NUMÉRO 176 REVUE TRIMESTRIELLE juin-juillet-août 2018

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Renoncer Renunciar
 
Bernard, Hervé Renoncer
 
Baleani, Eduardo El renunciamiento
 
Cohen, Rut Retomando la canción
 
Delagneau, Philippe Renoncer
 
Giosa, Alejandro Renunciar
 
Laborde, Juan Carlos Renuncia
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de ??? 201?
 
Thomas, Claudine Renoncer


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Dans la plupart des circonstances, l'opinion publique porte un jugement sur notre conduite. Quelquefois pour la louer, mais peut-être plus souvent encore pour la blâmer. D'une manière générale cette sanction ne nous laisse pas indifférents. Elle peut être un encouragement ou une contrainte.

Dans bien des cas, cette influence exercée par l'opinion semble toute puissante pour le bien. Pourtant, il est des circonstances où il faut savoir lui résister avec fermeté, avec courage, même si nous devons en pâtir dans nos intérêts. L'origine étant l'incompréhension ou la médiocrité de ceux qui s'arrogent le droit de nous juger.

Il faut renoncer à suivre, à obéir, simplement sans analyser le plus exhaustivement possible ce que nous n'acceptons pas comme valable.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Verbe à ne jamais conjuguer, la menace la plus flagrante et la plus destructrice se cache derrière lui. Mot différent de « s'abstenir », de « se retirer », mot de lâcheté que je souhaiterais ne jamais utiliser…

***

Je me retire d'une situation insoutenable, sans résolution envisageable. Éviter la violence que peut engendrer une situation que nous ne comprenons plus. Éviter l'enfermement capricieux et banal, dans une continuité à vouloir catastrophique.

Renoncer implique une soumission acceptée, un abandon en face de l'incapacité de faire devenir possible ce qui, en apparence, est impossible du fait de ne pas avoir la conscience objective et le degré d'éveil nécessaire…

Dans les nombreux problèmes de couple et famille : mari, femme, enfants et parents, les solutions ne sont correctement et volontairement acceptables si nous partons du renoncement.

***

« Je constate que j'ai mal choisi mon couple », « Je constate que je suis, en partie, responsable du comportement de mes filles par rapport à moi ».

***

Laisser venir, contempler, comprendre et, plus tard, interpréter. Mais il ne s'agit pas de renoncer à mon couple, à mes enfants, mais de trouver des approches non encore envisagées pour limiter les dégâts.

***

En parlant de dialogues difficiles c'est normal, mais ils peuvent être confrontés car la relation s'est tellement refroidie, que la menace de destruction devient évidente !

Bernanos disait : « Le froid c'est la mort ».

Les rapports humains sont comme des hiéroglyphes qui doivent être lisses pour trouver, si possible, la clé d'une solution.

***

Les rêves nous aident à trouver le code et le code à déchiffrer le sens du conflit puis à l'attaquer. Rassurez-vous… c'est possible ! Si le vouloir est présent.

***

Les mythes extrêmes de Lévy Strauss :

Œdipe et le Saint Graal nous parlent clairement : Œdipe, mythe chaud, avec la destruction par la chaleur et le Saint Graal, à l'opposé, la destruction par le froid extrême.

Par rapport à la situation de communication dans les mythes tempérés du printemps et de l'automne, il n'y a pas de destruction. La contemplation met fin aux conflits.

Rassurez-vous… Cela viendra. N'abandonne pas la douceur tempérante…

***

Je n'ai pas renoncé à écrire pour l'instant, mais j'attends le moment magique du désir.

***

Je garde des forces pour trouver l'élan pour communiquer avec l'autre et jeter les dés autrement.

La vie est un défi permanent, donc je me suis mise en dehors du temps et le fleuve de mon âme renouvelé d'énergie, m'apporte le secret permanent du courant qui passe, marquant, à son passage, des réalités non abordées dans le dialogue.

Enfin, je garde l'espérance et j'affine le tableau de ma vie à la chaleur modérée de mes projets.

Vous savez bien : renoncer c'est mentir. De plus c'est se mentir à soi-même et couper les ailes du désir…

Fait à Paris, le 20 Juillet 2018,
Chaleur tempérée, chant des oiseaux
et l'espérance faisant éternité avec Toi.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Renoncer est un mot qui me fait un peu peur, car je le corrèle à une restriction de liberté, voire à la crainte d'une claustrophobie mentale, psychologique ou idéologique. Mais, passé ce premier sentiment, que je ressens négativement, car porteur de peurs et d'angoisses profondes et anciennes, que se cache-t-il derrière ce verbe, que pourrais-je trouver après l'action de renoncer ?

À y voir de plus près, plus objectivement, le renoncement peut être associé à un choix négatif ou bien positif, par exemple, dans le premier cas, quand un homme renonce à l'amour d'une femme pour des raisons très personnelles, plutôt égoïstes, ou, dans le second cas, quand un alcoolique arrête de « boire ». Il y a un avant et un après pour un bien et peut-être parfois pour un mal.

Si je considère l'acte de renoncement au-delà de contextes particuliers, qu'est-ce qui est en jeu quand je renonce, quel peut en être l'impact sur ma psychologie, sur mon chemin de vie ? Est-ce que la capacité de savoir renoncer peut constituer un mode de vie qui améliore mon sentiment de mieux vivre, d'être plus en harmonie avec mon être profond, avec l'environnement, avec les lois de l'Univers ? Doit-on à un moment ou à un autre renoncer ?

Renoncer, c'est, tout d'abord pour moi, limiter le champ des possibles. Il est bien sûr agréable pour l'esprit de garder, aussi longtemps que possible, toutes les opportunités ouvertes et cela semble, a priori, une bonne stratégie. Mais vit-on mieux riche que pauvre ? Le débat est toujours ouvert, la plupart d'entre nous s'accordant à dire que la richesse permet une meilleure aisance matérielle, mais ne garantit pas le bonheur, il semble même qu'il n'y ait absolument aucune corrélation entre richesse et bonheur, ce serait même le contraire, comme nous l'enseigne les religions et les philosophies. Donc il apparaît plus clairement que renoncer, par exemple à des richesses, n'est ni un frein, ni un obstacle à l'atteinte d'une vie harmonieuse.

Nous renonçons même souvent à notre insu, par nos choix de vie, par notre propension à faire confiance à nos instincts, nos tendances. À chaque fois que nous effectuons un choix, que nous prenons une décision, nous renonçons de fait aux autres alternatives, parce que nous orientons notre attention vers une direction particulière ou que nous décidons consciemment de laisser de côté, voire de renoncer aux autres choix qui étaient avant possibles.

Renoncer n'est donc pas négatif en soi. Bien au contraire ! Renoncer c'est faire le choix d'une ou plusieurs voies personnelles, car elles correspondent mieux à notre psychologie, notre culture ou à la mission que nous nous sommes donnés durant cette vie terrestre. Renoncer permet, en quelque sorte, de faire le « ménage » dans notre esprit en réorientant et re focalisant notre champ de conscience, ce qui a certainement pour corollaire de réorganiser notre psychisme en déplaçant et en renforçant notre énergie dans des zones particulières.

Cette réorganisation de notre espace intérieur n'est nullement incompatible avec notre capacité et notre niveau d'écoute de l'intérieur et de l'extérieur. Je dirais même que notre radar fonctionnera mieux si notre espace intérieur est mieux structuré.

Je viens de faire une « rencontre » non pas avec une personne nouvelle, mais une amie avec qui la relation a évolué. Toutefois j'essaie de ne pas écrire la fin ou la suite avant de le vivre, comme j'ai parfois tendance à le faire, comme si avancer dans l'inconnu était trop angoissant. Je ne peux que faire le lien avec la thématique de renoncer. Vais-je cette fois renoncer à ce besoin de liberté, qui me menait inexorablement à ne pas poursuivre longtemps une relation, comme si j'allais dépasser un point de non-retour.

Finalement n'était-ce que la peur d'une aliénation de ma liberté ? N'y a-t-il pas autre chose que le simple renoncement à ma liberté, que je me suis érigé toute ma vie comme ma religion, derrière cette attitude que je qualifierais de tiède, sans ambition et surtout égoïste ?

Pourrait-il s'agir de l'orgueil de penser que je me sens supérieur aux autres, pour ne pas accepter de tenter l'aventure sentimentale avec une compagne, qui irrémédiablement me changerait, en grande partie à mon insu et à son insu ? Pourquoi est-ce que j'ai toujours ressenti, comme un totem, le besoin de ne jamais perdre ma totale liberté, comme s'il en relevait de ma survie, comme s'il s'agissait d'une option absolument non négociable avec moi-même ?

Finalement je devrais renoncer au besoin de ne pas renoncer à ma liberté, afin de découvrir de nouvelles formes de liberté :

· Découvrir un nouveau de mode de vie, plus structuré, ce qui n'exclut nullement de préserver des espaces de liberté, selon un contrat moral avec l'autre explicite (poser les règles au début) ou implicite (se donner des limites à ne pas dépasser pour préserver son équilibre intérieur),

· Libérer mon esprit d'une espèce de nœud de pensée cristallisé autour d'une vision trop étroite et très certainement endolorie de ma liberté personnelle,

· Prendre conscience de la liberté d'avoir choisi l'autre, plutôt que préserver toutes les autres comme possibles, sans aller plus loin,

· Découvrir la liberté de l'autre, sa manière d'organiser et de profiter de ses propres espaces de liberté, pour mieux organiser la mienne, en clair élargir mon champ des possibles.

Si finalement, renoncer n'était pas renoncer à presque tout, mais était, certes dans un premier temps, restreindre le champ des possibles, pour dans un second temps, élargir ses possibilités, c'est-à-dire sa propre liberté. Renoncer, ce n'est pas reculer, mais finalement avancer, sur son chemin de vie !

Hervé Bernard



Sommes-nous capables d'un renoncement réel et dans quel but ?

La question est pour ma part fondamentale. Elle entraîne une autre question. Qui renonce et pourquoi, quel est le sens que je donne au renoncement ?

Est-ce l'annonciation d'un sacrifice conscient et volontaire ou l'abdication à une situation que je considère sans issue. Dans les deux cas, la question se pose, qui renonce et pourquoi ?

J'ai atteint un but ou j'y ai renoncé. Ce qui m'intéresse avant tout aujourd'hui, c'est d'en comprendre le processus, d'en comprendre son origine.

On pourrait dire : voici une personne volontaire qui a réussi dans la vie, qui a su faire un choix, qui a su renoncer à certains aspects de sa vie, voici un homme évolué.

Et pourtant, ce même homme pourra se rendre compte qu'il est incapable de se confronter à certaines situations. Il veut détruire en lui certaines manifestations qu'il considère déplorables, il souhaiterait changer, mais malgré toute sa volonté, des forces contraires s'y opposent.

S'il questionne cette situation, s'il s'en donne la possibilité, il pourra comprendre avec certitude que sa foi disant volonté est le résultat de facteurs concordants internes et externes plus ou moins permanents dans la durée, de facteurs favorables à l'aboutissement de ses buts.

S'il cherche une réponse à cette contradiction manifestée, il établira que sa « machine » décide pour lui, qu'elle renonce ou non à un but.

Il établira que sa volonté qu'il croit unique est une illusion, qu'elle ne correspond pas en lui à une réalité physique et donc psychique.

Il constatera à partir d'une nouvelle compréhension, que sa volonté est en réalité multiple, rattachée à des structures parcellaires constituées de fonctions, de groupes de fonctions organisées à partir de ses pensées, de ses sentiments, de ses attitudes corporelles.

Sa démarche l'amènera peut être à relier son constat à des concepts, des symboles, des affirmations énoncées depuis les temps les plus reculés.

Certains textes évoquent l'unité cosmologique réalisée par l'action de trois grandes forces cosmiques fondamentales. D'autres textes évoquent l'unité intérieure de l'homme en la Sainte Trinité, « Dieu le Père », « Dieu le Fils », « Dieu le Saint-Esprit ». Il nous est même parvenu cette expression « Jamais deux sans trois ».

La dispersion et l'unité sont partout, dans le cosmos et en nous. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, c'est une question d'échelle.

Si l'unité des forces fondamentales a créé les formes manifestées de l'univers, l'unité en l'homme a pour résultat de construire un homme à l'image de Dieu, à l'image de sa création.

Cet homme peut alors dire JE et manifester une réalité élaborée à partir de l'ensemble de ses fonctions.

J'essaie de mettre en évidence selon la compréhension issue de mon exploration personnelle que si le résultat peut apparaître semblable, les processus et leurs conséquences divergent.

Dans le premier cas mon but sera atteint, mais durant tout ce temps j'aurai refoulé, mis entre parenthèse d'autres projets, d'autres désirs sans doute contradictoires. Présents et cachés en moi à l'état latent, ces « je »ne demandent qu'à s'exprimer et à demander des comptes.

Dans le second cas toutes les fonctions de mon être unifié en un JE véritable convergent, adhèrent à la même décision, au même but au même Maître.

De ce point de vue, la question de savoir qui renonce et pourquoi est donc fondamentale.

Un homme unifié décide de renoncer à tel ou tel aspect de sa vie. Il en connait la nécessité, le sens et les conséquences futures. C'est une démarche volontariste et évolutive en vue d'un développement étrique conscient.

L'homme non unifié renonce non pas par décision, mais par impossibilité pour lui de continuer. La volonté de ses fonctions n'est pas assez forte pour se confronter durablement aux influences contraires. Il se soumet donc malgré lui au processus involutif de la création.

Fait à Chessy, le 26 août 2018
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



Comme il est dit dans la Bible : « N'aimez pas votre vie en ce monde. Si vous vous aimez vraiment, n'aimez pas votre vie ainsi, et alors vous sauverez votre vie ».

En effet, le Christ ne s'est pas attaché à la vie de ce monde, il est venu en ce monde pour se dépouiller de lui-même, pour donner sa vie et la reprendre quand il voudrait.

Il est effectivement indispensable de mourir à tout ce qui constitue la vie ordinaire, c'est-à-dire, à la mort du tyran « l'ego », celui qui fait de nous des esclaves et dont la destruction peut seule assurer la première grande libération de l'homme. Oui, chacun de nous doit comprendre que la condition indispensable exigée d'un homme pour garder la possibilité d'entrer dans une nouvelle voie dite d'évolution, est de posséder sa propre individualité. Sinon, nous sommes un esclave inconscient entièrement au service de desseins d'ordre universel étrangers à notre propre individualité.

La Grande Nature a cependant donné à l'homme la possibilité de ne pas être simplement un instrument aveugle nous laissant emportés comme des épaves à la dérive, nous soumettant en esclave aux caprices de toutes sortes d'événements aveugles.

Il nous faut trouver la force en nous pour lutter contre cet esclavage et devenir des êtres vivants et non endormis. C'est la plus belle œuvre qu'un être puisse accomplir sur cette terre.

Nous devons renoncer à cette vie d'esclavage, d'automatismes, de non-conscience. Il est vrai que même si nous souffrons, nous sommes attachés à cette souffrance qui est involontaire. Seuls la souffrance volontaire et le vouloir peuvent nous sortir de cet abîme dans lequel nous sommes plongés.

Nous devons garder l'espoir et la foi car tout est possible à celui qui croit.

Fait à Chessy, le 20 Août 2018
Claudine Thomas