, ou leur propre voix face aux sirènes du profit, de l'orgueil ou de l'indifférence, bref de l'égoïsme.

Être positif, c'est toujours et encore combattre les aspects négatifs, les moins avouables ou les plus cachés de notre personnalité, ceux qui nous conduisent à l'échec, qui nous éloignent des autres, qui portent malchance à nos actions et à nos proches.

Être positif, c'est ne pas se laisser bousculer par les petites vicissitudes de la vie, celles que l'on ne peut pas toujours maîtriser dans le tumulte de la vie quotidienne, dans le flux serré des événements de nos journées bien chargées, sans droit à l'erreur, bien emprisonnés entre le cycle immuable de l'horloge et le poids de notre fatigue, de notre stress, de notre manque de sommeil.

Mais il convient de rester vigilant et conscient de tous nos actes et de tous les instants, être capable à tout moment de nous situer dans notre élan vers le but à atteindre, celui que nous nous donnons chaque jour, tous les autres que nous nous sommes librement, même si ce mot peut nous faire bondir, imposés dans notre vie.

Pour atteindre ce résultat, il est nécessaire de s'imposer une discipline de vie dans notre travail, dans les relations avec nos proches, de s'astreindre au même respect envers autrui que celui que nous attendons des autres.

La vie est comme un chemin parsemé d'embûches, mais surtout dessiné selon un relief plus ou moins tourmenté, que nous ne savons pas toujours bien anticiper. Il faut préserver de l'énergie pour parer aux coups durs, les accidents qu'il est plus difficile de prévoir, comme aux difficultés du relief. Aborder un col haut perché dans le brouillard les « piles à zéro » peut nous faire sourire, le tranquille observateur de ce voyage de cet autre si illogique. Pourtant, à bien y regarder, notamment après coup, quand nous acceptons de voir, c'est souvent notre propre situation. Certains ne veulent pas connaître la route, préférant garder intact le plaisir de la découverte, d'autres ont tellement la tête dans le guidon, qu'ils sont incapables de voir un peu plus loin.

Certes nous ne pouvons pas connaître tout le chemin de notre vie, au moins, car il reste toujours une part, sans doute faible, de hasard, mais nous choisissons néanmoins les régions traversées, le rythme du voyage, ceux qui nous accompagnent. Bref, nous faisons un certain nombre de choix qui vont construire le profil général de notre voyage, qu'il nous convient d'identifier au départ et de contrôler régulièrement.

Être positif permet de mieux gérer cette zone grise entre prévisions et aléas de la vie, à condition d'apprendre la patience et l'humilité. C'est à ce prix que nous parvenons au bout de chemin, en bon état et avec la satisfaction du devoir effectué, cette route que nous nous sommes donnés plus ou moins consciemment quelque(s) part(s) dans notre passé.

Hervé Bernard



Selon la position que j'occupe aujourd'hui sur le chemin de mon évolution personnelle, je pourrais dire celui de l'Être, je ressens le positif dans une attitude affirmée dans ma vie, une volonté d'abord de vouloir me protéger de la dramatisation.

Nous ne pouvons pas éviter les drames véritables comme ceux suggérés ou imaginés, cela fait partie de notre condition humaine. Nous devons d'emblée tout accepter ou renoncer à la vie.

Et c'est justement là où réside la plus grande difficulté. Nous ne voulons pas renoncer à la vie et ne pouvons pas d'emblée tout accepter dans la mesure où cette position nécessite au préalable de renoncer en nous à certaines de nos convictions, certitudes et croyances qui nous figent dans nos attitudes.

Pour occuper cette position, il est nécessaire d'acquérir un nouveau matériel qui élève notre compréhension et nous porte à envisager d'autres certitudes face à l'inexorable, il est nécessaire de construire en nous un monde nouveau, un monde qui transforme nos attitudes en une attitude, capable d'accueillir et d'être responsable.

Car accueillir, ce n'est pas se soumettre ou occuper une position fataliste et négationniste, ce n'est pas s'installer dans la plainte narcissique.

C'est tout au contraire pouvoir s'éveiller et accepter une réalité quelle qu'elle soit en adoptant une attitude d'ouverture et de responsabilité à ce qui se présente.

Ne pas rajouter au drame la dramatisation, mais essayer d'acquérir la juste attitude qui ne nie pas la situation, mais qui s'y confronte pour soi même et pour les autres.

Et pour pouvoir s'y confronter il est nécessaire d'essayer de nous opposer à l'abîme que nous propose l'identification. C'est une question de survie étrique, et pour cela il nous faut vouloir constituer en nous un véritable Être capable de résister à l'identification, de stopper la dramatisation afin de pouvoir agir en tant qu'être libre et responsable.

J'ai été un témoin fidèle de cette vérité décrite et révélée à travers l'expérience de cette femme qui a connu le drame de la séparation d'un être cher et exceptionnel. Je la revoie immortalisée dans ma mémoire, debout, présente, sachant se distinguer de sa souffrance, et être. On ne peut me retirer cette vérité transmise en directe et comprise à partir de ce que je suis.

Je la revoie distinctement C'est un hommage à l'Être, aux conditions de son émergence, que nous pouvons tous essayer d'acquérir par un labeur conscient et une souffrance volontaire de toute une vie.

La possibilité nous en a été donnée. À chacun d'entre nous de vouloir nous y relier afin que les épreuves que nous traversons ne soient pas vaines pour nous même comme pour les autres, mais qu'elles soient porteuses de force, d'espérance, d'amour et de respect en la vie, en ce qui nous a été donné.

Quel bel exemple, quel espoir, quel plus bel espoir de vie et d'amour pouvons-nous donner à l'autre, concrètement : celui d'être.

Écrit de Val d'Isère le lundi 26 juillet 2010
Philippe Delagneau



Comment raisonne aujourd'hui être positif ? Je commencerai par l'inverse.

J'ai une fâcheuse tendance à voir les éléments négatifs. Par exemple, je remarque que j'aurais pu faire autrement tel travail, que dans telle situation j'aurais pu agir différemment. C'est une tendance que j'ai à m'autocritiquer. Mon orgueil me dit que j'ai mal fait et je culpabilise. Je juge constamment mes actes d'une manière négative.

Pourquoi ? C'est une bonne question. Je pense que depuis que je suis enfant je ne me considère pas comme quelqu'un qui a le droit à la parole. Je me considère comme quelqu'un qui ne peut faire que « mal » les choses. C'est la peur de la punition qui m'empêche d'agir librement, sans me juger.

D'un point de vue psychologique, je n'ai pas encore dépassé le père. Son autorité, je ne m'en suis pas émancipé. Je ne l'ai pas intégré pour qu'elle devienne partie de ma personnalité et qu'elle me serve à devenir adulte. Le fantasme du père castrateur est là et me rappelle toujours à cette épreuve qu'un jour, en imagination il faudra traverser : tuer le père. J'ai besoin de vivre humblement sans m'enorgueillir de manière démesurée. J'ai l'impression de lui dire quand je suis hypocrite : « Tu vois, je suis meilleur que toi ».

Le modèle paternel est vécu étrangement. Il m'a imprimé d'un aspect négatif. J'ai l'impression de n'avoir eu droit qu'à la punition comme exemple paternel et non comme soutien pour découvrir la société et le monde environnant. J'ai dû chercher d'autres modèles masculins, car ma partie animus en avait besoin.

Un jour ou l'autre, il me faudra passer au-delà de l'empreinte affective de la punition et chercher, dans notre relation, les éléments qui ont été positifs. Car il y en a. Il n'a jamais été agressif, ni irrespectueux, il m'a accompagné dans les moments douloureux et je le sais d'un grand cœur et d'une grande protection. Je vois le négatif, parce que je veux voir le négatif. Mon père est ce qu'il est et je n'ai pas envie de le changer. Alors se posent les questions : Puis-je, au niveau individuel, changer ? Puis-je accepter de grandir, de comprendre que la vie est difficile, que seul le travail libère et que je dois me prendre en charge ? Puis-je réussir sans modèle paternel ?

Il me faudra, je pense, chercher à l'intérieur de moi les éléments qui font offices de valeurs et de repères. J'ai confiance en moi. Et si je tombe, ce n'est pas un problème, car je me relèverai et apprendrai des erreurs du passé, parce que j'ai le droit à l'erreur, je n'en serai pas puni. L'erreur serait de ne pas retirer de bénéfices de ses chutes et qu'elles se répètent continuellement. Oui j'ai fait des erreurs, mea culpa. Et j'en ferai encore.

Les aventures de la vie sont parfois cruelles. J'ai eu souvent envie de tout envoyer au diable afin de vivre dans l'irresponsabilité et goûter encore aux bonheurs fugaces de l'adolescence. Et j'ai souffert dans ces moments, parce que ce n'était plus pour moi. Non, ce n'est plus pour moi. J'ai grandi, j'ai appris que je pouvais devenir quelqu'un et que chaque instant, loin de s'en éloigner, était un don qu'il fallait exploiter. Soit, j'ai vu du positif en moi quand je me questionne sur moi-même, sur mon attitude et sur ce que j'ai accompli jusqu'à présent. Je peux devenir, parce que chaque homme peut devenir. Je peux travailler, parce que chaque homme a le droit de travailler. Le négatif ronge et le positif élève. Et je pense que si l'attitude est positive, nous recevrons en retour du positif. Et vice versa.

Alors mon père dans cette affaire m'a élevé comme il a pu et je suis convaincu qu'il a donné le meilleur de lui-même. Jamais je ne lui en voudrai. S'il y a des lacunes à combler dans l'imago paternel (image du père en soi), elles sont internes. Ce sont les miennes et c'est de ma responsabilité de m'en occuper. Je me prends en charge.

Pour cela je vais me servir de ma tête. J'aime réfléchir et penser. La pensée est un art que j'ai envie d'apprendre. Le désir de penser émerge ici et maintenant et j'en suis très heureux, car je vais pouvoir organiser les choses et me contrôler. Une pensée noble, élégante et indépendante fait d'un esclave un homme libre qui choisit sa vocation. Je veux penser positif afin d'être libre de toute culpabilité. Je veux penser pour devenir. Et tout est bien…

Fait à Boulogne Billancourt le 23 juillet 2010.
J'en ai marre de moi-même.
J'en ai marre d'attendre que tout arrive sans jamais aller le chercher.
Aujourd'hui, l'ancien se meurt et le nouveau émerge.
Et je me prends en charge.
Aurélien Recher



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SOS Psychologue



Comment un être peut-il être positif alors que sa nature elle-même va à l'encontre ? En effet, c'est aller à contre courant de ses habitudes : pensées, sentiments, peurs, craintes, doutes, désespoir, etc.

Malheureusement, l'homme est ainsi fait qu'il ne peut rien faire pour lui-même, car tout est mécanique en lui, il est soumis aux influences extérieures qui le manipulent sans même qu'il en soit conscient.

Être positif, c'est avant tout décider en toute conscience et en être responsable de ne plus être négatif, de ne plus accepter les émotions négatives, ni de les exprimer, de se désidentifier.

Pour cela, il faut lutter contre tout ce qui se présente à nous de négatif. C'est une lutte incessante qui demande un véritable vouloir et de la souffrance volontaire.

L'être existe en tant que dualité et dans cette lutte s'oppose deux parties : la partie libre, celle qui veut et la partie non libre celle qui ne veut pas. C'est là qu'intervient le véritable vouloir qui donne une impulsion à l'être qui réellement décide de sortir de sa propre prison.

Dans ce processus, nous devons également lâcher prise, accepter l'abandon de tout ce qui nous gène.

Que sommes-nous prêts à abandonner pour trouver notre liberté ? À nous de nous poser la question.

L'homme est constamment en état d'identification, ce qui le maintient dans un profond sommeil et par-dessus tout, il tient à ses identifications.

Voir ses identifications, n'est pas toujours chose aisée pour celui qui s'observe. Je viens d'en faire l'expérience en montagne avec le vide.

En prenant la télécabine, je me suis assise et j'ai regardé mes pieds pendant tout le trajet sans me déconcentrer. Ainsi je n'ai pas vu le vide, il y avait quelqu'un qui était là pour décider.

En arrivant en haut, lorsque j'ai vu toute cette chaîne de montagnes et le vide qui était dans mon imaginaire, il n'y avait plus personne, seul mon émotionnel me dirigeait, je pourrais dire que je me laissais inerte, sans jambe, en panique, je ne pouvais plus avancer, c'est seulement avec de l'aide, en sachant qu'il n'y avait pas de vide et parce que cela m'a été demandé que j'ai pu avancer avec des petits pas non assurés, tout cela accompagné bien sûr d'une grande souffrance.

J'ai vu ma fragilité. Ai-je lâché quelque chose, ai-je eu un peu de vouloir ? Je ne saurai le dire. Je sais seulement qu'aujourd'hui dans une telle position, je me dirai : « Qu'est-ce que je peux faire pour avancer ? » Demander de l'aide, vérifier s'il y a réellement du vide ou le demander. J'ai peut être pris un petit recul face à cette situation comme si une brèche s'ouvrait à moi. Avant je ne pouvais pas, car j'étais le vide.

Être positif, c'est se confronter à ses obstacles qui nous permettent de faire grandir notre vouloir sans lequel nous ne sommes rien et d'aimer et d'accueillir la vie.

Val d'Isère le lundi 26 juillet 2010
Claudine Thomas