NUMÉRO 92 REVUE MENSUELLE AVRIL-MAI 2004

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela La jalousie Celosía
 
Bègue, Jean-Pierre La jalousie
 
Bernard-Cros, Sophie La jalousie
 
Courbarien, Elisabeth La jalousie
 
Giosa, Alejandro Los celos
 
Health I. G. News ¿Qué se investiga en equinos?
 
Laborde, Juan Carlos Yo no soy celoso…
 
Laburthe-Tolra, Michèle La jalousie, tyrannie de la chair
 
Laburthe-Tolra, Michèle Le jaloux, ébauche d'un portrait
 
Plard, Patricia La jalousie
 
Ruty, Paul La jalousie
 
Ruty, Paul Séance d'analyse de rêves de mars 2004


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Je dois m'accuser sans pitié ou essayer de comprendre ma souffrance de toujours ? J'étais jalouse de tout et de tous. Seulement, il m'est arrivé d'avoir des moments de paix en regardant un feu de bois ou la flamme d'un cierge pascal.

Par ailleurs, tout a été guerre. Les batailles permanentes pour devenir la meilleure, celle sans tâche ; mais même ainsi, j'étais jalouse de cette partie de moi-même qui s'élevait en cherchant Dieu pendant qu'une autre partie de moi restait collée à la terre et encore plus bas, perdue dans mon enfer intérieur.

Je n'ai pas de mot aujourd'hui, tout s'efface. Je regarde le feu dans la cheminée, c'est le même feu dans des temps différents qui tend toujours vers le haut alors que les braises sans flamme me font penser à des villes illuminées ici-bas. Je me promène donc entre les bâtiments comme à 17 ans…

Je vivais à Cordoba, en Argentine. Autour de la maison que nous venions de louer, le jardin était en friche. J'étais tellement jeune et tellement vieille ! J'allumais les étoiles de Noël et je les jetais par terre entre les herbes géantes. Les étoiles illuminaient les herbes ! J'ai rêvé des villes déjà. Je me suis toujours contentée de rêver mille paysages sans avoir aimé, ni avoir envie, ni connaître le courage de sortir de mon enclos pour explorer le monde. Mais sans le savoir, j'ai toujours jalousé les autres, ceux qui osaient la vie, qui ne laissaient les rêves que pour les nuits de vrai sommeil.

Je n'avais pas d'amies, j'étais trop vieille, elles se racontaient des histoires banales. Moi rien. Pas d'amies, pas de poupée, un monde d'adultes m'entourait, pire que malveillants, indifférents.

Les filles avaient très tôt commencé à faire des yeux doux au garçon, moi rien. Je les regardais. Jalouse ? Peut-être n'est-ce pas le mot. Sûrement impuissante. Dès mes six ans le collège des sœurs de la Miséricorde ne m'avait pas aidé non plus à oser le monde.

Je me suis murée derrière une équivoque notion du péché qui justifiait mon enfermement. Je n'étais peut-être pas consciemment jalouse, parce que je voyais les autres avec admiration, mais sans avoir la moindre imagination pour les imiter.

La vie à la maison était réduite à des leçons très sommaires. Pas de soins spéciaux pour moi. Beaucoup d'austérité ? Non : de l'indifférence.

Enfin que jalouse de tout je me suis fait une raison. Je me suis promise qu'un jour quand les autres auraient fini avec leurs histoires banales et leurs comédies je deviendrais quelqu'un. Je me suis mariée sans avoir eu de poupées. Je suis partie de ma ville pour aller loin, je me suis coupée du monde sans l'avoir jamais pénétré. Aujourd'hui je suis jalouse de ma propre innocence, car l'autre partie de moi voit sans aucune pitié la réalité.

J'appris à faire avec. Je suis trop jeune, je suis trop vieille. Autant de vie j'ai vécu en regardant et décodant les autres que parfois ma simplicité et ma facilité à me satisfaire avec les plus petites choses m'effraient.

Même mon lit est petit, ma lampe de chevet n'a pas de prétention, je ne suis pas envieuse non plus. Le monde arrive, je le reçois. Le monde passe, je ne cherche pas à le figer. Mais j'ai peur, une peur archaïque, car je souffre d'amour, mais je ne souffre pas de manque. J'ai peur de la solitude qui a été mon amie et mon horreur. Je ne serais pas restée seule dans une maison comme la mienne de l'enfance, car elle serait pleine de recoins, d'imaginaire.

Enfin je suis jalouse des gens qui vivent dans une communauté, car les hommes passent, les personnes vivant en communauté restent.

Sortir ? Avoir une vie mondaine ? Non, je ne suis pas jalouse des gens qui font ce type de partage même si quand je suis en situation sociale je suis vite entourée et j'aime les personnes vraiment.

Non, je crois seulement que je suis jalouse de ceux qui ont trouvé enfin la paix. Peu importe l'âge. Je n'ai connu la paix que de façon passagère, entre les vagues de la mer, avec mes enfants dans mes bras.

Cette séparation entre cette partie de moi qui va vers le haut et celle qui reste n'est qu'une solution passagère pour vivre le mieux possible dans mon corps et accomplir ma mission sur terre.

Je demande pardon à tous ceux qui ont pu être victimes de ma jalousie, mais je n'arrive même pas à détester ceux qui jour après jour me détruisent plus ou moins consciemment. Vraiment, je n'ai pas de mot pour décrire, ni même pour écrire sur ce thème. Il m'échappe.

Enfin je crois que je suis différente. Je dois accepter et continuer à couper impitoyablement tout lien qui me trouble avec des valeurs qui choquent les miennes.

En revanche il y a beaucoup de jalousie envers moi. Cela ne me fait pas mal, car je ne crois pas être provocatrice. Peut-être est-ce mon accueil sans aucun préjugé qui provoque ?

Peut-être suis-je jalouse de mes enfants qui ont des piscines chez eux. En réalité, je ne sais pas. L'unique chose que je reconnais comme étant étrange chez moi, c'est que ma vie a tourné toujours autour de mon couple et mes enfants.

Je crois, comme Martin Buber, que l'homme est « un couple », et j'ai peur de savoir que Dieu me prendra peut-être mon aimé et je partirai sans doute en me demandant le pourquoi de la séparation ?

J'espère la paix. Je verrai pour le moment ce qu'il y a lieu de faire avec ce libre arbitre qui nous a été donné et qui est seulement accessible et compréhensible par l'homme capable de faire la démarche de devenir conscient.

J'avais pensé écrire sur la différence entre jalousie et possessivité, mais je n'ai pas pu l'ajouter à mon plan théorique.

De toute manière un mot : le jaloux est capable d'aimer et il souffre. Le possessif dessèche son objet d'amour, l'éloigne de tout et de tous.

L'été est là. Il y a neuf boutons dans le rosier Pierre de Ronsard. Le soleil rayonne, je voudrais accepter des changements de saison, mais j'aime le silence de l'hiver sans même savoir pourquoi.

Il me faudra ouvrir les portes vers la vie, bouger, aimer autrement. Peut-être un peu de jalousie pourrait m'éveiller, mais pour cela il me faudra trouver un objet d'amour ouvert à la vérité, désirant. Enfin, impossible de me définir. Je pourrais être jalouse du rosier qui fait des boutons, mais je suis en lui et avec lui dans une position animiste.

Fait à Paris sans réponse ?
Il y a du vrai soleil !
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Nous ressentons tous au fond de nous le désir de trouver un amour absolu, infini et inconditionnel qui comblerait notre manque, notre sentiment d'incomplétude et nous apporterait le bonheur auquel nous aspirons, mais en même temps nous avons la sensation plus ou moins consciente qu'un amour d'une telle intensité n'existe pas sinon dans nos rêves.

Il n'empêche que lorsque nous rencontrons la personne que nous aimons et qui nous aime, nous désirons avec force que cet amour réciproque s'installe dans la durée, qu'il ne vienne pas à disparaître ou à être menacé par la présence d'un rival.

Or l'amour, passé la phase d'idéalisation de l'objet, période pendant laquelle l'autre est paré de toutes les vertus et remplit sa fonction dans le rapproché affectif, intellectuel et physique, s'effrite inexorablement avec le temps et change de nature ; ce n'est plus l'amour passion du début mais une tendresse dans le meilleur des cas ou de l'indifférence ; l'autre ou nous-même selon notre degré de désinvestissement portons notre intérêt vers l'extérieur : pensées, regards, sentiments, désirs, relation sexuelle.

La jalousie s'installe alors chez celui qui éprouve encore des sentiments pour l'autre, la peur de ne plus être aimé ou de ne plus être l'unique source de plaisir réactive la peur fondamentale de toute personne d'être abandonnée, niée ou rejetée.

Cette jalousie peut se traduire par des comportements d'une grande violence ou, au contraire, susciter une dépression au long cours.

Cependant même dans des couples parvenant à maintenir leur relation, un grand nombre de personnes se sentent mise en danger au moindre signe d'intérêt que l'autre peut avoir pour quelqu'un ou quelque chose d'extérieur à soi.

Ne plus être l'unique source de plaisir, c'est quelque part ne plus être indispensable ; cela renvoie à la petite enfance au niveau de l'affectivité la plus profonde ; c'est ne plus être tout pour la mère, c'est avoir à faire face à l'intrusion d'un tiers.

Or nous devons admettre, bien que ce soit très difficile, que nous ne pouvons à nous seul répondre à tous les besoins de l'être aimé et qu'il ne peut pas répondre non plus à tous nos désirs ; force est de constater que nous ne sommes qu'un élément de satisfaction parmi d'autres possibles.

Peut-on, dans ces conditions, en vouloir à l'autre d'avoir envie de plaire, de séduire ? Peut-on lui en vouloir d'aimer le sexe, d'aimer se faire plaisir, d'aimer donner du plaisir, d'aimer partager ?

Le désir « d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte » est du point de vue de la raison légitime ou du moins est-elle compréhensible dans une société libérale et sans doute totalement inenvisageable dans une culture soumise à la religion.

Mais au-delà de la société, il peut y avoir le pacte implicite qui lie deux êtres qui s'aiment d'un amour raisonnable et raisonné, quelles limites peuvent-ils mettre à leur liberté, où se situe le point de rupture de leur relation ?

Est-ce qu'en cas d'infidélité, il faut en parler comme le prétendent certains et savoir écouter sans juger, sans condamner. Est-il souhaitable d'aller au fond des choses sans faux semblants dans un respect mutuel ou bien faut-il comme d'autres le pensent ne pas partager les choses qui se situent à un niveau d'intimité si profond et si sensible qu'elles ne peuvent que blesser inutilement.

Pourquoi faire souffrir l'autre avec la jalousie en lui révélant des choses inacceptables pour lui-même et qui de surcroît risque de conduire à une rupture qu'en fait aucun des deux ne souhaitent.

Le respect que nous devons à l'autre doit nous amener à ne pas révéler certaines choses ; certains manquements révèlent notre faiblesse bien humaine, nous ne sommes pas les uns et les autres des Saints, même si nous avons un idéal de droiture, de fidélité et de justice.

Nous avons aussi nos peurs, nos désirs, il ne convient pas de s'en décharger sur l'autre pour libérer notre conscience ou soulager notre culpabilité. Il faut les assumer, assumer également la partie mauvaise (naturelle) qui est en nous en sachant qu'elle est aussi dans l'autre.

Dans ces conditions, nous sommes quittes. Nous serons toujours autre pour l'autre, lui-même faillible et contradictoire comme nous-même.

Aimer, c'est ne pas éveiller la jalousie de l'autre, c'est veiller à ne pas lui faire de mal avec nos manquements à la parole donnée ou à l'engagement pris dans les liens du mariage. Aimer, c'est aussi savoir mentir avec intelligence et cœur lorsqu'il le faut pour préserver l'autre tout en se préservant soi-même des conséquences possibles de nos actes ou de nos pensées.

Jean-Pierre Bègue



« Un brin de jalousie, juste pour pimenter une relation de couple, oui, cela arrive quelquefois » entends-je de la bouche d'inconnus, à quelques pas de l'endroit où je me tiens.

Brin… jalousie… pimenter. Un piment, c'est fort, ça brûle le gosier. De l'eau fraîche est vivement appréciée afin d'atténuer ce feu. L'eau de l'innocence, de la pureté, du cristal. Eau fraîche. Brin… comme un brin de muguet.

Dans le cadre de la jalousie, un brin est nettement suffisant.

Un bouquet de fleurs nommées « jalousies » à l'aspect peu engageant, un peu carnivores sur les bords, brrr !

Souvenez vous de « l'Enfer », film réalisé par Claude Chabrol en 1994 avec Emmanuelle Béart, François Cluzet, Nathalie Cardone et Marc Lavoine.

L'affiche du film respire le bonheur : un couple de jeunes mariés, actuel, pose pour le photographe, en grande tenue romantique, l'air heureux.

La mariée, Emmanuelle Béart, va vite déchanter lorsque le marié, François Cluzet, va révéler sa vraie nature : jaloux à l'extrême, à piquer des crises, à imaginer que sa dulcinée, effectivement très belle, le trompe, etc. La vie du couple devient un enfer sur terre.

Une amie m'a raconté un fait qui remonte à plus de deux ans. Un soir d'été, cinq jeunes gens longeaient une avenue parisienne.

Ils venaient de passer de bons moments dans un petit restaurant, se connaissant depuis le lycée.

Les trois jeunes hommes filaient devant, devisant, en compagnie d'Élise, la petite amie de l'un d'entre eux, André.

Diane avait du mal à les suivre, souffrant d'un déplacement de la rotule de l'un des genoux. En pratique, quelques millimètres, mais la douleur peut être très forte. Diane leur avait parlé de cet handicap, et boitillait dans ses déplacements.

À peu près cinq, six mètres les séparaient du groupe.

Diane cessa de marcher, se tint droite, pensant : « C'est fou. Combien de temps va-t-il s'écouler avant qu'ils s'aperçoivent que je ne suis pas à leurs côtés ? »

C'est alors qu'André se retourna, et gentiment vint lui proposer son bras afin qu'elle s'y appuie. Soulagée, Diane le remercia du regard, puis de la voix. Elle leva les yeux et vit ses amis qui lui faisaient face, toujours éloignés, et à gauche, Élise, tremblante. Celle-ci s'écria : « Oh, mais Diane, je croyais que tu faisais cela pour plaisanter ! ». Et elle s'approcha de son petit ami et de Diane.

Élise croyait-elle cacher aux yeux de Diane la méchanceté de son attitude ? Ce fort sentiment de jalousie qu'elle éprouvait envers toute femme qui osait entrer en relation avec André ?

Ces deux exemples montrent que la jalousie pousse la personne qui la ressent à médire, à agir bassement, à devenir possessive, méchante, cruelle. Elle enlaidit l'être.

Tout de même, désirer vivre en harmonie avec les gens, une équipe rend la vie plus belle pour tout le monde.

Le mot de la fin, c'est le Dalaï-Lama qui nous le donne : « Pour jouir d'une vie heureuse et accomplie, la clé est l'état d'esprit. C'est là l'essentiel ».

Sophie Bernard-Cros



Dans une histoire vraie, j'ai peut-être cherché à te rendre jaloux. J'avais pour excuse la jeunesse de mon inexpérience et la violente sincérité de mes sentiments.

Tu avais, à tes côtés, celle que tu t'étais choisie « pour la vie » comme on dit. Je l'ai enviée d'être celle qui te chérissait, qui te soutenait, qui partageait avec toi le remplissage du cabas sur les marchés aux étals si ordonnés le samedi matin…

Jamais je n'ai pu me résoudre à ranger dans le tiroir des souvenirs notre inexistante aventure.

Dès que ma vie sentimentale me joue des tours ou vire à l'éclipse, tu me refais le coup du diablotin qui sort du cube. Avec un grand sourire aux lèvres. Je te regarde, toujours attendrie et surprise de te retrouver si vivace après t'avoir maintes fois programmé une date de funérailles. Elle, ta moitié, je l'ai jalousée au point de lui souhaiter… un amant ou une mort douce (oh !) : vois comme l'amour me rendait virtuellement cruelle !

Que tu puisses rompre tes liens en toute bonne conscience, fut mon fantasme pendant longtemps. Tu parles ! Le temps passant, tu as cessé après quatre années de hanter mon quotidien. Après sept ans, c'est tout juste si tu peuples encore parfois mes rêves.

Je ne dois plus t'aimer pareil. Au fil des ans, j'ai fini par simplement aspirer à ce que vous soyez en paix.

Malgré tout, j'ai choisi de me rendre à Venise. Avec le souvenir du Pont des Soupirs à fendre l'âme que nous avions poussés concomitamment dans cette lointaine époque. J'étais amoureuse. Mais je m'y suis promenée sans lui. Je ressentais ta présence dans cette cité dont je me suis éprise tout de suite. La lumière ensorcelante avait pénétré droit dans mon âme. C'était Carnevale. Je ne portais pourtant point de masque.

De qui pouvais-je être jalouse puisque j'avais la certitude que mes sentiments ne s'effaceraient plus ?

Peut me chaut que d'aucun comprenne ce dont il s'agit. Je t'aime, et punto. Et si les autres ne supportent pas de me voir cultiver de bien gratuites et bien stériles pensées… je sais que ce sont elles qui m'ont forgée, qui m'ont donné la force de l'acceptation dans la transcendance de mes pulsions et dans la sacralisation de cet attachement : fidèle. Après tout, les religieuses ont toutes le même époux et la majorité d'entre elles ne trouvent-elles pas malgré cette polygamie le moyen de rayonner ? Certaines personnes ont jalousé Marie, dans son rôle de mère virginale et exemplaire. J'appartiens à ce nombre. J'aurais pourtant crevé de trouille à la perspective de me trouver enceinte sans avoir fait l'amour. Personne ne m'aurait crue innocente ! Pourtant j'avais, adolescente, cette forme de candeur, de naïveté ravie, qui ne se prêtait pas au développement de sentiments négatifs, comme la jalousie.

J'allais un jour, vivre une expérience traumatisante. Un sentiment dévastateur que celui-là.

Je l'ai vu faire « étriquement » souffrir et provoquer des comportements hors norme.

Malgré moi je fus confrontée à la fureur délirante de l'épouse soupçonneuse de l'un de mes amis. Cette expérience m'a profondément affectée. Je l'ai sincèrement plainte de n'avoir pas assez confiance en elle pour douter à ce point de lui. Ce qu'il en était en réalité, j'avoue a posteriori que je n'en savais rien. D'ailleurs j'ai béni le ciel de ne pas en avoir su davantage. Dans le rôle d'amie de son époux, peu m'importait que ses doutes à elle fussent ou non fondés. Je me suis simplement attachée à être apaisante, à la rassurer autant que possible sur la nature sans ambiguïté – au moins me concernant ! – de notre relation.

Que pouvais-je entreprendre d'autre sans mentir ? Elle m'avait, par ses accusations, assaillie et agressée de telle sorte que, franchement, je peux vous garantir que ne la connaissant pas, j'ai du me faire violence pour avoir des paroles d'appel au calme. Elle m'avait blessée dans l'image sordide de traître dont elle m'avait injustement accusée. Je me suis contenue par respect pour lui et à la pensée de l'amour qu'ils portaient à leurs enfants.

À cet instant-là, j'avoue ne pas avoir eu envie de faire preuve de mon habituelle humanité. D'ailleurs, je suis convaincue que n'importe quel homme aurait fui devant cet accès de furie s'il n'avait eu, faute de bonne conscience, un si grand amour de ses petits.

Quelle image avait-elle d'elle-même pour se rendre si malheureuse ? Après tout, si sa suspicion était fondée, me suis-je dit par la suite, qu'est-ce qui dans sa souffrance indécemment affichée pouvait lui attirer de la compassion ? En quoi son attitude désespérée pouvait-elle la faire aimer de quiconque ? Je la trouvais pitoyable et sans dignité. Ce sentiment de jalousie, dont j'avais eu la chance de n'être affectée que sous une forme mineure – que je qualifierais de « saine jalousie » – lorsque mon ami trahissait par ses propos un intérêt trop manifeste à mon gré pour une autre femme, ne m'avait jamais fait souffrir de la sorte.

Avais-je tellement confiance en moi ? Rien n'est moins sûr, mais j'ai toujours considéré que si mon « autre » était susceptible d'attiser ou de cultiver ce sentiment pour se rassurer ou pour me faire mal, c'est qu'il n'était pas digne de mon amour.

En effet, quelle personne jouerait avec ce sadisme la loyauté de votre sentiment si elle était elle-même sincère ? Jamais je ne serai en proie à une jalousie féroce. À présent, j'en ai la certitude… parce qu'aucune moitié ne m'entraînera dans cette dérive-là.

Et si toi, tu exprimes celle que tu ressens à l'égard de mes histoires anciennes, cela ne dure guère plus que le fugace instant du regard que tu jettes sur la photo qui traîne ou qui trône, vestiges d'un passé dépassé et totalement assumé. Je tâche aussitôt d'apaiser par quelques mots d'amour tes inquiétudes sans fondements. Ils ont été aimés, et alors ? Je ne vais pas le renier. N'as-tu pas toi aussi eu quelque inclination auparavant ? N'est-ce pas toi, qui occupes aujourd'hui la place qu'ils n'ont plus ? Toi, seul et unique objet de mon amour ?

La jalousie n'a pas sa place dans une histoire naissante, elle n'y aurait pas voix au chapitre.

Plus tard, si une personne vient éveiller en toi/moi une indéniable attirance… alors, je nous fais confiance pour nous montrer forts et rassurants. La répression est névrotique, la contention est morale ! Il ne tiendra qu'à toi / moi de prouver de mille et une manières que mon / ton unicité restera essentielle à tes / mes yeux conscients. Elle confortera l'autre dans le caractère d'exclusivité sans lequel nos pseudos histoires d'amour n'auront jamais la saveur d'une plénitude apaisante.

Si nos relations étaient fondées sur le dialogue, la faculté de communiquer dans une volonté de réciproque sincérité nous épargnerait le doute, où pourrait poindre et prendre racine la crise de jalousie. Sommes-nous là pour établir des rapports de force, ou pour choisir le chemin du bonheur ?

Chacun doit savoir être clair en répondant à la question : « Comment puis-je œuvrer pour que tu me gardes ta confiance ? »

Sachons faire fi de (fides,ei ?) nos errances !

Elisabeth Courbarien



Dans la recherche du temps perdu, Proust reconnaît que la jalousie n'est souvent qu'un inquiet besoin de tyrannie appliquée aux choses de l'amour.

Cette jalousie, signal en nous de l'altérité refusée, avant même que nous en sachions quelque chose, monte la garde au même seuil que la colère.

Observons un bébé, désireux de s'approprier, au-delà du sein, la mère tout entière, désireux d'être tout entier en elle, de n'exister que pour elle. Comme un jeune animal, submergé par une violence instinctive, il semble là, prêt à bondir pour défendre, contre père et fratrie, l'objet de sa satisfaction, mais, vite, très vite, malgré les cris, le désarroi, parfois le ressentiment, il ne peut que se détacher de la mère imaginaire pour progressivement accéder au monde du symbolique. Mais cet inquiet besoin de tyrannie qui subsiste, l'homme peut, plus tard, à son insu parfois, le retourner contre d'autres.

Confronté à un adolescent, par exemple, qui se soutient de manière imaginaire et n'a plus la force d'aller chercher dans la réalité, chez un autre être humain de l'appui, de la camaraderie ou de l'amour, l'adulte jaloux va complaisamment l'enfermer dans ce piège de l'imaginaire, l'écrasant, le méconnaissant.

Parfois aussi, la jalousie peut devenir tyrannie contre soi. Les prétextes ne manqueront pas. Sans cesse ou épisodiquement, elle renaîtra avec l'amour sans jamais mourir avec lui, se renouvelant indéfiniment.

Quel remède à la jalousie ? Puisque le sujet humain est divisé par des pulsions contraires, puisque la présence dans la rencontre n'est pas immédiate. Comment donc se détourner de cette jouissance et de cette souffrance dans la pulsion, de ce fond d'hostilité haineuse à l'encontre d'autrui qui attise le feu des passions.

Quel remède, vraiment ? Sinon cette sorte de pudeur dans la rencontre qui n'est jamais immédiate, cette retenue qui empêche de dire ou de faire ce qui blesse la délicatesse, cette reconnaissance de ce qui parle dans l'homme et entre les hommes et qui constitue notre humanité.

Michèle Laburthe-Tolra



La jalousie n'est jamais éteinte ou guérie par l'obtention de ce que le jaloux dit vouloir. Au contraire, quand il a obtenu ce qu'il dit désirer : argent, honneurs, hommes, femmes, il n'en existe pas pour autant. Il se trouve englué dans cela même qu'il possède, car son propre corps n'est pas séparé de son image, il est ce qu'il voit.

Le jaloux envie l'aisance de rapport que l'autre entretient avec la parole. Il envie d'autant plus ce rapport qu'est dénié en lui-même le désir de l'Autre. Il est, en réalité, jaloux d'un corps qui parle. Il prend tout de travers pour faire, sans cesse, la preuve que la parole qui donne la vie ne peut pas se manifester. Sans répit, la jalousie fouille la chair d'autrui, férocement curieuse d'y trouver, pour se l'approprier comme une chose, une jouissance qui lui ferait prendre corps.

Et, paradoxalement, toute confirmation de son image, tout compliment, ne satisfait pas davantage le jaloux : il ne supporte pas qu'on le prenne pour ce qu'il prétend être, du fait de cette fausse distance par rapport à lui-même.

C'est là l'un de ses traits les plus âpres : on ne peut rien lui demander et il ne peut rien demander. Pour lui, ce n'est pas la parole (la loi) qui organise la médiation des hommes entre eux, dans leurs corps, mais la seule apparence. Il consomme le corps d'autrui dans l'espoir fou et toujours déçu de s'approprier le secret qui toujours lui échappe. Jamais, il ne prend le risque de s'abandonner à la parole. Car il ne peut ou ne veut supporter d'être délogé de l'ordre imaginaire. Il n'entend rien, il se trouve confiné progressivement dans un mutisme opaque qui lui évite de prendre le risque de la parole : le risque de demander comme celui de recevoir. Il évite toute altération de sa propre image et du même coup toute altérité dans l'ordre de la parole. Il reste là coincé dans les méfaits d'un orgueil dont il accuse les autres.

Michèle Laburthe-Tolra



Pourquoi ce mot a si bien résonné en moi, pourquoi ces images ont remonté ? J'ai essayé d'attraper l'émotion, l'émotion d'un vécu douloureux : la peur de l'abandon, la tromperie, les nuits blanches à pleurer, à hurler de douleur, ces mots qui résonnaient sans cesse dans ma tête « avec qui il est ? « Où est-il ? » « Que fait-il ? » « Quelle histoire va-t-il encore m'inventer ? ».

Tout cela résonne si loin aujourd'hui qu'il me faut aller chercher l'émotion très loin dans le mot, me remettre dans ce contexte, ces contextes. Oui, ces contextes, deux différents. La jalousie que j'ai explorée : interrogatoires, pistages, interdictions, dépendance des réactions de l'autre, une existence sans vie, ne plus vouloir rentrer chez soi, ne plus exister, à l'affût des mises en scène qui allaient se mettre en œuvre.

Deux situations différentes, la première où je subissais, la seconde où je faisais subir. La première que je ne comprenais pas, car ce n'était plus de la jalousie, c'était indirectement, tu m'appartiens, personne n'a le droit de se parler sans mon accord, ni respirer implicitement c'était la demande d'une autorisation. Je n'avais qu'une envie, ne pas rentrer, ne plus l'entendre, ne pas le voir et je me laissais enfoncée chaque jour.

La deuxième, moi jalouse, moi possessive, piquait des crises de colère, d'hystérie comme jamais je n'en ai piqué. D'ailleurs de tempérament relativement calme, je ne me reconnaissais pas. Aujourd'hui il m'est difficile de me replonger dedans complètement, car ce sont deux expériences qui ont été indispensables dans mon parcours d'évolution, surtout la seconde qui m'a amenée un peu plus loin, au plus profond de mes retranchements, toucher la douleur physique à la douleur morale, car plus j'étais manipulée par elle, et plus je me perdais, plus il réveillait en moi ce que j'avais toujours refusé d'être. La partie de moi que je ne connaissais pas, mais qui en même temps me plongeait dans la peur, dans la confrontation dans des prises de risque dont je ne sais même pas si aujourd'hui avec du recul, je le referais.

Qu'il est loin ce temps d'exploration inconscient où l'autre prend plus de place que moi-même, où l'autre existait plus que ma propre vie, que de souffrance autour de moi j'ai pu occasionner, que de blessures il m'a fallu cicatriser. Aujourd'hui encore lorsque je me tourne vers mes enfants, je me surprends à me demander ce qu'elles ont pu garder au plus profond d'elles-mêmes, en voulant avec moi reconstruire et vivre autrement.

Voilà ce qu'il reste d'un passé qui a permis de vivre l'expérience dans l'expérience.

La jalousie aujourd'hui, je ne saurais quoi en dire…

Patricia Plard



« Celui qu'entoure la flamme de la jalousie,
Celui-là, en fin de compte,
Pareil au scorpion,
Tourne contre lui-même
Son dard empoisonné. »
Nietzsche

Le dictionnaire Hachette donne parmi d'autres, une définition de la jalousie : « un treillis en bois permettant de voir sans être vu. » Serait-il là le maître mot, l'aboutissement de ce sentiment si perfide !

Francis est jaloux de ses prérogatives.
Francis est jaloux de ses titres.
Francis est jaloux de Pierre.
Francis est jaloux de Marie, sa femme.

Quel est le lien entre ces différentes acceptions du mot jaloux ?

Francis est jaloux de Pierre : Francis envie ce que possède Pierre. Il voudrait avoir pour lui ce dont Pierre jouit. La jalousie ne serait-elle que de l'envie ? Certes non ! Il y a de l'envie dans la jalousie, mais pas seulement. Francis ne fait pas qu'envier Pierre, il voudrait aussi le dénigrer, lui dénier le droit de posséder. Pierre ne mérite pas ce qu'il a et qui devrait revenir à Francis. Pierre n'est pas digne de posséder ce qui revient de droit à Francis. De quel droit s'agit-il ? De celui que Francis a décrété. La loi qui prévaut dans son esprit est celle-ci : Je suis le plus digne, je suis le seul habilité à posséder. Et Pierre n'est qu'un voleur, s'il ose seulement tenter de m'égaler.

Quand Francis est jaloux de ses prérogatives, il n'y a plus de Pierre en particulier à jalouser ou du moins, va devenir Pierre quiconque émerge de la masse, par la possession de ce qui revient de droit à Francis. De même, quand Francis est jaloux de ses titres, il ne peut admettre que le dépasse quelqu'un qui n'a pas les compétences reconnues. Pierre ne saurait se mesurer à Francis, car ses titres n'ont pas la valeur de ceux de Francis.

Quand Marie entre en jeu, le problème se complique. La jalousie ne peut plus tout à fait répondre à la même définition, sauf à faire intervenir un troisième personnage que nous appellerons aussi Pierre, bien entendu. Pierre est l'amant de Marie. A nouveau, Pierre possède quelque chose qui revient de droit à Francis, Marie, son épouse. Francis jaloux de Marie, c'est une façon de redire que Francis est jaloux de Pierre, l'amant de Marie. Pierre est un sale voleur qui mérite les flammes de l'enfer. En fait, dans cette perspective, il convient d'ajouter que Marie possède aussi quelque chose que Francis n'a pas et devrait avoir, à savoir une relation amoureuse et de confiance avec un partenaire. De droit, ce genre de relation revient à Francis mais la tromperie de Marie l'en prive. Marie devient aussi une ennemie, une voleuse.

Dans tous les cas, Pierre (et sa complice éventuelle, Marie) devient l'ennemi à abattre. Son crime est un crime de lèse-majesté. Le drame, c'est que cela ne reste pas toujours lettre morte. J'ai rencontré en prison le malheureux Antoine qui avait tué son épouse après avoir reçu une lettre anonyme accusant celle-ci d'avoir un amant. Quand j'ai rencontré Antoine, il se lamentait sur son sort ; Il avait découvert que la lettre anonyme n'avait aucun fondement mais le mal était fait et il purgeait 15 ans de prison.

Le drame de la jalousie, c'est l'exagération, c'est la recherche contre toute vraisemblance, de la situation critique. S'il n'y a aucune faute à reprocher à Pierre, Francis va se dépêcher d'en inventer. Il est difficile d'exprimer cet état d'esprit négatif et destructeur mieux que ne le fait Miguel de Cervantès :

« La jalousie ne permet jamais de voir les choses telles qu'elles sont. Les jaloux voient le réel à travers un miroir déformant qui grossit les détails insignifiants, transforme les nains en géants et les soupçons en vérité. »

Marie est peut-être un parangon de vertu, mais, qu'importe ! Elle a regardé Pierre et a paru s'intéresser à lui. Pire encore, elle lui a parlé, elle lui a souri et Francis n'a pas entendu ce qu'elle lui disait, il s'agissait certainement d'un complot. Sans doute se sont-ils fixé un rendez-vous ! Si la lecture du carnet secret trouvé dans le sac de Marie ne mentionne pas ce rendez-vous, c'est sans doute qu'elle se méfie de lui, la garce, et n'écrit rien de sa tromperie pour ne pas être prise en défaut. Où est-elle allée, hier après-midi ? Quand Francis le lui a demandé, la réponse était bien trop évasive pour que cela ne cache pas quelque chose de répréhensible. Des courses… des courses… et puis quoi encore ! Pour qui me prend-elle ? Elle s'imagine que je vais gober ça !

C'est ce côté obsessionnel qui devient effroyable comme s'il fallait à tout prix que Francis se rende malheureux contre toute évidence. Si les indices manquent, Francis va s'évertuer à en trouver, voire à en inventer, et à s'en persuader lui-même. Plus un détail n'échappe à ce Narcisse des temps modernes. Tout se rapporte à lui, à ce qu'il possède ou se croit le droit de posséder. Francis n'est plus rien, tant qu'il ne possède pas en exclusivité. Autour de lui, tout n'est que trahison ! Mon bien, ma voiture, mon chien, ma femme. Qui ose me les prendre ?

Où se trouve l'origine de cette forme de pensée qui fait disparaître l'Être sous l'Avoir et qui pourrit tous les contacts et toutes les relations ? Il me semble retrouver cette attitude, toutes proportions gardées, chez le petit enfant au sein de sa mère. À cet âge, la mère est un bien exclusif de l'enfant. Elle est à sa disposition en permanence, répondant à ses moindres désirs, le nourrissant, le câlinant, le dorlotant, lui chantant des chansons. Si le bébé pouvait parler, il dirait sans doute que sa maman lui appartient et même peut-être qu'elle est une fonction essentielle de lui-même, faisant partie de sa chaîne alimentaire et chargée de veiller à son bien-être. Un jour pourtant, le bébé sera sevré. Un jour, le bébé s'apercevra que sa maman est une autre personne, qu'elle s'est détachée de lui, qu'elle n'est plus un morceau de lui-même et qu'il va lui falloir désormais la séduire comme il devra aussi séduire tous les gens autour de lui s'il veut en obtenir quelque chose. La séparation de la mère peut être ressentie comme une énorme frustration. Elle était à moi, je la veux et maintenant, elle est occupée avec le petit frère. Qu'est-ce qu'il a de plus que moi, ce sale gosse ? C'est un voleur, elle est à moi, ma maman…

Il est un seul moyen d'attirer l'attention, de faire en sorte que ce petit salaud ne soit pas l'unique objet de l'attention de la mère, et c'est les cris et les pleurs… Si je crie, elle va entendre que je ne suis pas content, et elle va venir, elle va laisser de côté l'avorton pour s'occuper enfin de moi. Pour l'attendrir, il faut que je montre le plus bruyamment possible que je suis très malheureux. Je le suis, croyez moi, avec tous ces rapaces qui m'enlèvent l'amour de ma mère. L'avorton est l'un de ces rapaces, mais il y a aussi mon père ; à quoi correspond le temps qu'elle passe avec lui et qu'elle ne me consacre pas ? Il y a les amis à qui elle sourit, avec lesquels elle parle et quand elle leur parle, elle ne me parle pas et si je viens entre ses jambes au milieu de la conservation, pour attirer son attention « maman ! maman ! maman ! », en tirant sur sa manche, elle me gronde. Elle m'abandonne, je suis malheureux, vous ne le sentez pas ? Et il me faut le hurler encore plus fort, pour qu'elle le sache.

Devenu adulte, j'ai mal viré ma cuti et je continue, je suis toujours abandonné par ma maman ! Je voudrais tant qu'on m'aime ! Il me faut gueuler, montrer que je suis malheureux, inventer au besoin des causes de malheur pour qu'on s'intéresse enfin à moi. Il me faut attirer l'attention à tout prix. Je veux être aimé, vous entendez, je veux être aimé ! Et gare à vous, si vous ne m'aimez pas !

Marie a entendu et tellement bien entendu qu'elle s'est jetée dans les bras de Pierre :

« Au moins, Francis aura maintenant une bonne raison de se plaindre ! »

Paul Ruty



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Paul Ruty