NUMÉRO 166 REVUE BIMESTRIELLE mai-juin 2016

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  La pensée et la distance Pensamiento y lejania
  Tentation de poète Tentación de poeta
 
Bernard, Hervé Douleur
 
Baleani, Eduardo El dolor
 
Cohen, Rut Gracias por tu música
 
Delagneau, Philippe La douleur
 
Giosa, Alejandro El dolor
 
Laborde, Juan Carlos El dolor
 
Recherche/Investigation Groupe de travail
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de juin 2015
 
Stella, Silvia El hombre de las botas negras
 
Thomas, Claudine La douleur
 
Vitton, Monica de El dolor


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La conception que l'homme a de sa destinée, l'idée pauvre et misérable ou profondément belle qu'il se fait de la vie, détermine le caractère de ses autres sentiments, de ses actes, et la valeur de son existence. Elle fait de lui un être prêt à l'effort, à l'action, ou capable d'apporter beaucoup de ferveur dans de longues méditations, ou bien un pleutre ou un désenchanté qui traîne comme un boulet une suite de jours inféconds.

Quelques personnes sont convaincues de ce fait que la somme des joies et des peines est à peu de chose près la même pour tous les êtres humains.

Ce qui est essentiel, ce n'est pas de tuer le temps, mais c'est de détruire le scepticisme sous toutes ses formes, et de croire fermement que la vie et la douleur ont un sens, ne serait-ce que celui de nous permettre de nous élever spirituellement.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



De temps à autre, l'éloignement de Paris provoque une solitude qui permet de se rappeler de souvenirs.

Aujourd'hui il s'agit de Marcus Tullius Cicero.

***

Homme politique et orateur romain (106-43 av. J-C.). D'abord avocat (-80), il fut ensuite questeur en Sicile (-75) et défendit les Siciliens contre les exactions de leur ancien gouverneur Verrès. Consul en -63, il déjoua la conjuration de Catilina et fit exécuter ses complices. Accusé d'avoir fait exécuter sans jugement des citoyens, il fut exilé en Grèce (-58), puis nommé gouverneur en Cilicie. Après l'assassinat de César (-44), dont il avait obtenu le pardon, il s'opposa à Antoine, qui le fit assassiner. Il a porté l'art oratoire latin à son apogée dans ses plaidoyers (Verrines, Pro Milone) et dans ses harangues politiques (Catilinaires). Théoricien de l'éloquence (De oratore), il a servi de modèle à toute la rhétorique latine.

Voilà, c'est tout ce que je voulais dire. Encore maintenant il est en nous et nous aide comme modèle pour nous exprimer avec précision.

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Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



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Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Mon père est parti le 30 mai 2016 à 21h32 devant moi, dans son lit de la maison de retraite où il était entré en début d'année. Depuis cet instant, je me pose la question : « Quelle est ma douleur ? », « Est-ce que je ressens de la douleur ? », sans parvenir à une réponse, voire des réponses claires.

La réponse ne me semble pas en effet évidente, n'ayant jamais été confrontée jusqu'à maintenant à la perte d'un être peut-être suffisamment proche et cher.

Je peux refaire l'histoire de tous les événements qui ont abouti à cet instant, ce soir de ce 30 mai où j'ai dû revenir de Paris dans les Deux-Sèvres, ce jour-là en particulier sous des trombes d'eau, après qu'une infirmière, Marie-Hélène, dont je tiens à saluer le professionnalisme et la compétence, m'a prévenu dans l'après midi : « Je vous appelle, car je ne sais pas si votre père sera là demain matin », sans plus de précision. Comme je m'étais préparé à cette éventualité depuis ces derniers jours, même si ce jour-là j'étais occupé à organiser et participer à un événement très important, que je préparais depuis des mois avec la petite équipe dont je fais partie. Je décide de partir sur le champ, d'abord rejoindre mon domicile, puis prendre quelques affaires pour rejoindre la maison de retraite de mon père, à plus de 300 km de Paris.

Pourquoi ce thème pour la lettre de SOS Psychologue arrive-t-il comme à point nommé ? Pour me placer, probablement, en face du thème de la douleur, sachant que je crois peu au hasard, mais que les choses, les événements, les êtres répondent à un ordre supérieur, largement inconscient.

Même s'il est difficile de définir un point de départ à cette histoire, car pour tout comprendre il faudrait embrasser l'histoire complète des protagonistes et sans doute celle de leur famille, et pourquoi celle de l'humanité. Néanmoins je pense que l'histoire est plus particulièrement marquée par un certain nombre d'événements, de repères, qui structurent plus que d'autres la suite des événements.

Je pense que le départ de ma mère il y a 4 ans, à l'issue malheureusement irrémédiable d'une longue maladie, comme on dit pudiquement, a été le point de départ, l'élément déclencheur, qui a orienté, structuré et accéléré la suite.

Mon père m'avait peu dit après cette époque qu'il lui restait trois choses à faire dans sa vie, puis il partirait :

  • réaliser un acte de mémoire vis-à-vis d'un cousin très proche, malheureusement mort dans les derniers jours de la 2ème guerre mondiale, fusillé par les allemands et qui avait, quelques mois auparavant, écrit une lettre à ses parents où il expliquait sa foi de partir pour sauver la France, mais surtout s'excusait à l'avance de devoir leur causer de la peine s'il venait à disparaître,
  • terminer l'écriture d'un dernier ouvrage, dans le domaine de para économie, afin de proposer des idées simples et réalisables pour lutter contre la crise économique,
  • terminer un blog qu'il avait créé dans ce même domaine, en complément des ouvrages déjà écrits.

Ces tâches à faire ont parfaitement mobilisé les forces de mon père dans les mois qui ont suivi la disparition de ma mère, sur une période de deux ans environ, ses forces physiques, son attention intellectuelle, son temps, sa motivation, c'est-à-dire son désir de continuer à vivre. Alors que dans le même temps, sa nature solitaire et son souci d'atteindre ses objectifs sans se laisser distraire l'ont amené rapidement à une situation de solitude, avec très peu de contacts avec la famille, les amis et ses camarades d'armes. La seule distraction qu'il s'accordait consistait à passer en revue les souvenirs photographiques familiaux depuis environ 60 ans.

Une fois que ces trois objectifs ont été atteints, notamment le premier par l'apposition d'une plaque commémorative à Boismé le 18 octobre 2014, son état physique et sa motivation ont progressivement et régulièrement décliné, les promenades à pied devenant plus courtes, les parcours en voiture plus rares, les accidents de santé plus nombreux (chutes, malaise cardiaque, séjours en hôpital et soins de suite). Également dans le même temps, la pression de personnes proches, dont je ne fais pas partie, l'a incité à envisager, puis de décider à entrer dans une maison de retraite, qui, pour eux, n'était que la seule solution possible pour régler ses difficultés d'autonomie physique.

Finalement après des mois de réflexion et de doute, sans jamais demander son avis à son entourage, car cela n'était pas sa nature, ayant toute sa vie décider seul de la marche à suivre, il envisage de prendre sa décision d'y entrer, repoussant cette échéance plusieurs fois. C'est de sa propre initiative qu'il décide à Noël 2015 d'annoncer lors d'un entretien à la maison de retraite sa décision de postuler à une place. Une place se libérera fin février 2016.

Néanmoins, rapidement après son entrée, au bout de quelques semaines il manifeste sa déception sur son impression générale de la maison de retraite, pourtant renommée dans la région : il est choqué par le spectacle des personnes très âgées qui y vivent, leur degré de dépendance, la quasi impossibilité d'un échange intellectuel avec elles, contrairement à ce qu'il aurait aimé y trouver. Si bien qu'au bout d'un mois, non sans avoir prévenu avec politesse tous ses voisins de couloir, il décide de ne plus prendre ses repas en commun avec les autres pensionnaires, pour se retirer dans sa chambre et ne plus avoir à subir ce spectacle.

Un événement va couronner sa certitude d'avoir fait une erreur en entrant dans une maison de retraite, ce sera ce que j'appelle « l'épisode de la Boule d'Or ». En fin d'après midi du 14 avril je reçois un appel de la maison de retraite, m'informant que mon père a été vu, à l'extérieur, arrêter une voiture en pleine rue pour faire du stop, et que la gendarmerie a été prévenue pour pouvoir le retrouver. Par mon réseau, je ne parviens pas à trouver quelqu'un qui l'aurait aperçu « Est-il revenu à Boismé dans la maison de son enfance ? Est-il parti faire un tour à Bressuire, pour une course essentielle pour lui, s'est-il rendu dans un restaurant ? ». Environ deux heures après, la maison de retraite me rappelle m'informant que les gendarmes ont retrouvé mon père et qu'il a été ramené à la maison de retraite, un peu comme si on ramenait un prisonnier à la prison. Le nom de la Boule d'Or est évoqué dans les échanges, sans que je ne sache encore maintenant dans quel sens exactement : c'est un hôtel et un restaurant renommés à Bressuire où mon père allait dîner de temps en temps il y a encore six mois, en prenant un taxi.

S'en suivra un séjour de dix jours à l'hôpital, sans doute par précaution médicale, puis un retour à la maison de retraite. À partir de ce moment son comportement se radicalisera : il décidera de ne plus du tout sortir de sa chambre et fera la grève de la faim. Par pudeur je n'ai jamais voulu lui demander des explications ou tout simplement des précisions, sachant que s'il voulait me parler, il le ferait de son initiative et, dans le cas contraire, cela signifiait qu'il ne voulait rien dire et qu'il ne servirait à rien de le faire parler, il se fermerait complètement. En fait, il en parlera peu après indirectement, au cours des innombrables visites que j'ai pu faire ou de mes appels téléphoniques en mai, en manifestant verbalement son extrême abattement moral, alors qu'il n'a jamais été, de toute sa vie, habitué à faire ce genre de confidences. Cette simple sortie, même s'il avait oublié de prévenir la maison de retraite, était un acte de liberté, que rien ou personne n'était en droit de lui refuser.

Je suis très triste de cette fin de vie, que personne ne peut ou ne doit mériter, quelle que soit son histoire, ses relations avec ses proches, ses réussites et ses erreurs. Même si quelque part il était prêt à partir, car en accord avec son désir de finir d'accomplir ce qu'il lui restait à réaliser, conformément au chemin de vie qu'il avait choisi, son entourage en a précipité l'issue par une entrée prématurée dans une maison de retraite, qui a fonctionné comme une « machine administrative » où il est devenu un pion qui avait perdu son existence. Je n'en veux pas à la maison de retraite, mais à la série des événements qui l'ont précédé et qui ont fonctionné comme un piège à son encontre qu'il n'avait pas soupçonné et auquel il pensait pouvoir être libre d'échapper.

Son corps physique a préféré partir face à cette situation profondément attristante.

Hervé Bernard



Ce qui me préoccupe au commencement pour travailler ce thème, est son apparente similitude avec un autre terme qui est celui de la souffrance.

Intellectuellement, ces termes me semblent synonymes, mais cette réponse ne me satisfait pas, ne répond pas à un ressenti.

Ils semblent partager un même monde et ensuite se distinguer, donnant une représentation plus subtile d'un autre monde.

La douleur apparait comme une réponse immédiate et soudaine à un évènement traumatique corporel ou émotionnel. Le choc passé, une certaine paix apparente s'installe, nécessaire à la continuité de la vie, à notre équilibre psychique, mais est-ce la paix ?

Tout semble aller vers l'apaisement même relatif. Le corps retrouve une sérénité, son intégrité à travers des soins appropriés.

Il semble étrange à ce propos de remarquer que notre fonction intellectuelle semble indifférente, non concernée, déléguant cette prise en charge par nos autres fonctions.

Mais quand est-il de l'émotionnel. La vie continue, mais peut être avec un émotionnel blessé à mort, traumatisé pour le temps qui lui reste à vivre.

Sur sa blessure encore ouverte, la douleur que l'on croyait apaisée prend une autre forme, se transforme imperceptiblement en une souffrance contaminant peu à peu l'être dans sa totalité.

La personnalité en est modifiée, les attitudes, les positions changent, une aigreur incomprise, incommunicable s'installe.

L'horreur de la situation intervient lorsque ce processus frappe une personnalité endormie à ses propres manifestations, une personnalité sans repère, sans référence. Elle ne voit pas ni ne ressent la transformation, elle ne voit pas le sacrifice offert à une souffrance incomprise.

Voila le risque que nous avons pris et que nous prenons à vouloir n'entendre que des discours tapageurs et répétés sur un soi-disant monde meilleur, un nirvana existant en dehors de nous, autour de nous, mais pas en nous, un discours qui répand sur notre conscience la poudre d'endormissement d'un conte à dormir debout.

Cherchons à comprendre ce que nous manifestons, écoutons et acceptons avec notre instinct les messages qui nous dérangent, frappons aux portes pour y recevoir des réponses.

Cherchez et choisissez d'abord une porte qui s'ouvre avec amour. Choisissez une personne pour vous accompagner dont vous sentez cette capacité d'accueil et d'amour, plus que la capacité du savoir.

Mais si vous trouvez en la même personne cette capacité d'amour et de savoir, ne manquez pas ce rendez-vous avec vous-même, ne manquez pas l'opportunité de la rencontre et d'un chemin d'évolution possible.

Remerciez ce qui émane silencieusement de vous et qui vous relie à cette personne, croyez en cette étoile inexplorée qui brille au firmament de votre vie.

Cherchez et trouvez l'amour conscient.

Fait à Chessy, le 28 juin 2016
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



Qu'est-ce que la douleur ?

J'avoue qu'il m'est difficile de faire la différence entre la douleur et la souffrance.

La douleur peut être à la fois physique et morale, un ressenti dans son corps et une expérience émotionnelle liée à un ou plusieurs traumatismes.

Je veux exprimer ici l'horreur de la situation qu'est la mienne, car tant de gens sont véritablement malades.

Dans mon processus hystérique toutes mes douleurs, quelles qu'elles soient, s'expriment à travers mon corps.

La douleur accumulée est un véritable champ d'énergie négative qui habite mon corps et mon mental.

Alors je demande, je supplie que cela s'arrête, de pouvoir enfin trouver la paix.

Le corps en souffrance est prêt à sortir de son état latent lorsque l'on est confronté à des scénarios du passé, tels qu'une perte, un abandon.

N'importe quoi peut servir de déclencheur, tout ce qui fait écho à un scénario douloureux de notre passé.

Nous devons absolument nous libérer de ce processus et pour cela, accéder au pouvoir de l'instant présent, être conscient, agir de façon à donner un sens à notre vie.

À ce moment-là, la douleur du passé peut se dissiper, voire disparaître.

Fait à Chessy, le 26 Juin 2016
Claudine Thomas