NUMÉRO 165 REVUE BIMESTRIELLE mars-avril 2016

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Les voyages Los viajes y vos
  Une consultation à mon cabinet
  Ensemble dans le temps
 
Bernard, Hervé Les voyages
 
Baleani, Eduardo La bici y yo
 
Cohen, Rut Las pinturas de la vida
 
Delagneau, Philippe Les voyages
 
Giosa, Alejandro Los viajes
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de avril 2015
 
Stella, Silvia Los viajes
 
Thomas, Claudine Les voyages


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Charme du voyage, évasion, excursion, pèlerinage, exploration… Tous les modes de voyage ont leur charme. Ils peuvent être utilisés tour à tour : la randonnée, puis l'étape ; le tour de l'église, puis l'étude d'un chapiteau…

« Variété, telle est ma devise. » nous confie La Fontaine

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



À moi la voyageuse qui ne s'arrête jamais ! Quel thème !

***

Chaque année un horizon nouveau à découvrir sans ne rien savoir du lieu. À découvrir dans une ignorance recherchée pour me laisser surprendre…

***

À moi la voyageuse qui ne s'arrête jamais : il m'est arrivé qu'un jour, au cours d'un été déclinant, je t'ai connu et je suis devenue sédentaire avec toi et voyageuse avec toi.

***

Ma vie est pleine de ces voyages intérieurs que nous avons fait ensemble dans nos errances rêveuses.

***

Chaque pays a été vécu comme un endroit pour s'établir ! Nous rentrions dans l'âme des peuples pour les comprendre, les aimer et les apprivoiser. Je ne pourrais pas faire la liste de tous nos voyages.

Nous avons parcouru une grande partie du monde et je ne parlerai que des images qui me reviennent aujourd'hui. Par exemple, vingt-huit vols en Afrique du Sud. Là-bas, j'ai appris à aimer les crocodiles et les safaris nocturnes entre le léopard dévorant sa proie sur la branche d'un arbre, pendant que les hyènes attendaient la fin de son repas en dévorant les tortues qui passaient.

***

Je me souviens des mines du roi Salomon à la frontière entre Israël et l'Egypte et toujours l'éternité se manifestant dans ces rêveries d'explorateurs que nous étions et que nous sommes. Toi et tes ancêtres archéologues, et moi avec mes ancêtres conquérant la terre : les Romains.

***

Et le train entre Moscou et Bakou en Azerbaïdjan, les enterrements des soldats morts au Karabakh, les puits de pétrole dans la mer Caspienne et les terres éclairées pendant la nuit par le gaz qui sortait en s'enflammant.

***

Et le nouvel an dans un hôtel au bord du lac de Tibériade.

***

Et le Honduras avec ses plages, la beauté de Roatán avec ses récifs de corail et ses iguanes géantes. Et Copán au pays des mayas, qui a été la capitale de son empire, son Paris.

***

Nous sommes des citoyens du Monde.

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Et le Japon séduisant dans son silence fleuri entre les sourires des hommes et les fleurs des cerisiers. Et sa différence accablante avec la Corée du Sud avec le lent transit des bus dans le centre ville en allant vers la montagne par des chemins avec ses arbres Yang et Yin, avec des fleurs bleues et des fleurs roses (bleu côté Yang, rose côté yin, expressions du masculin et du féminin).

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Et la Chine du Beijing de Pékin avec soin Temple du Ciel où j'ai pu imaginer que c'était la fin de notre voyage sur Terre parce que je ne voulais pas revenir.

***

Et mon Tibet où j'ai pu retrouver l'âme de ma philosophie de vie !

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Et notre champ en Argentine avec un fleuve qui le traverse et qui s'appelle le Tigre.

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Et la tombe de Lazare en Béthanie. J'écris mon nom sur la tombe pour qu'un jour mes héritiers puissent relier symboliquement la résurrection de Lazare et le nom de leur mère comme un testament d'immortalité.

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Et la Place Rouge en Russie ! Je suis passée cinq fois en face des dépouilles embaumées de Lénine pour garder son image pour toujours…

***

Et les Noëls à Londres, en dînant sur les bateaux Mouches. Et notre hôtel à Westminster en face de Tiffany et Bath, que j'aime. Et Stonehenge.

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Et les plages sublimes de Denis Kesse en Chypre turc, et les traces de toutes les cultures. Même le château d'Othello, le Moro de Venise.

***

E la Corne d'Or à Istanbul… et ma jupe rose entre les pierres du Colisée à Rome. Rien à voir avec la cohérence d'un récit, car c'est la description de mes flashes.

***

Et la côte amalfitaine, et Capri, et Naples, et la Sicile où nous nous sommes jurés un amour éternel. Cela avait été notre premier voyage ensemble. Et notre dernier voyage ? Pour le moment, la Norvège et nous nous sommes baignés dans les fjords, et l'Irlande… vers notre éternité où tu n'as pas pu te baigner dans la mer, car la pluie ne faisait que tomber et nous obligeait à une sublime intimité.

***

Tu me diras comme je te dis aujourd'hui que les voyages continuent et que tu arrives à lire les guides de voyages pendant que moi je ne sais rien de plus que ce que tu me racontes, mais je garde avec une incroyable clarté les souvenirs des couleurs des ciels et des paysages : le bleu changeant de la mer Rouge, la petite sirène de Copenhague, les ciels des déserts et de Miramar : notre ciel proche des étoiles et les souvenirs de notre plage avec des vagues énormes, vues de notre 16ème étage. L'avant goût du paradis.

***

Je viens de me souvenir de l'Iran. Il revient comme les ruines de Pompéi, et le voyage en Irak, quand en descendant du car nous étions allés connaître Ninive et Babylone, et nous sommes restés dîner un poisson grillé dans un restaurant, au bord de l'eau, entre le Tigre et l'Euphrate. Au retour à Mossoul à notre hôtel, l'Haren al Rachid, au 11ème étage, la terre avait tremblé. Nous sommes partis le jour suivant. Peut-être une légère pensée m'a traversé : le désir de disparaître ensemble dans le ventre de la terre.

Le sublime enterrement des amants sans laisser de trace.

Pardon pour cette fugue de ma fantaisie, mais l'image a le goût d'une immortalité partagée.

Fait à Paris le 27 avril 2016.
Silence !
Il fait froid et devant moi il y a une photo de nous au Transvaal.
C'est la nuit.
Il y a un feu de bois et j'entends cette musique dont je t'ai parlé
et qui s'appelle « voyageuse ».
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Consultation sur le sommeil
enregistrée à mon cabinet
le mardi 19 avril 2016

Le sommeil physiologique ne répond pas toujours au besoin profond de l'organisme. C'est parce qu'il se voit troublé par des problèmes qui proviennent de la fatigue du quotidien ou par des pathologies du sommeil en particulier, thème qui a été développé par tous les médecins qui ont travaillé sur le sommeil.

Le sommeil est un acte naturel qui correspond à la suite de la fatigue. Quand le corps a consommé les énergies de l'éveil, le sommeil devient nécessaire, profond et alimente le corps pour recommencer la journée de travail suivante.

Mais pourquoi parlons-nous de pathologie du sommeil ?

C'est parce que le sommeil répond à un état de grâce dans lequel nous sommes en paix avec tous les conflits de notre vie.

À ce moment-là, le sommeil est profond et réparateur. Dans le sommeil il y a différentes étapes qu'il faut contempler pour les comprendre. On rêve six, sept fois par nuit.

C'est l'inconscient qui communique les messages au conscient pour pouvoir dévoiler son sens.

Les rêves parlent des problèmes du quotidien aussi bien que des problèmes symboliques qui font référence aux complexes autonomes de l'inconscient collectif de celui qui dort.

Le sommeil paradoxal est un sommeil normal. Ce qui ne l'est pas, c'est le sommeil coupé pendant la nuit, l'interruption d'un repos profond par des réveils angoissants et des inquiétudes sur des choses auxquelles on ne peut pas répondre.

C'est à ce moment-là qu'il serait important d'analyser une autre façon de dormir pour pouvoir, avant de nous endormir, arriver à un état de détente dans lequel les angoisses ou les problèmes de la journée disparaissent.

Le sommeil pour être profond et réparateur doit être accompagné par un état psychologique apaisé avec une conscience tranquille de la tâche accomplie.

Nous sommes en train de parler dans un contexte de travail. Le sommeil devient pathologique lorsque les problèmes de la journée envahissent le sommeil.

Le cas dont nous parlons de burn-out si fréquent aujourd'hui par la pression du travail et aussi le harcèlement, est un thème très particulier, parce que la première manifestation du burn-out est le changement du sommeil, il devient coupé ou retardé, le réveil est plus tôt par rapport à l'heure à laquelle on devrait se réveiller.

Ce sommeil est aussi accompagné par des cauchemars. On peut voir que, dans le sommeil de quelqu'un, qui commence un burn-out, le thème de la persécution apparaît fréquemment.

C'est très important de pouvoir détecter le burn-out le plus rapidement possible afin de prendre les mesures nécessaires pour l'éviter, car il est aussi le problème le plus fréquent dans les situations de travail.

Maintenant, je voudrais parler des rêves. Ils constituent des messages bien clairs de l'inconscient. Seulement, il faut les comprendre et pour les comprendre, il faut imaginer que les rêves sont la réponse à une question que l'on se pose même sans s'en rendre compte dans la profondeur de soi même, quand quelque chose nous dérange ou quand quelque chose de très important est en train de se passer dans notre vie.

Il y a des rêves qui illuminent en nous-même le traumatisme et je reviens sur le problème du burn-out. Comme je l'ai dit précédemment, le thème de la persécution est souvent fréquent.

Quelle est la façon de les comprendre ?

À la place d'être des rêves majeurs, symboliques qui parlent de traumatismes, de choses qui se sont passées dans notre vie, de choses qui parlent d'une autre façon d'envisager le monde avec les réponses aux questions, apparaissent les cauchemars qui déclenchent l'angoisse, l'inquiétude et l'insomnie.

Quand l'insomnie se déclare, c'est parce que l'angoisse fait des pics très hauts. C'est impossible de dormir, parce que le sommeil devient aussi un lieu de persécution.

Par rapport à la conception philosophique du rêve, le rêve c'est la paix suprême de l'être dans la situation d'avoir été éveillé dans la vie quotidienne par les évènements les plus hauts de son vouloir être.

Le rêve, c'est comme un éveil énorme, le sommeil devient un lien avec la veille du jour pour montrer des choses qu'il est très important de connaître « Qui suis-je ? Où je vais ? Qu'est ce que je suis venu faire ? » Vous allez trouver dans vos rêves beaucoup de manifestations liées à ces questions.

C'est essentiel de comprendre par exemple l'importance donnée aux rêves pour la construction de la personnalité par le médecin suisse Carl Gustav Jung, psychiatre et psychologue, la tête de toute la psychologie des profondeurs. Il considère avec Freud que les rêves sont l'expression de la voie royale de l'inconscient.

Ce qui est important de voir dans les rêves c'est l'émergence des images des archétypes vers l'individuation de l'individu, c'est-à-dire qu'il n'est pas un être entièrement animal, ni entièrement rationnel, mais un être à part entière qui se cherche pour Être.

Il est essentiel aussi de comprendre combien la fonction du sommeil est importante.

Si je sais que je me réveille en paix, c'est que je suis en paix ou bien si je me réveille dans l'inquiétude, c'est que quelque chose m'a dérangé. Je parle ainsi dans le cas ou vous ne vous souvenez pas de vos rêves, car lorsque l'on s'en souvient c'est qu'il y a des messages à décrypter.

Observez comment vous vous réveillez de votre sommeil. Qu'est-ce que vous ressentez ?

Le comment est lié à mon éveil, est-ce que je me suis reposé ? Comment je me sens ? Qu'est-ce que je voudrais faire à ce moment ? Est-ce que j'ai un enthousiasme de vivre ou j'ai une tristesse fondamentale ?

Tout cela présente des éléments à considérer, parce que, ce que nous envisageons aujourd'hui dans le cadre du travail sur le sommeil, c'est voir le sommeil relié à la pathologie du burn-out. Il est important de respecter la courbe du sommeil pour donner assez d'énergie à l'accomplissement des tâches dans la journée de travail.

En avançant dans notre travail sur le sommeil, si vous avez la possibilité de comprendre la valeur du sommeil et la valeur des rêves pour éviter toute pathologie, je vous dirais qu'il serait intéressant de prendre un petit cahier et d'écrire chaque jour ce que vous vous souvenez de vos rêves, pour pouvoir en faire la lecture et savoir comprendre les messages de l'inconscient.

Une interprétation approfondie de ces rêves peut vous donner des informations au sujet de votre être profond et pouvoir prévoir à l'avance quand la fatigue commence à vous envahir, quand vous n'avez plus de force. Ce n'est pas nécessairement dans l'état déjà de burn-out que nous pouvons commencer à analyser notre sommeil, à le contempler et à le considérer important dans notre vie.

Il y a pendant le sommeil des phénomènes, des apnées, on peut dormir avec des apnées.

Mais pourquoi ? On doit se poser la question. Pourquoi ? Comment je me sens, que puis-je prévoir aujourd'hui ?

Dans le thème qui nous intéresse qui est le sommeil et le travail, le sommeil et le burn-out, le travail sur le rêve est fondamental pour pouvoir avancer, prévoir, ressentir en avance des états de futures pathologies qui émergent des situations dans lesquelles on n'a pas été bien.

Le mal être se manifeste dans le sommeil. Le sommeil qui est un acte physiologique naturel devient un moment de souffrance et la souffrance commence quand on se dit : « Est-ce que je vais dormir ? Est-ce que je vais pouvoir faire ma nuit complète ? Est-ce que je pourrais demain faire face à mon travail ?

Posez-vous la question !

À bientôt, mais avant de nous séparer je vous présente le cas d'un patient sur le thème du sommeil et du burn-out dont nous avons parlé :

« Âgé de 49 ans, marié, 5 enfants, ingénieur occupant un haut poste de Direction dans sa spécialité, l'assainissement des territoires »

Dans les six mois qui ont précédé son premier arrêt de travail il a commencé à avoir des cauchemars dans lesquels il perdait toutes ses dents en les lavant.

Interprétation du rêve : Les dents symbolisent les défenses, donc il perdait ses défenses.

Le deuxième rêve cauchemar : Il se faisait étrangler. Le réveil a été précédé de spasmes.

Interprétation du rêve : Il était étouffé, étouffement dans le travail.

Il vient en analyse deux ans et demi après ce premier arrêt de maladie. Déjà il dormait difficilement avec des somnifères et antidépresseurs.

Les symptômes : Migraines fréquentes une fois tous les dix jours. Des réveils violents et finalement des larmes.

On a pu travailler dans l'analyse ses rêves et il y a 6 mois qu'il est revenu au travail, l'adaptation est réussie, la reprise excellente.

Le dernier rêve qui a marqué sa rentrée en convalescence de son burn-out a été le suivant :

Il était dans un bateau de guerre qui s'est désagrégé, mais une partie du bateau continuait à naviguer et il se préparait à traverser un détroit. Il s'était réveillé très angoissé.

Interprétation du rêve : C'était le détroit à traverser pour une nouvelle vie, en abandonnant le bateau de guerre, symbole de pression et de harcèlement avant la traversée du détroit par ses propres moyens à la nage.

Essai préalable d'enregistrement :

Sur le sommeil, selon les quantités d'heures passées au travail, le sommeil représente le repos absolu dans lequel disparaissent les pensées associatives pour se fondre dans une situation dans laquelle toutes les tensions du corps disparaissent.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



En parlant de voyages, je voudrais vous raconter une histoire que j'ai vécue avec une de mes chères patientes, qui pourrait s'appeler « Ensemble dans le temps ». Une histoire incroyable et pleine de beauté.

Elle avait été abandonnée par son mari après avoir vécu à Budapest avec lui.

Après un long temps d'analyse par téléphone, elle avait décidé enfin de revenir en France dans sa famille. Le voyage, nous l'avons fait ensemble pendant plusieurs jours, en plusieurs étapes, les téléphones dans nos mains et moi dans l'empathie, mais loin de toute identification car la situation était dangereuse.

Nous avons réussi notre voyage ensemble. Et encore aujourd'hui nous sommes ensemble et elle m'écrit :

Bonsoir Graciela,
Je suis contente de vous voir sur Facebook régulièrement et je vais tenter de créer l'occasion de venir vous voir sur Paris.
Je pratique le yoga de manière intensive et j'anime un groupe.
Je recommence encore et encore le beau travail que nous avions fait, sur un autre tempo, mais avec la même joie de voir les choses bouger en moi et autour de moi.
Tout ce que je lis, tout ce que je vis me ramène à vous, à nos échanges, à vos paroles.
Vous êtes toujours là, à mes côtés, que ce soit dans mon exil (encore et encore...) ou sur le tapis.
Je vous fais plein de gros bisous.

Fait à Paris le 30 avril 2016,
le jour de réception de son message.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Qu'est-ce qu'un voyage ? Pour le commun des mortels et l'imaginaire collectif, le mot « voyage » fait apparaître immédiatement différentes images comme :
  • des contrées lointaines, exotiques, qui sortent de l'ordinaire, tout au moins qui nous changent de notre quotidien,
  • un temps de trajet important pour arriver à la destination finale,
  • des souvenirs de nos propres voyages,
  • une envie de nouveauté,
  • l'attrait de l'aventure,
  • le besoin de se ressourcer,
  • l'espoir de trouver une réponse à l'énigme ou aux difficultés de sa vie,
  • mais aussi la crainte de l'inconnu, du danger, de peut-être ne jamais revenir.

Toutes ces associations à l'évocation des voyages semblent ne concerner que la réalité physique d'une tranche de notre vie : le fait qu'un être humain se déplace d'un point A, qui est habituel, vers un point B, nouveau ou inhabituel, pour l'explorer, puis revient au point A, son pays, sa ville, sa maison, plus généralement son environnement habituel.

Pourtant nous pouvons voyager dans l'espace psychique, avec les mêmes sensations, les mêmes sentiments, les mêmes aspirations et, sans doute les mêmes résultats.

Partir dans une rêverie, dans son sommeil, lors d'une sieste ou tout simplement lors d'un déplacement (à pied, à vélo, en train,… quel que soit le type de mobilité) peut constituer tout un voyage avec toute la richesse qui peut le caractériser, l'effet de transformation sur soi-même qu'il génère, sur l'humeur, permettant l'accès à une vision différente de notre réalité de vie, de notre perception du quotidien, sur notre stress, finalement sur notre état physique et psychique.

La rencontre avec une nouvelle personne peut être également un voyage, vers des moments partagés, des expériences échangées, une vision du monde enrichie pour qui sait écouter l'autre, ce qu'il peut nous faire connaître et comprendre : une connaissance, un collègue, un ami, un « maitre spirituel », un être aimé. Faisons de ces rencontres des moments privilégiés, où nous nous mettons entre parenthèses, avec nos soucis, nos souffrances, nos ressentiments, pour accueillir dans les meilleures conditions l'autre, au-delà des échanges purement « contractuels » (au sens le plus large possible) qui peuvent motiver dans un premier temps cet unité de temps et d'espace partagé.

Apprécier un paysage, participer à un événement majeur, être témoin d'une rencontre a priori fortuite avec un phénomène particulier, sont tout autant des voyages, aussi dépaysants que les voyages physiques, car ils peuvent nous transformer le temps qu'ils durent, mais aussi pour toute la période postérieure, par les effets qu'ils induisent sur notre corps et dans notre esprit : c'est une loi générale de la physique et un postulant de la psychologie.

La vie est une succession de voyages, certains au long cours, d'autres plus limités dans le temps, mais bien souvent en pointillé, comme si nous pouvions mettre en mode arrêt notre escapade, puis reprendre quand nous le souhaitons. Mais cette extraordinaire vision des choses, car elle est porteuse d'une grande puissance de transformation, réclame discipline et entrainement de l'esprit, afin de parvenir à l'état de calme et de réceptivité, que requièrent ce qui peut sonner comme un commandement : « je ne suis plus mes soucis, je les oublie derrière moi et je voyage en totale liberté, physique et psychique, pendant le temps que j'ai aménagé pour effectuer ce moment de découverte ».

La vie, elle-même, n'est-elle pas aussi un voyage à part entière, remplie de nouveautés, de découvertes, de surprises ? Si nous en acceptons l'idée, faisons de chaque moment de notre vie la possibilité d'un nouveau voyage !

Hervé Bernard



J'ai très peu voyagé. Mes parents pas du tout et je n'ai pas, par la suite, développé ce goût à l'exploration.

Pour mes parents, je le comprends. L'après guerre, une période difficile, un seul revenu modeste pour faire vivre la famille. Il n'y avait pas l'opportunité ni la disposition matérielle pour une telle aventure.

Ma nature n'est peut être pas, par ailleurs, prédisposée aux voyages. Il faudrait lever la contrainte matérielle et la contrainte « temps » pour peut être y répondre. Ce que je sais, c'est que je n'ai pas grand appétit à répondre aux offres commerciales alléchantes.

J'ai pu me rendre dans certains pays, toujours dans des circonstances particulières, je me souviens de Chypre, du Liban, de L'Argentine pour ne citer qu'eux. Je les évoque particulièrement, car ces pays ou plutôt ces rencontres m'ont touché émotionnellement.

J'étais aussi de passage, mais ce que j'y ai vécu, c'était comme recevoir la chaleur des rayons d'un soleil. J'étais touché par ces cultures, par l'expression d'une vie émotionnelle ou l'autre existe, sans apesanteur, sans jugement ou ce qui était dit était dit. Et la vie continuait, peut être autrement, mais c'était dit dans le don et le partage. Ils exprimaient aussi la joie, une joie de vivre et de rencontrer l'autre.

Il est possible que j'aie recherché dans ma vie à voyager autrement, peut être par le goût d'une introspection de mon individualité, une introspection qui finalement sans que je puisse l'imaginer ou même le penser, interagissait avec le monde extérieur. C'était véritablement la rencontre de deux mondes parallèles.

Le thème me propose par association consciente cette relation entre le voyage et l'introspection. Le concept me plaît beaucoup, je le sens vivant. Je dirai aujourd'hui que cette relation évoque en moi la possibilité par la compréhension de ce que je suis, de proposer un regard plus profond, une écoute plus éveillée, finalement un voyage ou les couleurs sont plus vives, les sensations plus fortes, la conscience plus subtile.

Dans ces conditions, je crois que nous pouvons alors regarder et cheminer ensemble pour un temps dans la même direction, côte à côte. À ce moment-là nos individualités peuvent se manifester avec leurs particularités, leurs différences, leurs unicités dans une complémentarité bienveillante pour enfin ne former qu'une seule entité.

C'est véritablement un voyage au plus profond de soi même et cependant tourné invariablement vers l'autre. C'est le paradoxe du miracle du travail sur soi, du travail d'une matière subtile et sensible par ses propriétés.

La transformation, une nouvelle compréhension ouvre peu à peu les portes d'un paradis qui n'est nulle part ailleurs qu'en nous même, un espace que l'on découvre pas à pas, un paradis qui rayonne à travers nous et propose alors d'autres miracles. Cela me fait penser à la multiplication des petits pains évoqué dans le nouveau testament comme l'un des miracles de Jésus Christ.

Le voyage intérieur est un cheminement qui conduit aux portes d'une connaissance perdue, aux portes de notre mystère, au miracle de la résurrection qui peut s'accomplir à chaque instant. Puissiez-vous un jour en éprouver la sensation et le sentiment ! Et c'est la véritable connaissance retrouvée qui nous porte vers l'autre.

Puissiez-vous un jour le partager. Le miracle demande à être partagé, c'est sa nature profonde et c'est en cela qu'on le reconnaît et que l'on reconnaît la nature profonde de celui ou celle qui l'exprime.

Le miracle, son exploration, sa compréhension ne peuvent pas être tenus au secret. La connaissance cachée est un mensonge, une illusion mystique entretenue par des egos avides de domination.

Le vrai miracle est le voyage intemporel à la rencontre de soi-même et de l'autre. Un voyage qui nous propose de devenir individuellement et ensemble des êtres conscients libres et responsables, des êtres aimants. C'est ce voyage que nous a proposé le Christ. Aimons-nous les uns les autres.

Fait à Chessy, le 2 mai 2016
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



Voyager est une ouverture vers les autres, vers d'autres cultures.

Personnellement je n'aime pas les voyages où tout est organisé, prévu, où nous ne sommes que des touristes rien d'autre ; dans ces conditions je pense que nous passons à côté de beaucoup de choses. J'ai eu la chance de voyager très peu de fois de cette manière.

Depuis plusieurs années, je fais partie d'une chorale qui voyage, où il y a des échanges avec des chorales d'autres pays et où nous vivons des moments privilégiés et cela grâce à notre chef de chœur.

En effet, une relation, même furtive soit-elle, se crée et il y a un lien qui est maintenu par notre chef de chœur. Nous ne sommes pas des touristes et lorsque nous chantons ensemble même si ce n'est pas dans notre langue, il n'y a qu'un seul chœur à l'unisson.

Chacun met du sien pour accueillir ces hôtes. Lorsque ceux-ci viennent en France nous faisons du mieux possible afin qu'ils gardent un très bon souvenir de leur venue, que ce soit pour l'accueil, les concerts, la culture, les visites et les repas. Et bien sûr leur souhait est que nous venions dans leur pays pour partager avec eux ces mêmes merveilleux moments.

Il y a des pays qui m'ont plus marqué que d'autres, notamment lorsque nous sommes allés à St-Petersburg, au Liban, en Chine et au Canada.

Par ailleurs, il y a eu la Finlande et l'Argentine, c'était dans d'autres circonstances et je peux dire que là c'était chez l'habitant. Alors nous sommes en immersion totale avec les gens et leur façon de vivre.

C'est ça que j'aime, car nous partageons des choses totalement imprévues, qui se décident au dernier moment, des opportunités, des propositions des uns et des autres. En fait, nous ne savons pas toujours à l'avance comment va se dérouler la journée, c'est la découverte, l'aventure.

Je voudrais dire qu'il y a également un merveilleux voyage que peu de gens réalisent, sans doute le plus beau, c'est celui de la vie, de la découverte de soi, de son propre chemin et qui mène à l'amour et à la paix.

Fait à Chessy, le 24 Avril 2016
Claudine Thomas