NUMÉRO 153 REVUE BIMESTRIELLE février-mars 2014

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Mon quotidien
 
Bernard, Hervé Le quotidien
 
Cohen, Rut Cada día… simplemente… cada día
 
Delagneau, Philippe Le quotidien
 
Giosa, Alejandro El poder de lo cotidiano
 
Manrique, Carla La crueldad hacia los animales como costumbre
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de janvier 2014
  Séance d'analyse de rêves de février 2014
 
Stella, Silvia Mi cotidiano
 
Thomas, Claudine Le quotidien


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Mon quotidien

En l'année 1832, dans les Destinées de la poésie, Lamartine écrit : « Je ne vois aucun signe de décadence dans l'intelligence humaine, aucun symptôme de lassitude et de vieillesse ; je vois des institutions vieillies qui s'écroulent, mais des générations rajeunies que le souffle de vie tourmente et pousse en tous sens et qui reconstruisent sur des plans inconnus cette œuvre infinie que Dieu a donné à faire et à refaire sans cesse à l'homme : sa propre destinée. »

Faut-il voir du fatalisme dans cette conception ? Non, simplement une parfaite confiance en la Providence. L'homme mécanique n'est pas libre de choisir sa destinée : elle est seule en face de Dieu. Mais l'homme a le pouvoir de diriger son action dans certaines limites dynamiques selon la progression de son degré d'évolution. Quoi qu'il fasse, qu'il freine le mouvement de rénovation ou l'accélère, il agira sous le contrôle de Dieu.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Avoir deux vies ? Oui, c'est possible à l'analyse… deux vraiment séparées dans le quotidien. Ma vie dans les rêves, quand je dors et ma vie dans la réalité concrète quand je travaille.

C'est un thème qui m'a obligée à réfléchir ! Deux vies qui me donnent du plaisir. J'ai pu constater après l'exigence du thème que pendant la nuit ma vie était fascinante. Dernièrement, dans mes nuits pleines d'images de mon passé que j'avais oubliées, je me réveille avec un sourire sur les lèvres. Les images de mon passé que j'ai tant aimé me reviennent. Des flashes d'événements vécus, je rencontre ainsi avec un réalisme ensoleillé mes parents, mes enfants, mes amis, mes compagnons d'étude, mes élèves, mes amours… Oui, moi aussi j'ai eu des amours. Dans ma vie sentimentale je croyais avoir aimé dans l'instant, mais en réalité je crois avoir aimé les hommes qui ont su vivre avec moi dans le partage. Les autres non…

Parfois et surtout il y avait la mort de l'espérance d'aller dans la même direction ! De toute manière, mon grand amour après ma famille ont été mes patients, mes élèves. C'est à ce niveau que mes deux vies se retrouvent. La passion d'aider, de donner sans limite égoïste, de transmettre une mission de vie et une règle. Ma vie professionnelle n'a jamais été un poids, mais une passion, avec mes élèves de même…

Si je fais SOS Psychologue depuis plus de 25 ans, c'est pour élargir les frontières de la compréhension à tous ceux ignorants et chercheurs pour les amener à se demander « Qui suis-je ? Qu'est-ce que je suis venu faire sur terre ? Pourquoi suis-je seul ? Ou pourquoi mon âme est-elle dans l'inquiétude et mon corps dans l'angoisse ?

Si je devais aujourd'hui écrire un livre, son titre serait l'opposé de « Bonjour tristesse ». Il serait « Bonjour joie de vivre » et en plus intime « Que la paix soit entre toi et moi ».

Le temps passe et comme pour tous les vivants je perds en jeunesse ce que je gagne en sagesse. Mais dans cette phrase je ne décline pas sa situation profonde, car je suis en dehors du temps et de l'espace, un pèlerin dans l'instant, en sachant que c'est l'instant qui fait éternité. Aujourd'hui j'aime avec plus de plénitude loin de la peur du manque. Je retourne chaque minute d'un très long voyage dans la recherche d'une conscience objective à partager avec celui qui chercherait dans la même voie que moi.

***

Oui, comme le pèlerin russe qui avec sa prière centenaire répétait à chaque pas comme sermon, comme offertoire, comme mantra : « Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, ayez pitié de moi, pêcheur ».

***

Mon autre vie, mon sommeil profond et pacifique avec des rêves dans lesquels tu es avec moi. Tu disais en parlant de moi dans une lettre, dans une photo que tu m'avais rendu. Tu as écrit « Tu es le premier et le dernier unique amour de ma vie ». Quelle beauté cette dédicace de ta photo prise en Irlande en juillet 2005 quand nous cherchions la fraîcheur et la pluie, le ciel changeant et les pubs bondés de gens, et des cascades de bière noires et blanches, et des églises et des champs verdoyants jusqu'à l'horizon… et la mer et les falaises.

***

Oui, tu étais arrivé dans ma vie le 25 septembre 1984… j'étais seule et toi aussi. C'était chez moi, jeudi, 15h, tu es parti seulement à 19h, en sachant tout de moi. Et je t'ai vu partir en sachant tout de toi. On a communiqué. Aujourd'hui soudain je comprends que nous continuons à partager nos histoires et surtout « notre histoire » faite de passions et de réalisme. Et tu étais l'unique homme avec qui j'ai pu partager le travail sur moi…

Je reviens à mes rêves. Cette nuit j'ai rencontré un amour nouveau. J'étais dans un aéroport très seule, triste et je le voyais agenouillé en face d'un petit enfant blond dans une tendre attitude. Je me suis approchée de lui et je lui ai demandé « Ne pars pas, arrête de travailler, viens avec moi ». J'ai caressé ses cheveux abondants. Le petit enfant est resté avec moi, et lui aussi avec moi.

Tout ce que je sais selon le rêve, c'est qu'il est né le 27 juillet 57.

Maintenant la question sur le quotidien : « Pourquoi cette solitude d'hommes dans ma vie réelle ? » La première image qui vient à moi, c'est un poème d'Augustin Lara qui dit :

« Yo conocí el amor es muy hermoso, pero en mi fue fugaz y traicionero torno canalla lo qué fue glorioso pero fue un gran amor y fue el primero ».

« Peut-être ai-je été trahie. J'ai connu l'amour il est très beau, mais pour moi il était trahison et étincelle, il n'était plus glorieux, mais canaille. Mais il a été un grand amour et il était le premier ».

Peut-être que j'ai été trahie, un jour par moi-même. Je suppose que je ne suis pas passée trop loin d'une névrose d'échec, car avant toi je choisissais mal le profil des hommes de ma vie, menteurs, séduisants, destructeurs. Alors pour ne pas m'anéantir je travaillais sur moi. Je fermais les portes de ma maison et je mettais à l'entrée de mon chez moi une simple annonce « pas disponible »…

***

Note 1 : Fait à Paris le 16 mars, avant d'aller à la messe, sincèrement, avec toi. Il fait doux et merci d'avoir ouvert mes yeux, car j'étais endormi et tu m'as éveillé. Voici donc mon quotidien. Et je constate la richesse de l'inconscient.

***

Note 2 : Fait à Paris le 17 mars. Cette nuit j'ai rêvé d'être la princesse Diana. Je venais d'accoucher d'un enfant et je demandais à Charles, le père, de ne pas partir. Mais je savais dans le réel qu'il aimait quelqu'un d'autre. Je n'avais été pour lui qu'une génératrice…

***

Comment pourrait-il être le quotidien si j'osais laisser entrer l'étrangère dans ma vie ?

Une réponse possible ? Non, pas pour le moment. Y aura-t-il sur terre quelqu'un comme toi, mais encore différent et complémentaire pour moi ? Des réflexions et des derniers vécus ne restent que deux choses : une date de naissance et une question sur la possible existence de quelqu'un pour moi dans un quotidien partagé.

***

Conclusión : Mon quotidien, c'est le point où convergent mes deux vies dans l'ici et maintenant de la présence unifiée.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le quotidien, au sens étymologique du terme, signifie « ce qui se déroule tous les jours ». Nous pouvons donc y associer les notions de rythme, de régularité, de quelque chose qui se répète, non forcément à l'identique, comme un rendez-vous régulier, formalisé ou non.

Pouvons-nous en profiter pour développer une réflexion sur les échos qui peuvent survenir avec ce terme et sur les résonances engendrées sur notre comportement personnel, notre fonctionnement psychologique, notre vision du monde et plus généralement sur la conduite de notre vie ?

Pour ma part, dans la mesure où tout thème ou toute problématique peut devenir le point de départ d'une analyse, d'une réflexion, d'une prise de conscience, voire de remise en cause en soi-même, le quotidien, et sa notion sous jacente de rendez-vous journalier, m'amène naturellement à la question suivante « qu'est-ce qui pourrait être quotidien et qu'il ne l'est pas, qu'est-ce que la quotidienneté m'ouvre comme perspective d'introspection sur moi-même ? », qui me permettrait de corriger un trait de personnalité, un comportement, un point de vue, afin d'avancer dans mes projets de vie, de vivre ma condition plus facilement.

Nous profitons, quasiment depuis notre naissance, avec aisance, même si le naturel et le conditionnement ont remplacé une période d'apprentissage durant l'enfance, parfois douloureuse, en général réussi, de notre capacité à effectuer, sans défaillance, un certain nombre de comportements quotidiens, comme dormir, manger, boire, saluer les personnes rencontrées. Nous avons tellement intégrés ces tâches, ces actions que nous ne nous rendons même plus compte de leur réalité, de la facilité avec lesquelles nous les accomplissons.

Au plan psychologique, la situation semble tout autre. Nombre d'entre nous naviguent au gré de nos états d'âme, de nos pulsions, de notre santé, toutes choses qui ne sont pas naturellement ni quotidiennes, ni même régulières, en général non prévisibles.

Pourquoi ne développons-nous pas un certain nombre d'exercices psychiques quotidiens, comme l'introspection, le bilan de fin de journée (« ai-je réalisé toutes mes tâches ? », « ai-je bien agi ? »…), la réflexion avant toute action ou décision (nous agissons souvent par habitude, à l'aide de schémas habituels, constants et peu mis à jour, par réflexe, par facilité, par impulsion). Mais comme il est difficile de changer ses modes de fonctionnement psychologiques : nous réagissons plus souvent que nous agissons.

Pourquoi ne pas commencer à l'occasion d'un moment important de changer de mode de pensée, de stratégie de conduite, d'examiner en toute objectivité les résultats qui en ont résulté (faire le bilan du positif et du négatif, car c'est rarement positif) et si cela fonctionne de s'en servir comme référence pour retenter l'exercice une autre fois ?

Mais il ne faut pas sous-estimer la force de l'habitude, celle qui nous fait vivre le quotidien comme un long fleuve tranquille sans questionnement, ni remise en question, l'objectif étant la tranquillité sans la moindre vague. Il faut mettre en place une discipline et une rigueur puissantes et indépendantes pour ne pas revenir à ses schémas habituels.

Par exemple, il ne faut pas hésiter à prendre des notes de manière systématique, comme témoins à court terme et dans la durée, des efforts réellement accomplis et des résultats obtenus pour explorer de nouveaux chemins et de nouveaux territoires, de manière à élargir son champ d'action, sa conscience et ce que Carl Gustav Jung, appelle le soi.

Cet exercice psychique requiert discipline, rigueur, persévérance et conscience. Commencez donc par un petit exercice simple, mais quotidien ? C'est excellent pour les neurones, pour notre santé psychologique et le seul risque, c'est de pouvoir avancer un peu plus loin dans la vie !

Hervé Bernard



C'est étrange ce sentiment que j'éprouve à l'évocation de ce mot. Il me renvoie à un passé, un passé qui ressurgit.

À cette époque le quotidien avait pour moi une connotation négative. En tout cas, dans mon ressenti. Je l'assimilais à l'expression « Métro, boulot, dodo ». C'était ça le ressenti de mon quotidien, un sommeil forcé, une succession d'événements où je ne me sentais pas acteur et où j'éprouvais encore moins une possibilité de l'être.

« Métro, boulot, dodo », comment faire autrement, comment remplir le manque. Je n'avais pas de modèle, de guide sur lesquelles j'aurais pu momentanément m'appuyer pour peu qu'ils l'acceptent.

Ma vie était un cercle où la répétition me ramenait à mon point de départ, à une sensation de déjà vécu, j'avais juste un peu vieilli, c'était ma seule certitude intellectuelle qu'accompagnait ce sentiment d'inutilité, de solitude, d'un non cheminement.

Et puis, il y a eu la nécessité d'un changement, cette souffrance inutile, sans but, était insupportable.

Et cette question sans réponse : Cette vie sans la sensation de la vivre était-elle une fatalité, cette répétition était-elle inéluctable conditionnée à un état naturel, à mon état d'humanité, était-elle la seule voie ?

Il y avait la nécessité d'aller voir, de me confronter, de trouver des réponses, c'était mieux que l'immobilité et cette souffrance incomprise.

Alors j'ai frappé à des portes qui se sont ouvertes. Je n'ai pas ouvert ces portes, elles se sont ouvertes et je suis encore aujourd'hui dans la surprise et l'étonnement de ce miracle.

Je suis redevenu un petit enfant, curieux de l'opportunité de la découverte, de l'instant présent où je reçois quelque part, quelque chose d'inattendu et de nécessaire. Je crois que j'ai juste les mains jointes.

Aujourd'hui, il me semble que je commence à voir ce miracle de la transformation. Et ce miracle, je ne veux pas le comprendre de peur de rompre le charme pour un instant et de perdre définitivement ce lien. On ne cherche pas à expliquer le don. Il est.

« Metro boulot dodo » n'existe plus. Accompagné de mon miracle, je suis dans le métro, je suis dans le travail, je suis dans le sommeil nocturne, cette fois-ci accompagné autrement. Mon cahier de rêves, un stylo et mon portable pour faire la lumière la nuit sont mes témoins.

Il se peut que je voyage moi aussi dans les galaxies, ça serait bien, mais c'est le lendemain, les pieds bien sur terre et bien droit que je manifesterai selon ma possibilité et ma destinée le miracle qui m'accompagne chaque jour et chaque nuit, que j'en sois conscient ou non.

Chessy, le lundi 17 mars 2014
Philippe Delagneau



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En disant ce mot, au premier abord, il apparaît simple et pourtant en plongeant dedans on se rend compte qu'il évoque beaucoup de choses et qu'il renferme tellement de richesses.

Y ai-je seulement pensé avant ? Ai-je été là à chaque instant de la journée ? Ai-je goûté à tous ces instants ? C'est une autre facette de la vie, tout dépend de la position que l'on occupe. Ai-je pris le temps de me questionner, d'observer, de m'observer ou alors est-ce que j'ai laissé s'écouler le temps sans rien vivre du tout, sans laisser de traces.

Aujourd'hui je me dis quel gâchis et quelle joie aussi de pouvoir le constater. Que de remords lorsque l'on en prend conscience, il n'est jamais trop tard pour changer sa vie et quel bonheur aussi de pouvoir le constater, car ce n'est pas donné à tout le monde.

Ce qui est merveilleux c'est que chaque jour est un jour nouveau, car la vie est mouvement. Nous pouvons toujours modifier notre façon d'être, l'enrichir.

Il est bientôt 4h du matin et c'est maintenant que tout cela s'offre à moi, où je peux me laisser parler.

Le quotidien c'est un rendez-vous de chaque jour avec soi-même. Ce n'est pas le vivre comme une mécanique sans qu'il n'en reste rien, non, c'est accueillir le moment, l'instant avec notre ressenti, notre présence, c'est un temps vivant.

Chaque jour est l'occasion de nous améliorer, d'évoluer en accomplissant de petites choses, en étant reconnaissant de ce qu'il nous est donné et c'est déjà beaucoup.

Que chaque action que nous faisons soit vécue pleinement et en présence, de ce fait elle a un autre goût et ce qui nous semblait pesant auparavant devient léger et naturel, c'est notre liberté.

Le lâcher prise permet de voir tout cela, de le vivre dans sa chair. Sans cela où sommes-nous ? Perdus dans des pensées, dans nos émotions négatives, tout simplement endormis ? Et alors nous perdons notre temps, il s'écoule sans que nous nous en rendions compte et nous avançons à côté de la vie.

Comme il est doux de lâcher prise ne serait-ce qu'un instant pour vivre la vraie vie et être en paix, c'est un état de grâce.

Fait à Chessy, le 5 Mars 2014
Essayons d'apprécier chaque instant de la vie,
elle n'en sera que plus belle et plus riche.
Claudine Thomas