NUMÉRO 180 REVUE BIMESTRIELLE mai-juin-juillet 2019

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  La solitude La soledad
 
Bernard, Hervé La solitude
 
Baleani, Eduardo Ciudadanos en soledad
 
Cohen, Rut La soledad
 
Delagneau, Philippe La solitude
 
Giosa, Alejandro La soledad
 
Laborde, Juan Carlos La soledad
 
Manrique, Carla Es bueno vivir en soledad
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de juin 2019
 
Thomas, Claudine La solitude


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La psychologie a longtemps pris pour point de départ une sorte de solipsisme primitif.

Chaque esprit, chaque conscience personnelle semble isolé : je suis seul à ressentir mes états d'âme et je ne pénètre pas non plus directement dans l'intimité de la conscience d'autrui.

« C'est tout un monde, dit le Fantasio d'Alfred de Musset, que chacun porte en lui, un monde ignoré qui naît et meurt en silence »

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



C'est simplement le commencement d'un article, confronté à la solitude réelle d'être abandonnée par moi-même.

J'ai tant donné aux autres pour remplir leurs solitudes qu'à la fin je me suis retrouvée que je ne m'étais pas accompagnée. Mais les autres jours, sans vouloir le penser, je me suis trouvée avec l'image de mon père à qui je semble ressembler beaucoup. Il avait l'air d'être heureux à la fin de sa vie, absolument seul, ne se plaignait de rien, il pouvait être entouré de gens, mais il était profondément plongé dans une immense solitude, que je comprends maintenant, car celui qui me visite chaque nuit avant de m'endormir, me fait remarquer que, comme il ne pouvait pas dans sa solitude me parler, il écrivait derrière toutes les photos des histoires de famille, des messages pour moi, que j'arrive à décoder aujourd'hui. Par exemple en parlant de ma mère, il avait écrit derrière la photo, qui est dans mon cabinet : « ma pauvre femme, victime de son manque de caractère ». Mais il n'était pas capable de le dire directement, parce que, je pense en ce moment, à travers l'expérience de mes enfants, qu'on n'a pas assez le courage de dire à nos enfants des vérités trop dures : qu'est-ce que j'aurais pu faire avec la solitude de mon père ? Je l'ai accompagné autant que je le pouvais. Je lui ai donné des moments de joie, d'orgueil, de satisfaction et de peine aussi ! J'ai fait tout ce qu'il a voulu que je fasse. Mais il y avait une chose que je n'ai pas comprise : « la solitude profonde de papa ».

Ce dernier Noël, que j'ai célébré, comme toutes les années, dans ma maison, avec les amis et la famille, mais papa n'était pas là. Pourquoi ? Parce que papa avait dit qu'il devait se retrouver avec des amis et que cette fois il ne pouvait pas manquer. C'est vers minuit passé que mon oncle m'a dit d'appeler mon père. Peut-être était-il rentré de son dîner ? Je disais que c'était trop tôt, ce n'était pas possible, car c'était le dîner de minuit après la messe. Mais je l'ai appelé. Et papa était là, il n'était pas parti, il était seul, dans une profonde solitude que je n'avais pas comprise, et que maintenant je comprends. Je vois aussi comme la relation avec les parents est fondamentale aujourd'hui dans ma vie pour pouvoir parler de la grande solitude qu'on peut vivre en tant que fils et en tant que parents.

Ma solitude, par rapport à mes relations complexes avec mes deux filles, est un mystère qui s'aggrave, car je ne peux pas comprendre pourquoi le silence chargé de malentendus, qui ne sont pas éveillés, mis au soleil, aucune question, simplement une distance plus ou moins sordide qui complique les générations. Mais je me demande ce qu'a vécu mon père, la profonde solitude de papa. Il avait une seule qualité profonde, dans ses silences et sa solitude qui n'étaient pas dans l'agressivité, mais dans la réflexion la plus profonde. Mon père m'a passé des messages tellement énormes, quand je vois qu'à la fin de sa vie, il m'avait rendu des cahiers avec l'administration de toutes les choses, matérielle mais pas seulement. C'était un héritage émotionnel très profond, en disant : « reste seul, tu verras la vérité se structurer devant toi et tu seras obligée de l'accepter ! »

***

Maintenant je me pose la question, quand je vois des conflits de famille ! C'est pour cette raison, peut-être, qu'une des choses que je préfère, ce sont les thérapies de famille. Les thérapies de couple, c'est une chose. Mais dans les thérapies de famille, quand les histoires se parlent en même temps. Comment pouvons-nous vivre au côté de l'autre dans ce silence, plein de bruits de paroles ridicules ?

***

Dans la relation avec les enfants, les choses ne sont pas claires. Parfois l'image beaucoup trop puissante, sereine, pleine de valeur et sans mensonge d'une mère. Peut être un thème qui va justifier la solitude par rapport à ses filles. Les miennes sont en train de vivre ces vies, en essayant de ne pas se mettre à comparer avec l'image de la mère. Mais tout revient. Quand je vois que le modèle que je propose, est un peu trop solide pour le suivre, je m'abstiens de tout jugement. C'est parce que, il y a un mois, cette protection est la compréhension et la valeur de la solitude, quand on est en paix avec soi-même et quand on a laissé grandir la sagesse en nous par la volonté indéfectible et inflexible d'avancer chaque jour de notre vie.

Dans mon cas j'essaie d'améliorer, d'avancer, de créer de nouvelles formes de communication. Etre modèle sert à la longue. On ne peut pas éviter, avoir peur des choses qui se répètent avec nos enfants. On souhaiterait être plus accompagné par les enfants, pour les voir apprendre à être dignes de se faire aimer. Dans cette vie, ce que l'on oublie, c'est l'effet de retour. Ce qu'on fait, nous sera fait. C'est une répétition, mais c'est aussi une vérité énorme.

Je remercie le Seigneur pour les vingt quatre heures de la fin de la vie de mon père... Mon père était le premier de la famille qui est parti, mais nous étions seuls tous les deux. On se comprenait. Comment pouvait-on se comprendre comme ça, dans ces moments où peut-être je n'ai pas pu voir sa solitude ? Pourquoi ? Parce que lui avait changé, et moi aussi. On était là, l'un pour l'autre, en sachant qu'il n'y avait pas de témoin, pas d'ennemi. Tout s'est passé, avec le mieux pour nous. Je me souviens qu'il était en thérapie intensive de son ministère. Et moi, j'ai voulu le changer d'étage, pour le placer à l'étage de la marine, ma sécurité sociale, avec les gens en qui j'avais confiance, c'était dans le même bâtiment. Mais je voulais mon père pour moi, toute seule. Je me pose la question. : est-ce que mon père me voulait pour lui tout seul ?Oui, dans nos solitudes, que je comprends maintenant, l'important c'était d'être l'un pour l'autre.

***

Mais j'aimerais ajouter quelque chose. Je ne veux pas que les gens autour de moi, puissent ressentir cette profonde solitude, qui a un sens dans un moment de notre vie, quand nous voyons partir les êtres aimés.

***

C'était un soir de novembre. C'était un appel téléphonique, simplement pour dire que mon fils aîné était parti. Je me souviens d'avoir crié au téléphone : « non ! » et d'avoir ajouté, quelques secondes après : « il faut l'enterrer ». À ce moment j'ai mis les pieds dans une cave sombre, où j'ai côtoyé la solitude la plus profonde, mais je n'ai pas demandé : « pourquoi m'as-tu abandonné ? » Non, je l'ai laissé partir. Se sont passés quarante huit jours où ma solitude était étrange. J'ai parlé avec lui comme s'il était devant moi. Et je sais qu'il m'a entendu. Et je sais que quand j'étais à Hossegor, c'était lui qui tapait à la fenêtre de ma chambre en me disant : « Maman, ouvre moi la porte ! ». Ce n'est que maintenant que je peux ouvrir la porte. Je ne suis plus seule ! Nous sommes ensemble dans une dimension où la solitude, qui est un poids lourd, n'a pas de poids. Et c'est tout pour le moment ! Fait à Paris le mois de juin 2019 dans la lumière écrasante de la canicule sans plus de protection que mes aimés, les invisibles, éternellement vivants dans la peau de mes mains.

Fait à Paris le mois de juin 2019
dans la lumière écrasante de la canicule
sans plus de protection que mes aimés, les invisibles,
éternellement vivants dans la peau de mes mains.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Qu'est-ce que la solitude ? Suis-je seul ou ne suis-je pas seul ? Après quelques réflexions, ces questions me paraissent tout sauf simples.

Si l'être humain ne peut survivre pas dans son environnement, incapable de « vivre » coupé de tout contact avec l'autre, physiquement et psychologiquement (car il est avant tout un être social par nécessité et de toute manière, car il n'a pas été éduqué ainsi), alors je ne suis pas seul. En effet, au quotidien, tout au long de ma vie, je suis en relation avec un nombre très important de personnes, dans le cadre de ma vie professionnelle, de ma vie personnelle, des activités du quotidien, pour disposer de toutes les ressources dont j'ai besoin pour vivre et réaliser toutes mes tâches…

À l'opposé, un être humain peut se sentir incommensurablement seul, quand il est incapable d'être compris des autres, quand il est dans l'impossibilité de communiquer sur sa souffrance intérieure, parce que son entourage n'est pas capable de l'écouter ou ne veut pas l'écouter, ou aussi très souvent parce qu'il n'est pas capable lui-même de communiquer sur sa problématique, souvent parce qu'il ne la connaît pas très bien lui-même et n'est pas suffisamment conscient pour « voir » que quelque chose ne tourne pas rond et se poser les bonnes questions. Qui n'a pas ressenti un jour cette sensation de vide, d'anéantissement, vis-à-vis de son environnement, vis-à-vis d'autrui, quand le partage de sentiments ou de sensations avec l'autre s'avérait impossible ? C'est comme si on était devenu un handicapé de la vie !

L'homme, pour vivre et parfois survivre, pendant les passages difficiles de sa vie, doit apprendre à composer avec ce sentiment de solitude, qui, en fait, est partie intégrante de sa personnalité parcellaire, inhérent à toute l'humanité, car il a dû s'y confronter en grandissant (le bébé et l'enfant sont très sensibles à l'absence de leur mère, qui ne peut pas toujours être là), et ne pas le laisser envahir toute sa psyché, au risque de le paralyser dans son chemin de vie, voire de le détruire progressivement.

La vie est une succession de moments où on se sent seul et de moments où on se sent bien entouré par son environnement social, ses groupes d'appartenance. Mais il me semble aussi que la plupart du temps nous ne sommes conscients de notre situation de solitude, car nous sommes absorbés par notre activité de l'instant, du quotidien, tendu vers la réalisation de ce que nous nous sommes donné d'accomplir ou que nous devons faire.

La solitude est une sensation qui dépend fondamentalement des sentiments que nous éprouvons à son égard, de notre capacité que nous avons à l'accepter, à l'anticiper, à la maîtriser, à la dépasser.

En effet, si habituellement, le sentiment de solitude est psychologiquement accepté, c'est parce que nous savons qu'elle n'est que temporaire : nous avons besoin de nous retrouver seul pour nous ressourcer, pour nous purifier de la pression de nos obligations, de nos problèmes à résoudre, des tracas du quotidien, plus largement des difficultés de notre vie, ou bien parce que nous n'avons pas trouvé de compagnie pour nous distraire ou nous cultiver, malgré le désir, au moins momentané, d'être accompagné.

Mais il en est tout autrement, quand la solitude devient forcée, vécue malgré soi, quand par exemple survient un accident de la vie, comme la perte d'un être proche, d'une situation professionnelle ou personnelle, socialement satisfaisante et gratifiante pour soi. Mais il peut s'agir aussi de la situation d'un être humain qui n'a pas réussi à s'intégrer socialement où la solitude devient la situation normale du quotidien et non des espaces temporels de repos régénérateurs d'énergie.

Existe-t-il plusieurs types de solitude ? Oui, en quelque sorte, car si le sentiment de solitude est le même pour tous, qui s'apparente à une incapacité indestructible de communiquer sur sa souffrance intérieure, la manière de la vivre et de vivre avec, peut être très différente selon la personne et sa trajectoire de vie :

· d'où vient cette difficulté de vivre ces moments de solitude, est-elle liée à mon enfance ou est-elle l'héritage d'un complexe familial, qui nous a échappé, mais auquel nous n'avons pas été capable de répondre et d'échapper ?

· de quelles armes est-ce que je dispose pour lutter contre ces moments de solitude qui font partie de la nature de l'être humain ? Quels sont mon désir et ma raison de vivre pour faire converger mes besoins profonds et la recherche de partenaires sociaux, avec qui la solitude ne deviendrait plus douloureuse ? Car pour ne pas être seul, il faut bien proposer à l'autre, explicitement ou implicitement, un projet pour établir et faire durer une relation sociale équilibrée,

· si la solitude est très profondément ancrée dans notre psyché, dans notre fonctionnement psychologique, quelle personne pourrait m'aider à en sortir, quels traits de mon caractère et de ma personnalité pourraient favoriser une rencontre, une relation ? Dois-je compter sur la chance ou puis-je compter sur quelques atouts à mettre en avant, si j'en ai la volonté et la persévérance.

L'être seul doit interroger sa solitude, car cette situation n'est pas compatible avec la possibilité d'une vie équilibrée et réussie, il faut en comprendre les mécanismes, pour construire un cheminement capable de s'en sortir et l'appliquer avec discipline, persévérance et volonté !

Mais il reste que la solitude peut recouvrer de multiples formes derrière lesquelles elle peut se cacher, si bien qu'elle n'apparaît pas toujours clairement et explicitement à la conscience. Sans doute par honte et par habitude, elle préfère se « terrer » derrière un malaise, une angoisse, un sentiment de déprime, qui ne disent surtout pas leur nom.

Hervé Bernard



Ce n'est pas clair pour moi. Je serai tenté d'évoquer et d'opposer ce que je pourrais nommer dans ma confusion une « Fausse et une vraie solitude ».

En réalité, si j'aborde ce thème sous cet angle c'est que sans doute au plus profond de moi, je ressens la solitude, comme l'une des plus grandes confrontations pour un être vivant, peut être à l'origine de l'une de ses plus grandes souffrances psychiques. Je pense notamment à ces êtres qui se retrouvent seuls à ne pas pouvoir célébrer des événements traditionnels, les anniversaires, les noëls, les jours de l'an. Comment souhaiter l'anniversaire d'un être disparu, d'un être avec qui l'on a noué des relations sérieuses profondes et permanentes ? Comment faire le deuil de l'absence ?

Je crois que j'ai connu la solitude, que je l'ai détestée, qu'elle m'a fait horreur. En la ressentant avec le recul, je ne parlerai pas d'une solitude objective. C'est cette solitude par impossibilité de vivre seul que je nomme « fausse solitude ».

La souffrance qui en découle est accentuée par le fait que nous n'avons pas su construire en nous un être intégral, une instance, un axe pour accepter et comprendre cette souffrance.

C'est cette « fausse solitude » qui nous pousse à rencontrer des personnes qui n'ont rien à voir avec nous réellement, c'est elle qui nous pousse à aller dans le monde à la rencontre des autres sans choix véritable. On peut être dans le monde actif et célibataire et souffrir de cette solitude. Je me demande s'il ne s'agit pas en réalité d'une solitude intérieure, d'une solitude à soi-même.

C'est très délicat, car je connais aussi des êtres accomplis ayant constitué en eux une intégrité, un axe, évoqué leur souffrance par rapport à leur solitude. Elle est donc bien réelle quel que soit le type d'être et son degré d'évolution.

Pourtant quelque chose distingue ces êtres, c'est peut être pour cela que dans ma confusion, j'évoque la possibilité d'une fausse et d'une vraie solitude.

Mais je reste convaincu que l'homme n'est pas fait pour vivre seul. Pour sortir de cette confusion, je suis également convaincu que le seul antidote réel à cette solitude est le travail conscient dans le don permanent de soi-même.

Fait à Chessy, le 28 juillet 2019
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



La solitude a de nombreuses facettes et elle est le plus souvent vécue négativement dans notre société et d'ailleurs de plus en plus. Elle est souvent liée à la perte de liens sociaux tels que le chômage, la maladie ou autres.

Chacun éprouve à certains moments de sa vie un sentiment de solitude. Si le sentiment de solitude fait partie de la condition humaine, il peut s'apprivoiser, se gérer et se dépasser au lieu de s'enfermer davantage.

Il s'agit de décider d'aller de l'avant et d'être acteur de changements dans sa vie. La solitude peut ainsi être considérée comme une école exigeante. Elle pousse à oser sortir de sa tour d'ivoire pour prendre sa place au milieu des autres, tout en restant soi-même.

Communiquer est un besoin humain essentiel. N'avoir personne à qui parler de façon profonde peut se révéler très douloureux, alors qu'être écouté avec présence est un cadeau rare et précieux, qui vient effacer le sentiment de solitude par la complicité qui s'est établie.

Chacun de nous a besoin d'être aimé. Nous avons besoin de tendresse, d'affection et d'attention.

La solitude peut devenir un isolement, ce qui provoque alors un sentiment d'abandon, voire de rejet.

Toutefois, elle n'est pas toujours ressentie négativement, certains choisissent la solitude pour méditer, retrouver la paix. C'est d'ailleurs dans le silence que beaucoup de croyants ressentent le mieux la présence de Dieu. D'autres ont besoin de solitude pour se donner rendez-vous à eux-mêmes, pour se ressourcer. Une solitude vécue positivement peut donner de l'espace au besoin de liberté.

Il est essentiel d'acquérir sa propre autonomie car un jour ou l'autre nous pouvons être confrontés à une situation à laquelle nous seront appelés à l'affronter.

J'aime des moments de solitude pour me détendre, me sentir plus présente, être attentive à moi-même. C'est une belle nourriture pour la vie.

Fait à Chessy, le 18 Juillet 2019
Claudine Thomas