NUMÉRO 150 REVUE BIMESTRIELLE août-septembre 2013

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial
  Commentaire
 
Bernard, Hervé La fatalité
 
Cohen, Rut A la sombra en la pared
 
Delagneau, Philippe La fatalité
 
Giosa, Alejandro La fatalidad
 
Kapela, Laurent La fatalité
 
Manrique, Carla La fatalidad
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de juillet 2013
  Séance d'analyse de rêves de septembre 2013
 
Signes, Véronique La fatalité
 
Stella, Silvia La atemporalidad de las fotos
 
Tarsitano, Alberto La salida
 
Thomas, Claudine La fatalité
  Forum des Associations du 16ème arrondissement


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C'est une attitude de résignation passive qui, sous prétexte de lucidité, affecte de ne pas croire à la possibilité de réalisation. C'est pratiquement aboutir à une abdication de la conscience devant le réel.

Un très ancien préjugé humain, le fatum des Latins, admet que le cours des événements est commandé de façon inéluctable par on ne sait quelle puissance mystérieuse, naturelle ou surnaturelle, la fatalité, de telle sorte que tout effort contraire de la volonté ou de l'intelligence humaine est vain.

Ce préjugé a été parfois érigé en doctrine, soit sur le plan philosophique sous la forme d'un nécessitarisme absolu, soit sur le plan théologique sous la forme des doctrines de la prédestination.

Ces conceptions, est-il besoin de le souligner, n'ont rien de commun avec la Science. La fatalité y est même souvent conçue comme une puissance capricieuse, douée d'un libre arbitre absolu et qui n'obéit à aucune loi. En outre, la fatalité aboutit, comme l'a montré Leibniz, à « l'argument paresseux » : si l'avenir est fatal, si ce qui « doit » arriver arrivera nécessairement, à quoi bon se dépenser en efforts inutiles ? « Ne rien faire », telle est la conclusion pratique. Et cette conception porte, non sur nos décisions elles-mêmes, mais sur leur mise à exécution.

Fait à Paris, le 21 juillet 2013
La canicule est arrivée.
Situation qui semble vouloir nous inscrire
dans la démarche de « l'argument paresseux »,
mais je ne veux pas abdiquer.
Le soleil éveille la conscience, le soleil intérieur
Celui qui dépasse les sordides ténèbres enracinées
dans le concept de fatalité.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Des événements inattendus arrivent. Je n'ai pas le temps, ni la disponibilité pour écrire un article sur la fatalité. Pour ces raisons, je me limite à un commentaire que je ressens comme une vérité profonde en moi.

***

Encore aujourd'hui je n'arrive pas à croire en la fatalité. Mais je crois en revanche en la complicité. Des événements arrivent inévitablement, car c'est le moment où ils doivent arriver. Mais dans l'événement, si je suis en train de le vivre, pour pouvoir le percevoir, il faut que je sois participant actif.

Je ressens un sentiment spécial de collaboration perçu comme un message, qui est dans une méta communication en provenance de l'inconscient. Donc j'accompagne l'événement.

Le travail d'individuation à travers le temps permet avec le développement du soi de percevoir des messages très fins, presque subliminaux, qui accompagnent les événements et qui nous obligent à prendre parti dans l'événement, en étant sujet soi-même, un sujet agissant.

Dans ma vie m'a été donné d'accompagner le départ des êtres aimés et de ressentir au préalable dans le cercle qui précédait le départ seulement, que ce moment arrivait. J'étais donc quelqu'un qui enregistrait le message, tout signe pour accompagner autrement l'autre dans un passage. Loin de moi, toute image de fatalité, il s'agissait de ne pas compliquer encore la situation et de trouver une solution, la modalité de l'accompagnement, c'est-à-dire un accompagnement dans la vie, dans la plénitude de la vie, un accompagnement dans la fragilité à la fin de la vie, et un accouchement de l'autre accompagné par ma plus aimante complicité.

Quel étrange fantasme que la fatalité ! Mon maître disait : « l'homme ne peut rien faire, mais il peut faire le mieux possible pour que les choses arrivent autrement ». Eh bien, faites que les choses arrivent autrement. C'est plonger dans la situation et remplacer l'idée de fatalité par le sens de quelque chose qui se libère et donne la place à l'espérance, à la confiance. Et encore, même si nous ne sommes pas croyant, à quelque chose qui reste sur terre après nous dans la mesure où nous avons laissé une trace chez les autres, un témoignage, un magistère, une communication.

Je ne peux pas penser la fatalité pour les choses de tous les jours. Je ne peux pas dire que c'est une fatalité pour un couple qui se casse. Il ne s'agissait que d'un manque de présence, qui peut m'être très utile pour ne pas être absent quand j'ai des choses fragiles dans mes mains et qui ont une utilité. Ce n'est pas une fatalité pour une mère quand ses enfants se marient. Ce n'est pas une fatalité non plus quand ses enfants partent très loin. C'est le signe de la dynamique de la vie et des saisons.

Ce n'est pas une fatalité si je sème et que je ne récolte rien, il ne s'agit que d'un mauvais choix de terre et de la semence, d'un manque d'attention au fait que la terre n'était pas labourée. A quoi me sert cette évidence ? Je n'ai pas de fruit. Je ferai autrement la prochaine fois. Je respecte la semence, comme je respecte la récolte. Mais si la semence est morte, c'est pour me marquer que c'était depuis le commencement un acte dont il fallait prévoir les conséquences.

Pas une fatalité, la complicité !

Écrit à Paris, le 19 octobre 2013
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Ce mot semble sonner à l'oreille comme négativement, même si chacun s'accorde à penser qu'elle fait partie de notre espace de vie, bien malgré nous.

La fatalité semble être tout ce que nous n'avons pas pu maîtriser, anticiper, accepter, comprendre et que nous ne souhaitions pas, tout au moins consciemment. Un peu comme la part d'ombre que nous décrit le psychanalyste suisse Carl Gustav Jung, définie comme la partie de nous-même que nous méconnaissons et qui remonte par diverses voies psychologiques à la conscience pour nous pousser à mieux comprendre cet intérieur, avec nos désirs, nos peurs, nos angoisses, nos blessures, et que Jung présente comme un nécessaire besoin d'évolution personnel.

Mais la fatalité peut par exemple interroger notre quotidien quand une amie est atteinte d'une grave maladie et semble inexorablement rattrapée par cette limite que nous connaissons tous, la fin de notre vie, avec notre dernier soupir. Bien sûr notre nature humaine, notre envie de vivre, le discours ambiant ou politiquement correct, nous incite à espérer une rémission, nous commande presque de tout mettre en œuvre pour retarder l'issue fatale, par l'aide des médecins, par l'utilisation d'autres thérapeutiques, par un accompagnement plus proche et plus positif, par une attitude plus volontariste, chacun adaptant sa conduite à sa personnalité et à ses capacités.

L'attitude face à la maladie n'est pas facile à appréhender dans nos sociétés occidentales où la mort reste un domaine encore largement tabou, qui fait peur, difficile à nommer. En tout cas difficile à approcher sans dramatisation ou tout autre réaction émotionnelle.

Certes quand nous avons déjà été confrontés à la longue maladie d'un proche, nous avons peut-être eu l'occasion de nous poser les différentes questions suivantes :

  • Quelle distance dois-je adopter ? Dois-je rester en retrait, estimant que l'autre préfère être seul, ou bien dois-je témoigner de ma présence, qu'il n'est pas seul dans des moments de doute, de peur du néant, de douleur physique, parfois d'abandon, qu'elle soit réelle ou psychologique ?
  • De quoi parler avec cet autre qui souffre ou peut-être qui cache plus ou moins explicitement sa souffrance ? Faut-il parler de banalités (faute de mieux), du mal qui le ronge ou préférer rester dans une écoute attentive et empathique et attendre que l'autre vous parle en direct ou « entre les lignes » ?
  • Qu'aimerais-je lui dire ou qu'est-ce qu'il aimerait me dire, comme si cette rencontre était la dernière ? Même si toute rencontre entre deux êtres peut toujours être la dernière.
  • Dois-je simplement me contenir dans une présence silencieuse ou discrète, ou bien adopter une attitude plus pro active dans l'échange avec l'autre ?

Bien sûr toutes ces questions doivent être nuancées en fonction des protagonistes, de leurs sensibilités, du niveau de leur proximité, de leurs capacités à accueillir l'autre, de leurs capacités à interroger l'inconscient, le sien et celui de l'autre, à interroger l'« innommable », le non dit et bien sûr aussi des conditions du moment. Tout est une question de jugé, dans un accompagnement accueillant sans aucune intrusion, sachant que l'autre est souvent autant diminué physiquement que fragilisé psychologiquement.

Peut-être que l'autre va profiter de ces rencontres privilégiées pour parler avec son cœur de sujets qu'il n'aurait pas abordés dans des circonstances normales, parce qu'il n'y aurait pas pensé ou qu'il préférait s'en abstenir.

Car, pour étrange que cela peut paraître de prime abord, pour parler crument, la mort peut rapprocher autant qu'elle peut éloigner. Si la mort est une fatalité, peut-être la fatalité ultime, elle peut permettre d'ouvrir des portes, que nous n'osons pas tout le long de notre vie. Permettons à l'autre qui souffre, souvent dans le silence de la solitude intérieure, d'essayer de les ouvrir, pour d'une part adoucir sa souffrance, mais aussi pour permettre de préparer son départ de notre monde.

Hervé Bernard



Quel mot, quel concept, quel cadeau du ciel de disposer d'une telle matière, de connaître la possibilité de la contempler, puis de l'explorer.

Cette connaissance nous conduit au concept de matière. Je suis matière, la pensée, les mots, les sens sont matières. Elles sont une émanation subtile de ce que nous sommes. Et par nature, la matière n'est jamais inerte. Elle travaille, se transforme à chaque instant en fonction des forces en présence.

La pensée, les sentiments que nous manifestons est aussi matérielle, que les voies d'escaladent que l'homme emprunte et élabore dans sa quête d'explorer un monde inconnu et atteindre les plus hauts sommets.

Si seulement nous pouvions avoir le courage de stopper momentanément le cours d'un temps subjectif, pour s'offrir le cadeau de la contemption, goûter à un instant d'éternité où les sens cachés se révèlent à une compréhension libérée de nos habitudes.

Nous sommes confrontés à une réalité objective à partir de notre réalité subjective. Cette rencontre est un miracle, mais même le miracle a son propre temps, un temps que l'on doit lui accorder.

Tout a été manifesté, mais tout est et reste à découvrir par soi-même à partir de ce que nous sommes et de nos vérités.

La fatalité, une notion étrange, un concept abstrait que l'on décline sans vraiment y attacher d'importance. Au plus, une force que l'on nomme pour expliquer l'inexplicable, pour combler un vide qui apparaît soudain et qui nous fait peur. Expliquer l'inexplicable. Soudain la fragilité de la vie apparaît, ses dangers, notre légèreté peut-être. Nous nous trouvons confrontés à une réalité objective qui lève le voile de notre apparente supériorité pour nous faire ressentir étrangement tout petit et vulnérable.

Dans mon écoute, à plusieurs reprises, j'ai cru percevoir une confusion faite entre la fatalité et la destinée. Quel que soit le mot utilisé j'entendais la même pensée. Tenter de donner un sens à une réalité objective qui nous échappe, à partir d'une matière qui n'a pas été travaillée.

Travaillons la matière quel quelle soit pour pouvoir s'en faire une opinion, une réalité vraie. Elle se donne complètement à nous. Respectons là.

Continuons, recommençons, le travail nous libère de nos croyances, de nos préjugés, de nos certitudes non questionnées, de notre ignorance.

Livrons-nous à elle dans le travail volontaire et conscient. Elle manifeste ce que nous sommes. Laissons-la œuvrer en nous avec pitié, laissons-la construire l'homme véritable, le seul homme capable de recevoir, de choisir et d'honorer sa destiné.

Que Dieu ait pitié de nous.
Chessy, le 23 Septembre 2013
Philippe Delagneau



Avant de rassembler les faits qui dessineront le visage approximatif de la fatalité dans ma vie, se pose cette question : qu'est ce que la fatalité ? Je peux relier la définition de la fatalité à des notions qui s'entremêlent et dessinent l'unité de la fatalité qui est au fond, le voyage commun de l'humanité vers la mort.

La fatalité se définit comme :

Un destin, une force occulte qui déterminerait les événements. Elle se définit comme le caractère de ce qui est fatal et inévitable. La fatalité de la mort.

Une sorte de nécessité, de détermination qui échappe à la volonté. Enfin elle révèle un concours de circonstances fâcheuses, imprévues et inévitables, une malédiction : une sorte de fatalité qui accompagne ses entreprises.

Ma vie a été ponctuée par des événements qui m'ont amené à vivre selon les intuitions et la raison. Néanmoins de tout temps le voyage vers la mort inéluctable a constitué la fatalité suprême. Dans ce voyage se succèdent différents événements qui viennent confirmer l'alliance de la vie et de la mort. Comme toute alliance, les compromis sont nécessaires pour apprivoiser les parcours.

Je suis né en 1957 en République Démocratique du Congo. C'est dans une famille de sept enfants que j'ai été élevé à des valeurs chrétiennes. Tout petit déjà j'apprenais dans le cadre de mon éducation et mon environnement que j'étais né pour être heureux éternellement. Malheureusement ma filiation d'Adam et Eve fut ma première rencontre de la fatalité pour affronter le monde. Je serai obligé désormais d'affronter la fatalité depuis cette désobéissance.

Ainsi donc j'étais déjà inscrit dans la réalité de la mort, de ma propre mort. J'ai beau faire et grandir, mais la perspective de la mort me poursuit. Je vais apprendre à vivre et à lutter pour mieux vivre.

Tous les mercredis après midi, Maman nous confiait à Marie en toute confiance, une femme de trente ans, pendant ses heures de travail au ministère des affaires sociales. Ce jour-là, j'avais huit ans. Marie m'appelle. Je la trouve dans sa chambre, nue. Elle me demande de m'allonger à côté d'elle. Plus tard je saurai qu'elle m'a abusé. Pourquoi moi ce jour-là ? Comment dire non à cette femme que je trouvais belle et qui avait une telle présence dans ma vie. Ma mère n'en saura jamais rien.

À l'âge de 10 ans, j'ai perdu mon frère Guy âgé de 1 an. Je me souviens du guérisseur qui passait à la maison pour porter les premiers soins à cet enfant fiévreux. Je me souviens de ma mère éloignée de son mari en mission professionnelle. Une semaine a suffi pour que ce frère nous quitte un matin à 4 heures. L'enfant que j'étais ne comprenait pas cette disparition alors que la veille je l'avais dans mes bras partageant nos sourires. Pourquoi est-il mort, pourquoi lui et pas moi, qu'est ce qui a fait qu'il soit mort malgré l'intervention médicale et les soins familiaux chargés par tant d'amour donné et reçu ?

La vie continue et me voilà à 14 ans en internat dans une école de missionnaires pour effectuer « mes humanités » de la 3ème à la 6ème en humanités scientifiques. Mes plus belles années, passées dans cet institut ont été marquées par deux événements fatals, qui ont marqué ma vie.

Dans le cadre de la coopération « corps de la paix » zaïroise et américaine, Miss Fink professeur d'anglais surveille un test de connaissances. Alors que nous étions plongés dans l'exercice, Miss Fink rédige un long courrier sans même porter attention aux élèves, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Pour anecdote, nous avons tous trichés ce jour-là profitant de son manque de vigilance. Le jour même à 20 heures Miss Read sa collègue américaine, professeur de mathématiques nous annonce la disparition de Miss Fink. Le lendemain matin, le Père Gérard jésuite et proviseur de l'établissement organise une battue pour la retrouver. Trois cents élèves sont mobilisés en forêt sur un rayon de 5 kms. Une troupe d'élèves retrouve les sandales de Miss Fink sur le bord de la rivière Inkisi, mauvais présage. Plusieurs hypothèses : elle s'est jetée à l'eau, ou a été victime d'un accident. La recherche lancée aboutit à la découverte du tronc de Miss Fink rapporté par un piroguier. Un mois plus tard les restes de son corps ont été rapatriés aux Etats Unis.

Cet événement aura marqué ma vie sur la question de l'existence, comment une femme en plein âge, engagée dans le mouvement de Paix, corps peace en Afrique dans un élan d'humanité pour servir et prendre soin des autres repart en mille morceaux dans son pays d'origine ? Quel est le sens de la vie, de ma vie ? Pourquoi s'engager ?

Dans ce même lieu où je fais mes études, un camarade de classe prend le chemin de bas fond pour puiser de l'eau. Il pleut à torrent, en remontant, son seau d'eau sur la tête, la foudre déracine un arbre et emporte un fil électrique qui encercle mon ami. Sa mort est immédiate, malgré l'intervention de l'infirmier de l'école. Quelques heures plus tôt nous partagions le même repas ensemble et avions programmé la sortie du dimanche habituelle pour rencontrer les filles. Pourquoi lui ? Qu'est ce qui l'a poussé à descendre ce jour-là ?

En 1981, j'ai 24 ans, j'atterris en France en exil, quittant ainsi, ma famille, mes amis, mon pays natal. Au bout de six mois j'obtiens le statut de réfugié politique et 6 ans plus tard la nationalité française. C'est le début de la double absence, caractérisée par l'absence de mon pays d'origine en terme physique et mental et de l'autre par le fait que le pays d'accueil me rappelle que je ne suis pas d'ici par les représentations sociales et culturelles qui me renvoient sans cesse à l'Afrique. Comme Abdelmalek Sayad dans son livre la « double absence », je me retrouve dans la situation de l'émigré qui est à la fois oublié dans son pays d'origine et dans son pays d'accueil où il est contraint au mutisme, donc doublement absent.

Je cherche ma liberté d'agir dans cette nouvelle société pour moi, par le travail, le mariage, la fondation d'une famille. Malgré cette construction de soi, jamais je n'en fais assez. Il faut toujours faire plus pour mon droit d'exister. Je trouve mon émancipation dès lors dans le savoir et la connaissance. Chaque année depuis 30 ans je n'ai pas cessé de suivre des cursus universitaires, une quête de liberté, mais ô combien épuisante. Il ne s'agissait pas de capitaliser une succession de diplômes, mais de sortir de la roue fatale de la double absence pour créer des ponts entre mon pays d'origine et mon pays d'accueil. Je me pose la question de cette interminable quête de la construction de soi pour contenir le « jamais assez ».

Dans cette dynamique du « jamais assez », j'ai été perturbé par la mort pour la première fois en Europe. J'ai été confronté à la mort dans mon pays d'origine par la mort de mon petit frère Guy et en Europe j'ai subi le deuil de deux êtres chers, celui de mon frère aîné et celui de mon père. En 1997, mon père m'interdit de venir aux obsèques de mon frère aîné pour me protéger des tensions politiques locales. En 1999, au décès de mon père je suis confronté à un double choix. Je dispose de la somme financière me permettant de faire le voyage et participer aux obsèques ou je dispose de cette somme pour couvrir l'ensemble des frais d'obsèques selon le rite local et donc de ne pas assister aux obsèques pour répondre aux rites funéraires et conventions sociales. Il m'a fallu 4 ans pour visionner le film des obsèques de mon père. Ce n'est que ce jour là que j'ai commencé à faire mon deuil. Au lieu d'être en unité avec moi-même, j'ai été confronté à faire un choix qui m'a contraint alors que j'aurais pu vivre les obsèques de mon père avec, ou, sans argent. Par ce deuil j'ai été frappé par la double absence et le « jamais assez ». « Le jamais assez » m'a amené fatalement à ne pas assister aux obsèques de mon père.

Aujourd'hui, j'ai 56 ans et dans cette quête je n'ai pas vu passer les années. Dans ce pays d'accueil où tout est norme, l'heure de la retraite a sonné. Il me faut préparer le départ mais quel départ, pour aller où ? Je suis à nouveau confronté à l'exil. À la triple absence cette fois ci. Quitter mon pays d'origine, atterrir dans le pays d'accueil et à nouveau convier à partir. Il me faut à nouveau quitter. Quitter ce qui a fondé ma construction, celle d'une famille, d'une carrière, d'un environnement.

La question qui reste posée est la construction de mon voyage via la connaissance de soi en ouverture aux autres. Telle la pleine conscience pour me permettre de me sécuriser en tenant compte de l'ici et du maintenant, projeter sereinement mon trajet dans la perspective de bien vivre.

Paris le 8 septembre 2013
Je ne pouvais écrire ces faits sur la fatalité si je ne voyais pas dans cette dure introspection la voie de l'avenir.
Laurent Kapela



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SOS Psychologue



Qu'est-ce qui est fatal ? Le destin ? Le cheminement de notre vie ? Nos choix ? Ou bien plutôt les conséquences de nos choix. J'ai choisi à un moment de ma vie de me tourner vers la spiritualité, le yoga, le bouddhisme, les énergies. Mon choix m'a conduite sur des sentiers escarpés et dangereux. J'y ai rencontré mon maître à penser. J'y ai rencontré un nombre croissant de compagnons de route, j'y ai vécu des instants de mirage, des moments d'éternité, des après-midi ensoleillés, des éveils édulcorés et d'autres assombris. J'ai souri, pleuré, aimé, pardonné, haï, inspiré, rejeté, étudié, analysé, dégluti, lavé et étendu au soleil de la vie mes pensées les plus profondes. Etait-ce fatalité ? Était-ce mon karma ? Ai-je choisi ma destinée ou s'est-elle imposée à moi ? Suite logique de ma vie passée.

Ce soir, j'ai semé les graines de mon jardin d'hiver. Demain je poursuivrai l'aménagement de mon espace extérieur. La fatalité d'un printemps pluvieux n'a pas empêché mes semis de printemps de me donner de superbes fruits tendres à croquer. La fatalité m'interdit le retour à l'emploi. J'étudie l'argile, les chakras, les bains de sel, les orbes et les spirales, la kundalini et tant d'autres choses. J'expérimente, je joue, je laisse la fatalité décider de la suite des événements, je trace le sentier, pose les pas qui vont conduire à mon antre de sorcière, j'explore la vie, j'écoute les papillons voleter autour de moi, mon ami le scarabée revient chaque jour me rendre visite, les gros vers de terre me racontent leurs galeries souterraines, les lézards se faufilent entre mes jambes, je respire, la vie vibre, l'esprit est infini, partout.

La plus grande fatalité de ma vie, je crois que ça a été ma rencontre avec Graciela. Elle était programmée depuis la nuit des temps ! Belle nuit à tous ! Le marchand de sable vient de passer…

Véronique Signes



Le destin n'est pas une fatalité.

Pourquoi éprouvons-nous le sentiment de subir ce qui nous arrive, de se résigner à son sort ? Pouvons-nous sortir de notre position de victime ?

Il existe des individus qui se persuadent être les victimes innocentes d'un sort qui s'acharne, mettant en avant l'événement malheureux comme extérieur et indépendant d'eux. L'homme s'est toujours défendu de toute implication volontaire ou involontaire lorsqu'il se voit soumis à ce qu'il nomme destin, laissant ainsi une force inévitable décider de sa vie.

La faute est toujours attribuée à un tiers. Il est intéressant de noter que les belles choses et les bonheurs que nous procure la vie ne sont jamais considérés comme des éléments de réflexion ou de projection, mais bel et bien de notre fait, comme si nous avions bien gagné notre paradis. Alors qu'un événement douloureux ne se mérite jamais, il est vécu comme une punition, un châtiment.

La fatalité échappe à notre conscience, à l'explication rationnelle que l'on tente de donner face à des situations négatives répétitives vécues comme inexorables tant elles nous confrontent à notre propre impuissance.

Penser que la fatalité régit notre vie est une forme de défense visant à s'ancrer dans un processus de passivité ou de victimisation. En se déresponsabilisant, on attribue à un autre ce qui est mauvais et source de souffrance.

Ce type de croyances peut prendre sa source dans le passé familial, dans les générations antérieures.

Nous savons bien qu'il n'y a pas de hasard, les évènements ont toujours un sens pour celui qui les vit. Justement les répétitions jaillissent pour nous montrer et dire tout ce qui était maintenu dans l'inconscient. C'est être pris dans les filets de son histoire familiale de telle sorte que l'individu ne semble avoir que peu de liberté face à un tel poids.

Ce thème résonne profondément en moi et j'avoue humblement que ceci est mon histoire. La seule différence aujourd'hui c'est que je prends de la distance par rapport à moi-même donc je commence à voir et à savoir.

Il se pose la question du libre-arbitre qui offre au sujet le choix. Il a la liberté de renoncer à la fatalité. Or renoncer, c'est choisir. Nos liens affectifs, nos orientations professionnelles, nos rencontres que nous pensons à tort fortuites ne sont jamais le fruit du hasard, mais représentatives de ce que nous sommes.

Refuser la fatalité inéluctable qui s'acharne invite à s'engager à ne plus se laisser contrôler, mais au contraire donner un sens à sa vie, à ce que nous considérons comme des échecs et permet ainsi d'amorcer un stade encore plus évolutif, plus constructif.

Prendre sa vie en main, sa part de responsabilité est difficile et angoissante, cela implique de prendre le risque de déplaire et de se confronter à ses propres limites.

Certes nous ne pouvons pas contrôler les évènements, mais nous pouvons prendre position par rapport à ce qui nous arrive, c'est ce que nous devons apprendre à faire : prendre position et devenir actif.

Fait à Chessy, le 19 Septembre 2013
Que la force et la paix soient avec nous dans cette lutte.
Claudine Thomas



La journée des associations s'est déroulée le jeudi 5 septembre 2013 dans les salons de la mairie du 16ème arrondissement. Comme à son habitude, SOS Psychologue était présente pour accueillir les visiteurs.

Bien que cette année la journée se soit déroulée un jour de semaine, nous avons pu constater que de nombreuses personnes étaient passées à notre stand. En fait, il y avait deux catégories de personnes : celles qui venaient directement avec leur questionnement et celles qui hésitaient, qui n'osaient pas. Nous approchions ces dernières en leur disant que si cela ne les intéressait pas ça pouvait toujours intéresser d'autres personnes de leur entourage. Nous pouvons constater que la psychologie est encore un sujet tabou.

Nous avons pu exposer nos différentes activités et informer sur ce que peut apporter la psychologie, parfois même l'affirmation dans la décision de certaines personnes de reprendre contact avec l'association en les confortant à travers notre propre expérience.

Quelques contacts avec différentes associations ont été établis où la psychologie est très présente.

Notre devise était de nous faire Connaître, d'Informer et de Former.

Merci à notre présidente Graciela Pioton-Cimetti de Maleville ainsi qu'à son équipe.

Nous remercions la mairie du 16ème arrondissement pour son organisation réussie.

Claudine Thomas