NUMÉRO 169 REVUE BIMESTRIELLE janvier-février-mars 2017

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  L’inexprimable, l’innommable et l’inavouable Lo inexprimable, lo innombrable y lo inavouable
 
Bernard, Hervé L'inexprimable
 
Delagneau, Philippe L'inexprimable
 
Giosa, Alejandro Lo inexpresable
 
Laborde, Juan Carlos Lo inexpresable
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves d'avril 2016
  Séance d'analyse de rêves de juin 2016
 
Thomas, Claudine L'inexprimable


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J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges, nous explique Rimbaud.

***

L'inexprimable peut être l'expérience d'une connaissance.

Nous ressentons tout d'abord une présence à laquelle nous sommes fusionnés.

Par exemple, les nombreuses opinions intéressantes et empathiques émises par des membres d'un groupe, lors d'un travail d'équipe, peuvent résulter en la saisie d'une présence à une totalité indifférenciée.

Toutefois, la vue d'un magnifique paysage peut aussi provoquer la saisie d'une telle présence.

L'expérience de l'inexprimable renvoie moins à la saisie de la présence de personnes ou de choses qu'à celle de la présence d'un tout indifférencié.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Je considère, que ce qui m'empêche de faire cet article, c'est que je dois le faire immédiatement. Il n'y a pas de solution, il faut le faire. Mais avec un problème je me bats toujours, car pour moi, si je traduis ce que je sens à l'intérieur, l'inexprimable pour moi, c'est l'inavouable, ce qui ne peut pas être nommé. Et l'inexprimable, mes émotions, par exemple dans une situation déterminée, sont tellement énormes que je ne peux pas les décrire, je n'ai pas une forme logique, simple, claire pour exprimer ce qui est une émotion, un sentiment. Cela devient trop énorme pour trouver les mots justes.

Pour moi l'inexprimable, c'est cela : tous les mots de la terre dépassent ce que je veux raconter au sujet de ce que je ressens dans mon intérieur, dans mon centre instinctif, dans mon centre moteur, les choses qui m'inhibent, qui me donnent des ailes pour accomplir. Et ce qui ne peut pas être nommé, c'est par exemple un père ou une mère qui a perdu son fils. Un enfant qui a perdu ses parents, c'est un orphelin. Mais si j'ai perdu mon fils, qu'est-ce que je suis ? Il n'y a pas de mot pour l'exprimer, c'est inavouable. Inavouable parce qu'il n'existe pas encore de mot.

L'inexprimable, c'est tellement de choses, comme si on pouvait parler d'un syndrome, d'une maladie, un ensemble tellement énorme de manifestations qu'il devient impossible de dire « c'est tout, point à la ligne ». Maintenant il y a une autre chose que je voudrais travailler pour moi, si c'est possible, afin d'arriver à faire cet article : pourquoi est-ce je n'arrive pas à sortir d'une espèce de lourdeur face à ce thème ? C'est vrai, j'ai perdu beaucoup d'êtres aimés. Je les ai perdus de plusieurs façons différentes. Quelques uns, bien vivants, c'est le plus tragique se sont éloignés avec le temps, ont vécu dans un autre lieu.

Ou, comme ce à quoi je suis en train de penser, cela a été une trahison majeure. C'est une personne qui est partie, selon ses attirances, vers le luxe artificiel et non réel. C'était quelqu'un qui ne pouvait pas réfléchir et parler en harmonie avec moi. Il n'était pas, non plus, enraciné dans la terre. Je suis moins dans le luxe, mais beaucoup plus enracinée dans la terre et capable d'avoir des sentiments qui ne changent pas avec le temps et les circonstances. Ce personnage est partie de ma vie, à plusieurs reprises, car il revient toujours, mais pour repartir encore plus loin. C'est une amitié qui dure, car je ne peux pas avouer mon problème abandonnique avec lui, cet abandon à la fidélité d'une relation qui dépasse le sacré d'une amitié fondée, promise pour l'éternité sur terre et pour l'éternité au-delà de la terre. Beaucoup de choses sont aujourd'hui inexprimables pour moi.

C'est aussi un ensemble de choses que je devrais dire par exemple, la douleur d'avoir perdu mon mari il y a onze ans. Mais je ne peux pas exprimer encore toutes les choses qui ont bouleversé ma vie. Avant on pensait à deux, on répondait à deux, c'était un couple à la juste mesure d'une communication étrique, profonde. On avait cette même sensibilité, ce même cheminement étrique. On avait le même vouloir d'exister ensemble, mais sans nous dévorer réciproquement. Il était libre, j'étais libre. Et cela donnait à notre relation une qualité tellement cristalline et magnifique, que tout était possible de dire et de comprendre. Il restera toujours des choses à dire, avec les mots.

Je devrais décrire ma souffrance, la force de cette solitude qui émerge, quelque chose de l'ordre de l'indescriptible, d'inexprimable. Un voile de tristesse descend devant mes yeux, même quand je suis dans une paix intérieure magnifique. Pour raconter l'inexprimable, il me faut tout un dossier qui prend mon centre émotionnel, mon centre intellectuel formateur, mon centre moteur, et naturellement mon centre instinctif. Mais on ne peut pas tout exprimer et dire « j'ai achevé ma tâche ».

Le thème de l'inexprimable reste ouvert et je dirais à chacun « mettez sur l'inexprimable ce que vous voulez, mais souvenez vous que c'est comme un syndrome, qui grandit chaque jour ». C'est un ensemble de manifestations qui nous amène à la description d'une maladie de façon de plus en plus claire. Chaque jour j'ajoute au syndrome des éléments nouveaux. « Faites ce que vous pouvez, pensez, si vous sentez ce que je vis, avouez l'inavouable par rapport à l'inexprimable, je ne peux pas nommer, car il n'y a pas de mot ». Nous avons perdu un enfant. Quel mot désigne les parents qui ont perdu un enfant ?

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



L'inexprimable ne serait-il que l'écart existant entre nos sentiments réprimés et incompris et la vérité que nous comprenons de nous-mêmes ?

Depuis le décès de mon père, que de « choses » inexprimables se sont bousculées dans mon esprit, dans tout mon être ? Difficile de dire si ce sont des sentiments, des souhaits inavoués, des sensations ou des besoins de dire ce qu'il y au fond de même, sans même en préjuger, en présumer la nature, la teneur, l'étendue !

Mais au préalable que signifie le terme « exprimer », que se cache-t-il derrière cet acte de langage ? Exprimer, c'est mettre en mots, selon une langue compréhensible par tous ou tout au moins d'un certain nombre, ce qui est en deçà du langage, ce qui est premier dans le ressenti, dans la pulsion, qu'elle soit de vie ou de mort, dans le creux de son âme, dans les profondeurs de son moi et qui envoient des pensées, des sentiments et des sensations dans le corps que nous tentons autant que possible de décrypter, d'interpréter.

Mais le chemin est long entre un signal faible qui ne dit pas son nom et le sens précis et juste que nous pouvons lui donner. Ce parcours de l'esprit fonctionne comme un tâtonnement dans le noir, sans être sûr d'être dans la bonne direction et atteindre enfin la lumière, sans parfois être conscient de l'effort que nous effectuons malgré nous pour accomplir ce long cheminement, semé d'erreurs, d'apprentissages, de moments de lumière qui nous encourage à poursuivre, comme porté par une force mystérieuse que nous assimilons à notre moi.

L'exprimable est sans doute la vie elle-même, longue tension vers la recherche de la réalisation de soi-même, des projets que nous nous sommes donnés, des désirs qui nous portent inexorablement à continuer à espérer, à aimer, à agir, à échanger avec nos semblables.

L'inexprimable serait la part d'ombre de ce que nous ne sommes pas parvenus à exprimer, à définir de nous-même, selon une cartographie semée de régions connues, mais surtout entrecoupées de « terra incognita », qu'il nous est tout loisible d'explorer. Mais l'inexprimable ne dialogue-t-il pas avec notre conscience selon des langages inconnus, dont nous devons perpétuellement déchiffrer les codes, faits de symboles collectifs ou personnels, de souvenirs, d'associations d'idées et de pensées, que l'archéologue, qui sommeille en nous, doit avec minutie, détecter, nettoyer, étudier et rassembler les pièces, comme un puzzle pour retrouver des objets intérieurs dont nous devons comprendre la nature et le sens.

Mais tout est-il exprimable ? Rien ne nous permet de l'affirmer. Peut-être existe-t-il des événements, des objets intérieurs, des peurs, des craintes, qui ne pourront jamais parvenir à une mise en mots, à une mise en sens, comme une part irréductible de nous-même à toute compréhension ? La perte d'un être cher peut occasionner une blessure si profonde que des milliers d'heures de psychothérapie ou de méditation ne pourront jamais réduire, comme si cette blessure était inguérissable : il faut se résigner à vivre avec, d'en faire quelque chose, comme par exemple partager cette expérience avec certains, qui le vivent également, ou tous les autres, pour mieux les préparer à cette éventuelle future épreuve.

Mais l'objectif de mon propos est, bien sûr, de ne pas abandonner tout travail d'exploration et compréhension de cette part d'inexprimable en nous, parce que ce travail ne pourrait être jamais totalement accompli, mais bien de le promouvoir pour une meilleure connaissance de soi-même, sans laquelle rien de grand ne peut être réalisé, et une meilleure appréhension de ce que nous pouvons réaliser dans cette vie, afin de préparer notre départ dans la sérénité avec la sensation d'une vie bien remplie.

La psychanalyse nous donne quelques pistes pour mieux détecter les signaux, en général faibles, de notre part d'inexprimable, comme les lapsus, les actes manqués et toute la palette possible et imaginable par notre inconscient des somatisations, aux plans physique et psychique. Quand un même acte manqué se répète, encore faut-il bien l'avoir reconnu comme tel, ce qui suppose une écoute attentive et interrogatrice de soi-même, qu'est-ce que notre inconscient essaie de nous transmettre comme message, qui ne semble pas avoir été, en tout cas insuffisamment mis en mots. Car l'inconscient se répète, mécaniquement, comme une machine, jusqu'à la conscience comprenne le sens profond du message. Dans le cas contraire d'autres mécanismes inconscients peuvent être mis en œuvre, pouvant aboutir à des états pathologiques plus ou moins graves, voire à la mort, d'abord psychique, puis après épuisement du corps, physique.

Sans doute devrions-nous ménager dans notre vie quotidienne ou la programmation de nos activités des espaces de réflexion pour laisser l'inexprimable faire un bout de chemin pour remonter à la surface de notre conscience ! La difficulté est que nous ne pouvons pas savoir à l'avance sous quelle forme : cela peut être une opportunité inhabituelle qu'il nous appartient de saisir, car elle ne se reproduira pas de sitôt (en général nous avons droit à plusieurs chances) ou une nouvelle pensée, que nous devons travailler, pour comprendre ce qu'elle cache.

Il s'agit d'un travail d'écoute de soi, d'audace et de persévérance, avec un minimum de discipline !

Hervé Bernard



Dans la précédente revue bimestrielle de SOS, un article du philosophe psychologue empirique Gurdjieff a été édité.

J'aimerais travailler ce thème à partir de cet extrait que vous retrouverez dans sa version française en page 27 :

« L'école « ésotérique » doit débuter en enseignant à l'homme : Comment respirer, comment manger, comment se déplacer et comment bien mourir. Cela doit faire partie d'un programme éducatif. Il faut ajouter à ce programme l'enseignement indiquant comment prendre conscience de la présence du « Moi » et comment établir la conscience. »

La résonance de ces deux thèmes « L'inexprimable et « L'école ésotérique » » apparemment éloignés m'interpelle pour mettre au centre de mon questionnement le fondement de notre éducation et ses conséquences pour l'homme et notre planète.

Dans ce même texte, Gurdjieff nous propose de « nous installer au volant de notre voiture et d'être chaque jour un peu plus courageux » pour explorer cet univers que nous sommes.

Je me suis installé au volant de ma voiture, j'ai été un peu plus courageux et le paysage, l'expérience s'est offerte à moi. J'ai pu témoigner à ce moment-là de la présence de quelque chose de nouveau, d'étrange, d'indéfinissable, et cette expérience s'est répétée.

Je dois donc me rendre à l'évidence : notre système éducatif, psychologique (en partie), social, économique et politique ignorent ou feignent d'ignorer cette caractéristique essentielle de l'homme, ses dimensions les plus subtiles et les plus élevées.

Ce système se restreint au niveau d'une administration élaborée pour la vie du quotidien. Nous sommes les administrés d'un complexe ou la plus grande partie de nous même est exclue.

À ce titre, je vous propose ce texte de Gurdjieff qui nous est également parvenu.

Ne le prenons pas mal. Nous sommes ensemble pour nous interroger et vouloir comprendre.

« Conte du magicien et des moutons :

Avant tout, il faut comprendre que le sommeil dans lequel existe l'homme n'est pas un sommeil normal, mais hypnotique. L'homme est hypnotisé, et cet état hypnotique est continuellement maintenu et renforcé en lui. Tout se passe comme s'il y avait certaines « forces » pour lesquelles il serait utile et profitable de maintenir l'homme dans un état hypnotique, afin de l'empêcher de voir la vérité et de réaliser sa situation.

Un conte oriental parle d'un très riche magicien qui avait de nombreux troupeaux de moutons. Ce magicien était très avare. Il ne voulait pas prendre de bergers, et il ne voulait pas non plus mettre de clôture autour des prés où paissaient ses moutons. Les moutons s'égaraient dans la forêt, tombaient dans des ravins, se perdaient, et surtout s'enfuyaient à l'approche du magicien, parce qu'ils savaient que celui-ci en voulait à leur chair et à leurs peaux. Et les moutons n'aimaient pas cela.

À la fin, le magicien trouva le remède. Il hypnotisa ses moutons et leur suggéra tout d'abord qu'ils étaient immortels et que d'être écorchés ne pouvait leur faire aucun mal, que ce traitement était au contraire excellent pour eux et même agréable ; ensuite le magicien leur suggéra qu'il était un bon pasteur, qui aimait beaucoup son troupeau, qu'il était prêt à tous les sacrifices pour lui ; enfin, il leur suggéra que si la moindre chose devait leur arriver, cela ne pouvait en aucun cas leur arriver dès maintenant, dès aujourd'hui, et que par conséquent ils n'avaient pas à se tracasser. Après quoi le magicien mit dans la tête de ses moutons qu'ils n'étaient pas du tout des moutons ; à quelques-uns d'entre eux, il suggéra qu'ils étaient des lions, à d'autres qu'ils étaient des aigles, à d'autres encore qu'ils étaient des hommes ou qu'ils étaient des magiciens.

Cela fait, ses moutons ne lui causèrent plus ni ennuis, ni tracas. Ils ne s'enfuyaient plus jamais, attendant au contraire avec sérénité l'instant ou le magicien les tondrait ou les égorgerait. »

Imaginons maintenant avoir acquis une grande maison aristocratique très ancienne. Certaines constructions de l'époque intégraient des passages, des corridors, des pièces de vie tenues secrètes.

Les propriétaires successifs ont transformé ces habitations, selon leurs bons vouloirs, des gens de passage. Il ne subsiste aucune trace physique de cette réalité, aucune mémoire et bien évidemment aucun plan, ils ont été égarés ou détruits.

Nous avons bien une idée, nous avons entendu parler de ces passages, mais nous n'avons ni l'argent ni le temps de nous en occuper et d'ailleurs cela ne nous intéresse pas, pour en faire quoi ?

Certains touristes curieux, à la recherche de sensations ou de mystères cachés sonnent à notre porte.

Ils nous ennuient, nous ne savons rien et nous ne voulons rien savoir.

Nous vivons à la surface d'un domaine que le hasard et le don a mis entre nos mains.

Nous n'avons pas interrogé le hasard, nous n'avons pas interrogé le don, nous n'en voyons pas l'intérêt et nous n'avons pas le temps matériel.

Nous nous sommes coupé d'un monde rendu inexprimable physiquement, matériellement, concrètement, à nous-mêmes et aux autres.

Fait à Chessy, le 19 mars 2017
Philippe Delagneau



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Cela me ramène à ma famille où j'ai vécu dans un milieu hostile et où le seul moyen d'y échapper aurait été de s'évader.

C'est comme si tout s'enchaînait et que continuellement j'étais prise dans une tourmente dès mon enfance. J'étais esclave et je ne voyais pas d'issue. Je subissais sans rien dire. Quoique je dise, quoique je fasse, on ne me croyait pas, rien n'avait d'intérêt, j'étais condamnée d'avance.

C'était une non-vie faite de non dits, d'hypocrisie, de mensonges, de jugements et de critiques. Il ne fallait rien dire et tout cacher, ce qui entretenait une atmosphère nauséabonde.

Je me souviens très bien que dans cette noirceur parfois j'arrivais à vivre quelques instants de bien être, notamment, dans le jardin chez mes parents. J'entendais le bruit d'un avion et le soleil me réchauffait, c'était comme si j'arrêtais le temps, j'avais tellement envie que cela continue, ces moments sont inscrits en moi. C'est peut être aussi pour cela que parfois lorsque j'étouffais la nuit il était important pour moi de sortir dehors ou bien c'est parce que je me sentais enfermée.

Je me rappelle très bien que si quelqu'un était malade ou devait subir une opération, il ne fallait en parler à personne. C'était vécu comme une honte, je pense.

Il n'y avait rien de vrai, tout le monde portait un masque, mais personne ne voulait s'en dessaisir. Quand j'y pense maintenant, ça fait froid dans le dos.

Au fil du temps je me suis enfermée jusqu'à construire une véritable forteresse pour me protéger. En fait, je me suis isolée, car j'avais peur des autres, je ne voyais que des ennemis. Je vivais comme une autiste.

Ma mère n'était ni une femme, ni une mère, elle était inexistante et ne savait s'exprimer que de façon négative. De plus, je ne sentais aucun amour en elle.

Quant à mon père il est mort quand j'avais 10 ans. Ce fut dramatique pour moi, car c'est à ce moment-là que ma mère a dit : « je n'ai pas le temps de m'occuper de toi ni de ta sœur donc vous irez vivre chez votre oncle et votre tante. »

Là, je ne me suis jamais sentie aussi seule, abandonnée, méprisée et non aimée. Mais je n'ai pas envie d'en parler, pas encore.

Ce qui est important déjà c'est d'avoir pu exprimer ce qui précède.

Ce thème, l'inexprimable, a agi en moi comme une provocation à m'exprimer. J'ai beaucoup tardé avant de me décider à le travailler.

Fait à Chessy, le

Fait à Chessy, le 4 Mars 2017
Claudine Thomas