| NUMÉRO 63 | REVUE MENSUELLE | SEPTEMBRE-OCTOBRE 2000 |
| Auteur | Titre de l'article | Título del artículo | |
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| E. Graciela Pioton-Cimetti | Corps et sentiments | Cuerpo y sentimientos | |
| Hervé Bernard | Le corps | ||
| Rut Diana Cohen | Huellas de la globalización salvaje en la piel | ||
| Brigitte Delaunay | Observation de la misère | ||
| Health I. G. News | Transplantes / Diabetes | ||
| Lilian E. Lozzia | Cuerpos que hablan en el silencio | ||
| Sophie Moreaux Carré | La douleur du corps dans l'analyse | ||
| Mathilde Pizzala | Le corps | ||
| Hervé Bernard | Journées associatives du XVIe à Paris |
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Tu me regardes
comme reniflant mon âme comme voulant savoir si tu peux me perdre par la mort parce que en vie je ne te quitte pas parce que nous sommes marqués comme les bêtes dans les fermes propriété d'un maître méchant et plus que méchant, cruel Tu voudrais m'immortaliser pour que je ne m'échappe pas mais je le fais chaque nuit quand je peux rêver à d'autres choses qui ne soient pas toi ni moi ni nous En rêve je dévore mes ennemis les tiens les nôtres Parce que tu es fidèle parfois je crois que tu me préfères morte enfin immobile sans personne d'autre qui me possède Tu t'es collé à ma peau comme la mousse à la pierre et tu n'acceptes plus la marée mais le vent change et la nuit vient et parfois je dors de rêves où tu n'y es pas et parfois même je t'aime mais pas trop. ***
J'insiste
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Ils passaient, déjà mariés, les cheveux argentés,
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La vie ?
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20 ans et déjà mère
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J'ai su hier que tu avais été important
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Devant la fenêtre une rue
*** Le corps et la mort
C'est sûr, nous étions deux enfants
***
et l'abandon final de ces étapes
Fait le 23 septembre 2000
À Paris, certaines nuits où le silence crie fort, quand les sentiments se lancent au galop, quand des passages de vie s'illuminent, quand les mots deviennent assez sonores pour se faire écriture. Le corps écrit et l'âme écoute et tu es tout et tous sauf moi-même enfermée dans l'arcane de ma mémoire quand j'ose pénétrer dans le chemin initiatique qui m'amène au seuil de mon mystère. L'automne emporte des roses qui se fanent et tombent, mais pas ma rose rouge, celle de mon jardin de Córdoba, derrière la fenêtre. |
Me miras
como olfateando mi alma como queriendo saber si puedes perderme de muerte porque de vida no te dejo porque estamos marcados como las vacas en las haciendas propiedades de un amo malo y más que malo, cruel Quisieras inmortalizarme para que no escape pero lo hago cada noche cuando puedo soñar otras cosas que no seas vos ni yo ni nosotros En sueños devoro mis enemigos los tuyos los nuestros Porque sos fiel a veces creo que me prefieres muerta quieta el fin sin nadie más que me posea Te has pegado a mi piel como el musgo a la piedra y ya ni aceptas la marea pero el viento cambia y la noche viene y a veces duermo de sueños en los que no estás y a veces hasta te quiero pero no demasiado ***
Insisto
***
Pasaban, ya casados, el pelo entrecano,
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¿La vida?
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20 años y ya madre ...
***
Supe ayer que fuiste importante
***
Frente a la ventana una calle
*** El cuerpo y la muerte
Seguro que fuimos dos niños
***
y el abandono final de esas etapas
Hecho en Paris el 23 de septiembre de 2000, en ciertas noches en las que el silencio grita fuerte, cuando los sentimientos se lanzan al galope, cuando algunos pasajes de vida se iluminan, cuando las palabras imaginadas se vuelven tan sonoras que se escriben.
El cuerpo escribe, el alma escucha y vos sos todo y todos menos yo misma encerrada en los arcanos de mi memoria cuando oso penetrar el camino de iniciación que me lleva a la puerta de mi misterio. El otoño trae rosas que se marchitan y caen, pero no mi rosa roja, esa de mi jardín de Córdoba, detrás de la ventana. |
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Doctora E. Graciela PIOTON-CIMETTI
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Combien t'ai-je maudit, corps de souffrance, quand tu me laissais à de douloureuses
somatisations ? Combien de fois me suis-je buté à toi, qui ne me laissait aucun répit pour vivre, à peine pour
respirer, penser et satisfaire aux besoins les plus vitaux ? Combien de fois t'ai-je haï quand tu semblais me
laisser tout juste assez d'espace pour que je ne meure pas, mais afin que je sois puni de mon
incompréhension par rapport aux racines essentielles de mes douleurs corporelles ? Combien de fois ai-je dû te
supporter, désirant en finir une bonne fois pour toute avec cet esclavagisme interne, mais toujours
accroché par un espoir, un désir de vaincre, peut-être par l'orgueil d'être plus fort que toi ?
Je sais pourtant qu'il s'agit de quelque chose que je n'ai pas compris, d'une erreur dans ma conduite face au monde et face à moi-même. Il sera toujours bien temps de désigner une maladie purement somatique, sans aucune origine psychique, car la médecine m'étiquette en bonne santé. Je n'en ai pas de preuve, mais je tire ces réflexions d'une intuition profondément ancrée en moi. Qui n'est pas guidé par son instinct, consciemment ou non ? Et si le corps était aussi fort que la pulsion qui me fait vivre, pour reprendre un thème essentiel dans l'uvre de Freud, qui a opposé les pulsions de vie aux pulsions de mort, dans ce théâtre du je, si cher à Joyce Mac Dougall ? Comme si les résistances du corps étaient à la hauteur de la force qu'elles appellent pour une bataille afin de se libérer d'emprises anciennes, entre fixations archaïques et schémas névrotiques, dans un espace d'affrontement de pure somatisation ? Là, aucune échappatoire, pour peu que la structure psychologique soit bien imprégnée de schémas obsessionnels. Tant que cette bataille est consciente, même si son nom ne l'est pas encore, il reste un espoir pour en comprendre l'enjeu et parvenir à la victoire. En revanche, quand les somatisations sont niées, et que leurs traces psychiques sont tour à tour refoulées, existe un risque que les troubles corporels se fossilisent dans des lieux plus profonds au gré des terrains fragiles du corps et de l'esprit. Est-ce alors la porte ouverte à une maladie incurable, comme si un point de non retour était atteint et que l'être se sabordait tout entier, incapable d'avoir déchiffré l'énigme qui se posait à lui ? Je ne prétends pas connaître la réponse, mais en tout cas j'invite chacun, dans une telle situation ou susceptible de l'affronter, à se poser la question, car pourquoi cette souffrance disparaîtrait d'un coup comme par enchantement. Ce corps, dont j'étais si fier étant jeune, car il m'avait permis de m'adonner avec un succès certain aux joies de diverses activités sportives, semblait avoir investi complètement la problématique d'un conflit qui puisait aux tréfonds de mon être. Ce dont je m'enorgueillissais, devenait source de souffrance, passant d'un extrême à l'autre : la sensation de liberté qu'il me procurait dans la vie s'était transformée progressivement, mais inexorablement en une prison comme si le corps me retenait de la moindre pulsion de vie dans un étau. Au point que la pensée finissait par se résumer à l'idée de tenir et de ne pas bouger pour éviter un emprisonnement encore plus lourd. Mais alors que faire ? Agir, penser, analyser, comprendre et agir à nouveau, me dit la psychanalyse. Établir un dialogue entre l'action et la réflexion afin d'agir différemment selon un schéma progressivement libérateur. Le principe semble simple, mais le mettre en uvre est tout autre chose ! D'abord comprendre que ce qui est arrivé partira avec une vitesse proche : les miracles n'existent pas, car la psychologie d'un être obéit au rythme d'un temps psychologique propre à chacun. Le travail sur soi est école de patience et de conscience. Construire son chemin à la lumière des petites victoires quotidiennes : avoir tout simplement réalisé ce qui était planifié, agir dans une situation déjà identifié précédemment selon un nouveau schéma mûri antérieurement, avoir une bonne surprise, refuser l'expression d'émotions négatives. La vie n'est pas que grisaille, souffrance et désespoir. Souffrir est toujours porteur d'un sens utile. L'équilibre de l'être, c'est la contrepartie d'une pulsion de la vie qui cherche à satisfaire des désirs primordiaux, peut-être ceux pour lesquels nous sommes nés, comme assignés à la réalisation d'un programme archétypique. Nous ne naissons pas libres, mais nous avons la possibilité d'accéder à la liberté du choix individuel et le libre arbitre est fils de volonté et de réflexion. |
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Hervé Bernard
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Dans les reliques du temps passé
J'observais des dentiers cassés Par je ne sais quel orang-outang Des cancrelats, des cloportes Eh mon Dieu, que me prit-il ? À ce moment, je sentis mon sein gauche Poindre puis ce fut le droit Puis ce fut mon sexe tout entier Un feu terrible prit Je ne vis plus mon corps qu'à travers un halo de flammes Et les Crimson et les Floyd La pauvre star qui sortait tout droit De mon imagination Et les Zeppelin qui hurlaient de fureur À la porte embouteillée Qu'est-ce que tout ceci ? C'est l'amour, c'est l'enfance, l'art La larve qui se met à ramper C'est tous les déclics de mon imagination. Le temps a passé depuis La pluie tombe derrière les carreaux Et ma tête enfiévrée repart dans toutes les sonorités Je sens le rock comme un passage Non plus comme une maladie La musique qui s'échappe par tous les pores de ma peau On ne m'empêchera plus de vivre Désormais Une émotion(Le 11 août 1994) Le Brésil résonne, éclate en elle. Comme la musique gît au fond d'une guitare, appelle l'homme, attend que ses doigts vienne l'en délivrer, qu'elle puisse enfin respirer et mêler son odeur de bois travaillé, tailladé de ses veines sonores. Et la musique sort de son lit, comme l'or de la rivière. Elle le sent qui bouge, s'agite, qui se lance dans une danse frénétique, chaude, qui monte, descend, remonte, redescend, puis remonte en elle en un mouvement chaque fois plus marqué. Et la douce chaleur se fait forte, oppresse et mouille le ventre. La danse le renverse, le prend, le tient, le suspend puis l'attire irrésistiblement vers le sol, l'y pose brutalement pour le faire rejaillir encore plus haut et plus fort. |
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Brigitte Delaunay
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Franchir le pas de la Nigredo (ou en termes psychologiques, entreprendre une analyse)
inclut inévitablement de passer de l'autre côté du miroir et accepter d'imaginer l'impensable. L'état
de santé mental autant que physique de l'adepte est alors essentiel, car il « ne faut pas trembler
devant le gouffre obscur où l'imagination semble se condamner à ses propres tourments ; devant
cette étroite avenue où tout l'enfer étincelle !
ose,
nous dit Faust, d'un pas hardi aborder ce
passage : au risque même d'y rencontrer le
néant1 ! ». C'est avec son corps tout entier que l'homme
entame sa critique et espère sa métamorphose.
Dans l'uvre au Noir, l'individu entame le long parcours infernal dont il ne sait absolument pas s'il se concrétisera, parcours on ne peut mieux décrit par Dante dans la Divina Commedia, mais aussi par Nicolas Flamel, Basile Valentin, ou bien encore Paracelse. Cependant combien ont réussi à déjouer les tentations du malin, tout en les explorant de l'intérieur, en les vivant pleinement ? Combien ont vaincu l'expérience de la douleur et ont accepté de vivre pleinement le paradoxe de la vie et l'intégration des opposés ? L'investissement de l'adepte dans la première partie de l'uvre réalise le franchissement de l'interdit, la violation du tabou. La philosophie, habituée au discours confortable et sans danger du concept , se trouve désarçonnée devant une telle violence en actes, plus proche, une fois de plus de l'univers tragique que des sages théories déclinées dans notre monde occidental. La souffrance physique de l'alchimiste s'allie au tourment moral d'une âme qui s`expérimente. Et alors que l'âme et le corps sont des antinomies conceptuelles classiques de notre philosophie traditionnelle, ils fusionnent dans la pratique pour devenir une seule et même chose, une entité unique dont le combat de l'un est indissociable du combat de l'autre. Dans la démarche alchimique, l'être vit ce qu'il ressent et ressent ce qu'il vit. La crise physique entraîne un dérèglement de la pensée qui se perd dans la torture qu'elle s'inflige et fait qu'elle en oublie du même coup toute son objectivité. La survenue d'images douloureuses, incompréhensibles, obsédantes déchaîne un disfonctionnement des aptitudes physiques et une souffrance réellement palpable. Ces conduites si violentes, cruelles et parfois exaltées, dans lesquelles un occidental a du mal à s'identifier, se rencontrent pourtant dans le monde oriental, où l'être éprouve de manière plus naturelle la tension et la réunion des contraires. Cette expérimentation agit dès lors comme une drogue, la douleur introduisant les images, et les images obsédantes faisant reculer le seuil de la douleur. L'énergie agitée a beau être un concept relationnel, l'alchimiste demeure persuadé qu'il est une substance. Cette attitude est typiquement humaine et conduit l'artiste dans l'illusion que le secret de la pierre philosophale ne peut être que matériellement exprimé."Cette illusion, est inévitable puisque nous sommes incapables de nous représenter clairement un quantum autrement que sous la forme d'un quantum de quelque chose. Ce quelque chose, c'est la substance. D'où l'hypostase inévitable de tout concept appliqué, même à l'encontre de notre volonté2". Dans la juxtaposition décelée entre alchimie et analyse, se retrouve une autre analogie à savoir que le travail du rêve et des images s'inscrit dans la même perspective archétypique. En effet, avant l'analyse, le rêve se présente au sujet comme une massa confusa, souvent impossible à décrypter, lorsqu'il s'agit d'un rêve incompréhensible ou lorsqu'il véhicule des images obsédantes dont nous ne comprenons pas l'origine. Ce type de rêves correspond à un conflit entre la conscience et l'inconscient, entre le possible et l'impossible, le vrai du faux. C'est là une des particularités du rêve que d'envisager les choses les plus absurdes ou les plus farfelues et d'aller à l'encontre des lois naturelles ou morales. Si la conscience de l'homme moderne occidental déprécie tant l'inconscient, c'est essentiellement parce qu'elle en est aujourd'hui trop éloignée. À force d'avoir voulu séparer les contraires, d'avoir voulu conserver la partie qu'elle pensait être la plus noble de l'individu, elle a oublié que la douleur faisait partie de l'homme au même titre que le bonheur. L'alchimiste projette dans la matière de la pierre et parfois même sur son corps qu'il ne distingue plus de la substance initiale sa propre vie intérieure animée des contenus psychiques qui la définissent. Il forme un cercle imaginaire autour de l'athanor et s'enferme dans la pièce, concentrant ses forces sur cette figure autonome. Ainsi en observant avec soin les métamorphoses qui s'opèrent au sein du vase dont la forme doit être ronde ou ovoïde, l'adepte évolue en circuit fermé, en empêchant l'énergie de lui échapper. Les essais de transformation de la matière représentent des expériences dangereuses relevant plus de la sorcellerie que de la chimie. Et de même que dans le délire, l'homme imagine ces figures qui vont transformer son appréhension du monde, l' uvre au noir installe l' homme dans un état second. Là, sa personnalité, à l'image de la pierre qu'il s'obstine à vouloir transformer, va petit à petit se morceler, se désagréger, se putréfier et se consumer. Ainsi elle va pouvoir renaître de ses cendres, réactivée et régénérée dans son unité, purifiée dans la blancheur des aigles qu'elle se devra ensuite d'affronter si elle veut avoir une chance d'accéder à la transmutation finale. Le travail proprement philosophique, qui consiste par l'analyse à vouloir à tout prix lever toutes les ambiguïtés laissées par la recherche alchimique, se heurte sans cesse à de nouvelles difficultés. On a l'impression que plus on s'obstine à démystifier cette loi propre à l'alchimie, où ce qui est énoncé doit systématiquement être recherché dans son contraire , plus on soulève de nouvelles problématiques. « Pendant qu'il travaillait à ses expériences chimiques l'adepte vivait certaines expériences psychiques qui lui apparaissaient comme le déroulement propre au processus chimique. Comme il s'agissait de projections, l'alchimiste était naturellement inconscient du fait que l'expérience n'avait rien à voir avec la matière elle-même ou plutôt avec la matière telle que nous la connaissons aujourd'hui. Il vivait sa projection comme une propriété de la matière. Mais ce qu'il vivait était, en réalité, son propre inconscient3". Le rendez-vous avec l'inconscient va faire naître des images qu'une interprétation textuelle ou rationnelle ne peuvent expliquer. L'état d'âme de l'alchimiste est à cette période totalement orienté vers la matière. Il vit cette confrontation inévitable comme une épreuve physique dont il ne pourra sortir vainqueur qu'après avoir livré un combat féroce et obligatoire. En effet, s'il refuse le duel, il se retranche derrière une explication insuffisante et entretient sa névrose. S'il l'accepte, il sait qu'il va découvrir des occurrences particulières, qu'il faudra considérer pour ce qu'elles sont, avant de vouloir les normaliser dans une codification. C'est pourquoi le thérapeute jungien et le patient suivent le symbole sans aucune arrière pensée, ainsi que l'explique si justement James Hilmann dans un "entretien" avec Michel Cazenave : "Ce serpent qui vient dans mon rêve, c'est d'abord un serpent avant d'être autre chose. Écoutons ce qu'il a à nous dire4". La morsure fait partie du serpent, elle est un possible à l'image de la tragédie grecque de Philoctète blessé qui peut réapprendre à vivre. Ars requirit totum hominem (L'Art requiert l'homme tout entier), voilà une clé essentielle de l'entreprise analytique.
1 Goethe, Faust, p 24
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Sophie Moreaux Carré
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À nous deux mon corps, que de fois t'ai-je maudit. Tu ne me ressembles pas, tu ressembles trop à ma mère. Tu n'es ni de cette époque ni de cette civilisation.
Je ne t'aime pas et tu me le rends bien. Tu m'obsèdes, tu es là, lourd, encombrant, volumineux, inesthétique, monstrueux. Que de fois ai-je entendu « dommage », et cela me renforçait dans mon idée que tu ne me ressembles pas. Lui et moi, deux êtres séparés, pas une entité. Lui contre moi, plutôt moi contre lui. Et cela dure, dure Bien sûr, je te gomme avec de bons produits pour que tu sois toujours lisse, je te crème aussi pour que tu reste doux, c'est comme si je t'avais en usufruit, je te gère en bon père de famille. Tu restes toujours le même malgré les régimes successifs, toujours aussi omnipotent, aussi douloureux. Tu viens de te déchirer et tu saignes, tellement que j'en perds la vue. Jusqu'où suis-je allée contre toi, fallait-il que je te déteste autant. Je n'ai jamais pu t'aimer, tu as toujours été mon ennemi qui selon moi m'empêchait d'être désirée, d'être aimée. Pourtant, quand je me laissai aller à danser, on me/te complimentait, légèreté, souplesse, harmonie, sens du rythme alors, comment vais-je m'en sortir ? Dans quelques jours le chirurgien va intervenir, il va scléroser, nettoyer, couper, cautériser, je ne sais pas exactement. Je sais seulement qu'il va me rendre la vue/la vie. Aurais-je un autre regard sur toi ? te verrai-je autrement ? Peut-être est-il venu le temps de la réconciliation, de l'amour ? |
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Mathilde Pizzala
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Les 30 septembre et 1er octobre derniers se sont déroulées les Journées Associatives de la mairie du XVIe arrondissement. À l'occasion de cette manifestation annuelle organisée dans les somptueux locaux de la mairie, notre association était représentée comme il se doit.
Cette rencontre entre notre équipe et le public est toujours l'occasion d'échanges enrichissants. Au milieu du tumulte de la vie quotidienne sont offerts, à tout esprit motivé ou même vaguement intéressé, de l'espace et du temps pour se renseigner sur la psychologie, ce qu'elle peut apporter en termes de connaissance sur soi ou sur les autres, ou bien de pratiques psychothérapeutiques avec des professionnels. Il faut alors toute l'expérience de notre équipe de psychologues pour comprendre la demande au-delà des discours et des mots afin d'apporter la meilleure aide, celle qui pourra servir de tremplin pour poursuivre la démarche. Bien sûr, notre attitude obéit à une stricte neutralité dans le jugement de l'autre et dans l'orientation à donner à sa demande : écouter, comprendre avec l'esprit et le cur, répondre le plus précisément possible aux questions, écouter à nouveau, autant l'autre dans sa parole que soi dans notre réaction à l'histoire de l'autre. Nous remercions tous les membres de notre équipe qui se sont relayés sur notre stand, pour représenter la psychologie et faire connaître l'esprit qui anime l'association pour rendre la psychologie plus accessible au plus grand nombre. |
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par Hervé Bernard
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