NUMÉRO 179 REVUE BIMESTRIELLE février-mars-avril 2019

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Confession Confesión
 
Bernard, Hervé Confession
 
Baleani, Eduardo La confesión
 
Cohen, Rut La confesión
 
Delagneau, Philippe La confession
 
Giosa, Alejandro La confesión
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de mars 2019
 
Thomas, Claudine La confession


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La confession tout comme la pénitence ne consiste pas à mener une vie dure, à jeûner, á se mortifier… Elle consiste à se corriger de ses défauts.

Selon Bourdaloue, jésuite français du 17ème, le remords de conscience que nous sentons après le péché est une grâce intérieure ; que c'est la première grâce que Dieu donne au pécheur dans l'ordre de la conversion…

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le thème de la confession me fait penser que nous sommes tous des sujets à la recherche des bienfaits du sacrement du pardon.

J'avais demandé à recevoir la bénédiction pour les malades pour guérir de mes nuits sans sommeil. Les sacrements du pardon m'on été proposés à la place.

Je considère que nous avons tous quelque chose qui nous dérange en nous, conséquence parfois de moments de conscience insuffisants. J'entends chaque jour des confessions, j'entends la culpabilité se présenter comme thème invariable au commencement des analyses, autant que le contraire, car peut-être c'est toujours l'autre qui est le coupable.

Quelle opportunité inattendue de laver mon être de mes péchés d'ignorance, car je vois aujourd'hui que si j'avais su beaucoup, des désastres ne seraient pas arrivés aujourd'hui.

Mon histoire ressemble à beaucoup d'histoires. Parfois tout a l'air de bien commencer et finit par devenir un désastre, mais aussi le contraire : des histoires tristes, qui nous sauvent.

Je me souviens qu'au commencement de ma vie, j'avais voulu partir le plus rapidement de la maison de famille, me marier rapidement, faire des enfants. Peu m'importait comment le faire. Naturellement l'unique solution c'était de se marier et de partir en pleine adolescence.

Il y a quelques années j'ai rencontré un cas qui ressemblait au mien. Une femme s'était mariée à dix sept ans pour partir immédiatement à Bahia Blanca. Une femme avec une histoire qui m'a permis de découvrir les erreurs qui sont commises, quand nous sommes pressées.

Cette femme s'était mariée avec un parfait inconnu, bon élève, premier de sa promotion, officier de la marine. Ils ont eu deux enfants ensemble, mais le couple idéal était devenu un calvaire, et dans la même ambiance, elle avait connu, sept ans après son vrai amour, déjà marié comme elle, mais sans enfant. Je connais bien l'histoire, j'ai connu le pays et les conséquences.

Sans divorcer, car le divorce n'existait pas dans notre pays, l'Argentine, à cette époque. Les apparences seulement comptaient. Elle a donc eu deux enfants avec son premier amour, celui qui lui avait été utile pour partir, et deux autres enfants avec l'amour de sa vie.

Les années passant, la situation était devenue insoutenable. Son amour lui avait promis de se séparer de sa femme, mais il ne l'a pas fait. Donc elle est partie dans un autre pays. Seulement que ses quatre enfants, devenus adultes, ont mal jugé son histoire et l'ont abandonnée. L'aîné est décédé très jeune, les autres n'ont pas été faciles avec elle, toujours dans le jugement. Peu à peu elle est restée seule avec les garçons mariés et les petits enfants.

Elle avait eu deux filles, le deuxième enfant avec le premier homme et le quatrième enfant avec le deuxième homme. La relation est devenue morte et sans issue : mépris, jugement, cruauté, oubli, absence. Plus 5 petits enfants dont elle n'avait plus de nouvelles.

Quoi dire ? Rien ! La vie est un mystère comme le péché, la confession et l'absolution, mais il faut payer l'ignorance. Comment ? Nous ne revenons pas en arrière. C'est la fin d'une histoire qui pourra avoir des conséquences inquiétantes et inattendues ! Un mystère et une histoire étrange ! Jamais il n'y a eu une explication. Elle considère avoir fait tout son possible pour ses enfants. Jamais une explication, une parole, une question un « pourquoi maman ? ».

Et la vie plonge dans le silence sans confession ni explication.

Et ceux qui abandonnent aujourd'hui seront, bien sûr, abandonnés un jour, par ce retour du refoulé, qui semble ne pas pouvoir se manifester, comme une punition pour l'ignorance.

???
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



J'ai une confession à vous faire, relative au thème de l'écoute et qui est devenue pressante et si évidente, à la lumière de l'actualité, ce jour du lundi 15 avril 2019.

Il est relativement aisé et à la portée de tous d'écouter ce que dit, voire écrit, quelqu'un, un collègue de travail, un proche, un ami, un inconnu, c'est-à-dire un autre quel qu'il soit. Il suffit de bien ouvrir ses oreilles, d'être suffisamment disponible et disposé à écouter ses propos. Ensuite libre à soi de répondre tout de suite, de proposer une réponse plus tard, de simplement signifier qu'on a bien entendu ou bien de ne rien faire (explicitement ou non). Mais l'expérience d'un échange entre deux personnes montre vite les difficultés de communiquer, de se faire comprendre, de comprendre l'autre et de le lui faire savoir. C'est une qualité, un art, une discipline, qui est loin d'être acquise et qui malheureusement n'est pas considérée à sa juste valeur dans notre système éducatif, qu'il soit institutionnel ou familial.

Pourtant notre vie quotidienne égrène son lot d'incompréhensions et de non écoute quand nous ne parvenons pas à être écouté, ou quand nous sommes témoins de deux personnes ne parvenant pas à s'écouter l'un l'autre. C'est malheureusement bien banal de nos jours et probablement symptomatique d'une difficulté, voire d'un dysfonctionnement de notre vie sociale. L'écoute peut être bien sûr élargie au niveau d'un groupe de personnes, d'une communauté, d'un pays, un groupe pouvant être compris comme un ensemble de personnes partageant un certain nombre de valeurs, d'objectifs, d'activités en commun.

Le niveau de bien-être d'une société, d'une communauté pourrait sans doute se mesurer par le niveau d'écoute, en qualité et quantité, entre ses membres, entre ses groupes d'individus, sachant qu'une même personne peut appartenir à un nombre presque illimité de groupes.

Mais je souhaiterais élever le thème de l'écoute au niveau des événements qui nous entourent, en utilisant l'actualité toute récente, puisque datant de la veille, de l'incendie qui a complètement détruit le toit et la nef de Notre-Dame de Paris.

La réaction de la majorité des personnes que j'ai croisées ou qui ont été interviewées par les médias varie ou mélange l'incrédulité, la stupéfaction, la tristesse. Bref des sentiments très forts comme face à tout événement grave et dramatique. Au-delà de ces réactions immédiates, à un moment où les causes de cet incendie ravageur ne sont pas connus, en tout cas pas du public, mais probablement pas des responsables, ne pourrait-on pas y voir un sens, un message, venant d'où, je n'en sais rien, mais comme le support ou la médiation d'une force intelligente et naturelle qui recherche notre écoute ?

Certains diront d'emblée que les causes sont purement physiques, le développement d'un incendie pouvant avoir démarré par une cause accidentelle (un feu électrique, un point chaud oublié) ou par une cause volontaire (un acte de terrorisme, la volonté de nuire, mais de manière limité dans les effets ou un acte inconsidérée de bêtise). Je pense que les deux explications peuvent très bien cohabiter.

Pourtant on ne compte plus les témoignages de catastrophes naturelles, comme les tremblements de terre où nombre d'animaux domestiques ou même sauvages ont fui la future zone de désolation, comme s'ils pressentaient, souvent quelques jours avant, ce qu'il allait arriver. Alors que, dans le même temps, les hommes n'ont rien senti à l'avance, n'ont pas bougé et ont subi de plein fouet les conséquences de ces catastrophes naturelles, malgré la débauche de technologies et la quantité de connaissances qu'elle a développé pour connaître la nature et mieux s'en protéger. L'homme a perdu ce contact avec la nature que l'animal a préservé, car il est toujours resté en contact direct avec elle. Bien malin celui qui serait capable d'expliquer pourquoi les animaux sont capables de tels exploits, comme s'ils étaient capables de percevoir des signaux invisibles, en tout cas des manifestations inhabituelles, exceptionnelles, relayées par une perception inter animale de la peur qu'ils engendrent.

Cette réflexion, ou plutôt cette question, m'est venue non parce que je cherche à trouver un sens à tous les événements exceptionnels ou simplement importants (inutile par exemple de chercher un sens à une personne prenant des risques et qui est victime d'un grave accident : le message et la cause se conjuguent dans un comportement dangereux, comme si la personne cherchait l'accident), mais en raison d'un certain nombre de coïncidences troublantes :

  • L'événement, grave dans son ampleur et intervenant sur peut-être le ou un des monuments le plus symboliques de la France, connu du monde entier, survient juste quelques minutes avant la retransmission d'une allocution du président de la République, censée apporter une réponse favorable à un vaste mécontentement de la population française, bien tristement accompagné d'une série de violences publiques qui ont fait le tour du monde, comme pour montrer que le moment est très grave,
  • L'événement semble également survenir comme pour montrer le désintérêt continuellement grandissant de la société pour le spirituel, au niveau de notre pays, mais également dans nombre de pays et régions du monde, au profit de l'avidité (posséder de plus en plus) et de la satisfaction immédiate de ses désirs, en général en résonance ou en réponse à un mouvement personnel très centré sur soi-même.

    Cet événement survient comme une synchronicité, comme si l'église Notre-Dame de Paris se sacrifiait pour nous faire entendre quelque chose.

    Ecrit le 16 avril 2019 sous forme d'une confession,
    non à Dieu ou à soi-même,
    mais aux êtres qui m'entourent.

  • Hervé Bernard



    Je n'ai pas la mémoire de m'être confessé dans un lieu de culte. Je n'ai pas eu l'exemple, le modèle familial qui aurait pu m'accompagner dans cette approche.

    Très tôt j'ai ressenti une certaine vigilance, une méfiance envers la pratique du culte. Je n'ai sans doute pas rencontré les personnes qui me convenaient pour pouvoir éveiller mon intérêt.

    Je me suis bloqué dans mes premières expériences. La plus forte fut ma rencontre avec un prêtre et sa réponse assénée à l'une de mes questions « La volonté du Seigneur est insondable ». La réponse me semblait instinctivement cavalière pour un sujet qui me préoccupait au plus profond de mon être sans que je le comprenne encore. Il manquait une compréhension et semble t-il une volonté d'exploration. Le temps s'était soudain figé. C'était un espoir qui prenait fin trop tôt. J'ai peut-être trop rapidement conclu que je n'obtiendrais pas les réponses espérées à travers cette voie. C'est aussi une affaire d'homme et de femme par qui la transmission passe.

    J'aurais espéré qu'une dimension humaine suffisamment éveillée m'accompagne, me guide vers ce Dieu invisible et silencieux, absolument inconnu.

    Alors je ne suis jamais rentré dans une église pour me confesser, ni même dans ma jeunesse pour prier. J'étais par ailleurs choqué par cette contradiction apparente, celle de rencontrer des personnes à la fois si pieuses allant à confesse comme on le disait à cette époque et si peu pratiquantes dans leurs manifestations du quotidien. Non décidemment, ce n'était pas pour moi, ce n'était pas les modèles que j'attendais, je ne trouvais ni la manifestation, ni la compréhension.

    Mais l'appel à une conscience plus éveillée peut être persistant et peut prendre des chemins variés. Mes questions sans réponse étaient déjà un chemin de croix qui me maintenait un tant soi peu à l'écoute inconsciente d'un miracle dans un quotidien plongé dans un sommeil profond, profond, mais pas irrévocable.

    Cette pression maintenait inconsciemment en moi la flamme d'un éveil refoulé par une résistance qui s'était renforcée par cette absence apparente d'intérêt pour le sens, le sens de l'existence.

    Et puis, il y a eu les rencontres, d'abord livresques puis humaines et avec eux le sens du combat, le sens de l'effort, le sens de l'éveil, le sens de la transmission. Le sens s'est fait force. Avec eux, au sein de groupes de travail nous avons appris sans le nommer « à nous confesser », à comprendre sans le nommer le sens de la confession. Nous avons appris peu à peu à reconnaître et à accepter notre fragilité, nos mensonges à nous-mêmes, notre ignorance de nous-mêmes, nous avons appris à donner du temps au temps, le temps nécessaire à la transformation. Nous avons exprimé et reconnu ces vérités qui sous l'angle du travail sur soi prennent la force d'une confession permanente agissante pour l'éveil de la conscience, sans en prendre la forme du culte.

    Et il ne peut en être autrement. Un véritable travail sur soi est un travail de vérité intérieure, les menteurs s'excluent par ailleurs d'eux même naturellement. C'est objectivement l'unique chemin vers sa propre résurrection dans l'ici, maintenant et entièrement.

    C'est sur les ruines de nos illusions que nous pouvons bâtir. Peu à peu comme un vent agissant et conscient qui sculpte les pierres, comme les marées qui dessinent un paysage, peu à peu cette force de vérité va construire de nouvelles fondations puis l'œuvre en elle-même.

    Il paraît que certains êtres sculptent les âmes …

    Fait à Chessy, le 19 avril 2019
    Philippe Delagneau



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    SOS Psychologue



    Se confesser, c'est dire la vérité, mais quelle vérité ? Cela peut sembler étrange, mais il est rare que nous fassions un mensonge délibéré. La plupart du temps nous pensons dire la vérité et cependant nous mentons tout le temps, quand nous voulons mentir et quand nous voulons dire la vérité. Nous nous mentons à nous-mêmes ainsi qu'aux autres. Ainsi, nous ne pouvons pas nous comprendre, parce que nous ne pouvons pas ne pas mentir.

    C'est la raison pour laquelle il nous faut apprendre à dire la vérité et c'est la chose au monde la plus difficile. Pour dire la vérité, il faut être devenu capable de connaître ce qu'est la vérité et ce qu'est un mensonge, avant tout en soi-même. Et cela, personne ne veut le connaître.

    L'homme a eu l'habitude de vivre dans une atmosphère de mensonges et de peurs. Il devra dépasser ses barrières, les détruire, il devra parvenir à comprendre son mensonge intérieur, les incessants mensonges qu'il se fait à lui-même.

    C'est possible au sein d'un groupe de travail. Un groupe de travail est une grande chose où l'exigence est primordiale. Tout d'abord il faut apprendre à être sincère avec son maître, Il faut qu'une confiance réciproque s'installe au sein du groupe. Nous devons sacrifier notre volonté ordinaire, nos mensonges ainsi que notre peur, car les peurs sont habituellement liées aux mensonges et la vérité est la seule voie.

    On doit apprendre à discerner la sincérité de la dissimulation intelligente et de la dissimulation mécanique en en comprenant le sens et le but. La clé de la vie consciente est de reconnaître le mensonge.

    Les sur efforts nous aideront à dépasser nos barrières intérieures et il nous sera demandé toujours plus afin que notre être grandisse. Il arrivera un moment où l'on ne pourra plus se mentir à soi-même avec autant de sincérité, car on commencera à avoir le goût de la vérité. C'est un goût de légèreté, de fraîcheur, une libération.

    Mais avant toute chose, il nous faut nous éveiller à la vie.

    Fait à Chessy, le 18 Avril 2019
    Claudine Thomas