NUMÉRO 173 REVUE BIMESTRIELLE novembre-décembre 2017

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Le crépuscule El crepúsculo
 
Bernard, Hervé Le Crépuscule
 
Baleani, Eduardo Crepúsculo
 
Delagneau, Philippe Le crépuscule
 
Giosa, Alejandro El crepúsculo
 
Laborde, Juan Carlos Huracán María
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de août 2017
 
Thomas, Claudine Le crépuscule


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Arrivés à un certain âge, beaucoup de gens regrettent « le bon vieux temps ». Observé dans la psychologie de l'individu, c'est toujours la jeunesse qui ranime la flamme.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Oui pour écrire, oui pour décrire, oui pour imaginer, oui pour porter, oui pour réfléchir…

Mais quel crépuscule ? Celui des dieux, celui de la vie ? Celui d'un amour qui s'efface dans la monotonie ? Celui d'une maladie sans guérison, ni solution ?

Ou mon crépuscule le plus aimé quand le soleil s'endort derrière les collines de Tandil, quand dans un silence profond la mer devient sombre et l'horizon rougeâtre, quand cette infinie sensation de totalité sans limite, le jour devient nuit lentement et je suis dans mon paradis du 16e étage sur l'Atlantique Sud, dans un Miramar qui me ressemble… Oui, il me ressemble car j'ai grandi au rythme de cette ville des enfants ainsi qu'elle est nommée (La ciudad de los niños). J'avais trois mois. Mon père m'a plongée dans les vagues, complètement, et je n'ai pas crié. Peut-être étais-je simplement surprise ?

***

Longue question et je dirai comme le poète : très proche de mon crépuscule, je te bénis, ma vie, parce que tu ne m'as donné ni souffrances inutiles, ni tristesses non méritées, parce que proche de mon crépuscule je comprends que je suis l'architecte de ma destinée.

Oui, je préfère parler du crépuscule de ma vie. Il est étrangement joyeux et fertile. J'avance vers la nuit en sachant que les étoiles ne manqueront pas dans mon ciel.

Aujourd'hui je suis obligée de faire le bilan de ma vie, à me demander si j'ai fait le nécessaire pour laisser derrière moi un ciel de paix sans culpabilité.

***

Est-ce que ce crépuscule signifie « mort annoncée » ? Je ne crois pas. Mais plutôt la sagesse, savoir faire, savoir aimer, pas comme avant, mais en cherchant à comprendre le pourquoi des actions et des choix.

***

Commençons par le commencement. Dans le silence ou dans l'action, les crépuscules ont représenté pour moi des moments de réflexion avec des nostalgies au sujet des choses qui auraient pu être les idéaux de ma vie et que je n'ai pas eues : un grand amour sans faille dans une abondance sans faille et je ne parle pas que du matériel. Non, j'aurais aimé avoir autour de moi les bras de l'aimé pour me détendre et pleurer de joie dans ses bras. Je ne l'ai pas eu longtemps. À chaque crépuscule une solitude étrange venait à moi, que je ne saurais pas définir : difficulté, m'empêchait de vivre un bien-être total et paisible.

Je me souviens d'un crépuscule d'été sur la plage depuis ma terrasse sur la mer. Je vois mes quatre enfants autour d'une énorme tortue de mer, qui s'était échouée sur la plage. Comme le crépuscule de cet immense animal je vivais le crépuscule comme un éternel renoncement à la vie possible. Cela a été tristesse et crépuscule ou crépuscule et tristesse. Mais c'était comme ça. Dans la journée il y avait des choses à faire, à créer, à vivre, à ressentir. Quand la nuit tombait, l'espérance de faire se perdait, il n'y avait qu'à attendre la routine du lendemain. Pas clair peut-être, mais c'est mon crépuscule !

Mes crépuscules à travers le temps, c'est un manque innommable quelque part et je n'ai pas réussi à maîtriser mon problème.

Mais je me dis que la tempête qui frappe ma vie, m'amène très loin dans la mer pour m'aider à expérimenter des choses nouvelles qui vont m'enrichir et m'apporter la maturité. Tout obstacle sur mon chemin augmente ma foi et mon espérance. Rien n'effacera, ni diminuera mon besoin d'arriver à mon destin. Rien ne va m'empêcher à arriver à ce destin qui m'attend si je mets mon regard vers l'avant et si j'apprends à diriger mes pas. Ainsi, j'arriverai à mon destin dans les moments justes, ni plus, ni moins. L'exploit le plus grand que je peux réaliser tous les jours c'est continuer à vivre malgré tous les coups que j'ai reçus et que je continue à recevoir. Avec la conviction que j'ai d'avancer sur mon chemin, en faisant émerger mon destin. J'en suis sûre, en moi, au plus profond de moi.

Je continue mon chemin, j'avance et un soleil m'illumine et émerge dans le crépuscule le plus sombre pour manifester la possible existence d'un bonheur éternel.

Fait à Paris le 18 décembre 2017,
c'est le jour de mon anniversaire
et il fait froid, très froid.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le crépuscule annonce la fin d'une journée, période de temps indéfinie et plus ou moins longue, entre le jour et la nuit, où la lumière s'estompe peu à peu, parfois marqué par un rougeoiement du ciel.

Après une journée de travail, le crépuscule invite au repos des activités du corps et de l'esprit, sous l'effet d'une fatigue et d'un stress qui s'est accumulé durant toute la période diurne et pour mieux préparer au sommeil nocturne, que chacun espère, inconsciemment ou en pleine conscience, apaisant et réparateur.

Le crépuscule sonne symboliquement comme la fin d'un cycle, nécessaire pour démarrer le cycle suivant. Le crépuscule résonne à nos oreilles et à notre entendement avec des sonorités aussi bien positives. La fin d'un cycle appelle le début d'un nouveau cycle avec toute la force d'espérance que nous pouvons projeter, mais aussi négatives. La fin de quelque chose fait toujours craindre, comme sous l'effet d'une peur ancienne et primaire, une issue définitive, de la même manière qu'on nomme le sommeil la petite mort, avec la peur souvent inconsciente de ne jamais se réveiller.

Mais tout ne dépend-il pas de ce que nous avons pu réaliser dans notre journée :

  • Avons-nous pu réaliser toutes les tâches que nous nous sommes assignés en début de journée ou la veille ?
  • Avons-nous appris quelque chose de nouveau, qui nous interpelle suffisamment pour changer notre état d'esprit, notre rapport au monde, aux autres, à nous-mêmes ? Quelque chose qui nous permet de nous endormir avec l'apaisement et la plénitude que procure le sentiment d'un meilleur lien avec soi-même ?
  • Avons-nous pu faire avancer, au moins quelque peu et dans la bonne direction, des projets à long terme, qui nous tiennent à cœur et qui engage notre force de vie ?

    Souvent les réponses à ces questions conditionnent notre état d'esprit au crépuscule de notre journée, nous permettant vraiment, un peu ou pas du tout, d'aborder notre nuit de manière positive, avec la possibilité d'une activité onirique capable de rééquilibrer nos émotions, de mieux poser nos problématiques, parfois de nous laisser entrevoir des pistes pour des solutions ou de ressentir une meilleure image de nous-même.

    Le crépuscule nous rapproche, voire nous précipite, vers la nécessité d'une confrontation avec nous-même, d'une interrogation de notre moi profond et de nos désirs, comme si le cycle journalier du crépuscule révélait le temps d'une sensation ou d'une prise de conscience, de l'éphémérité de la vie, comme peut évoquer tout phénomène en relation avec le temps qui passe, tout événement cyclique ou le décompte régulier d'une horloge.

    Parfois il s'agit d'un pincement au cœur, ou d'une sensation de stress dans la gorge, au plexus ou dans le ventre, en rapport avec la sensation d'un retard dans un projet, d'une absence par rapport à un rdv extérieur ou avec nous-mêmes. Car dans la lumière du jour, dans le feu de l'action quotidienne, tout est comme illuminé par la lumière du soleil, même s'il est caché derrière les nuages : en résumé, tout va bien, car nous nous sentons enivrés par la force de l'énergie cosmique, qui alimente avec bonheur ou parfois avec une force plus élevée que d'habitude, notre sentiment d'équilibre, donc de bien-être, même s'il peut être tout relatif.

    La plupart du temps, il s'agit de brèves prises de conscience, que l'ambiance ou le timing du crépuscule, aident à faire remonter du fin fond de notre inconscient ou bien carrément de sensations inconscientes, qui nous étreignent pour mieux nous faire recevoir les messages de l'inconscient vers la conscience.

    Nous parvenons à les reconnaître et les décrypter, si nous nous avons appris à nous écouter, si nous sommes suffisamment entraînés avec discipline, que cela soit une capacité d'accueil et d'écoute permanente ou qu'il s'agisse de nous ménager des temps de pause pour nous-mêmes, peut-être mieux ouverts aux messages de l'inconscient au moment du crépuscule ou quand l'ambiance évoque ce moment de fin de journée.

    Sachons reconnaître l'intelligence de notre nature et nous inspirer de son exemple, qui a créé dans sa profonde nature et structure cyclique, ce moment privilégié qu'est le crépuscule, pour mieux nous relier à nous-mêmes et nous aider à nous accomplir dans notre double dimension consciente et inconsciente.

  • Hervé Bernard



    Le crépuscule évoque en moi tout d'abord les magnifiques couchers de soleil que je peux observer au printemps et en été, un crépuscule qui prend son temps, qui donne le temps à la contemplation.

    Et puis ce silence, les oiseaux se taisent, la nature reprend ses droits légitimes.

    C'est aussi le signe d'une journée qui s'achève, l'annonce d'un possible repos bien mérité, le moment où je termine mes tâches en pensant déjà au lendemain pour la continuité de l'action.

    C'est un instant d'équilibre dans la vie et pour la vie, un passage, un trait d'union entre deux aspects opposés et complémentaires d'un même processus, d'une même loi.

    C'est comme ça que je ressens le crépuscule, un point d'équilibre dans et pour la continuité de la vie.

    Cet adage transmis par le philosophe et psychologue Gurdjieff « un bâton a toujours deux bouts » prend tout son sens.

    Écrit à Chessy, le 15 décembre 2017
    Philippe Delagneau



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    SOS Psychologue



    Le crépuscule annonce l'arrivée de la nuit. Parfois, cela évoque en moi le commencement de l'angoisse.

    En effet, j'ai peur de la nuit, c'est comme quelque chose qui m'envahit et auquel je ne peux échapper. Je me sens prisonnière, c'est un autre monde où tout est changé, je perds mes repaires. Bien sûr il y a des lumières, mais la nuit est toujours là, comme si je ne pouvais pas voir plus loin, que mon champ de vision était limité.

    J'ai eu des peurs nocturnes qui m'empêchaient de dormir, j'ai tellement souhaité que quelqu'un reste auprès de moi, veille sur moi pour m'endormir. Cela me rappelle qu'après la mort de mon père je vivais dans une grande maison et ma chambre se trouvait tout en haut. J'entendais les craquements et cela me tenait en éveil, car j'avais peur que quelqu'un vienne me tuer.

    Je me rends compte combien le lâcher prise est difficile et important pour moi, car je reste attachée à des choses inutiles qui entravent ma vie et je vois bien là ma nullité. Il est essentiel de renoncer à tout cela.

    Pourtant j'aime toutes ces lumières comme actuellement à l'approche de Noël, c'est magnifique. J'aime voir Paris la nuit où tout scintille, tout semble magique, bien sûr sans la nuit il serait impossible de le vivre, de voir cette beauté qui nous est donnée.

    J'aime les moments où le crépuscule nous permet d'admirer de magnifiques couchés de soleil. Alors quand c'est possible, je prends des photos, je saisis l'instant, un couché de soleil n'est jamais pareil.

    Je pense que le jour et la nuit sont indissociables comme la vie et la mort. L'un ne va pas sans l'autre sinon cela n'aurait aucun sens, cela correspond à une réalité objective.

    Fait à Chessy, le 11 décembre 2017
    Claudine Thomas