NUMÉRO 148 REVUE BIMESTRIELLE avril-mai 2013

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial
  L'énergie psychique dans la personnalité et dans la culture La energía psíquica en la personalidad y en la cultura
 
Bernard, Hervé Réunir les contraires
 
Delagneau, Philippe Réunir les contraires
 
Giosa, Alejandro Reunir los contrarios
 
Manrique, Carla La tolerancia y la democracia
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de mars 2013
  Séance d'analyse de rêves d'avril 2013
 
Stella, Silvia La reunión de los contrarios
 
Thomas, Claudine Réunir les contraires


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Nature et civilisation sont constamment en conflit. Les exemples de ces désaccords abondent. L'homme meurt ou devient sénile juste au moment de faire ses plus grandes découvertes. La durée de vie dont il dispose ne lui permet pas d'actualiser la signification de ce qu'il entreprend. Toute réussite reste fragmentaire et nul ne peut être certain que ce qui vient d'être conquis durera à travers le temps.

L'inégalité des hommes ne peut pas être abolie par la culture. Elle est source de bien et de beaucoup de mal.

L'homme est une créature qui a besoin d'un maître. Mais ceux qui jouent le rôle de maîtres en ont tout autant besoin, étant des hommes eux aussi ! Ils doivent faire envers autrui ce qu'il faudrait qu'on fît envers eux : gouverner, éduquer.

L'individu qui veut préserver un lien humain ne peut bien agir que si l'autre agit bien aussi. C'est un cercle de réciprocité.

L'homme a, comme individu, l'exigence légitime d'être en lui-même une fin et un accomplissement. Mais le sens de l'homme ne s'accomplit qu'au cours de l'histoire. Époques et individus sont les étapes d'un processus et peut-être d'un progrès. espace texte avec 3 points :

***

Le moyen permettant le développement de toutes les dispositions naturelles n'est pas d'emblée la bonne volonté de la raison, mais une causalité qui a nécessairement ce résultat, que la volonté soit bonne ou mauvaise. Le combat des hommes les uns contre les autres, qui répugne tant à la bonne volonté, cet antagonisme dans la réalité sociale, devient la cause de l'ordre social qui s'y établit. L'homme a tendance à se socialiser, mais aussi à s'individualiser. Cette donnée de fait : une société antisociale, mobilise alors toutes les forces de l'homme. Il surmonte son penchant à la paresse, poussé par sa soif d'honneur, de domination, de propriété, son besoin d'occuper un rang élevé parmi ses compagnons, qu'il supporte avec peine et dont pourtant il ne peut se passer. espace texte avec 3 points :

***

Kant distingue des étapes dans la voie conduisant de l'état naturel belliqueux à l'état de paix régnant sur tous les hommes de la terre. espace texte avec 3 points :

***

L'opposition entre être et néant est absolue. Si elle est comprise, elle cesse d'être une opposition, car le néant n'est pas ; seul l'être est. Dès qu'on s'engage sur la voie vraie, on comprend qu'elle est l'unique, que l'autre n'existe pas réellement. L'exigence de la pensée transcendantale nous force à dépasser les contraires vers ce qui n'en comporte plus.

Fait à Paris, le 10 mai 2013
Il fait froid.
Je suis seule et j'observe la merveilleuse et mystérieuse force
qui émerge du fait d'être présente, unifiée.
En face, je vois en moi l'évidence des opposés qui se réunissent dans mon expérience
d'un silence habité par la conciliation entre les opposés :
d'un côté la perception de la solitude négative, de l'autre la solitude profondément positive.
Les deux positions se confrontent.
Je suis la conciliation.
Je regarde aussi mon couple intérieur, animus-anima, toujours en train d'approcher les noces royales.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Nous avons ébauché la théorie de l'énergie psychique de Jung. À partir d'elle, on déduit que, comme la société est la condition naturelle et indispensable pour le développement de la vie humaine, elle doit être en rapport quelconque avec la nature de l'être humain. L'origine de la relation entre la société et l'homme dans la théorie jungienne ne diffère pas beaucoup de celle de Freud. Comme celle-ci, elle affirme que la société exerce une action coercitive et décisive sur les énergies instinctives de l'être humain. Mais, ici, commencent les différences.

Freud considère que cette situation est aliénante, que l'impact de la vie sociale, avec ses limitations de l'activité instinctive, est névrosante. Jung l'interprète, en revanche, du point de vue énergétique. Dès lors, sur la même ligne que Freud, l'action de la société globale freine la vie instinctive, mais la quantité d'énergie qui est ainsi freinée se « canalise » dans d'autres voies, en lui octroyant une grande quantité de valeurs et d'intensités psychiques. Jung considère ce processus comme inhérent à la vie humaine, dès lors qu'il ne le considère pas possible sinon comme fonction sociale, et il le désigne comme « transformation de la libido ».

Jung adopte ce concept comme un modèle utile pour interpréter les processus psychiques individuels et sociaux, sans s'intéresser aux aspects « métaphysiques » propres à leur comportement. Aussi, dans cet aspect, Jung suit de près Freud. Tout comme le psychologue viennois, il utilise le concept général d'« équivalence » énergétique pris à la physique, pour exprimer la possibilité que l'énergie restante dans un domaine puisse être employée dans un autre, à travers un appareil transformateur.

Jung utilise, en appliquant cette conceptualisation à la société, l'image de la machine à vapeur :

« De la même manière, l'énergie de certains mécanismes psychiques se transforme par des moyens adéquats en d'autres dynamismes. »

Jung considère que la vie en société est indispensable, parce qu'autrement le développement psychologique de l'homme n'aurait pas dépassé un niveau très rudimentaire. C'est une autre illustration de l'équilibre des contraires. L'énergie vitale de l'homme tend à exercer une libre pression qui est réprimée par l'action à l'intérieur du cadre communautaire ou social. Jung se rapproche, là aussi, de Freud quand il dit :

« On ne pourra jamais éviter la collision entre l'instinctivité infantile et l'ordre éthique. C'est la condition sine qua non de l'énergie psychique. »

C'est là où commencent à diverger les conceptions jungienne et freudienne. Tandis que Freud considère que cette situation est à l'origine de frustrations et de tensions qui portent à la névrose, Jung considère que c'est un choc indispensable à la création d'énergie psychique. C'est la coercion sociale qui provoque la transformation de l'énergie biologique en énergie psychologique. L'énergie psychique et la vie sociale sont les deux faces d'une même médaille et il n'est pas possible de les séparer. D'un côté, la coercion sociale provoque l'énergie psychique et, d'un autre côté, cette même énergie psychique, à travers les symboles, est transférée à la société globale et vers le groupe psychologique. Les symboles sociaux sont le trait d'union entre la psyché individuelle et la société. Pour cette raison, la libido est un phénomène essentiellement social et, à leur tour, les structures symboliques de la société s'expriment à travers l'individu.

De là, dérive une autre importante conceptualisation jungienne. Ce mécanisme n'est possible que s'il existe un excès, un « plus » énergétique individuel, qui peut être transféré sans inconvénient à la vie sociale. Le développement culturel existe, seulement, parce que :

« L'individu possède un excédent relatif d'énergie susceptible d'être utilisée au-dessus du niveau de son débit purement naturel. »

Le problème consiste à savoir de quelle manière se transmet cette énergie de l'être humain à la société globale.

La machine capable d'effectuer cette transformation est, selon Jung, le symbole.

« Ce symbole, bien que ce soit un processus psychologique individuel, émane de l'individu, quand les premières nécessités de la vie ont été satisfaites. Cet excès d'énergie libidinale lui permet de se connecter à la vie sociale et de groupe. En même temps, il constitue la transition vers de nouvelles activités, spécifiquement des activités culturelles, en contraste avec les fonctions instinctives qui suivent leur cours de conformité avec la loi naturelle. »

La conception jungienne quant au problème qui nous préoccupe apparaît ensuite avec clarté. L'énergie psychique et la nature sociale de l'homme sont possibles si elles se fondent en une énergie biologique, mais elles agissent à un niveau supérieur, au-dessus du niveau physiologique. D'un côté, l'énergie psychique se développe et est canalisée par le biais de la tension établie entre l'énergie instinctive et la société, mais, d'un autre côté, la société travaille en fonction et par l'intermédiaire de l'énergie psychique. Toutes deux sont en interrelation étroite et leur connexion s'établit à travers le symbole. Pour cela, le symbole doit être considéré comme le véhicule par lequel l'énergie psychique se déplace vers l'activité culturelle.

Alors que ces faits se produisent à un autre niveau de la réalité, il ne s'agit plus d'énergie psychique, mais de quantités énergétiques transmises sous la forme d'une certaine image ou d'un comportement expérimenté comme principe directeur. Jung définit le symbole comme « analogue à la libido » et il éclaircit son concept :

« Une représentation qui s'adapte pour exprimer l'équivalent de la libido, en vertu de laquelle celle-ci est conduite sous une forme différente de l'originale. »

Ici, nous sommes en mesure de pouvoir déterminer avec un maximum de précision ce que Jung entend par « symbole ».

« C'est la meilleure définition ou la meilleure formule possible pour un état de choses. Pour cela, il établit une différenciation nette entre le symbole et le signe. »

Jung nous fait remarquer que pour Freud la signification d'un symbole était un signe. Freud considère un symbole comme une expression résumée et claire d'un quelconque contenu. Il remplit un signifié sémiotique. Il indique quelque chose dont la présence est inférée. En pathologie, certains symptômes sont des signes. Par exemple, la rigidité des muscles des canaux vertébraux signale l'irritation des méninges, la douleur, l'inflammation, etc.

Pour Jung, un symbole vivant est celui qui est chargé de signification. Quand son contenu s'éclaire, à travers le langage discursif, il devient un symbole mort ou un signe.

« C'est, là seulement, qu'il prend une signification historique. »

Le symbole comme le définit Jung ne provient pas de la société, il s'exprime en elle, mais il se développe comme produit des échanges sociaux. En posant ce critère, Jung s'oppose résolument aux variantes sociologiques des courants philosophiques qui prennent leur origine dans le kantisme, le pragmatisme ou le positivisme. Les symboles émergent de l'inconscient collectif, comme des représentations intuitives, capables de capter des facettes de la réalité qui ne pourraient être connues d'une autre manière. Elles acquièrent un pouvoir quand elles sont des « choses vivantes ». Elles illuminent, comme une lumière, la vie individuelle et elles se projettent dans la sphère collective et sociale.

Tous les efforts pour capter intellectuellement la signification totale du symbole est une tâche vaine, parce qu'en vertu de ses origines inconscientes, il ne pourra pas être intellectualisé en grande partie, tandis qu'il possède une vigueur sociale. Quand toute la signification d'un symbole se développe, il perd les caractéristiques pour se transformer en un signe sémiotique. Pour cela, il n'est pas possible de construire un symbole en partant de la raison, parce qu'en lui il y aurait seulement ce que nous y avons introduit et il ne sera qu'un signe.

Le symbole se forge spontanément dans l'inconscient collectif et émerge dans la conscience remplie de signification, en se convertissant en une « réalité vivante » pour la conscience. À ce niveau, il acquiert les caractéristiques d'un cadre de référence pour la conscience et les aspects individuels fournissent les matériaux observables du comportement face à la vie et à la société. Pour cette raison, Jung appelle le symbole « transformateur d'énergie », car il transfère l'énergie individuelle au groupe et à la société. C'est un canalisateur de la conscience en vertu duquel l'énergie inconsciente s'investit dans la société et produit de la conscience sociale objective. À propos de cette conception, nous soulignons à nouveau le caractère spontané du symbole, par lequel il se convertit en axe de l'aspect personnel conscient. Si, en revanche, le symbole est créé par la société, il parvient à l'individu de l'extérieur et, pour cela, sa fonction ne sera pas celle d'un vrai symbole, mais celle d'un signe. Pour que ces signes signifient quelque chose chez le sujet, ils doivent prendre contact avec un quelconque élément « numineux » de l'inconscient en acquérant, à travers celui-là, l'énergie nécessaire pour se transformer en base de son comportement conscient ; c'est-à-dire, pour se transformer par voie indirecte en un symbole.

Nous devons insister sur le caractère inconscient des symboles, ce qui implique qu'ils ne pourront jamais être complètement expliqués sous forme discursive et conceptuelle. Il faut, en effet, se conformer à indiquer, d'un côté, les matériaux à partir desquels il peut se construire et, de l'autre, ces formes susceptibles d'être rationalisées par l'attitude consciente.

Pour cette raison, Jung écrit :

« Si nous jugeons à partir de l'étroite relation existant entre le rêve et le symbole, nous pouvons affirmer que le plus probable est que la plus grande partie des symboles historiques ont surgi des rêves ou, pour le moins, ont été inspirés par eux. »

Quand Jung s'exprime en ces termes, il se réfère concrètement aux rêves de type profond qui signalent des émergences de l'inconscient collectif d'où surgit la mythologie. Pour ces raisons, le symbole agit sur tous les hommes qui forment le groupe social au cours de longues époques historiques. C'est la partie de la psyché qui forge l'histoire. Les symboles doivent s'adapter à l' « espace-temps historique ». Jung, à propos de ce caractère des symboles, dans des publications postérieures, les a appelés « thèmes », signalant la nature archétypique des symboles et leur réapparition tout au long de l'histoire.

Pour cette raison, les « thèmes » dénotent la nature de l'être humain et, étant l'expression de l'aspect définitif en l'homme, ils ne deviennent jamais caducs. On peut en conclure que cette répétition se fonde dans la constance de l'organisme biologique de l'homme. Il n'y a là, cependant, qu'une semi-vérité, car il s'agit de phénomènes psychologiques et ils ne peuvent pas être captés sur la base de leurs racines biologiques. Nous devons souligner, ici, que Jung soutient, tout au long de son œuvre, l'autonomie des phénomènes psychiques, non pas, parce qu'ils ne se trouvent pas en relation intime avec la biologie, mais, parce qu'ils surgissent dans une autre sphère de la connaissance et, en les liant à la biologie, nous tomberions dans des problèmes qui ne sont pas psychologiques, ni non plus biologiques, comme le sont le parallélisme psychobiologique, l'interrelation entre les deux phénomènes, etc., qui nous éloignent de l'aspect exclusivement psychologique. Il serait peut-être plus approprié de se situer dans une sphère qui ne soit pas biologique ni psychologique, mais qui mette l'emphase sur les phénomènes sociaux propres à l'homme.

Cette troisième sphère est, toutefois, difficile à délimiter. Mais c'est le même Jung qui nous y place.

« La sphère psychique qui correspond à l'inconscient collectif n'est pas l'espace, mais si nous la comprenons bien, nous nous trouvons avec quelque chose de très profond.

Dans cette profondeur, la singularité de la psyché est une grandeur que nous ne pourrons jamais réaliser complètement, il est seulement possible de la réaliser approximativement bien que ce soit la base de toute conscience. »

Il n'y a pas de doute qu'ici Jung est tombé dans l'ontologie malgré lui.

« Dans ce sens je considère que Kerenyi a raison, quand il affirme qu'à travers le symbole, c'est l'univers, lui-même, qui parle. »

Telle est, dans une synthèse approximative, la conception jungienne du symbole. Nous pouvons considérer qu'elle possède quatre strates superposées, mais intimement liées : un plan psychologique, un plan social, un plan historique et un plan ontologique. À partir des plans les plus profonds de l'inconscient collectif, émerge le symbole comme conséquence d'un « complexe autonome ». La saisie de ce complexe autonome par le plan conscient le différencie, le clarifie et le convertit en une expression du processus autonome dans cette étape personnelle, mais, en se séparant des éléments que lui procure la culture, même sans se libérer des restes archaïques, le symbole se transforme en social, provoquant la solidarité des différents groupes dans le cours de l'histoire. Bien qu'ils soient vécus selon les différentes circonstances historiques et les espaces culturels, ils conservent des restes archaïques qui sont perçus comme « numineux ». C'est la raison pour laquelle les thèmes mythologiques sont expérimentés comme vécus, quand ils ne tombent pas dans la littérature, car ils constituent le lien entre l'individu et l'univers.

Fait à Paris le 17 mai 2013
Actualisé à Paris,
nous sommes à la recherche de réunion de contraires opposés,
homme et société, matière et symbole.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Ce thème semble, d'un premier abord, étrange et bien éloigné de tout regard psychologique. Mais comme souvent, l'analyse patiente des événements, de l'environnement, du passé et du présent, l'introspection personnelle, mettent en lumière l'universalité, au-delà de toute limite de temps et d'espace, de quasiment toute thématique, comme celle de réunir les contraires, car la dimension humaine est infinie et que c'est le propre de la vie de chercher à se développer selon des formes nouvelles et plus variées, pouvant utiliser toute thématique à sa disposition ou à sa portée.

L'homme, en bonne santé ou normal, tend à ne pas aimer la contradiction, l'opposition, la divergence dans son univers psychique, car tout être humain pour atteindre ou préserver un certain sentiment de bien-être et de sécurité, recherche l'unité, l'équilibre, l'harmonie, la cohérence avec lui-même, la logique intérieure, c'est-à-dire toute modalité d'être un « soi-même » unifié, ce qui est à l'opposé de chercher à réunir les contraires. Si, tel est le cas, l'homme cherchera à rectifier sa position, à supprimer toute trace que cette situation lui est arrivée, voire à en nier son existence, passée ou présente, bref d'éloigner cette position du champ de sa conscience.

Les contraires peuvent par exemple concerner les limites de l'éthique et de la légalité, comme vouloir être honnête et commettre des délits, se présenter comme juste et ne pas condamner des injustices, prôner le code de la route et commettre régulièrement, à l'insu des forces de l'ordre et de la loi, des infractions.

L'homme, dans sa quête de réalisation personnelle ou tout simplement de ses désirs et aspirations, cherche toujours à traiter, d'une manière ou d'une autre, ces situations génératrices de tension intérieure, de malaise, voire de conflit, par une attitude psychologique qui lui permet de placer suffisamment hors de sa conscience ces contradictions internes : le déni, la volonté de minimiser les faits, la justification par des motifs supérieurs, comme ne pas être d'accord avec la loi, ne sont que des exemples courants des processus psychiques qui permettent, plus ou moins bien, de réduire les effets d'une confrontation avec des éléments contraires.

Mais l'homme ne peut pas éviter de produire, à la source, des contraires dans sa vie, tout simplement, parce qu'il ne peut contrôler ni les événements extérieurs, ni sa sphère intérieure, en tout cas pas complètement, ou encore il peut lâcher du lest, parce qu'il en retire un bénéfice immédiat ou transitoire auquel il ne peut pas se soustraire ou auquel il consent, pensant ramener sa situation dans le droit chemin ultérieurement. Peut-être la perspective pour un être humain de se trouver face à devoir réunir les contraires se mesure-t-elle comme la probabilité d'être confronté aux pulsions de vie et de mort qui scandent tout le rythme de sa vie, entre la construction de grands projets et la lutte au quotidien ?

Chacun réagit face aux contraires en fonction de sa personnalité, de son passé, de son équilibre entre pulsions primaires et secondaires, de sa solidité intérieure, de sa confiance en lui…

Si l'on étudie la vie et la nature humaine en particulier et vivante en général, on peut observer d'innombrables exemples de réunions de contraires, qui cohabitent sous le signe de la guerre ou de la paix, ou bien en configuration de neutralité, comme si la vie n'était finalement qu'une longue lutte entre des forces contraires, avec des vainqueurs et des vaincus temporaires, voire éphémères, la vie n'étant qu'une longue évolution. Comme si la vie ne pouvait pas exister sans la réunion de contraires, la mort ressemblant à un grand lac sans aucun mouvement, à toutes les échelles possibles.

Plus exactement, la vie trouve son chemin entre de grands mouvements, pouvant être destructeurs à la manière d'événements catastrophiques, mais fonctionnant comme des crises salutaires, et un bouillonnement qui pourrait se rapprocher d'une situation d'équilibre relatif.

Car la vie ne peut pas avancer sans mouvement. Si vous la freinez ou la bloquez, elle se charge de vous envoyer les tâches et les situations nécessaires pour vous pousser à bouger et évoluer, à un moment ou à un autre, ce mécanisme plongeant dans les mystères de l'inconscient, qu'il soit collectif ou individuel.

Toutefois, entre nécessité et harmonie intérieure, entre personnalité intérieure profonde et accidents et blessures de la vie, qui peuvent vous mettre les nerfs à vif, au-delà de ce que vous souhaitez, entre lignes directrices de projets de vie choisis et conduites instinctives face au flux des événements et aux aléas du quotidien, la voie de milieu constitue la voie royale de la sagesse, au cœur véritable de toutes les philosophies et religions de l'humanité.

Hervé Bernard



D'un premier abord, cette antinomie conceptuelle m'asticote, me titille, puis m'intrigue. Je me sens soudain fébrile, excité comme un chien de chasse flairant le gibier qu'il doit rapporter à son maître.

Et puis oui, c'est une clé qui ouvre une porte secrète, seulement secrète à celui qui veut bien l'ignorer, car autrement comment pourrais-je la voir. Je suis un homme quand même avec les apparences.

Comment puis-je décrire ce que je ressens. Ma pensée refuse à se confronter à l'apparente contradiction de deux concepts, contradiction issue uniquement de ma bonne éducation bien entendu.

Et au pas de la porte ouverte, je vois apparaître distinctement deux chemins d'évolution possibles à l'homme, parallèles, distincts, indissociables et complémentaires, le premier à réaliser, le second étant manifesté.

Car comment réussir à réunir les contraires. Quelle est cette force qui me manque tant dans ma vie au quotidien lorsque mon jugement m'entraîne à envisager injustement l'autre comme une personne hostile, parce qu'elle ne partage pas les mêmes idées, les mêmes croyances, les mêmes inclinaisons que les miennes ?

Par quel mystère la réunification des contraires serait-elle possible, concrètement, physiquement ?

Un élément manque. Cette réunion ne serait-elle pas un résultat tangible exercée par une force consciente ou le concept même de contraire disparaîtrait pour laisser l'espace à la contemplation de la différence, à l'observation et à la compréhension des manifestations que je n'interprète plus comme étant hostile, mais comme étant potentiellement porteur d'une complémentarité, d'un aspect d'une humanité qui me manque et que je dois travailler ?

Mon individualité s'est construite dans un microcosme, influencée par un environnement social et familial.

Ne serai-je pas dans la situation de Robinson Crusoé, seul sur une île d'un monde inconnu. Ma vie au-delà de la survie solitaire ne serait-elle pas de retourner à une source commune où je pourrais m'alimenter des différences afin de renforcer mon humanité et devenir un homme véritable dans toute sa possibilité ?

Notre choix et nos manifestations déterminent la position que nous occupons dans le monde. L'on peut distinguer en l'autre un être hostile à sa vérité ou un être complémentaire, une aide providentielle à la propre étude de soi et du monde.

La Sainte Trinité rend témoignage que la possibilité de réunir les contraires a été donnée à l'homme, par la Divinité du Père, l'humanité du fils, reliés et réunis par la Conscience. À l'humanité de répondre à cet appel et d'en manifester la Vérité dans le monde.

Fait à Chessy, le mercredi 15 mai 2013
Philippe Delagneau



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Nous trouvons ce concept en nous-mêmes comme à l'extérieur, c'est le reflet du monde. C'est une loi universelle qui est à la fois en nous et à l'extérieur de nous.

Ce concept est l'idée d'un passage à un autre qui peut se faire grâce à une mort. Par exemple : la mort du passé qui donne naissance au présent, à l'instant, ce qui est vital pour l'existence de l'homme. Réaliser tous ses potentiels, être, le « qui on est vraiment », débarrassé de toutes les scories qui ne nous appartiennent pas.

La vie est une souffrance précisément, parce que c'est une ascension. Souffrir est pour l'esprit la forme la plus visible du travail. Chaque étape est douloureuse.

Pour qu'il y ait une évolution il doit y avoir une lutte consciente entre ces deux opposés afin que naisse une troisième force. Dans une interaction dynamique entre deux contraires il y a transmutation. Deux événements opposés qui font sens pour celui qui les vit, produisent un éveil de conscience, une élévation.

Une nouvelle naissance, prise de conscience importante, amène un changement de vie et une libération.

Le couple animus-anima joue un rôle très important dans la psychologie. Nous pouvons dire qu'il est du devoir de chacun de créer son couple intérieur afin de vivre dans l'harmonie et d'être enraciné dans la vie.

En effet, nous devons créer l'harmonie en nous-mêmes et autour de nous en réunissant ces contraires par la lutte.

Pour aller vers l'Unité du Divin il faut avoir fait sa propre unité interne.

Fait à Chessy, le 14 Mai 2013
C'est le printemps,
comme pour l'homme c'est un passage, une boucle qui se boucle,
un nouveau cycle qui commence
auréolé de toutes les expériences acquises par le passé.
Claudine Thomas