NUMÉRO 186 REVUE BIMESTRIELLE octobre 2020 … mars 2021

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Grandeur et décadence Grandezca y decadencia
  Je suis de retour… Estoy de regreso…
 
Bernard, Hervé Grandeur et décadence
 
Baleani, Eduardo Grandeza y Decadencia
 
Delagneau, Philippe Grandeur et décadence
 
Giosa, Alejandro Grandeza y decadencia
 
Laborde, Juan Carlos Presidente Donald Trump: El ultimo día
 
Manrique, Carla Argentina: grandeza y decadencia
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de novembre 2020
 
Thomas, Claudine Grandeur et décadence


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La décadence est un état qui nous affaiblit, nous détériore. Comme le précise André Maurois : À la naissance de l'amour, les amants parlent de l'avenir. À son déclin, ils parlent du passé...

Par contre, la grandeur est une ambition démesurée et Blaise Pascal affirmait que la grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Je montais plus prêt de la cime de l'Aconcagua et j'ai cru voir le soleil différent rayonnant dans l'immensité de la grandeur. Je suis descendu pour m'asseoir au bord d'une falaise qui donnait sur la mer. J'ai pu constater le sens de sa décadence en comparaison avec la haute montagne et la force de la décadence marquée par le sens de partir dans cette mer incommensurable.

Un jour j'ai connu les belles histoires de ma vie, j'ai eu des enfants. Ce fut un chemin large et silencieux qui m'a permis de goûter la gloire. La gloire de la grandeur de ma radiante jeunesse.

Après ce fut le silence. Je suis partie dans un autre pays. Ma grandeur était comme une fleur desséchée qui s'estompe dans un verre qui manque d'eau.

Après, tout a été étonnant : j'étais reconnue. À partir de ce moment-là, la vie m'est apparue comme malheur et décadence, je ne me suis même pas reconnue. Une certaine tristesse m'avait envahie.

Et un virus incontrôlable est arrivé et tous les vols pour mon pays ont été suspendus et il était impossible de revenir en arrière. Ma maison au bord de la plage de Miramar est inhabitée et la solitude apporte la souffrance de ne pas savoir quand la « peste » sera éradiquée.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Je continue sur la thématique du COVID 19, qui nous invite tant à réfléchir sur notre humanité, plus particulièrement notre place sur cette planète Terre, qui nous a permis de nous développer depuis des dizaines de millénaires.

Tous les pays du monde sont impactés par cette pandémie mondiale, à des degrés divers, sans exception. Tous les êtres humains sont touchés, dans leur quotidien, dans leurs projets de vie et dans leurs rêves. Toutes les organisations, les entreprises, les administrations, le fonctionnement des moyens de circulation, les secteurs économiques sont atteints, parfois fortement par la mise en place de mesures sanitaires. Notons néanmoins, que, jusqu'à preuve du contraire, aucune autre espèce vivante sur cette planète, ne semble être perturbée par le coronavirus. Uniquement l'espèce humaine !

Se protéger, agir, aider, résister, survivre, mais il est aussi important de prendre le temps de la réflexion !

Cette période très confuse lié au COVID 19 m'inspire un sentiment de décadence, alors que notre humanité, notre civilisation, a toujours tenté de tendre vers la grandeur, au travers de l'innovation technique, de l'art, de l'exploitation des ressources, du développement économique, de l'organisation politique, de l'amélioration de l'état sanitaire des populations.

C'est comme si cet épisode se trouvait à la croisée de deux mouvements antagonistes, la grandeur, comme un trait horizontal représentant la recherche de stabilité, et la décadence comme un trait vertical, représentant la chute vers le déclin.

L'ensemble semble symboliser la croix portée actuellement par notre humanité, comme en témoignent les difficultés auxquelles doit faire face chacun d'entre nous, au quotidien, pour vivre, pour préserver un minimum de lien social, pour faire tenir ensemble notre société en participant à la solidarité générale, autant au plan personnel que professionnel ou moral.

Mais la recherche de grandeur, pulsion tout à fait naturelle à l'origine - l'homme a toujours essayé de s'élever -, n'est-elle pas devenue une course à « toujours plus » ? Posséder toujours plus, consommer toujours plus, produire toujours plus de richesses, s'approprier toujours plus de territoires, d'objets, de pouvoirs. C'est comme si c'était la conséquence malheureuse de notre puissance, qui croît progressivement, mais inexorablement, avec le développement technologique (en termes de capacités et de moyens) et la croissance de notre niveau de vie, comme si la puissance avait besoin de s'exprimer, de s'exercer. Mais comme notre planète est limitée, il est bien naturel et logique de penser que ce « toujours plus » se fait, bien évidemment, au détriment des « autres », c'est-à-dire toutes les autres formes vivantes sur Terre, tous nos semblables, l'ensemble des vivants de l'espace de la Nature avec sa biodiversité, puis finira par atteindre les limites même de notre environnement planétaire.

Ce déclin, qui semble à première vue limité (on fait le gros dos pour laisser passer l'obstacle, sans tenter de revoir son modèle de pensée, son modèle de société, son paradigme de civilisation) et surtout transitoire (cela finira par s'estomper et s'arrêter, notamment grâce à la vaccination quasi générale de la population, comme un mauvais moment à passer), avec la mise en place forcée par les gouvernements d'un ensemble de mesures :

· les gestes barrière au niveau individuel,

· la suspension de différents secteurs économiques, soupçonnés, peut-être à tort, de faciliter la diffusion et la transmission du virus, au niveau collectif.

Les acteurs visés directement par ces mesures, peuvent témoigner de l'odeur de déclin que fait planer la gestion de la pandémie sur leur vie au quotidien et sur leur avenir. Le bilan risque d'être lourd en termes de dommages physiques (la déchéance, la maladie, la mort, le suicide..) et psychologiques (la dépression, le stress post traumatique, la tristesse…).

Le salut de l'humanité ne peut résider qu'en une réflexion sur son mode de vie, notamment ses excès. Revenir ou inviter à un mode de vie plus frugal, plus respectueux de l'environnement, où tout sans reste encore à inventer, construire. Revoir notre modèle de mondialisation, avec ses excès, qui nous permet d'accéder aisément et rapidement à toutes les ressources de la Terre, mais a aussi grandement favorisé la diffusion du virus. Nous sommes les acteurs et les complices d'un mouvement qui lentement, mais inexorablement « dévore » notre planète Terre, avec ses richesses, sa diversité, ses équilibres, au détriment de régénération et de sa capacité d'adaptation.

Je ne transmettrais qu'un seul mot d'ordre, devenir conscient :

· conscient de soi-même, de ses actes, de l'existence des autres, de son interaction avec les autres et avec la Nature,

· développer sa perception de son empreinte sur son environnement pour l'amener à un niveau compatible avec le développement harmonieux des autres espèces.

Observons les animaux, qui, dans leur immense majorité, ne prélèvent dans leur environnement que ce qui est nécessaire à leur vie et à la survie de leur espèce, rien de plus. Ne craignons pas de voir en face la réalité de la situation pandémique du COVID 19 pour apprendre de Dame Nature et nous constituer une conscience morale vis-à-vis de toutes tout notre environnement, sinon la Nature tentera, à sa manière, de nous donner d'autres leçons de vie !

Hervé Bernard



Ce thème évoque pour moi le mouvement de l'énergie, la manifestation d'une réalité objective qui se décline dans l'univers dans l'intemporalité et la temporalité des mondes, une manifestation que nous pouvons observée en nous et autour de nous.

Une destinée inéluctable de vie et de mort, d'évolution et d'involution, régie par des lois immuables ou tout est en mouvement, tout se transforme.

Cela me fait penser à un adage : Un bâton a toujours deux bouts.

À la première extrémité, nous pouvons situer l'énergie dite positive et à la seconde l'énergie dite négative. Le tout s'exerçant dans un mouvement perpétuel.

Ce ne sont que mots pour manifester un type d'énergie présent dans notre univers et par conséquent en nous et autour de nous, des énergies qui se manifestent selon leurs natures, indépendantes et pourtant nécessaires l'une à l'autre, en interaction l'une de l'autre.

Au centre de ce bâton nous retrouvons un point d'équilibre que nous pouvons aussi nommé un point de conciliation.

Nous retrouvons également cette interdépendance matérialisée dans le symbole du Yin et du Yang.

Nous y retrouvons un petit point blanc situé dans la partie ombrique noire du cercle et un petit point noir que l'on retrouve dans la partie lumineuse, blanche du cercle. L'une ne peut fonctionner sans l'autre.

Nous ne sommes « que » des résultats de force objectives et ce que nous pouvons observer ne sont que des manifestations de ces forces qui agissent partout dans les mondes, quelque soit le monde. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

Les lois objectives sont les mêmes du plus petit au plus grand.

Toute évolution porte en son germe la présence d'une involution, la menace d'une régression. Toute grandeur porte en son germe la décadence. C'est ce que semble oublier une humanité qui s'abuse, repliée sur elle-même, coupée de sa source originelle.

Pour des raisons pas si obscures que ça et qui lui sont propres, raisons dont je ne vais pas m'étendre ici, l'homme considère la grandeur, la richesse, le pouvoir comme l'une de ses priorités absolues.

Il considère les richesses naturelles comme sa propriété aux limites infinies, une propriété où il prend sans compter, sans vouloir en mesurer les conséquences, dans le déni des effets néfastes potentiels ou dans l'orgueil de tout pouvoir régenté dans un futur si telle en était sa volonté.

L'homme prend sans responsabilité, sans maîtrise, il ne cherche pas le point d'équilibre, il n'en comprend pas le sens, il ne comprend pas que tout à un prix au-delà de ses petites affaires.

Si j'arrache un arbre, je dois chercher à en comprendre la nécessité et le sens. Je pourrai me construire une maison en bois, me chauffer. Mais quel en serait l'autre prix à payer et à qui ? Quelles seraient les conséquences négatives d'un tel acte et comment pourrai-je les maîtriser ? Peut-être à planter une jeune pousse par exemple.

Pour accompagner ce cycle et non le subir dans sa puissance destructrice, réveillons-nous à une plus grande sensibilité, une sensibilité qui n'oppose pas les mondes, mais qui les englobe, éveillons-nous à une conscience individuelle et collective qui se propose et ne demande qu'a être entendu.

Accueillons, observons, comprenons et agissons dans la conciliation avec cette énergie consciente qui est Amour.

Écrit à Chessy, le 28 février 2021
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



C'est ce que nous pouvons vivre lorsque nous engageons un travail sur nous. En effet, ce travail n'est ni linéaire, ni facile, nous suivons notre chemin tant bien que mal suivant ce que nous sommes au moment précis. C'est un travail qui vise à développer des états de conscience supérieure.

Avant toute chose il est essentiel de nous éveiller sinon il ne peut y avoir évolution. Pour cela il nous faut laisser derrière nous notre passé, notre faux moi, notre ego.

Tout d'abord je parlerai plutôt de décadence.

J'ai pu observer et voir que j'étais sans cesse dans le contrôle à ne vouloir écouter qu'une partie de moi-même, refusant de lâcher prise et tentant de régir mon combat jusqu'au bout. Mon mental demeurait le maître du jeu, il imposait sa loi et sa cruauté. Je continuais de régenter ma vie, je demeurais seule, je n'entrais pas en harmonie avec quelque chose de plus haut. Je sais que ce combat n'est pas terminé.

Je pensais : il faut que je contrôle, que je sécurise le périmètre, que je scanne chaque personne que je rencontre et qui pourrait se révéler un agresseur potentiel. Je pensais : il ne faut pas que je m'abandonne sous peine de mourir.

En fait j'ai refusé de me voir telle que j'étais. Puis j'ai pensé qu'il serait temps d'arrêter mes peurs pour me mettre à écouter une autre dimension de moi-même. Etre attentive à ce qui se passe vraiment et ne plus écouter ces pensées négatives qui gambadent dans ma tête. Les regarder passer en étant centrée sur une image agréable. J'étais prisonnière de mon ego, mais désormais son pouvoir commence à diminuer.

Ne jamais croire être arrivé, savoir que le chemin évolue sans cesse, devant nos pas, des aventures et des surprises. Il faut que l'armure se fissure pour que pénètre la lumière.

La vie ne peut se réveiller en nous que si nous lui laissons assez d'espace pour s'épanouir. Il s'agit d'être là, de prendre la bonne distance et ne pas se laisser capturer par nos pensées. Elles ne sont pas nous et nous ne pouvons pas nous réduire à elles. Vivre l'instant présent en pleine conscience nous libère.

C'est un travail qui se fait avec la souffrance volontaire et beaucoup de sur-efforts. De ce fait nous devons avoir beaucoup d'énergie en nous pour lutter, ce qui n'est pas toujours le cas. Il y a des moments très difficiles où nous pouvons être dans un état de découragement, de doute, où nous pouvons penser que ce n'est pas possible d'y arriver. A ce moment-là, c'est véritablement la décadence.

Et puis un jour c'est la grandeur qui arrive. En effet, aujourd'hui il m'est donné de vivre des moments sublimes comme par exemple habiter mon corps, il s'impose. S'il prend de l'espace je réussis à mieux m'ancrer dans la vie. J'apprends à le laisser s'exprimer, à entrer en contact avec lui et à le goûter. Le plaisir de sentir que sa partie intérieure commence à exister. C'est alors une toute autre vie car je la vis, je la goûte et elle a un sens, le sens du réel. J'ai le plaisir d'être là présente.

Lorsque nous sommes dans le moment présent notre regard s'élargit et nous devenons beaucoup plus sensibles à tout ce qui nous entoure. Je respire, je contemple, j'oublie les choses à faire. Je prends mon temps et lorsque le moteur s'emballe je ralentis, j'ai le droit et le devoir d'être présente.

Se laisser gagner par quelque chose qui s'éveille en moi, à offrir du temps au temps, à remercier pour ce que je ressens et à prendre progressivement conscience de la merveilleuse chance que j'ai d'être vivante.

Nous devons nous alimenter de belles choses et principalement en ce moment.

Fait à Chessy, le 8 février 2021
Claudine Thomas