NUMÉRO 143 REVUE BIMESTRIELLE juin-juillet 2012

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Le pardon El perdón
 
Bernard, Hervé Le pardon
 
Delagneau, Philippe Le pardon
 
Giosa, Alejandro El perdón
 
Manrique, Carla Aprendamos a perdonar
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de juin 2012
  Séance d'analyse de rêves de juillet 2012
 
Thomas, Claudine Le pardon


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On ne sait pas si on pardonne, on ne sait pas si on est pardonné, car les questions ne sont pas posées. Il y a les distractions qui volent l'envie de les poser et, encore plus, qui nous protègent, en apparence, de la vérité qui nous ferait pleurer certaines larmes de tristesse pour ne pas avoir pu oublier nos moments d'inconscience dans le cours de nos vies.

Oui, dans mes erreurs et dans celles des autres par rapport à ma vie, nos consciences n'étaient pas assez élargies pour inclure l'éthique dans nos conduites et nos comportements.

***

J'aimerais parler du pardon au niveau du transgénérationnel : je n'ai rien à pardonner à mes ancêtres. Les jeux étant faits, je ne peux que remercier la foi qu'ils ont eue et dont je suis l'héritière. L'appartenance à un milieu privilégié dans tous les sens du terme : social, culturel, familial. C'est l'inné qui m'a ouvert le chemin vers l'acquis d'aujourd'hui.

Rien à dire au sujet de mes parents : ils ont fait ce qu'ils pouvaient. S'il y a eu une certaine négligence à mon sujet, c'était la conséquence de la confiance qu'ils ont déposé en moi.

Si je regarde ma vie, je dis merci. J'admire cette éducation qui m'a obligée à me débrouiller toute seule. Ils ont témoigné, en étant des modèles imparfaits, mais fascinants. J'ai été habillée, nourrie, éduquée, mais libre. Je pouvais ne pas aller au collège, ne pas faire mes devoirs, ne pas me laver les dents. Tout ce que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui, n'est que la conséquence d'un seul précepte transmis : je devais être responsable de cent pour cent de mes actions et de mes sentiments. Et j'ai fait du mieux possible en ayant assumé ma responsabilité, qui devient de plus en plus consciente, car je suis un chercheur.

Mes repères de référence :

– Contrôle, discipline, minutage, volonté.

– Commencer, continuer, achever, entretenir »

Ce sont des acquis personnels, mais je ne pourrais pas les formuler si je n'étais pas reliée à Dieu, afin de les faire connaître et adopter.

***

Avec mes enfants, avec ma famille élargie, avec mes amis, avec mes patients, je donne ce que j'ai reçu. Je passe mes messages. Ce qu'ils en font, ce n'est plus mon affaire. Victor Hugo a dit que « l'homme est une prison, mais son âme est libre ». Je travaille sur moi sans défaillance pour être responsable et libre. Une personne me demandait ce qui était pour moi le contraire de la soumission. J'ai répondu spontanément : la liberté.

***

Le plus difficile, à mon avis, au sujet du pardon, c'est être assez humble pour se pardonner à soi-même.

De quoi ? D'avoir commis tant d'erreurs par manque de conscience.

Travaillez sur vous-même sans relâche !

Pas de rancune envers les autres, inutile de vouloir changer chez les autres ce que nous devons changer en nous-mêmes. Pas de haine envers nous-mêmes pour avoir raté, en apparence, des chemins plus glorieux.

Nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui et la sagesse divine nous a permis de nous confronter à des épreuves parfois terrifiantes, parce que derrière une grande perte il y a une rencontre avec une évolution inattendue.

Les obstacles, en les dépassant, nous font évoluer.

J'aimerais demander pardon à mes enfants, pour avoir été trop jeune, trop innocente, trop naïve, trop de trop.

Si je pouvais revenir en arrière, j'aimerais le faire en ayant la compréhension que j'ai aujourd'hui. Pardon, mes enfants chéris… je suis disponible pour vous.

Et le futur est à nous.

Écrit à Paris le 12 juillet et il pleut
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le pardon n'est qu'un processus de réconciliation, de solution à des problèmes, de dépassement de blocages et mémoires stockées dans notre expérience de vie.

Le pardon commence par se pardonner à soi-même, mais quelle tâche immense et difficile ! Dans une conférence, il y a déjà presque trente ans Marie Louise von Franz disait : « Aimez vous comme vous aimez les autres ».

Quelle révélation a été pour moi cette phrase dite simplement et qui m'a mise en face de moi-même.

Je n'arrive même pas aujourd'hui à m'aimer comme j'aime les autres. Je m'oublie, je ne me donne pas à moi-même, je ne m'écoute pas et les erreurs s'accumulent. J'ai un manque de considération et de communication avec mon subconscient.

Pourquoi toujours les autres ?

J'aime mes mémoires, mais je n'ai pas le courage de me pardonner quand les souvenirs m'assiègent… ceux dont je ne suis pas fière.

En réalité si j'accepte la dialectique entre mon conscient et mon inconscient je verrai bien qu'au moins je n'ai pas commis des erreurs consciemment. Mais y a-t-il eu des choses si terribles dans ma vie ? Le pire souvenir, c'est mon départ d'Argentine. Sur un coup de tête ? Non, j'avais fait ma route.

Mon chemin, en croisant ceux des autres, était devenu tragiquement insoutenable. Donc je suis partie, mais je n'ai rien abandonné derrière moi. J'ai continué à m'occuper de mes enfants, de leurs études, de nos moyens de survie. Le départ n'a pas été une fuite, mais peut-être la seule tentative de réconciliation avec moi-même. Oui, j'ai laissé mes chiennes, ma plage, ma vie merveilleuse, mais j'ai sauvé ma vie et je suis vivante et disponible. En écrivant cette histoire j'essaie de savoir si j'étais à ce moment-là cent pour cent responsable de mes actes. Je crois que oui. En plus, pendant des années, j'ai pleuré ce départ. La tentation de revenir était immense. La tentation de récupérer ma vie facile, mes habitudes, mon train-train inconsciemment acquis. Les chocs qui m'ont fait partir, ont été trop forts. Il n'y avait plus d'espoir.

La recherche scientifique était devenue routinière et limitée. L'université ne voulait plus s'occuper de mes projets… Le train-train, je l'avais accepté, mais l'ambiance m'agressait et je ne pouvais plus supporter l'injustice.

La fatigue ? ça existe. Je ne savais pas, quand je suis partie, que je n'allais pas revenir. Je me suis exilée volontairement. Mon père venait de décéder, il aurait pu peut-être m'obliger à rester, mais j'étais mon seul conseil et je me suis lancée dans la plus étrange des solutions : échapper à la confrontation.

***

Je n'ai pas pardonné aux mauvaises langues. Je ne sais pas si c'est un défaut dans mon pays, mais autour de moi j'entendais parler mal, sans raison, par oisiveté.

Moi personnellement, je suis comme mon père : je ne parle jamais et si ce n'est pas en écrivant je ne dis rien de moi, de mes sentiments. La vie des autres n'est pas mon affaire… La souffrance, c'est bien mon affaire et je suis cent pour cent responsable de mon devoir et je l'assume avec respect.

Où suis-je aujourd'hui ? Encore dans l'impuissance de pardonner, de me pardonner ?

Il y a quelque chose qui me persécute, et je ne suis pas paranoïaque : l'irresponsabilité.

***

Et pour le moment je me retire en moi-même et en premier lieu, je trouve le thème qui me rend féroce : la médisance. Comment peut-on pardonner l'unique arme qui détruit sans preuves, mais en semant l'incertitude. Je n'arrive à me pardonner de ne pas pardonner !

***

J'ai vu dans ma vie des êtres détruits par la méchanceté gratuite de phrases ambigües.

Quelqu'un disait en parlant de mon meilleur ami : « Un monsieur qui… ». C'était dans un groupe de travail. La phrase s'était arrêtée là-bas, mais le geste qui l'accompagnait, a noyé l'image personnelle de mon amie dans un nuage de confusion.

Le thème du pardon exacerbe cette question. J'attaque sans me retenir le médisant. J'étais avec un groupe en voyage à Ana Capri en Italie dans la maison d'Axel Munthe, Saint Michel casa museo, de ce fameux médecin suédois : médecin, architecte, écrivain. Je venais d'acheter son livre. Quelqu'un du groupe a fait une plaisanterie de mauvais goût sur Axel Munthe, et j'étais étonnée, mais j'ai cru. Seulement avec le temps, et en lisant sa vie, j'ai compris que, loin d'être une vérité il n'avait été qu'un commentaire de guide qui n'était pas sérieux. Mais l'image d'Axel Munthe avait été brisée face à ma crédulité et mon ignorance.

***

Par rapport à d'autres cas, je ne voudrais pas trop dire, parce que je suis sûre que c'est bien difficile de faire le ménage d'une image détruite.

Un commentaire jaloux, envieux, peut liquider toute une vie. Ma grand-mère disait : « Parlez mal et quelque chose restera »

***

Je suis désolée, je dois me pardonnerÿ mais je devrai avant oublier et je me demande si l'oubli existe.

Fait à Paris le 23 juillet,
le ciel est aussi bleu qu'à Ana Capri,
aussi bleu qu'en Argentine en été
quand la mer caresse la plage et apporte l'oubli.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Pardonner à autrui pour le mal qu'il a pu nous faire, n'est jamais aisé. Un tel acte, quand il est sincère, nécessite un véritable travail intérieur qui peut parfois prendre toute une vie, voire même plus.

Le pardon renvoie le plus souvent à un protagoniste de la vie, qu'il soit du cercle familial, professionnel, amical ou autre, mais il peut renvoyer également à une institution, une communauté, un groupe, la société en général. Il ne faut pas oublier aussi de se pardonner à soi-même !

Pourquoi le pardon serait-il si important ? Avons-nous tous à pardonner à quelqu'un quelque chose ? La réponse est bien sûr individuelle, mais mon expérience personnelle me pousse à considérer que la vie est tissée de nombreux conflits où le pardon peut trouver régulièrement une place naturelle.

Le pardon permet de libérer une grande quantité d'énergie, qui peut être ainsi canalisée vers des objectifs contribuant et constituant la construction de sa vie, dans la liberté et la joie.

Le plus difficile n'est-il pas finalement de se pardonner à soi-même ? En effet il est si aisé, si naturel et si rassurant de projeter sur les autres tous les maux que nous ressentons dans notre histoire de vie : les ressentiments, la colère, les vexations, les insatisfactions, la jalousie n'étant que quelques exemples des blessures que peut ressentir l'âme.

Nous oublions trop facilement que nous sommes souvent plus libres de conduire nos rêves, de donner forme à nos espoirs et nos fantasmes, que nous pouvons le penser, l'imaginer, l'espérer. Même en cas de contrainte matérielle (par exemple la prison), psychologique, liée à la santé (par exemple une maladie incurable très handicapante) ou liée au devoir, il existe des espaces de liberté au plan physique ou psychique, permettant à un être de se réaliser. Et bien souvent les barrières, les freins sont d'abord dans nos esprits.

J'ai toujours remarqué que la confrontation à la réalité, en allant au devant des expériences, même au risque de se tromper et de passer par l'échec, est toujours enrichissante et permet, si nous prenons le temps de la lecture, de décoder notre propre identité et notre passé autrement, toujours vers un élargissement de notre horizon, à condition que notre tempérament, par peur, ne nous ramène pas trop vers le refus ou la crainte de ce que nous avons découvert, dans ce lieu parfois confus de notre psyché où toute nouveauté risque d'être pris négativement.

***

Pour comprendre les difficultés de ma capacité à vivre ma vie, j'ai toujours été attiré par l'envie de revenir vers les lieux et les personnes de mon passé qui m'ont marqué plus particulièrement, non parce que ces associations sont dues à des événements particuliers, mais parce qu'ils ont laissé une trace plus forte dans ma mémoire intellectuelle et sensitive.

Ainsi j'ai réussi après des années de réflexion, puis de recherche, à retrouver une camarade de classe 35 ans après, L…. À l'époque, au collège, j'étais très timide et il m'était comme interdit de parler aux filles de mon école, même de ma classe. Certes je répondais quand on m'interrogeait, sans doute très maladroitement. Mais il était inimaginable que je m'avance vers une fille pour, par exemple, mieux la connaître, développer des échanges avec elle. C'était comme si je devais donner des justifications, bien sûr impossibles à fournir, et que mon estime de soi, quasiment nulle, finissait par démotiver la moindre pulsion vers une rencontre, si limitée soit-elle. Une fille, à l'époque je devais avoir 15 ans, avait plus particulièrement attiré mon attention, mais j'avais toujours été incapable de lui parler, contrairement à mes camarades.

Je suis parvenu, finalement assez facilement, à trouver son adresse sur Internet, qui, comme par hasard était au sud de la France près de la résidence de mes parents, comme si par une sorte de synchronicité, L… me renvoyait à mon complexe-mère. J'ai donc profité d'un séjour chez mes parents, pour faire un passage chez L…, sans m'annoncer, sans doute par crainte à nouveau d'être rejeté, comme il y a plus de 30 ans. J'explique à son mari, qui m'ouvre la porte, que je suis une ancien camarade de classe. Il se fait alors une joie d'appeler son épouse. L descend et me reconnaît assez rapidement, agréablement surprise, mais aussi perplexe de me voir plus de 35 ans plus tard, alors que nous nous étions si peu parlé auparavant.

Cette expérience, positive pour moi, mais sans doute pour L…, puisque nous avons gardé un contact, m'a révélé, avec facilité finalement, que je pouvais lui parler. Comme si cet acte sonnait comme un pardon à soi-même, de ne pas avoir, quand j'étais jeune, été au-delà de mes peurs à la limite de la panique, bien sûr sans aucune raison objective, d'aller vers l'autre, tout simplement, pour découvrir, sans a priori, et avec confiance une relation, une situation, une expérience nouvelle. C'est comme si toujours j'avais ressenti de la culpabilité pour aller vers l'autre, si forte et si diffuse, qu'il m'était impossible de l'affronter pour dépasser la barrière de l'angoisse.

Je crois que cette expérience, au delà de son aspect individuel, est comme une sorte de modèle fondateur ouvrant tout un espace d'actes possibles, que je suis en train d'explorer et d'exploiter, sans que je ne doive réduire mes efforts d'avancer, sans doute vers une plus grande conscience des autres et de moi-même.

Hervé Bernard



J'ai été souvent étonné lorsque ce thème était abordé, d'entendre autour de moi la négation du pardon dans le sens d'une impossibilité, comme si nous étions confrontés à un non sens à partir des expériences de notre quotidien.

Je ne me souviens pas avoir eu d'opinion sur le sujet comme si le concept m'échappait, était étrange, indéfinissable, inapprochable. Mais je restais étonné, surpris d'une telle peur farouche, comme si le monde portait en son essence une menace.

Maintenant que le travail sur ce thème m'est proposé, je crois pouvoir comprendre avec ce que je suis aujourd'hui, qu'il s'agissait d'un refus d'y répondre même superficiellement, peut être par une espèce de pudeur ou d'honnêteté inconsciente, mais aussi certainement parce que je n'avais pas la possibilité de comprendre, de percevoir que je vivais dans une sorte de sommeil que j'appelle aujourd'hui « ne pas donner sens à sa vie ».

Aujourd'hui, j'ai le goût de donner une appréciation. Peut-on assimiler le pardon à une forme d'acceptation qui laisse l'espace au partage, à la lutte. Les deux sont silencieux.

Dans cette forme d'acceptation il y a la lutte, il y a l'action. Je suis moi avec mes croyances, mes valeurs que je souhaite élevées et je veux lutter, avoir la liberté de les défendre, de les manifester, de m'opposer farouchement dans le sens de l'affirmation à des valeurs contraires qui rabaissent l'homme à un simple outil, une simple machine, qui identifie l'homme à une fatalité.

Mais que pouvons-nous faire face à la folie humaine parfois meurtrière. Avec la compréhension de ma propre fragilité, devant ce constat formel, intangible comment ne pas pouvoir pardonner sans avoir eu la possibilité de lutter.

Ma réserve est affective, mon affirmation, ma conviction qu'il est impossible de ne pas pardonner est intellectuelle.

Aujourd'hui je sais que je ne suis pas encore prêt à en faire une synthèse, mais si nous sommes créés à l'image de Dieu ce que je crois, alors nous devons pouvoir pardonner.

Chessy, le 23 juillet 2012
Philippe Delagneau



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Le pardon est indéniablement un acte de liberté intérieure, hors norme. Il devient la marque d'une certaine force qui atteint autant ceux qui le donnent que ceux qui le reçoivent.

Pardonner n'est pas facile et se pardonner à soi-même est quelque chose d'encore plus difficile et à laquelle, la plupart du temps, nous ne pensons même pas.

Combien de fois pouvons-nous nous écorcher la vie sur des erreurs passées qui refont surface sans crier gare, nous prenant par surprise au détour de la vie. Certains jours, la culpabilité nous envahit de ses démons, nous renvoyant une image de nous-mêmes que nous préférerions effacer.

Vivre dans la culpabilité, c'est vivre dans un passé qui n'existe plus, c'est s'accrocher et s'enfermer dans des erreurs, des situations qui empêchent toute évolution, qui nous minent de l'intérieur, freinant ainsi notre épanouissement. Le passé n'existe plus, il ne sert à rien de le revivre sans cesse.

La mémoire du passé n'a qu'un but, celui de construire un avenir meilleur, de s'inspirer de notre expérience pour aller de l'avant, de se bâtir un aujourd'hui à l'image de ce que nous sommes en sachant nous accepter tel que nous sommes.

Pour se pardonner il faut s'aimer alors que souvent nous n'avons qu'hostilité envers nous-mêmes. Nous devons accepter d'être ce que nous sommes et nous regarder avec nos propres yeux en nous libérant du regard dévalorisant qui a pesé sur nous lors de notre enfance.

Mais savons-nous nous aimer ?

S'aimer soi-même n'est ni de l'égoïsme, ni du nombrilisme, mais l'indispensable condition pour être à l'aise dans la vie et aimer les autres. Une bonne estime de soi-même se construit dès l'enfance et permet plus tard de ne pas subir les relations comme des agressions.

En ce qui me concerne il m'a fallu plusieurs années de travail pour réaliser que je vivais les autres comme des ennemis et cela m'a conduit à m'enfermer, me barricader, à construire une véritable forteresse pour me protéger. Imaginez maintenant le travail pour détruire cette forteresse !

Grandir c'est apprendre à accepter nos faiblesses et tolérer notre sentiment de culpabilité de ne pas être parfait, sachant que la culpabilité est un piège de l'orgueil.

En réalisant et en pardonnant nos propres faiblesses, alors nous pouvons concevoir et pardonner celles d'autrui.

Fait à Chessy, le 29 Juin 2012
Je vois cette forteresse en moi qui s'effrite et s'écroule au fil du temps
et qui donnera naissance à un nouvel être.
Claudine Thomas