NUMÉRO 96 REVUE MENSUELLE octobre-novembre 2004

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Choix du partenaire amoureux La elección de la pareja
 
Bernard, Hervé Comment choisir son partenaire amoureux ?
 
Courbarien, Elisabeth Le choix du partenaire amoureux
 
Courbarien, Elisabeth Lettre à un partenaire particulier
 
Delaunay, Brigitte Le choix du partenaire amoureux
 
Ercole, Jeanine Le choix du partenaire amoureux
 
Giosa, Alejandro Elección de la pareja
 
Health I. G. News Tener una buena salud, tiene su precio
 
Laborde, Juan Carlos Yo no elegí elegir tan mal
 
Laburthe-Tolra, Michèle Du choix au consentement
 
Ruty, Paul Le choix du partenaire
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de juillet 2004


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Mes réflexions ont été écrites en trois fois, comme toujours. Le thème me fait douter, car il est toujours à la première personne. J'avais l'impression d'avoir été choisie, mais pas d'avoir choisi… Je laisse donc la question pour après et je vais vers des cas cliniques.

***

1ère partie

Pour parler du choix du partenaire amoureux, je commencerai par le cas de Mme N.N, 58 ans dont la demande pour entrer en analyse avait été sa difficulté à créer des liens de couple dans la durée. Son cas m'a permis de mieux comprendre les questions que posent les patients sur ce thème et mes propres interrogations…

***

Récit de Mme N.N. : j'avais 14 ans à cette époque et j'ai trouvé le premier beau parleur de ma vie. Il était élève, à cette époque, à l'École Polytechnique, en fin d'études.

Nous nous sommes rencontrés au cours d'une soirée inattendue le 30 décembre d'une certaine année où je n'étais qu'une adolescente bien protégée par une famille attentive à son avenir. Il m'avait dit qu'il était mal avec sa mère, je le pris à ma charge et nous nous sommes mariés et nous avons eu des enfants sans plus. Sa mère était devenue une amie, mais il n'était pas assez mûr pour en profiter, donc je l'ai pris en charge malgré l'opposition furieuse de mon père qui ressentait le mensonge et l'imposture. Mais enfin je l'aimais et point à la ligne. Nous avons eu de beaux enfants et nous avons mangé de bons mets.

Mon deuxième couple s'est passé après mon veuvage, un homme d'un autre pays qui m'a raconté deux jours après avoir fait sa connaissance qu'il était au chômage et que s'il ne retrouvait pas une situation pour la fin de l'année il se suiciderait. Je le pris en charge, et je l'aimais. Il doit continuer à raconter son histoire de suicide jusqu'à la fin de ses jours en trouvant chaque fois une femme moins naïve que moi, mais plus avisée que lui, naturellement. Enfin que je ne trouve pas beaucoup d'hommes dans le bon sens du terme, mais ils n'ont pas trouvé chez moi la poule aux œufs d'or qu'ils attendaient. Le troisième, car il y a toujours un troisième, ne m'a pas vendu de châteaux en Espagne, mais toujours la bonne parole pour me faire croire qu'il était allé plus loin que moi dans sa recherche de vérité. Il était le meilleur dans son genre, car il n'avait pas la belle parole, mais l'air de posséder un mystère éclatant qui pourrait me rendre consciente.

Voyez-vous : j'étais la première innocente, le premier agneau entre les brebis du bon Dieu qui sont abondantes, mais pas trop dans ce pays où les femmes et les hommes rêvent de sentiments. Seulement, ils ne vivent que pour la recherche du pouvoir et de l'argent.

Enfin ce n'est pas le cas de ma patiente qui m'intéresse particulièrement, car elle retombe toujours sur ses pieds, arrive ce qui arrive et les hommes de sa vie lui ont servi quelque part à la rendre plus forte et plus sensible à la vérité, et ce n'est qu'à la vérité que je rends hommage, toujours et partout.

Elle n'avait choisi comme partenaires que des répliques de l'« Indifférent de Watteau » du Louvre, des hommes capables de « bâiller leur vie », pas trop puissants, mais avec l'air d'être des mâles dans le bon sens, c'est-à-dire des « Latin lovers » spécialisés dans les zones érogènes et dans le plaisir des sens.

Il aurait pu être aussi un japonais du style de Mishima, car pourquoi ne pas choisir une pathologie limite si cela pouvait la faire rêver une autre fois d'être le sauveur ?

Du fait de la liquidation de ce lourd complexe, voici le portrait de son partenaire possible dans le réel du présent, c'est elle-même qui l'a tracé :
– une sensualité sans limite, une sensibilité sans bornes et la séduction de la bonne parole sensée ;
– un homme facile à vivre, capable de rire de lui-même et d'avoir de la considération pour les autres ;
– c'est elle-même qui l'a dessiné après avoir travaillé assez en elle-même, pour garder l'essentiel de ses expériences de couple et éviter de nouvelles séparations motivées par la répétition due à une possible névrose d'échec.

Écrit à Paris le 1er octobre 2004
juste après « la projection »1,
car je ne voulais pas tomber dans la déprime
qui est produite par le manque de courage à remplir,
avec des vérités relatives, la page blanche.

***

2e partie

Le 30 octobre, en allant à Londres, dans l'Eurostar où, comme par hasard, il fera nuit pendant 20 minutes, le temps de la traversée du tunnel, il est curieux que je ressentis et vis la synchronicité de vivre moi-même dans ce passage inattendu par la nuit. Il y a trois semaines je n'avais même pas pensé aller à Londres… En tout cas, le travail inconscient était déjà là-bas : le changement de langue, un petit pas vers la Manche et tout s'arrange, il me fallait pour parler du partenaire un « passage par la nuit », comme Jonas dans le ventre de la baleine. Mais enfin comme je dis toujours « ma vérité », je profite de cette nuit obligée pour parler et oser parler du partenaire. Je sais que je dis ce que les autres n'osent pas dire, mais il s'agit d'un espace d'honnêteté, de sincérité et de liberté d'expression. Je voudrais communiquer ce que j'ai pu comprendre à ce sujet : l'imprévisible polygamie de l'homme réel, c'est-à-dire un seul amour s'exprimant avec des partenaires différents et avec des buts différents. Si vous voulez que je m'exprime plus clairement : un couple de sexualité, d'enfantement, de confidences soupirées sur l'oreiller, un couple de totalité sans jalousie, ou chacun sait qu'il est transparent, fidèle et mûr. Par exemple, un autre couple asexué, mais transparent aussi, un couple intellectuel avec un partenaire ciblé qui nous élève vers le ciel de la culture et la compréhension de l'angoisse à questionner, et encore un troisième un partenaire/couple dans la recherche d'une réussite professionnelle, d'une réussite dans la vie. Nous vivons dans un système de culpabilisation que nous, bornés, acceptons si nous pouvons accepter cette pluralité qui n'est pas un pêché, mais le constat d'une réalité.

***

Moi fille unique, « spécialiste » en enfants uniques de tous les âges. Je peux bien le dire : nous sommes des brebis égarées, sans fratrie, ils ont voulu faire de certains de nous des gagnants et des autres des résignés à ne pas sortir de notre nuit de Blanche Neige ou de Peter Pan. Nous sommes des partenaires amoureux, tous âges confondus, à la recherche des amours fusionnels et de la dépendance. Enfants uniques, nous sommes comme des « accros », mais la question c'est que personne ne sait rien de nous et dans notre pauvre vie sans défense grâce au manque de fratrie, nous vivons comme des zombis perdus. Vous, mes lecteurs, entre vous il y a des enfants uniques et je suis sûre vous avez cherché chez les analystes l'âme sœur et vous nous avez raconté des histoires, mais les uniques et vraies questions sont : qui suis-je ? Et où suis-je dans ce monde sans références où ma fratrie est partie par le non pouvoir ou le non désir de mes parents ?

***

3e partie (mercredi 17 novembre 2004)

Attention, si derrière une découverte nous ne prenons pas conscience immédiatement de la compréhension, tout devient confusion et si cela peut nous rendre plus riches en connaissance pour nous-mêmes, ce n'est pas clair pour transmettre à nos élèves la découverte. Il y avait une raison pour laquelle je ne pouvais pas finir l'article, car le choix du partenaire amoureux est trop large. Le soir en dînant au restaurant avec un ami, et comme j'aime dîner en paix – avec une fréquence relative, confortablement et sans défenses –, la voix d'une femme m'a beaucoup dérangée. En réalité, pas moi, mais la personne qui m'avait invitée, donc en voulant être en paix pour bien digérer et me préparer à un lendemain rempli de travail, par deux fois je suis allée lui demander de parler plus bas. Elle a pris la demande relativement en compte, mais vers la fin du repas elle racontait à vive voix qu'elle était scorpion et qu'elle avait casé quelqu'un. Trop forte sa parole pour mon hôte je suis allée lui dire que si elle était scorpion, moi j'étais sagittaire et que j'avais du feu en moi pour demander une modération. Elle m'a répondu qu'elle était une femme du spectacle et que sa voix pénétrait. Je lui ai dit que j'étais une femme du silence et que j'avais appris à écouter.

Plus tard, dans la nuit, et en partant, car je n'allais pas partir avant à cause des autres – car, en dehors des séances ce ne sont pas mes affaires sauf exception de besoin réel de l'autre en danger, naturellement –, elle était venue me dire : « excusez-moi, je suis une femme du spectacle, donnez-moi votre adresse je vous enverrai des invitations. Soudain elle m'a serré la main et elle m'a dit : « J'ai eu beaucoup de plaisir à faire votre connaissance, mes filles seront là-bas, elles auraient aussi du plaisir à vous connaître ». Moi je me suis entendu dire : « moi aussi » et j'ai cherché dans mon sac une carte qui n'existait pas, car je n'en porte jamais sur moi. En revanche, j'ai trouvé un billet de l'Opéra de l'avant dernière semaine pour le ballet Médée sur lequel je griffonnais mon adresse en confondant mon nom professionnel et mon nom de famille. Je la lui donnai. Mais ce qui m'a surpris, c'est que je me suis laissée surprendre, car hors contexte je n'avais pas monté mes défenses de façon instrumentale, opératoire, et soudain j'ai pu comprendre que ce n'est pas question que le partenaire soit à un niveau d'élection homosexuelle, bisexuelle ou hétérosexuelle. La question est d'être reconnu par l'autre, c'est ça qui détermine l'élection du partenaire amoureux. Car au moment où elle m'a parlé, sa main étreignait la mienne et j'ai bien senti que le courant d'énergie, la libido comme nous l'appelons, sans vouloir trop en dire, passait. C'est-à-dire qu'en me confrontant avec elle je l'avais reconnue et cette puissance de l'ici et maintenant était plus forte que tout préjugé.

Enfin je me suis dit humblement que l'élection du type de partenaire n'est pas une question de déviation de la libido, mais de reconnaissance entre deux personnes « en manque ».

Je demande à mes confrères et à mes lecteurs de ne pas me trouver trop naïve. Je ne l'ai compris qu'aujourd'hui, en un instant, quand j'ai été surprise par la reconnaissance d'une femme qui m'acceptait sans savoir qui j'étais, mais en me sentant comme un être capable de l'accueillir en plénitude d'âme, simplement et sans défense, sans surmoi protecteur ni contexte analytique : deux êtres dans un restaurant, sans histoire ensemble et sans passé. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas d'homo, de bi ou d'hétéro sexualité, mais de reconnaissance. Enfin, que je suis moins bête que ce que j'étais hier.

À la lecture de mon article qui n'est qu'un morceau de vie, comme toujours – non pas un exposé théorique que vous pourriez sans difficulté trouver dans toute publication spécialisée – mes confrères diront peut-être que j'ai un problème avec l'homme pour le cas où je choisis les exemples de Mme N.N., mais ce n'est pas vrai. Je suis bien honnête, je n'ai pas de contentieux avec les hommes, et j'aime mon aimé avec toute la force de ma compréhension et de mon partage et je suis simplement bien avec lui dans une totalité qui dépasse la procréation, la vie, la mort, enfin la terrible et suprême « Condition humaine ».

Fait à Paris dans un moment de ma vie
où l'automne ne m'affecte pas comme aupravant
et où j'accepte ce présent de compréhension, d'éternité et de silence paisible
où j'habite mon corps et la puissance de son désir.
Les feuilles tombent, le vent sculpte mon visage et mon âme.
Je trouve que t'aimer ici et aujourd'hui est l'évidence de notre éternité
du fait que nous sommes arrivés ensemble au seuil de ce mystère qui est le couple.

1  : numéro précédent de la lettre de SOS Psychologue.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le besoin d'aimer et d'être aimé est tout aussi vital que celui de se nourrir, de dormir ou de se protéger du froid. Mais le destin de cette pulsion de vie semble bien plus difficile à gérer et à contrôler que les autres.

Vis-à-vis du besoin de nourriture, nous apprenons, nous ressentons instinctivement la nécessité de s'alimenter avec d'innombrables formes d'éléments nutritifs en fonction de notre culture et de notre goût, parfois de nos besoins diététiques.

Pour se protéger du froid, du vent, des vicissitudes du climat en général, nous portons des vêtements et nous nous abritons dans des maisons que nous chauffons en fonction de la température extérieure. Bien rares sont les pays et les communautés, qui ne suivent pas ces règles de vie : peut-être les naturistes, mais ceux-ci doivent porter des vêtements en dehors de leur cercle intime. Même les peuplades de contrées sauvages lointaines portent une tenue vestimentaire minimale, bien que la température ne soit pas un critère de nécessité.

Dormir est bien plus vital, au point qu'au delà des cultures, des générations et des frontières nous avons naturellement suivi le rythme journalier pour utiliser la nuit pour un sommeil réparateur. Nous avons tous connu l'expérience d'une ou plusieurs nuits sans sommeil, pris par une activité qui nous tenait en éveil : nous savons bien que nous ne pouvons pas tenir bien longtemps, le corps et l'esprit réclament rapidement un sommeil réparateur et se jouent rapidement de nos éventuelles résistances.

Mais qu'en est-il du sentiment amoureux ? Nous naissons de l'amour d'un père et d'une mère, même si cet événement peut parfois être un accident, car non complètement voulu si on considère toutes les conséquences qu'il implique, ou qu'il doive trouver une place auprès d'un couple qui déjà se déchire ou se défait, l'événement en question pouvant en être la cause. De toute manière, faire un enfant demande au moins une pulsion d'amour, même si celle-ci peut se réduire à une pulsion sexuelle, parfois bien détournée de son but initial, momentanée ou unilatérale. Par exemple, dans le cas du viol. Mais, en général, l'enfant est la conséquence d'un sentiment amoureux qui s'est développé durablement entre deux personnes.

L'enfant en grandissant, à condition de trouver un environnement affectif suffisamment épanouissant, aime ses parents, ses frères et sœurs et les autres personnes de sa famille, d'un sentiment naturel qui est le sentiment d'amour. Si nous n'en sommes pas tout à fait convaincu, il suffit de se rappeler de l'adage « l'absence marque la présence ». Les événements de la vie mettent en relief cet amour : l'éloignement de la cellule familiale, la jalousie qui s'enchaîne avec l'agressivité, puis la culpabilité envers les parents, parfois la perte psychique ou physique d'un parent. Tous ces événement nous montrent de manière presque mécanique, souvent dans la douleur, la force du lien d'amour et le besoin qui en découle pour notre bien-être personnel.

En accédant à l'âge adulte, la société et notre pulsion de vie pour construire un projet de vie, pour découvrir le monde, tel le vaisseau « Enterprise » dans la série Star Trek, nous poussent dans un mouvement si possible synchronisé et harmonieux, à nous distancer de nos parents et faire mieux connaissance avec certains spécimens de notre population d'élection sexuelle et amoureuse, ceux qui nous attirent le plus, même si nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe. Un nouveau champ de découvertes s'offre à notre regard subjugué et comme hypnotisé, au point d'y investir une grande partie de notre temps et de notre énergie. N'observe-t-on pas couramment que certains y placent tous leurs espoirs, au point de négliger ou d'« oublier » les proches d'avant, la famille, les amis… ?

Mais alors, pourquoi faudrait-il s'arrêter dans cette quête affective et amoureuse à une monogamie, à vie, ne souffrant d'aucune exception, même si ce cas de figure peut paraître extrême ou caricaturale ? La question doit être posée sans crainte, ni préjugé, en dehors de tout cliché culturel. Certes le choix d'un partenaire amoureux est une affaire qui paraît bien plus importante que le choix d'un nouvel ami ou le développement privilégié d'une relation avec un membre de notre famille ou un nouveau collègue avec lequel nous ressentons des affinités. Au plan culturel, le choix d'un partenaire amoureux s'accompagne d'un rituel bien institutionnalisé :

– avec le mariage, à la mairie ou à l'église (ou même le concubinage) se décline mécaniquement en droits et devoirs vis-à-vis de l'autre, bien « lourds » ;

– aux yeux de l'entourage, cette nouvelle personne devient en quelque sorte « intouchable », son statut change radicalement, tout devient presque différent, il y a un avant et un après…

Avoir un nouvel ami semble à bien des égards anodin pour la société.

Mais qu'en est-il au plan personnel et psychologique, pour notre moi intime, ce qui nous fait vibrer, vivre, aimer, parfois mourir physiquement ou psychologiquement ? La réalité intérieure devient alors bien différente. La parole donnée au partenaire amoureux aurait-elle toujours plus de valeur que celle donnée à un ami, un proche familial, à une relation professionnelle privilégiée ? Notre morale serait-elle à plusieurs vitesses ? Faudrait-il la compartimenter en catégories bien hiérarchisées selon le type de relation que nous entretenons avec l'autre et surtout en fonction d'une loi dictée par la société ?

La morale personnelle n'est-elle pas unique, sans limite temporelle, ni physique ? Peut-on tromper la confiance d'un être, parce qu'il est un ami et non notre partenaire amoureux ? Il est bien difficile de répondre catégoriquement non.

Ainsi posé, la problématique de la recherche du partenaire amoureux devient moins dramatique même si la nécessité d'engagement n'en est pas diminuée pour autant. Un écrivain femme anglais expliquait qu'il faudrait changer de partenaire amoureux tous les dix ans au motif que l'un et l'autre n'évoluent pas selon le même parcours ou la même vitesse et qu'il convenait d'envisager de changer pour toujours bien accompagné. Si cette ligne de conduite ne peut pas être suivi à la lettre, en fonction de la personnalité, le goût, la culture et la croyance de chacun, elle mérite de servir d'espace de réflexion pour réaménager les aspects contractuels entre nous et notre conscience vis-à-vis de notre engagement, notamment leurs aspects d'exclusion, envers notre partenaire amoureux.

Une relation peut tout à fait évoluer dans le temps en fonction de nos projets et notre dynamique personnels quand ils deviennent différents de ceux de notre conjoint :

– un amour fusionnel des premières années peut habilement être remplacé par une relation de confiance qui laisse la place à la fois à des activités à deux et à des activités tournées vers des objets extérieurs au couple, propre à chaque partenaire. Un tel glissement vers une vie pas « systématiquement à deux » nécessite une ouverture d'esprit et la capacité de préserver l'essentiel qu'est la relation amoureuse à deux. C'est souvent plus facile à énoncer qu'à expérimenter !

– quand une relation s'essouffle, devient sans amour, voire indifférente, pourquoi ne pas se quitter bons amis et laisser chacun continuer son développement personnel, affectif vers un autre plus adapté, et la confiance et le respect de l'autre doivent-ils disparaître quand amour glisse vers amitié ?

– une nouvelle nuance dans la relation est toujours envisageable. Peut-on systématiquement refuser une telle demande de l'autre au nom de l'amour ?

Oublions nos préjugés de temps en temps pour explorer les aspects monogames (ou mono gamme) de notre vie amoureuse ou affective. Si le vieil adage « ne mettons pas tous les œufs dans le même panier » paraît un peu brutal appliqué à cet aspect de notre vie qu'est l'affectivité, il invite à réfléchir sur l'éphémérité de notre existence et des proches qui la composent et à construire notre parcours de vie en stéréo plutôt qu'en mono ; par exemple, pour éviter la monotonie.

Hervé Bernard



D'abord je déteste «  partenaire ».
A partenaire je préfère la dénomination que je donne à un compagnon, petit ami, jules, fiancé, époux, amant etc.
Ou que je ne nomme pas.
Parce que j'aime comme ça.
Sans tracas.
Au cas par cas.

Et d'abord qui choisit qui ?
Est-ce moi, est-ce lui ?
Est-ce le hasard ?
L'inconscient ?
« Parce que c'était moi ; parce que c'était lui »…

Pour que cette alchimie se mette en branle, il faut bien plus que quelques pauvres regards tout juste enflammés.
En ce qui me concerne, c'est un travail de patience.
Mais quand c'est non, c'est non tout de suite et de façon irrévocable.
Je ne fais pas vraiment dans la nuance ou dans la dentelle. Et c'est sans appel.
À quoi bon laisser l'autre cultiver de vains espoirs et perdre son temps, parce que cela flatte mon ego d'imaginer toute cette foule de galants à mes pieds ?
Je m'en fiche.
Je n'aime pas la foule.
Je suis sauvage et j'entends le rester.
Sauvage et inapprivoisée.

Certains croient me connaître ou me cerner, d'autres se targueraient presque de me berner.
Selon mon humeur je les laisse se tromper ou se tromper.
Car l'infidélité prétendument faite à l'autre n'est qu'une infidélité et lâcheté que nous nous faisons à nous-mêmes : nous n'aimons plus ? Mais partons, fuyons, éloignons-nous de cet objet qui n'alimente plus notre désir ! Pour une fois soyons courageux, ferme et honnête avec nous.
Comment, nous ne sommes pas sûrs ? Hésitants, pleutres et méprisables. Comment pourrions-nous croire que l'autre, resté fidèle à son idéal, puisse encore nous aimer ? Qu'il puisse encore jeter sur nos faiblesses un regard si rempli d'amour que nous nous sentirions d'un seul coup libéré du fardeau de ce péché qui nous consume de l'intérieur en une culpabilité que seul le protagoniste peut éprouver.
Ah maudit piège de notre orgueil que celui-là ! Car notre pire ennemi, c'est ce regard qui nous scrute, qui nous juge, qui nous condamne : c'est nous-mêmes ! L'autre, notre conjoint, notre partenaire, notre ami ne sait rien de nos affres intérieures : et grand bien lui fasse de ses projections positives !

Eh bien moi, je peux quitter un homme… parce que.
Et ne jamais revenir.
Parce que.
Même sans en prendre un autre.
Parce que.

Et sans culpabilité. Ni justification.
Tout simplement lorsque le point de non retour a été atteint.

Par fidélité à moi-même, je choisis d'assumer jusqu'au bout mes choix.
Loin de moi de demander cependant à l'autre une perfection dont moi-même je suis bien incapable, malheureuse pécheresse trébuchant sur les pierres du chemin.
Vais-je te jeter celle qui traîne là ? Non point, comme je te l'ai dit c'est toi qui est l'artisan de ton propre jugement. C'est toi qui lances avec brio le boomerang de ta culpabilité. Pas moi.
Moi, en revanche, je protège jalousement ma paix.
Si tu troubles celle-ci, attends-toi au pire.
Sans colère, sans éclat.
Sans voix.
Et sans tremblement.
Je ne laisse plus quiconque me la ravir.
Si dans la balance, tu contribues positivement plus que tu n'accables, alors tu pourras peut-être espérer survivre quelques heures de plus.
Le crédit illimité n'existe plus.
J'ai été bafouée, trahie, volée, spoliée.
Une fois.
Pas plus.
Jamais plus.
La naïveté n'aurait aucun sens dans notre monde « bienveillant » !

Alors j'ai cessé de croire aveuglément.
Mais pourtant j'ai gardé foi dans l'homme.
Pas dans tous.
Dans quelques uns.
Cette croyance me suffit pour avancer.
En quête de vérité.
En quête de moi-même et dans l'écoute de l'autre.
Mon partenaire n'a jamais revêtu le visage d'un ange.
Je l'ai donc diaboliquement aimé.
Tel l'individu unique qu'il est.
Les chemins de la vie n'ont pas voulu que nos routes aillent plus avant.
J'ai vécu des séparations douloureuses.
J'ai surmonté des deuils difficiles.
Je suis toujours debout, déterminée et volontaire.

Je l'aime. À hauteur de son degré de conscience.
Je suis aimée. À hauteur de son degré de conscience…
Par qui ?
Un challenge.
De toute façon, que je sois sincère : je déteste la facilité. S'il y a une chose qui exacerbe mon côté rebelle et anticonformiste, c'est bien celle-là. Les relations de possession ne m'intéressent pas. J'aime la liberté. La liberté de l'autre aussi !

Faut-il lutter ?
Faut-il accepter ?
Jusqu'où l'amour peut-il pardonner pour être encore de l'amour sans être de la bêtise ?
À partir de quel moment cherche-t-on à s'aveugler en lui confondant une relation vide de sens qui par l'orgueil de notre stupidité ne peut se résoudre à dire : « je ne suis pas aimé par une personne qui se comporte ainsi ».
La vérité fait mal, mais regardons en face, c'est à ses fruits que l'on juge un arbre.
Si ce que je te donne t'aide à grandir, si ce que tu me donnes m'aide à grandir : alors je suis dans une relation positive.
Pas dans un rapport de forces.
La nuance ensuite est : est-ce une relation amoureuse ou une simple amitié ?

Des amis du sexe opposé, j'en ai quelques-uns. Une petite dizaine. Tous très fidèles d'ailleurs. Des copains également. Jamais je n'ai cultivé aucune ambiguïté ou laissé planer des espérances auprès d'aucun d'eux.
Jamais.
Peut-être, pour certains d'entre eux, a-t-il fallu quelque temps avant que la relation ne se stabilise dans une nuance désérotisée acceptable par les deux parties.
Jamais je n'ai regretté.
Ah si, une fois peut-être. Une seule. Cela leur laissera… potentiellement l'espoir d'avoir été cet unique là !
Mais si nous faisions toujours ce que nous voulions, sans censure et sans morale, comme aurait dit le Général, cela eut viré à la chienlit !
Parfois nous n'en sommes pas si loin.
Alors là, je te présente l'ami de maman, qui n'est pas le papa de mon demi-frère, mais qui vit chez nous le week-end avec sa fille qui n'est pas ma sœur ?

Partenaire… à qui appartiens-tu ?
À ton passé, à ton présent, à ton devenir ?
Il serait préférable que ce soit à toi-même.
À personne d'autre.

Dans la réalité, tu choisis à hauteur de ton degré de conscience celui ou celle qui pourrait te convenir. Ou celles et ceux. Quand il te faut « sacrifier » à la pluralité de l'expérience ! Hâtons-nous de préciser que nous ne la prônons pas, elle pourrait n'être qu'une fuite en avant et qu'une illusion de plus.

Car parfois tu fuis.
Lorsque tes démons te rattrapent.
Parce que tu n'es qu'un Peter Pan.
Sans notion de temps.
Avec l'éternité devant toi.
Parfois tu contrains l'autre à te chasser au loin.
Pour des raisons qui n'affleurent pas à ta conscience.
Un deuil que tu n'as pas fait.
Une déchirure.
La peur d'aimer.

Dès que tu sens l'état amoureux qui s'installe, tu prends la tangente avec brio.
Ta liberté s'accommode mal des prisons, même de celles que l'on dit « amoureuses ».
Jamais esclave des barreaux, tu t'évades dans ton monde intérieur.
Ou vers un idéal imaginaire.

Est-ce librement et sans contrainte ?

Celui qui reste esclave de ses pulsions, lui, reste enfermé entre les murs de sa propre prison.
Déchaîne-toi.
Aime.
Mais agis selon ta morale et ton degré d'éthique, car, bien que tu prétendes t'affranchir de la pression surmoïque, elle te surprend dans l'interdit et t'assaille d'une culpabilité qui ferait perdre toute saveur à l'histoire, une fois passée une excitation fugace : celle de notre damnée séduction.

Je n'ai pas trahi, pas menti, jamais envisagé de voler à quiconque ne serait-ce que le cadavre d'une vie de couple moribonde. Je dors en paix. Je vis en paix. Je croque parfois de l'aventurier au grand cœur que n'effraie ni ma sensibilité, ni ma force. Puis-je l'appeler « partenaire » ? Il ne m'appartient pas. Il ne m'appartient même pas d'en juger. L'avenir nous dira peut-être un jour une autre belle histoire qui n'avait pas de début et qui, elle, n'aura pas de fin.
Je suis de mauvaise foi.
Il y en a un qui m'aime depuis toujours.
Un partenaire amoureux fidèle.
Il n'a qu'un défaut.
Il est polygame à cause de son fils.
Et s'il est très présent, il ne me prend jamais dans ses bras.
Il est comme un père pour moi.
Je crois que je lui dois d'aimer la vie.
Elisabeth Courbarien



Tu te serais «marré» sans aucun doute.
Mais pas marié.
Le côté surréaliste de la chose, une fois dégrisés nous serait apparu comme la pire des solutions :
Toi en quête légitime de ta famille nombreuse.
Moi en quête de paix aux côtés d'un homme.
Tu as pour principale qualité une générosité que peu d'autres hommes m'ont prouvée.
Mais cette générosité s'exprime également par des voies qui me restent impénétrables !
Trop irrationnelles à mon goût.
Question éthique,
Fondamentale,
Et très réaliste des choses.
C'est étrange, les hommes de ma vie comprennent trop tard qu'ils m'ont perdue tout seul.
Je ne sais pas dire pourquoi.
Mais je peux raconter comment.
Mes sentiments loyaux s'effritent, se délitent et meurent sans bruit. Insidieusement. Subrepticement.
Leur érosion ne se fait pas en un jour, mais en bas et hauts successifs un peu comme la batterie qui ne se rechargera plus jamais autant qu'à l'origine.
Je ne sais pas lutter contre cette fatalité.
C'est comme si, en moi, quelque chose sentait que c'était inéluctable.
Pourtant je suis de bonne foi. Je veux croire que mes sentiments ne sont pas vains.
Et je suis ramenée systématiquement à la vacuité, à la petitesse et à une superficialité dont je ne m'accommode pas.
La routine du manque de fantaisie.
L'absence d'imagination.
L'impossibilité d'aimer les impardonnables défauts de l'autre.
Je fais mine de tout excuser, comme si je me parais d'une grandeur d'âme certaine, mais en fait, je compte les points avec une mesquinerie méprisante. Pour me détacher. Pour me draper dans cette supériorité bien pensante, bien agissante en condamnant l'autre.
Comment pourrais-je me satisfaire de tant d'imperfections ?
Le pire, c'est que je vais considérer que l'autre a une responsabilité totale de ses actions : il est de sa volonté que d'élever librement son niveau de conscience et ses agissements... Alors, l'erreur que chacun a le droit de perpétrer, est censée être celle qui permet la prise de conscience du «plus jamais ça». Et j'assassine ceux qui ne comprennent pas du premier coup. Sans coup férir. Leur tordre le coupable cou. Pour un manque d'ardeur qu'Ovide lui-même eut condamné.
Suis-je dure ?
Oui, je suis monstrueuse. Inhumaine de mes exigences surhumaines. Je donne trop pour vouloir vivre d'expédients.
Pourquoi ai-je voulu que toi, si unique et si peu conforme, tu pénètres dans cette cage dorée et ouverte ?
Pourquoi ai-je souhaité que tu distilles en mes veines ce poison si amèrement doux ?
Non, je ne suis pas une «séductrice» ; pire, les hommes de ma vie sont rares et exceptionnels.
Cela ne leur confère que plus de valeur.
Je suis fière d'avoir aussi peu de conquêtes à mon actif. Je crois que mon orgueil n'était pas étranger à cette volonté farouche d'échapper à la fugacité de rencontres qui ne m'auraient rien donné de plus que les quelques secondes d'un coup de rein ou de langue, d'accord... les quelques heures... dans le pire des cas (et non le meilleur dès lors qu'on n'aime pas) ! Car lorsque je me donne, c'est sans calcul. Ou je ne me donne pas. Je n'aurais pas pu feindre le désir pour un homme objet, ni me rendre au simple désir de l'autre. Je ne peux pas. Je n'ai jamais pu. Je me souviens, une fois, avoir eu la prescience que lui et moi faisions l'amour pour la dernière fois. J'avais décidé de le quitter. Je n'étais déjà plus là. Je me suis détestée d'avoir eu la faiblesse de m'abandonner, alors que je savais au fond de moi que mes pensées étaient déjà tournées vers un autre. Pourquoi cette lâcheté de ne pas avoir assumé, pourquoi cette volonté de connaître «la dernière fois» ? Parce qu'il avait été mon premier amant. Deux ans d'amour, cela ne se balaie pas comme ça.

J'ai toujours été fidèle. Même envers ceux qui ne le méritaient pas et ne l'étaient pas.
Sauf une fois.
Ou deux.
Mais je n'étais pas engagée.
Eux non plus.
Je n'ai jamais agi par souci de vengeance ou si peu, mais plus dans celui d'épancher ma blessure narcissique aux sources d'un autre homme qui m'aimait. Et auquel je me suis attachée par la suite.
J'ai quitté un nombre de fois égal à celui dont j'ai été quittée.
Bien entendu, lorsque une femme rompt, c'est une s... je m'en fiche. Je n'ai pas toujours su gérer ces moments avec le tact nécessaire. Eux non plus, c'est le moins que l'on puisse dire. Avec l'âge et la maturité, les dernières ruptures ont été mieux «accompagnées». Je suis amie de mes ex. Ou presque. Disons qu'en dehors de mon époux, j'ai des relations normales avec eux. Si je veux.
Mais je ne reviens jamais sur mes pas. Quand je dis «over» c'est «over».
Ah oui, une petite particularité : sur trois ruptures «provisoires» que je n'ai pas voulues, j'ai renoué dans trois cas. Ce sont de petites expériences de cette nature qui donnent un soupçon de confiance et je comprends que parfois il faille se rassurer auprès de nos anciens compagnons. Dans ces situations je reste systématiquement dans une attente paisible. Sans volonté délibérée. Avec une quasi certitude. Que je saurais coûte que coûte lorsque je devrais renoncer de façon définitive.
Je n'ai pas eu à renoncer. Hasard ? Concours de circonstances ? Jamais je n'aurais brisé un embryon de couple, une relation appelée à s'épanouir, un projet. C'est en cela que je condamne l'attitude des femelles devant vos fragilités. D'ailleurs lorsque l'un d'entre eux m'a quittée de façon définitive, c'était lors de la rencontre avec sa future épouse. Je me suis éclipsée sans aucune provocation. Comme un respect de l'évidence.
Pour un autre, ce n'est pas pareil, c'est moi qui l'ai fermement éconduit quand il a dégainé son alliance de sa poche après nos 16 mois de relation, il savait qu'il «pouvait me faire confiance». Il a été décontenancé. Si j'avais ignoré la reprise d'une relation avec sa fiancée, je ne pouvais mettre en péril la confiance de cette jeune épousée dans son couple. J'aurais eu honte. Il n'est toujours pas fidèle après quatre bonnes années de mariage, mais, en tout cas, ce n'est pas par moi, car notre amitié, elle, est fidèle ! Il ne manque pas de me rappeler combien il me regrette. Je crois que je suis la maîtresse la plus reposante de la terre : toujours accueillante, jamais de saute d'humeur, pas de caprice, un vrai bonheur. Le repos du guerrier dans toute sa splendeur. Quel dommage qu'il ait relevé d'une autre confession, je crois qu'il m'aurait trompée !
Il est tellement jaloux de toi qu'il ne donne plus signe de vie ces derniers temps, contrairement à nos vieilles habitudes.
Mais je t'ai déjà conté cela.
Je te l'écris, parce que cela te fera des souvenirs, pour plus tard.
Quand nous serons bons amis.
Et que tu seras un papa gâteau attentif et fidèle à sa jeune épouse.
Je veillerai à distance sur toutes tes incartades et tes inconduites que tu n'auras plus. Je serai ta mauvaise conscience. Profite ! C'est le moment ou jamais de faire tout et presque n'importe quoi (si t'es cap !) pour épuiser jusqu'à la dernière cartouche tes envies de libertin. Et non de liberté.
Tu n'auras bientôt même plus envie de trouver dans cette fausse liberté cette vague fuite de toi-même et de ces peurs irrationnelles de ne pas mériter d'être aimé. Jusqu'à y parvenir.
L'amour ne se mérite pas. Il se donne et se retire, comme la mer.
Parfois il se déchaîne. Quelquefois il enchaîne.
À tort.
Personne ne peut priver un animal sauvage de ce qu'il préfère : je suis une louve.
Je protège mes petits. Je défends ma tanière. Gare à celui qui ne sait pas reconnaître cette nature-là.
Il est éventré d'un coup de griffe et de dent avant d'avoir poussé le moindre cri.
Quand une louve est blessée, elle se terre, protégée par sa meute autour d'elle.
Elle lèche sa plaie. Un jour, elle est guérie. Plus forte. Elle ne mettra plus sa patte dans les pièges aux dents acérées sans savoir. Il est des endroits où il ne faut pas la poser.
Le mariage en est un parfois. La vie en couple n'en est pas loin.
Les autres ne sont pas des pièges.
Les sentiments sont le reflet du bonheur de se savoir vivant. Chacun les vit et les assume comme il l'entend, à hauteur de son degré d'évolution.
C'était mon quartier le plus atrophié au début de mon analyse : les sentiments. Tous rabougris. À force du manque d'amour.
La pensée et l'intuition étaient déjà plus développées. J'ai travaillé sur les sensations. Mon naturel ne demandait qu'à s'y épanouir.
Aujourd'hui, après avoir atteint une forme d'équilibre entre ces quatre fonctions psychiques, la fonction transcendante, le «je» émerge. Le «je» n'est pas celui de l'égocentrique, mais celui de la personne qui s'affirme.
Qui commence à savoir.
Surtout si elle accepte ses limites.
Et «je» refuse de jouer de ce que son savoir pourrait lui donner de pouvoir contre les autres, sauf pour faire leur bien. Malgré eux.
«Je» ne peut pas être infidèle. Car il se tromperait lui-même au risque de blesser des protagonistes qui n'ont pas tous la capacité à supporter qu'on leur fasse ce qu'ils font à autrui.
Le «je» est intransigeant. Moral. Ethique. Conscient.
S'il s'arrête en chemin, le chemin continue malgré lui. Il se regarde agir. Il se voit. Il ne peut plus oublier ni faire semblant. C'est lui qui s'observe. Alors il n'a plus d'alternative : la lumière ou la lumière. C'est pour cette raison que je suis tranquille.
Même si l'une des deux est ombrique : libre-arbitre oblige !
Elisabeth Courbarien



Peux-t-on faire le choix du partenaire amoureux ? Avons-nous vraiment cette liberté ? Ne sommes-nous pas l'objet d'un destin, ou sous le coup de la chance voire du dépit lorsque celle-ci n'est pas vraiment au rendez- vous ? Avons-nous ce choix tout en respectant le mystère de l'amour ? Peut-être.

Lorsqu'on a reçu le coup de foudre et qu'il a fait naître un grand amour, vaste et large, solide comme un roc, et pourtant toujours fragile, on peut penser que cette force n'est pas le résultat sec et dur d'une somme mathématique de qualités qui nous convient.

Pourtant pour moi, c'est le cas, avec la sécheresse et la dureté en moins. Tout de même ! Cette foudre est sortie de mon cœur et s'est abattue sur moi avec la même vigueur. J'ai patiemment et furtivement comme l'écureuil grignote ses fruits préparés pour l'hiver – je m'en suis aperçue bien plus tard – ajouté les unes aux autres, les beautés, les grandeurs, les noblesses, les rires, les joies, les éclats, les verdeurs et les mélancolies si agréables à vivre au coin d'une cheminée dans une grande pièce spacieuse.

Brigitte Delaunay



« Rien n'est écrit, excepté en toi-même »
Laurence d'Arabie

Croyez-vous que « tombe amoureux » qui veut, selon son bon plaisir et par un acte réfléchi et délibéré…? Dans ce cas, de quoi le « choix » serait-il porteur ? Quelle valeur, quelle crédibilité pourrait-on lui accorder ? Choisir, en effet, c'est sélectionner une chose précise que l'on préfère parmi d'autres ou opter « librement » et « en connaissance de cause » pour un type d'action que l'on aime. Oui, mais, nous avons appris que les choix qui régissent notre vie ne se font qu'au travers d'un faisceau d'influences biologiques, psychologiques et même en interdépendance avec le cosmos. On nous a appris aussi que nous sommes animés par des courants subtils que nous ne maîtrisons pas, tel l'inconscient collectif et familial, l'inconscient personnel, qui ne manquent pas d'abattre leurs cartes au moment des choix. N'oublions pas que notre histoire a pour toile de fond ce qui a été transmis par les ancêtres, le vécu de la famille dans laquelle nous avons grandi, de la société à laquelle nous appartenons sans passer outre ce que nous avons rejeté, refusé, refoulé. Alors le choix, où le situer ?

Lucidité oblige, direz-vous ! Envoyons donc tous ces conditionnements par-dessus le mur et laissons la conscience, qui est le noyau du « Moi », accéder au monde du réel ; laissons notre libre arbitre émerger clairement et accordons lui une place de choix. Notre pouvoir de réflexion est le garant de notre liberté, si mince soit-elle.

Alors, et l'amour dans tout ça ? Et les partenaires ? Comment nous découvrir, nous reconnaître, nous aborder ? Et la part de rêve lorsqu'elle devient réalité, n'est-elle pas l'effet de notre vouloir et de nos décisions ?

Il faut bien admettre que si notre réflexion intervient, c'est pour donner quelques bonnes justifications à nos choix qui, la plupart du temps, sont irrationnels. Sans vouloir être fataliste, se « reconnaître » et avoir « le déclic » ou « le coup de foudre » est le jeu de certains facteurs qui ne sont pas toujours du domaine de la conscience, mais un seul de ces facteurs suffit pour nous rendre amoureux et pour que Cupidon active ses flèches.

Quels mystérieux courants peuvent ainsi nous émouvoir et avoir des répercutions sur notre vie ?

Ne nous en déplaise, l'impact « du choix » lors d'une rencontre, se situe sur un plan qui nous est étranger, car il résulte de données génétiques. Dans l'attrait amoureux, une tendance joue un rôle déterminant et le conditionne. Ce rôle, dans un espace scénique bien orchestré, est tenu par des pulsions spécifiques d`origine sexuelle : c'est un facteur biologique, caché et inconscient.

Ainsi, deux individus qui se rencontrent et sont attirés l'un vers l'autre sont porteurs des mêmes caractéristiques génétiques, conductrices des mêmes dispositions latentes, c'est-à-dire des mêmes facteurs héréditaires ou apparentés. Fondée sur ces affinités internes, c'est la force latente des gènes qui dirige les modes de formation du couple. Les comportements, à leur tour, correspondent aux dispositions de l'inconscient et répondent aux besoins pulsionnels, sexuels, chez les deux partenaires.

Ainsi le dynamisme des gènes se manifeste suivant l'opportunité de la rencontre et possède plusieurs flèches à son arc, mais à la base de tout choix, c'est le même moteur pulsionnel qui s'exprime en empruntant différentes voies.

Citons quelques exemples, les plus communs, dont nous avons pu nous-mêmes faire la remarque.

L'une d'elle est un véritable piège de l'amour : le courant passe entre deux individus lorsque leurs visages possèdent des germes de ressemblance. Chacun retrouve dans le visage de l'autre quelque chose de soi qui lui est familier. Ces caractéristiques dictées par les gènes, sont responsables de toute attirance et de tout attrait. Cette ressemblance ne porte, en général, que sur une partie de la physionomie. Par exemple, la forme des yeux ou la bouche et son sourire ou encore la forme générale du visage, etc. Ces germes de ressemblance s'accentuent toujours avec le temps. Même attirance pour un être que l'on rencontre « par hasard » et qui évoque corporellement une personne de sa famille que l'on a aimée enfant ou adolescent. Nous avons parlé de piège de l`amour. En effet le rapport des visages n'implique pas obligatoirement celui des caractères qui peuvent sensiblement différer. Malgré les mésententes le lien résiste souvent aux frictions dans ce type de rencontre.

Le cas opposé est également possible. Si l'image de nous-mêmes, formée dès notre plus jeune âge, ne nous satisfait pas, si nous ne nous aimons pas, nous serons alors attirés par un visage aux éléments morphologiques contraires. Les partenaires ne retrouveront pas dans l'autre ce qu'ils se refusent. La loi de la nature veut que les contraires s'attirent, chacun apportant à l'autre une part d'inconnu et la lui fait découvrir. Ici encore, au motif inconscient répond le besoin pulsionnel autant que psychologique.

Un autre facteur particulièrement puissant et responsable du choix, est la représentation du sexe opposé qui très tôt s'est inscrite dans notre psyché. Selon notre réceptivité, une image idéale accompagnée de sensations, de sentiments, d'émotions, de fantasmes, a habité notre monde de l'imaginaire; lors d'une rencontre adéquate celle-ci sera projetée sur l'objet « du choix » en mode évocateur.

Les parents ou leur substitut selon ce qu'ils représentent dans l'expérience affective et émotionnelle de leurs enfants sont aussi responsables d'un certain déterminisme chez eux. La tendance à reproduire « l'imago parental » est très commune; souvent lors d'une première union, on tend à former un couple sur le modèle des parents, mais lors d'une deuxième union on suit très fréquemment le modèle opposé. Jamais les moyens termes n'interviennent dans le choix des partenaires et n'exercent un pouvoir attracteur. Seuls, « le semblable » ou « le contraire » provoque un attrait et agit en fonction de ce qui a été vécu antérieurement avec le sexe opposé.

On pourrait citer bien d'autres cas où le choix est conduit par des facteurs biologiques, tous d'un égal intérêt. Donnons encore un exemple que chacun de nous a pu observer. Quelquefois nous ne comprenons pas pourquoi deux individus, qui apparemment ne sont pas faits l'un pour l'autre, se sont unis et sont heureux. En examinant leur expérience respective, vécue dans leurs jeunes années, on constate que les phases de vie par lesquelles ils sont passés, se ressemblent, et ont laissé en eux des traces indélébiles. Leur psychisme s'est construit à partir de données affectives similaires bien que leur cadre de vie et leur situation aient été différents. Ainsi leur réceptivité et sensibilité se sont trouvées en affinité : ils se « reconnaissent » par le langage de l'inconscient pareillement structuré ; ce sont les « non-dits » d'une communication plus ou moins implicite qui a orienté leur choix.

En règle générale : les inconscients communiquent et le courant passe de l'un à l'autre des amoureux qui captent mutuellement leur univers. Le choix est conditionné de l'intérieur, mais le plus souvent les partenaires ne voient dans leur rencontre que l'effet du destin.

Le concept « du choix attirance » fondé sur ces données génétiques n'implique pas que nous subissions et soyons téléguidés par nos aïeux, ni que nous agissions comme ils l'auraient peut-être fait eux-mêmes. Nous sommes construits et constitués sur un système à plusieurs dimensions. Cependant nos ancêtres, mêmes les plus lointains, ne sont pas innocents quant à nos représentations mentales, nos désirs ou nos ambitions. Les gènes sont indestructibles et inchangeables et les pulsions sont porteuses d'états d'être antérieurs. Chaque naissance n'est pas une reproduction, mais une procréation. La rencontre des 23 chromosomes respectifs des parents sont à l'origine d'une nouvelle composante qui donne naissance à la personnalité unique que nous sommes. Du fait de cette nouvelle programmation génétique naissent des êtres différents depuis que le monde est monde. Le corps possède une forme de pensée due à notre hérédité et nous influence selon la force de nos conditionnements, mais notre programmation personnelle nous permet aussi de vivre tout événement d'une façon originale sans déterminisme absolue. C'est sans doute dans cette perspective que nous pourrions situer le libre arbitre ouvrant la porte au « bon choix ». Il nous porterait alors à une communion représentative d'une intimité qui est la marque la plus parfaite du couple.

Jeanine Ercole



Le choix du partenaire pose la question de la présence et d'une rencontre originaire. En quête d'un corps ou d'une parole dont nous n'avons pas conscience, mais, dont, sans cesse, nous essayons de retrouver la trace, qu'en est-il du choix ?

Pris à la fois dans le jeu de nos figures familiales, historiques, de notre imaginaire et de l'objet même de notre désir, désir qui n'en finit jamais d'être comblé, choisissons-nous vraiment ou laissons-nous nous choisir ?

D'emblée, dans ce regard traqué, le sadique reconnaîtra celui qu'il pourra, sans effort, asservir; dans ce corps sans parole, le violent discernera l'objet de son désir; cet homosexuel aux tendances plus ou moins inavouées jettera son dévolu sur cette jeune femme que le seul mot de sexualité plonge dans l'effroi; dans ce prénom identique à celui d'un parent admiré, cet autre investira le souvenir d'un amour idéalisé.

Mais au-delà de cette reconnaissance lointaine ou parfois brutale ce qui, dans ce dernier cas, peut être qualifié de coup de foudre, ne faut-il pas, pour que la rencontre se mue en destin, que l'amour qui est blessure, irruption de l'Autre au cœur du même, devienne véritable consentement, acceptation de soi, de ses faiblesses pour tout simplement accepter avec l'autre de regarder dans une même direction ?

La liberté du choix résiderait-elle donc dans cette capacité de discernement qui consiste à consentir ou refuser ?

Michèle Laburthe-Tolra



Parler du choix du partenaire amoureux et c'est tout de suite une foule d'arguments, d'évidences et de contradictions qui se présentent à l'esprit. On pourrait attendre d'un choix libre qu'il soit définitif et d'un choix forcé qu'il soit fugace. Or, il semble que ce soit souvent le contraire. Jamais le divorce ou plus généralement la séparation n'ont été aussi fréquents que depuis la soi-disant libération sexuelle de la fin du vingtième siècle, que depuis qu'il est bien entendu que l'on se choisit librement, sans la contrainte pesante des siècles passés. Cela signifie-t-il que l'homme est par essence volage et que la liberté de mœurs lui permet enfin de s'épanouir ou au contraire que l'accomplissement naturel du couple éternel et unique est battu en brèche par la licence actuelle. J'aurais aimé pouvoir trancher, mais je ne peux qu'essayer de réunir quelques-uns des facteurs entrant dans ce choix crucial. Et pour cela, il me semble essentiel de remonter aux pratiques de nos ancêtres archaïques les animaux voire même les plantes. Il reste de ces pratiques, bien évidemment, des traces nombreuses dans notre comportement.

La pérennité de l'espèce qui se traduit par l'instinct de reproduction semble le principal élément présidant aux accouplements, sous des formes parfois très différentes, les unes des autres :

– La femelle unique a besoin d'une multitude de mâles pour assurer le renouvellement de l'espèce, c'est le cas des fourmis, des abeilles ou des termites : la reine s'envole pour un vol nuptial, poursuivie par une nuée de mâles. Les plus forts, ceux qui parviendront à la rattraper dans ce vol, auront une relation sexuelle qu'ils payeront d'ailleurs de leur vie. Ils n'auront vécu que pour assurer la descendance. Il est à noter que la reine ne choisit pas, elle se laisse prendre par le plus fort, celui qui est sans doute le plus apte à fournir la semence la plus saine. Le mâle non plus ne choisit pas et pour cause, il n'y a qu'une partenaire possible. Le meilleur mâle gagnera de la même façon que le meilleur parmi quelques millions de spermatozoïdes pénétrera dans l'ovule ;

– Le mâle unique a besoin d'un harem. On en trouve un exemple très net chez les cervidés. Les mâles se battent pour prendre la possession du troupeau de femelles. Le plus fort bat et éloigne les autres mâles et devient le géniteur unique du troupeau. Là encore, en fait, il s'agit d'une sélection du meilleur géniteur comme chez les abeilles, mais sous une forme différente. Là encore le souci de la nature est de trouver le procréateur permettant la pérennité de l'espèce par élimination des mâles déficients ;

– Un autre élément semble favoriser le partenariat multiple : la brièveté de la vie. Plus l'individu de l'espèce a une vie courte, plus il va se dépêcher de procréer et plus il aura de partenaires, car il n'a plus le temps de choisir et le premier partenaire venu fait l'affaire. Par contre les animaux vivant vieux sont moins pressés et le partenaire unique apparaît plus souvent. L'homme vivant quatre-vingt ans en moyenne est dans ce cas.

On retrouve plus fréquemment le comportement tribal chez l'homme avec la tendance à constituer des harems pour les forts, les faibles se contentant d'errer lamentablement autour des femelles qui leur sont interdites. Il est vrai qu'un autre élément intervient en faveur de ce système. Les hommes meurent plus facilement à la chasse ou à la guerre et les femmes en surnombre sont plusieurs à se disputer de rares époux. Cet argument pourrait toutefois être contourné, si l'on considère que la chasse et la guerre qui ont éliminé les hommes, généralement les plus faibles, sont en fait un autre moyen, justement, de sélectionner les plus forts pour la procréation. La polygamie est en voie d'extinction, mais existe encore de nos jours dans certaines traditions comme le monde musulman. Il convient toutefois de rendre justice à Mahomet quand il autorise quatre femmes à l'homme. En fait, ce n'est pas tant une licence qu'il accorde qu'une limitation qu'il impose. En opposition aux coutumes non restrictives de l'époque, Mahomet n'autorisait plus en fait que quatre femmes et encore sous certaines conditions d'équité difficiles à remplir pour qui n'était pas un surhomme. Il est à noter que dans d'autres lieux, dans d'autres temps, la rareté des femmes a permis parfois à la polyandrie de se développer.

De tous ces exemples, il semble qu'il faille retenir le principal élément guidant l'instinct, à savoir la perpétuation de l'espèce dans les meilleures conditions. Mais chez l'homme, il faut rajouter d'autres éléments venant souvent en contradiction, sans trop insister toutefois sur la possibilité récente de la contraception qui aurait tendance à éliminer l'argument de la procréation. Je pense aux projections que fait l'homme de l'image de son anima ou la femme de l'image de son animus avec toutes les erreurs que les projections engendrent régulièrement. Cette anima qui vit en moi, qui fait partie de moi, qui puise beaucoup de ses sources dans l'instinct évoqué ci-dessus, j'aimerais tant la retrouver à l'extérieur. J'aimerais tant réaliser ce vieux rêve, reconnaître la femme qui m'est destinée de toute éternité, l'être polaire, celle qui ne fait qu'un avec moi. On voudrait bien, mais que de chutes que d'erreurs ! Notre inconscient connaît par cœur l'anima, mais l'image que le conscient s'en fait, est très floue. L'image de l'anima ou de l'animus a beaucoup à voir avec l'instinct. Elle en serait une sorte de sélection, un choix parmi toutes les options possibles. La confusion s'accentue avec l'intervention de l'environnement qui vient renforcer la notion de reproduction ou au contraire l'étouffer : modes, traditions, habitudes, époques, éthiques… Et la vision du partenaire idéal se perd dans cette confusion au point que le choix prend souvent l'aspect d'une loterie où le hasard est roi. Heureux ceux qui ont été capables de détecter le partenaire idéal dans tous ces méandres. La tradition orthodoxe est plus proche dans ce domaine, de la tradition islamique que la tradition catholique. Pragmatique et consciente de ces difficultés, elle tolère trois divorces, mais considère que le quatrième partenaire doit être le bon.

Notre époque de libéralisation des mœurs, nous a fait oublier que le but de l'acte sexuel était essentiellement la procréation et que le plaisir sexuel était avant tout, la façon inventée par la nature pour susciter cette procréation dans les meilleures conditions.

Il n'est pas question de porter un jugement définitif sur notre époque, et encore moins de condamner l'acte sexuel sans procréation. Je ne fais que constater ici la grande difficulté, pour cause de confusion entre instinct, inconscient et environnement, à découvrir le partenaire amoureux idéal.

Paul Ruty



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