NUMÉRO 145 REVUE BIMESTRIELLE octobre-novembre 2012

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Les valeurs Los valores
 
Bernard, Hervé Les valeurs
 
Cohen, Rut Se escucha últimamente la palabra…
 
Delagneau, Philippe Les valeurs
 
Gabriel, Myrna Les valeurs
 
Giosa, Alejandro Los valores
 
Manrique, Carla La valeur d'une mère est énorme ! El valor de una madre es enorme
 
Rolón, Gabriel Extracto del libro «Encuentros»
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves d'octobre-novembre 2012
 
Thomas, Claudine Les valeurs


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Nous sommes les porteurs de nos valeurs ancestrales. Les quatre dernières générations qui ont précédé la mienne ont fait du bénévolat. Les valeurs suprêmes dans ma famille ont été le don gratuit, la reconnaissance des autres dans leurs souffrances et dans leurs manques aussi bien spirituels que matériels.

Mon grand-père paternel est décédé à soixante ans, à cause d'une pneumonie attrapée dans les bidonvilles le long du fleuve de la Plata qui avait débordé à cause de l'orage venant du sud et avait inondé de pauvres maisons précaires. Il a sauvé beaucoup de vies, il croyait à la rédemption et au sens de l'aide vers les pauvres de la terre. Il a fondé l'hôpital Saint-Joseph pour les ouvriers et il a apporté de Savona en Italie El Palio de la dévotion de la Misericordia en Argentine. Des générations, dont la mienne, ont fait leurs études au collège de la Misericordia à Belgrano à Buenos Aires. Les valeurs essentielles m'ont été communiquées par cette phrase inscrite sur le fronton du collège « Les mains dans le travail et le cœur en Dieu ». Je me vois aujourd'hui continuer mon travail professionnel avec vocation, passion et certitude de toucher la stèle taillée par mes ancêtres.

Donner sens à la vie, c'est défendre nos valeurs indépendamment de toute religion et de toute tendance politique ou sociale. Dans ma vie je ne crois pas avoir contredit mes valeurs, mais chercher à atteindre une conscience possible pour la partager dans l'aujourd'hui avec tous ceux qui, ayant vécu des traumatismes ou des manques d'étayage, ont perdu leurs valeurs originelles dans la confusion d'existences parfois trop banales et trop matérialistes.

Défendre nos valeurs, c'est la plus belle guerre sainte que nous puissions livrer.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



La notion de valeur est aussi vieille que l'homo sapiens.

Le verbe latin valere, qui a donné l'adjectif valeureux, signifie être fort. Ce qui a de la valeur, c'est donc ce qui a de l'importance, ce qui compte et, avant tout, la vie de l'individu, sa propre vie, qu'il considère comme le plus précieux de tous les biens puisque, sans elle, il ne jouirait d'aucun.

Si la pensée se contenta d'abord de séparer le précieux de l'utile, de l'inutile et du nuisible, en se développant elle se bâtit dans l'ordre matériel comme dans l'ordre moral. C'est ce que Nietzsche devait nommer une échelle des valeurs.

Les valeurs matérielles fixèrent l'envie quand la société se fut organisée. Chacun rêva de troupeaux, de terres, de jarres d'huile ou de vin… Il suffit de lire, sur un journal, les mots : dévalorisation, valeurs mobilières et immobilières, valeurs étrangères et nationales, pour concevoir l'importance accordée par les hommes d'aujourd'hui aux valeurs marchandes réelles, monétaires ou fiduciaires. Ces valeurs mesurent tout, même le temps puisque Time is money ; même l'individu puisque, dans certains pays, il vaut exactement le nombre de ses dollars.

En face de ces valeurs pour lesquelles ont été édifiées des banques somptueuses dont les animateurs mobilisent le téléphone, la radio, la presse imprimée ou parlée, suspendent l'attention du ponant au couchant, déclenchent des paniques, des crises aussi redoutées que la fin du monde, il est permis de se demander ce que sont devenues les valeurs suprêmes, baptisées par Max Scheler «essences idéales» : le sacré, le juste, le beau, le noble, l'héroïque…

Loin d'apercevoir des signes de déclin dans la valeur accordée à la science et à l'industrie, nous commençons de craindre qu'elles n'effacent toutes les autres vers lesquelles l'humanité, depuis des millénaires, levait les yeux pour se guider. Quel chemin parcouru !

***

Où nous mène cette marche ?

À la possession d'énergies nouvelles dont le potentiel croît sans qu'il soit possible d'apercevoir des limites à son développement. À un véritable bouleversement des économies, des pédagogies, des structures sociales, des modes de vie…

Ainsi la science et l'industrie ont mis le monde terrestre en état de fièvre. Que de problèmes politiques posés par cet essor du laboratoire ! Que de luttes autour d'un grand canal international, que d'intrigues autour d'un pays producteur d'uranium ou de pétrole !

Ces problèmes de politique internationale se doublent de problèmes sociaux. À mesurer la grandeur d'un pays par ses richesses industrielles, celle d'un homme par la taille de son automobile ; à ne plus désirer que des titres de pétrole et non des titres de noblesse, ne risque-t-on pas de n'apprécier un savant que par la fortune attendue de l'exploitation de son idée ?

Devant cette montée des valeurs à la mode, il est fort compréhensible que des esprits équilibrés s'élèvent en rappelant la primauté des valeurs morales sans lesquelles la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue, la primauté de la personne humaine sur la conjugaison de la main et du cerveau.

***

Si les valeurs sont immanentes et transcendantes dans leur essence, chaque génération se fraye son propre chemin pour aller vers l'idéal. C'est sur ce point seulement que les générations s'opposent. Ce qui fait le drame humain et la grandeur de ce drame, c'est l'incessant effort de chaque génération pour répondre aux exigences de l'idéal humain.

Fait à Paris, le 20 octobre 2012
Au milieu d'un silence confus
entre illusion de permanence et constat de caducité…
Les valeurs tremblent…
C'est l'automne, les feuilles tombent,
mais les troncs résistent.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Que représentent les valeurs à notre époque où presque tout devient évalué en fonction de sa valeur commerciale, comme s'il n'existait plus qu'une seule valeur, celle de l'argent ?

La question peut paraître banale tant l'argent est devenu roi et que cette évolution récente dans l'histoire de l'humanité est vue par l'homme de la rue comme un élément incontournable de notre paysage quotidien. Je pense que cette problématique de la place de l'argent dans notre société nécessite véritablement un questionnement pour en cerner les ramifications dans notre vie de tous les jours, dans nos projets, dans nos esprits pour mieux y opposer la prise en compte de valeurs qui seraient bien sûr à placer au-dessus de l'argent.

De quelles valeurs parlons-nous ?

Bien sûr le choix des valeurs ou nos modes de fonctionnement, plus ou moins conscients, vis-à-vis de différentes valeurs, peuvent dépendre de nombreux facteurs, l'évolution historique de notre pays, notre culture, notre éducation, et surtout notre individualité, c'est-à-dire notre histoire de vie, nos états d'âmes. C'est un référentiel complètement personnel, car au-delà du respect de la loi, des valeurs morales ambiantes écrites ou non, il appartient à chacun de se construire un système de valeurs, qui permettra de structurer sa pensée, son action, son projet de vie, qui certes peut évoluer au gré de l'apprentissage et de la maturité de chacun.

Je pourrais citer de nombreuses valeurs, notamment les plus universelles, interculturelles : la vie, le travail, le respect de l'autre, l'estime de soi, le respect de la parole donnée, le respect de la pensée de l'autre, le respect de la différence, l'honnêteté morale, le couple, la famille, l'amour… Mais c'est à chacun de se définir un système de valeurs, éventuellement pondéré et priorisé, en distinguant ce qui lui apparaît le moins négociable de ce qui pourrait être dérogé dans certaines conditions sinon ce n'est plus une valeur.

De nombreuses valeurs, peut-être toutes, sont universelles, au-delà de l'espace et du temps, des cultures, des religions, des systèmes de pensée, de l'histoire des civilisations, des modes. Peut-être sont-elles simplement l'essence de l'humanité ?

La société, l'entourage peuvent influencer notablement nos choix de valeurs, par le biais de l'éducation, des médias, de la justice, de la publicité, des systèmes de récompenses ou encore des processus de promotion dans le domaine professionnel… La parole et l'exemple des parents, des proches, de ce qui est renvoyé par les autres, sont des facteurs également prépondérants vis-à-vis de la construction de notre système de valeurs et de leur intrication avec notre comportement au quotidien, notre aptitude à réagir aux difficultés, notre capacité à nous adapter au milieu et aux circonstances, de la construction de nos défenses.

Mais avons-nous besoin de valeurs ?

Notre entourage semble nous montrer qu'a priori personne n'est exempt de valeurs, même si pour certains, de prime abord, elles n'apparaissent pas clairement. C'est parce qu'elles ne sont pas toujours explicitement mises en avant dans notre conduite. Qu'est-ce qui pourrait animer une personne sans aucune valeur ? En effet comment vivre au milieu de ses semblables, comment développer des relations avec certains proches sans partager un minimum de valeurs, même inconsciemment ? Il serait bien difficile de lui faire confiance, car son action semblerait n'être encadrée par aucun garde-fou. Même si parfois un être humain semble croire en aucune valeur, c'est que son système de valeurs peut être masqué par un conflit visible à l'extérieur ou interne, parfois inconscient, mais qui menace de remonter à la surface.

Un système de valeurs est comme une armature solide autour de laquelle peut se construire avec harmonie et dans la continuité la psyché, sans quoi aucune pensée, ni aucune action ne peuvent être pérennes pour entretenir la motivation et la force nécessaire pour réaliser un projet de vie. Elles constituent également un système de défense vis-à-vis des attaques de notre part d'ombre, de nos penchants névrotiques, plus généralement face aux difficultés de la vie, extérieures ou intérieures.

Les valeurs peuvent toujours représenter un refuge quand tout bascule, que nous sentons au creux de la vague, voire au fond du gouffre, elles constituent notre dernier rempart face à l'effondrement de l'être pouvant mener à la maladie, à la folie, à la pathologie chronique, de plus en plus difficilement réversible…

Il est donc important de disposer d'un système de valeurs, d'en être conscient et de s'y tenir, impérativement pour son propre intérêt et pour devenir un exemple de lumière vis-à-vis des autres, ce qui engendre confiance et respect.

Hervé Bernard



Les valeurs que je reconnais sont celles que manifestent une certaine moralité, une éthique individuelle et collective qui donnent un sens et une direction à la vie.

On en reconnait leurs propriétés à leurs caractères intangibles, inaliénables, permanents.

Quels que soient les lieux, les civilisations, les époques, les individus, quelles que soient les formes et les chemins empruntés, nous les retrouvons. Elles nous interpellent et nous questionnent dans notre relation à la vie, conceptuellement et dans notre quotidien.

Certains y répondent sentant la nécessité d'être relié à un principe qui les élève.

Pour ces êtres, les valeurs sont bien vivantes, parce que bien comprises. Il leur appartient alors de les manifester en témoignage de ce qui est et a été reconnu, rayonnant simultanément de la joie d'une expérience renouvelée, la joie d'une sérénité et d'une paix retrouvée.

Le chemin peut être long ; en tout cas, il n'est pas immédiat. Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas.

Dans tous les enseignements ésotériques philosophiques ou religieux, une conscience morale éthique ou étrique apparaît et elle était encore jusqu'à un certain temps fortement ancrée et manifestée, dans notre paysage éducatif.

Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu resteras fidèle, tu ne jugeras pas, tu ne porteras pas de faux témoignages, de fausses accusations, tu ne convoiteras pas, tu ne nuiras pas à ton prochain, tu honoreras ton époux, tes parents, tes amis.

Quelle beauté, même imité, même mécanique et incomprise. C'était déjà un résultat.

Je ne suis pas né dans ce monde parfait, mais dans un monde fragile où j'ai connu la saveur d'une certaine éthique morale. Aujourd'hui, je suis bien malheureux de me retrouver confronté à la disparition inexorable de ces tendances au détriment d'un égoïsme toujours plus omniprésent, accepté et justifié voir même idolâtré.

Il aurait été préférable de vouloir interpréter et comprendre les signes, d'en retrouver le sens, le chemin et la destination.

Qu'est devenu notre instinct de conscience morale objective qui nous interpelle, nous alerte que quelque chose ne vas pas, que quelque chose a dû se pervertir, que nous n'allons pas dans une direction possible, souhaitable et proposée à l'homme.

Sommes-nous donc devenus insensibles à ces réalités ?

Nous occupons à peine une faible parcelle de terrain dans ce grand univers.

Nous l'avons entouré et recouvert d'un grand chapiteau d'égoïsme et d'avidité, rejetant, méprisant une main nourricière tendue, reniant le caractère sacré d'une vie qui nous a été donnée en partage.

Que sont donc ces valeurs éthiques pleinement assimilées et comprises sinon le chemin royal vers l'amour, la création et son créateur.

Fait à Chessy, le 26 novembre 2012
Philippe Delagneau



Gurdjieff parle d'une situation où un homme très sérieux, qui consacrait sa vie au perfectionnement de soi, est devenu arrogant. Il a essayé de raccourcir le chemin vers la perfection et a créé une situation où les êtres sont devenus pires. Des pièges. C'est pire d'être un hypocrite que de ne rien faire.

Ce chapitre fait beaucoup réfléchir à ma vie. Ces récits de Belzebuth qui m'ont rendue folle au début, sont maintenant très enrichissants. Ce sont les observations objectives qui me donnent le désir de m'observer et d'être présente. Sans notre maître qui est le travail en groupe, la paresse et l'endormissement gagneront.

Avec amour,
Ottawa, Canada
Myrna Gabriel



Être mère demande d'être responsable de la nouvelle vie et d'avoir la force de lutter pour cet être sans défense, de se réveiller dans la nuit et de lutter.

La valeur d'une mère est énorme. Elle est toujours là quand tu en as besoin, avec tout son amour.

Une mère est un être humain spécial, toujours disponible pour nous donner le meilleur chaque jour, de façon gratuite et sans condition.

« Je te remercie de tout ce que tu as fait pour moi et que tu m'as enseigné. »

Tu étais le meilleur être pour moi, merci pour avoir été ma mère.

Tu m'as transmis tes valeurs, qui aujourd'hui sont les miennes et me permettent d'être fière et heureuse.

Tu étais noble, honnête, sincère, responsable, tolérante, bienveillante et beaucoup plus…

J'ai appris à donner valeur à chaque conseil que dans la vie tu m'as donné.

Nous avons partagé aussi une belle amitié.

Tu as lutté pour survivre, mais Dieu t'a appelé, tu es devenue alors un ange. Et je sais que tu es avec moi.

Je n'aurai pas peur quand le moment de partir arrivera pour moi, car tu seras là-bas.

Guide mes pas, que ta présence m'accompagne dans l'accomplissement de ma destinée. »

Traduit et synthétisé par Graciela Pioton-Cimetti de Maleville
Prof. Carla Manrique



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SOS Psychologue



Sans valeurs, la vie n'a aucun sens. Il est indispensable pour notre équilibre et notre épanouissement qu'elles puissent être satisfaites. Nous pouvons les reconnaître au bien être profond et intense qu'elles procurent en nous lorsqu'elles son respectées.

Les valeurs sont les convictions que nous considérons importantes, car elles constituent nos repères essentiels qui nous servent à effectuer nos choix et orienter nos actions et notre comportement. Ce sont les éléments les plus stables en nous, elles font partie de notre héritage, à savoir : éducation, milieu, environnement, religion ainsi que toute personne ayant eu une influence sur nous.

En travaillant sur moi-même, je renforce mes propres convictions et j'en découvre d'autres qui se dévoilent au fur et à mesure que ma conscience s'élargit. Cela me permet de participer à l'harmonie en moi-même, ce qui est essentiel à tout être.

Qu'est-ce qu'un homme sans valeurs ? Un homme sans conscience, sans aucun repère, sans espoir, bref une machine qui court à sa propre dégénérescence autant physiquement que psychiquement.

Chaque jour nous pouvons le constater et voir combien notre société part à la dérive. En effet, il n'y a plus de respect, le mensonge est devenu chose courante, l'homme a perdu toute sa dignité.

Alors posons-nous la question : Une telle société mérite t'elle de perdurer ? Non ce n'est pas possible, car elle part à sa perte.

C'est pourquoi nous devons défendre nos valeurs, nous battre pour les respecter en étant un être responsable.

Les valeurs sacrées ancrées au plus profond de nous-mêmes sont comme un squelette. Elles nous permettent de tenir debout, d'être dans l'axe et nous relient à Dieu, c'est-à-dire, à l'amour.

Fait à Chessy, le 22 Novembre 2012
J'admire ce que la vie nous donne de merveilleux,
je ne me lasse pas de regarder la charmille dans le jardin, chaque jour.
C'est un véritable festival de lumière, en partant du vert jusqu'au mordoré.
J'en suis reconnaissante à notre Mère Nature.
Claudine Thomas