NUMÉRO 177 REVUE BIMESTRIELLE septembre-octobre-novembre 2018

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  La première fois La primera vez
 
Bernard, Hervé Le petit matin
 
Baleani, Eduardo La primera vez
 
Cohen, Rut Esa mítica y actual primera vez
 
Delagneau, Philippe La première fois
 
Giosa, Alejandro Siempre hay que empezar
 
Laborde, Juan Carlos La primera vez
 
Manrique, Carla La primera vez
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de septembre 2018
  Séance d'analyse d'octobre 2018
 
Thomas, Claudine La première fois


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C'était un lundi de Pentecôte et je me promenais non loin de la Concorde.

Pour la première fois…

Ce n'est que la synthèse d'une rencontre nourrie qui imprègne aujourd'hui notre vie.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



C'était le 17 mai 1978.

J'étais sortie des Invalides et je venais de me casser le talon de ma chaussure droite.

J'étais seule dans un Paris que je ne connaissais pas bien. Je me souviens avoir observé une jeune femme sur une moto avec l'envie de lui demander de m'aider.

Je boitais.

C'était un jour férié. Impossible donc de trouver un cordonnier. L'hôtel était loin et je n'avais pas d'argent local pour prendre un taxi.

C'est à ce moment-là que tu t'es approché de moi avec ta voiture bleue. Tu en es descendu et tu m'as proposé de me reconduire à l'hôtel. Quelle joie !

Voici que la situation s'arrangeait facilement. Mais l'intéressant de cette histoire fortuite est que, après cette journée, nous ne nous sommes jamais séparés et que nous continuons à conjuguer la vie ensemble comme le premier jour et que nous nous sommes mariés le 15 mars 1979.

***

Quelques jours plus tard, je suis partie pour une croisière en Méditerranée et en Suisse pour m'inscrire à l'Institut Carl Gustav Jung de Zurich.

***

Pendant cette période, j'ai reçu ta première lettre dans laquelle il était simplement écrit « Où est donc la Concorde ? ». Tu avais raison : la Concorde, sans ma présence, ne te disait rien. Mon absence l'avait dénaturée…

***

Cet endroit de Paris était devenu le centre d'une histoire d'amour que même la mort ne peut éclipser.

***

En général, j'écris mes articles d'abord en français, puis je me traduis en espagnol.

Pourquoi ce changement dans mon comportement ?

Notre histoire mérite d'être commencée dans ma langue maternelle, car celle-ci est mon histoire qui se conjugue simplement en une phrase : « Nous, ceux que nous étions, nous sommes toujours les mêmes ».

Écrit à Paris le 17 octobre 2018
avec un temps d'été comme celui du mois de mai
où un talon cassé avait changé le cours de nos deux vies
et ce que nous sommes : toujours les mêmes.
Il s'agit d'une histoire hors du temps.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le petit matin résonne en nous comme l'annonce d'une belle journée de travail dans l'avancement de nos projets, en parfaite harmonie avec nos valeurs les plus hautes et nos aspirations les plus profondes. Quoi de plus naturel de ressentir un tel sentiment, quand nous avons pu préserver suffisamment de liberté de penser et d'agir, quand notre psychologie et notre caractère sont habituellement tournés vers le positif et non pas trop « torturés » par des pensées négatives et morbides, sans réelle volonté de construire ou d'avancer.

Mais il y a comme une bataille entre le sentiment et l'état de liberté intérieures, nécessaires pour faire naître un petit matin, et l'envahissement de notre psychisme par les tracasseries du quotidien et les difficultés du moment de notre vie, comme si l'être humain devait remettre tous les jours sur l'ouvrage sur le métier pour se libérer suffisamment, dégager un espace de liberté de mouvement et de pensée, et passer à autre chose ou voir les mêmes choses sous un angle différent, l'objectif étant toujours finalement d'avancer dans son projet de vie.

Pourtant le petit matin peut être mis en parenthèses ou brutalement stoppé par une blessure, consciente ou inconsciente, qui nous inonde de douleur, par une difficulté momentanée lourde à porter qui dévore toute notre énergie et capture toute notre attention. Parfois cette impression est un sentiment permanent qui transforme tous les matins comme dans une catastrophe nucléaire ou une situation de guerre, plongeant tout le monde qui nous entoure dans la désolation d'un hiver permanent et la confusion d'un brouillard trop dense pour pouvoir être traversé par les rayons du soleil.

C'est finalement la bataille universelle et archétypique entre les pulsions et de mort et les pulsions de vie, qui tente à chaque nouvelle journée de changer le cours des événements, en général au profit d'un mieux être, d'un meilleur sentiment de calme ou de sérénité retrouvés et pourquoi pour atteindre un état de bonheur.

Mais au-delà de nos soucis et de nos difficultés, nous devons créer chaque jour les conditions de notre petit matin, pour rassembler les forces de vie qui nous restent pour faire de cette journée qu'elle se termine avec le sentiment du travail bien fait, du devoir accompli, la sensation qu'elle a servi à quelque chose, qu'elle a été utile à quelqu'un, avec même la plus petite impression d'avoir avancé même d'un petit pas sur notre chemin.

Certes c'est plus facile qu'à faire. Alors comment opérer ? Quelle stratégie adopter pour créer les conditions d'un premier petit matin, puis de plusieurs petits matins, en espérant que la répétition crée une dynamique positive.

Je ne peux que témoigner de ma propre expérience. Si chaque journée ne démarre pas toujours par un petit matin, j'essaie de mettre toutes les chances de mon côté, en adoptant une discipline, un processus, une stratégie propres à pouvoir créer les conditions d'un petit matin.

Certes tout cadre de vie avec ses habitudes, son choix d'activités, ses proches est rassurant et peut-être soit enfermant, soit libérateur. Certains choix peuvent s'avérer moins favorables à l'éclosion du petit matin, qui pourrait sonner comme le prototype d'une vie ou d'une ère nouvelle, comme la possibilité d'accéder à un meilleur état ressenti physique et psychologique.

Pour ma part, depuis une dizaine d'années, j'ai adopté le vélo comme moyen de liaison entre mon domicile et mon lieu de travail, cette activité physique m'est extrêmement salutaire pour ma santé physique, mon équilibre psychologique et facilite franchement ce que je pourrai appeler mon petit matin. Il s'agit de la sensation d'être présent et libre dans mon corps et dans mon esprit : le plaisir de pédaler, la liberté de piloter mon vélo comme je l'entends, à la vitesse souhaitée et sur le parcours choisi, avec très peu de contraintes vis-à-vis de l'environnement.

Par ailleurs une activité vélocipédique d'environ une heure par jour est une excellente assurance pour une bonne santé physique et mentale. C'est primordial pour mon propre équilibre psychologique. Ce n'est certes pas suffisant, mais largement recommandé par tous les experts de la santé et du bien-être. Par ailleurs c'est le mode mobilité douce respectueux de l'environnement et très bon gourmand en énergie pour le vélo à assistance électrique que j'ai choisi.

Certes ce mode de locomotion qui inaugure très positivement le début de ma journée est un choix personnel qui peut ne pas convenir à tout le monde. C'est une question de culture et d'un peu d'adaptation et d'entraînement, à la portée de nombreuses personnes.

À chacun de trouver son petit vélo, adapté à son profil physique, psychologique, culturel et social, qui saura lui ouvrir les portes du petit matin, qui constitue, pour ma part, toujours un premier pas, essentiel à une belle journée !

Hervé Bernard



Ce thème me renvoie invariablement à une sensation, à un sentiment d'insouciance, d'innocence presque.

Les souvenirs apparaissent et m'enchantent. Je crois que j'ai aimé cet état d'être particulier ou dans ma sensation et mon sentiment du souvenir, il ne remonte aucune pensée, aucune émotion négative, aucune peur, aucun doute.

C'était avancer sur le chemin de l'exploration avec cette insouciance qui nous rend libre d'accueillir l'expérience, d'accueillir la nouveauté.

Je me rappelle mon premier et tout jeune amour à 12 ans, mes premières approches vers la rencontre amoureuse, à la découverte du mystère féminin, du mystère de l'autre.

Déjà à cette époque je manifestais pudiquement mon intérêt par une présence bienveillante et taquine.

C'était une approche prudente vers cette inconnue. J'aimais me rendre utile, j'écrivais des petits mots d'attention, je chantais la poésie de l'âme, je me plaçais sur les bancs de l'école, au plus proche de celle que je désirais discrètement conquérir.

Je me rappelle aussi que j'avais élaboré une grille codée, un morse pour pouvoir communiquer à distance au moyen d'impulsions lumineuses que je ne pouvais pas encore dire autrement.

Du pavillon de mes parents à son appartement en hauteur, nous communiquions à la nuit tombée derrière nos vitres. Je revoie ces bips lumineux et ça marchait.

C'était mes premiers mots d'amour, à distance. Puis j'appris que les mots d'amour que je recevais étaient écrits et communiqués par sa sœur aînée que je ne connaissais pas. Ce fut une première fois et ce fut un choc, sans doute une première trahison que je ne savais encore.

Une autre première fois, car plus présent dans ma sensation, ce fut à mon service militaire lorsque je sautais d'un avion en parachute.

C'était mon premier saut, le hasard et ma bonne étoile m'avait fait placer premier de porte, c'est-à-dire que je serais le premier à sauter. C'était une position enviable, car elle nous donnait la possibilité de prendre le temps de nous placer, d'observer la beauté de notre planète terre à 400 mètres d'altitude.

La première fois ce fut aussi mon premier mariage avec les illusions d'un jeune homme de 22 ans, que du bonheur, je me mariais pour être fidèle et aimant pour la vie.

Les premières fois ce fut mes premières réunion de groupe de travail sur soi rue Michel Ange avec l'innocence que tout ou presque était accompli, ma recherche m'avait conduit au Saint Graal, je pouvais percevoir dans mes guides les vraies valeurs humanistes qui me faisaient tressaillir et une compréhension que je n'aurais espéré trouver. Je pouvais enfin faire confiance et m'abandonner à un chemin d'évolution réel. Je ne me doutais pas que le plus dur restait à venir.

Alors oui, je sens la nostalgie de la première fois, mais je préfère aujourd'hui ces autres fois qui ont fait dans la joie et la douleur ce que je suis aujourd'hui. Je préfère la confrontation consciente à l'illusion naïve, une confrontation qui me conduit pas à pas vers la connaissance, la compréhension de ce que nous sommes, de ce que nous portons. Il y a un prix à payer pour conserver son innocence dans la confrontation consciente à une réalité d'adulte.

Cela fait sens au travail sur soi.

Mais je ne suis pas nostalgique. Je n'ai qu'à me rappeler la joie que j'éprouve, lorsque j'observe la beauté manifestée par ces jeunes couples passionnés et rayonnant d'espérances.

Fait à Chessy le 29 octobre 2018
Philippe Delagneau



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Il y a tellement de premières fois et, à ce moment, je pense à la toute première fois où j'ai commencé un travail sur moi-même.

J'étais dans un tel état de mal être à cette époque que je sentais le besoin de faire quelque chose. En fait quand j'y pense maintenant j'étais prisonnière de mon ego.

Quelqu'un m'avait conseillé un médecin qui était également thérapeute. Je suis donc allée consulter cette personne et c'est ainsi que je me suis engagée dans un travail. C'était une aventure hasardeuse. Qu'est-ce que j'allais découvrir ? Qu'allait-il se passer ? Où cela allait-il me mener ? Autant de questions sans réponse.

J'ai d'abord fait des rêves éveillés afin de cerner qui j'étais puis des dynamiques de groupe et bien sûr j'avais une séance par semaine.

À ce moment, j'avais la sensation de monter la première marche, puis au fil du temps je me suis rendue compte que ce n'était pas pour moi, que ça ne pouvait pas être le vrai chemin, j'ai donc arrêté. Aujourd'hui je peux dire que j'étais très endormie, que je ne voyais pas grand-chose. En moi, il y avait cette petite fille qui était seule abandonnée, qui avait peur, qui n'avait pas su grandir et qui surtout ne voulait pas grandir. Je tapais et j'hurlais intérieurement, car je voulais sortir de cette forteresse que j'avais créée en moi pour me protéger.

Je me suis engagée dans un travail avec ce que j'étais dans l'espoir d'évoluer, c'était aussi m'engager dans la durée avec une part d'inconnu de moi-même sans connaître encore qui je deviendrais. Que de chemins parcourus depuis ! Que de souffrances éliminées, de silences brisés il m'a fallu traverser.

Désormais je ne peux pas dire que je ne sais pas, car je serais dans le mensonge. Il est essentiel de découvrir la vérité, de ne plus être dans l'illusion, c'est ça s'éveiller. Avoir un bon ou une bonne analyste, un maître, être en confiance, dans le lâcher prise, c'est là l'ouverture vers la lumière, celle que nous recherchons.

Fait à Chessy, le 14 Octobre 2018
Claudine Thomas