NUMÉRO 138 REVUE BIMESTRIELLE août-septembre 2011

Choisissez la couleur du fond d'écran :

Revenir en mode de visualisation classique

Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela La nostalgie
 
Bernard, Hervé La nostalgie
 
Cohen, Rut Transitar
 
Delagneau, Philippe La nostalgie
 
Giosa, Alejandro La nostalgia
 
Labhraidh, Seonaidh La lección del águila: no desistir
 
Manrique, Carla Nostalgia por tu partida
 
Recher, Aurélien La nostalgie
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de septembre 2011
  Rapport annuel de l'association pour 2010
  Forum des associations du XVIème
 
Thomas, Claudine La nostalgie


Envoyer à un(e) ami(e)
    envoyer à un(e) ami(e)    
   Imprimer/Imprimir
    imprimer    
   Vos réactions sur ces articles
    vos réactions sur ces articles    


« Apprends à faire cadeau de ton absence à celui qui ne sait pas apprécier ta présence. »

Cette phrase m'interroge. Pourquoi ne pas pouvoir connaître la nostalgie ? Serait-elle une menace, mais dans quel sens ? Je vis dans ma réalité de chaque jour, naturellement relative, dans un présent qui ne me demande que de le savourer. Oui, je vis dans mon présent qui est le produit de mon long parcours dans le chemin si complexe de la vie.

Le présent m'arrache de mon passé où il y a eu comme dans tous les parcours de vie des moments magnifiques et d'autres terrifiants, mais j'ai l'impression que je garde par économie psychologique les instants fugaces où j'ai connu avec émerveillement : les bras de ma grand-mère, la découverte de Dieu, l'école, l'amour, l'université, la vie, les étés, la mer, la campagne, la maison de la campagne, les retours de la plage, le vélo, la surprise des parterres fleuris de lys de la même couleur que le ciel de l'aube, les barbecues, le ronronnement du moteur des avions, les sommeils faciles de la jeunesse, l'espérance enfantine d'être la protagoniste d'un conte de fées. Je pense que l'énumération de tous les flashes de ma vie est immense, innombrable et la maternité c'était la découverte la plus fascinante que je peux évoquer, mais sans nostalgie, car j'ai toujours aimé mes enfants au temps présent.

Maintenant ils sont partis par des chemins qui divergent du mien, obéissant au cycle naturel et quelque part ils déclinent chacun à leur manière l'histoire de nos vécus ensemble. Ce n'est pas étrange, c'est normal.

Cette phrase m'a touchée, parce que je suis confrontée à un certain sens plus profond et je me questionne si je ne suis pas en train de faire cadeau de mon absence à mes enfants qui aujourd'hui sont des hommes et des femmes adultes comme moi-même, parce que, peut être, je ne sais donner ni valeur ni sens à ma présence dans leurs vies d'aujourd'hui.

J'ai transformé efficacement la mère nourricière que j'étais en mère symbolique que je suis. Ils ont bien le droit de décliner ces histoires librement. Je ne crois pas avoir une place indispensable dans ces vies. Ils ont eu besoin de ma présence, de mes soins, mais aujourd'hui je ne suis pas nostalgique de ne pas être nécessaire.

Mais cette phrase m'interroge, où sont les limites entre la présence et l'absence ?

Je crois être disponible en cas de nécessité, mais ils se sont libérés et moi aussi. L'amour n'est pas une question, il est là, comme un oasis dans le désert avec des plantes magnifiques, des abreuvoirs. Le mot « disponibilité » est aujourd'hui le plus riche cadeau à donner et à recevoir. Nous percevons comme réalité, par nos sens, ce qui est exprimé dans un langage symbolique, plein d'un dynamisme intrinsèque qui interagit presque imperceptiblement dans nos feedbacks.

En parlant de nostalgie, je propose de parler de l'interprétation des souvenirs et je suppose que nous sommes capables de dévoiler les structures de base de ce langage qui s'exprime par des retours de sensations physiques et psychiques différentes. Ce serait un autre idiome perceptuel qui est sûrement modifié drastiquement, et qui changerait notre interprétation.

Je fais allusion à une langue originale se manifestant comme intemporelle, neutre à la douleur, à la souffrance et interactivement fondée sur le principe de plaisir.

Maintenant, je me pose la question : Pourquoi la nostalgie serait-elle l'expression des souvenirs douloureux ? Vivre en accueillant nos souvenirs n'est pas nécessairement un effort pour la recherche du déplaisir. Ce choix de mauvais souvenirs relève d'une pathologie morbide qui cache quelque chose. Ils sont dans les discours spirituellement corrects. Mais tout est à critiquer, le poids du passé est plein de plantes narcissiques, ils ont tout, ils n'ont rien. Je ne sais pas si une fois ils ont lu les dix commandements, mais en tout cas ce sont des victimes.

Mes parents n'ont pas été parfaits, peut-être, mais je crois qu'ils ont fait le mieux qu'ils ont pu. Je me souviens d'une gifle de mon père quand j'avais seize ans, mais il m'a appelé « Petit ciel » et ma mère, elle, était ailleurs, mais elle caressait mes cheveux. Cela ne me regardait pas personnellement de savoir où elle était avec sa pensée.

C'est la lecture que nous faisons de notre histoire qui fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Je répète, comme disait Amado Nervo, « Vie, je ne te dois rien ; vie, nous sommes en paix ».

Le langage direct des rêves a besoin d'interprétation, les expressions verbalisées, écrites ou autres sur la nostalgie nécessitent aussi une interprétation.

Dans la symbolique des rêves, la vérité se manifeste nue, dans la compréhension symbolique de la nostalgie exprimée se cache la vérité, il faut la séduire pour qu'elle dévoile peu à peu le mystère initiatique d'une nouvelle compréhension de notre histoire de vie.

Fait à Paris, le 23 Septembre 2011
Date d'anniversaire des mes deux garçons et je suis disponible.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



La nostalgie est comme un continent ancien, secret et englouti, que personne ne peut approcher en direct, mais qui a laissé suffisamment de traces mémorielles qui nous laissent avec cette impression de certitude qu'il existe quelque part.

Il faut creuser, réaliser des fouilles longues et aléatoires avant de trouver quelque chose qui ait cette odeur d'un bonheur presque à jamais perdu, travailler longuement à l'intérieur de soi pour exhumer des bribes de souvenirs rattachées à ce continent presque oublié, à mi-chemin entre légende et histoire.

Mais c'est justement entre légendes passées et histoire personnelle qu'il convient de naviguer selon une démarche itérative au gré de ses réflexions personnelles et des événements de la vie, sans toutefois rester collé à l'un ou l'autre de ces lieux de la psyché.

Si nous nous contentons de ne rester accrochés qu'aux seuls souvenirs d'événements agréables dont nous nous rappelons avec certitude, nous perdons l'énergie vivifiante de l'imaginaire du paradis perdu, si positive et si prompte, pour autant que nous la laissions circuler et agir librement, à faire remonter nos besoins et aspirations inconscientes dans un objectif de meilleure connaissance et réalisation de soi.

À l'autre extrémité se perdre dans une pensée flottante de fantasmes et d'imaginaires sans aucun lien avec son histoire personnelle, les événements passés et présents n'apportera aucune nourriture à la réflexion et à l'action dans l'ici et le maintenant, le psychisme étant alors attiré vers une pensée schizoïde, passant de l'un à l'autre en fonction de la pression des événements et des mouvements de défense réflexes ou anticipés appris.

Mais le secret ne réside-t-il pas dans un subtil équilibre entre nostalgie et réalité, comme entre l'inconscient et la conscience, qui atteindrait son efficacité psychologique grâce un mouvement dynamique entre ces deux forces d'attraction de la psyché ?

Le principe de plaisir tendant à rester accroché plus longtemps que nécessaire à une force d'attraction nostalgique ou au terrain connu et rassurant de la réalité de l'ici et maintenant, il faut une bonne dose de discipline pour passer du non réel au réel et vice-versa. C'est le fil directeur de notre projet de vie associé à l'écoute de nos quatre fonctions psychologiques qui peuvent être le garant de la bonne utilisation de la nostalgie que chacun d'entre nous ressent en lui-même.

La nostalgie restera toujours une terre inconnue, entre imaginaire et passé révolu, source inépuisable de connaissance de nos racines et de nos aspirations les plus profondes, mais qu'un travail permanent, bien guidé par un esprit motivé, persévérant et discipliné, finalement professionnel vis-à-vis de soi-même, permettra d'approcher, de découvrir, de retrouver, même si son apparence fragmentaire peut nous décourager dans cette quête.

Hervé Bernard



Bienheureux celui qui peut s'en protéger, la voir et la garder à distance.

D'instinct, je sais que ce n'est pas mon amie. Elle me propose de m'abandonner aux souvenirs d'un temps passé, d'un temps qui crée l'illusion que le présent n'existe plus ou n'a plus d'importance.

Elle nous piège par l'illusion qu'elle donne d'un monde meilleur, mais révolu.

C'est une magicienne féroce. Hypnotisé, nous y mettons un pied, puis le second et sans y prendre garde, elle nous prend tout jusqu'à notre âme. Mon instinct me commande de m'en méfier comme de la peste.

Mais elle porte en elle, le germe de sa fragilité, un levier que nous pouvons saisir avec opportunité et volonté. Nous pouvons la questionner, la comprendre et transformer cette énergie en quelque chose d'utile aujourd'hui et maintenant dans notre vie.

À nous de défendre nos valeurs, nos souvenirs dans un temps bien présent. Rien n'est perdu, tout reste à conquérir ou reconquérir sans la possession.

Il y aura encore de nouveaux soleils, de nouvelles nuits étoilées. Peut-être qu'avec la compréhension de ma nostalgie, je pourrai vivre autrement, entouré d'amis qui me sont chers et qui partagent avec moi les souffrances et la joie d'être vivants bien ancrés dans la réalité de ce monde, reliés aux autres mondes.

Chessy, le 3 octobre 2011
Philippe Delagneau



1ère partie

Les temps passés, ceux des saveurs sucrées et délicates, sont enfouis à tout jamais dans ma mémoire. Ils me rappellent éternellement les moments de plénitude et de satisfaction qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui.

J'aurais pu les désirer encore, juste encore une fois, goûter pour un court instant, le désir assouvi et véritable au-delà de la frustration de l'abandon et du renoncement.

Je ne vis plus dans le passé. En tout cas, j'essaie. J'essaie juste de m'ancrer dans l'ici et maintenant pour que demain, si Dieu m'autorise à le contempler, soit meilleur qu'hier.

Les tableaux du passé sont révolus, mais ils vivent encore en moi, en nous, trouvant leur cause et leur finalité dans un espace irrationnel que nous partageons tous.

Aujourd'hui, disais-je, quand les vagues à l'âme tirent leur force de la lune, je m'accroche à ces îlots perdus en espérant qu'un jour peut-être, ils se révéleront à nouveau. Je ne pleure pas mon passé, je panse seulement les plaies de la misère avec les sutures de la miséricorde.

J'ai marché longtemps dans les allées d'un jardin abandonné ; je marche aujourd'hui à travers les ronces de l'existence. Ma nostalgie imprègne mon sentiment, comme l'esprit parle au bon vin. Je regrette parfois qu'Adam ait croqué la pomme. Mais je me soulage en disant que s'il ne l'avait pas fait, nous n'aurions pas pu voir que nous étions nus.

La nostalgie porte en elle sa cause et l'espérance des jours meilleurs parce que le temps, au fond, n'a jamais existé. Ai-je vraiment le droit de ne pas être ?

2ème partie

Chère maman,

Je ne t'écrirai pas un roman, encore moins une nouvelle, mais juste mon histoire, notre histoire que nous avons, ensemble, construit à travers le temps. Je me souviens de tout, de toi, de ton odeur, de tes soins, de tes câlins, des rendez-vous chez le médecin que tu prenais pour moi, de ta présence réconfortante dans mes moments de doute.

Je vivais dans ton sein puis après dans ta présence pour enfin prendre la mienne sans te mépriser.

Enfant, j'appréciais tes baisers que tu me faisais sur le front avant de m'endormir. Ils m'apaisaient face au mystère nocturne. J'étais heureux quand, assis à table, tu m'apportais mon repas et quand tu disais : « C'est tout ? Mange encore un peu. » Puis après, alors que je n'avais rien touché, tu revenais et avec ta tendresse maternelle tu prononçais ma libération : « Si vraiment tu n'en veux plus, tu peux sortir. » C'est ce que je faisais.

Ta chaleur de maman est comparable à la caresse de la lune un soir d'été. Elle est douce et apaisante. J'ai été aimé, je le sens, et je sens aussi que tu m'aimes encore. Je t'aime aussi, ma chère maman, mais différemment, car ton enfant, comme tu me l'as dit toi-même, a grandi maintenant, il est devenu un homme.

Et si parfois, les difficultés de la vie, me font douter, sache que je te remercie de m'avoir donné tant d'amour, car c'est aujourd'hui le socle de ma vie. Pour cela je t'en suis, chère maman, plus que reconnaissant même si le passé est à présent révolu et que cette page nous la tournons ensemble dans l'ici et maintenant.

3ème partie

Mon pays, ma terre, ma Normandie que j'irai un jour revoir, parce qu'elle me manque. Pays de mes ancêtres et que mes Pères ont protégé et servi. Empreinte d'une influence anglaise certaine, elle revendique insatiablement son enracinement français et chrétien.

Dans chacune de ses communes, s'érigent un clocher qui, quand les conditions le permettent, retentit dans tout le village. N'était-elle pas déjà si profondément croyante au seigneur de l'Église, qu'elle portait déjà dans son histoire druidique, l'empreinte de la Divinité.

Merveilleuse Rouen, ville aux cents clochers dit-on, qui en réalité en comporte 92. Oui, Rouen est un peu prétentieuse, parce que Rouen est aussi française.

Je viens d'ici dans ce petit pays du nord-ouest de la France. Les vallées sont aussi belles que ses collines bien que pas très hautes. Elle a appris par ses épreuves la grandeur de l'humilité. Nous sommes tous, à Rouen, un peu pécheur : Jeanne la Grande y fut brûlée vive en la place du vieux marché pour que cinq siècles plus tard elle soit canonisée. Brûler une Sainte ! Quel effroi… C'est pour que ça que Rouen est pieuse et courageuse. Elle rachète quelque part ses fautes et si elle pose le deuxième genou au sol ce n'est qu'à la gloire de Dieu ou alors pour rendre le dernier souffle.

Mon pays je l'aime comme on aime une mère. Les moments où j'y retourne je m'y sens bien, chez moi, à marcher quelque temps sous le crachin normand qui, soit dit au passage, peut durer véritablement des journées entières. Il me semble connaître chaque centimètre carré de cette terre qui nourrit nos bêtes.

Résidant actuellement à Paris, je pense y avoir été adopté. Paris veut être saluée sans être offensée. Je ne dis rien, mais, sans provocation, je confesse que mon cœur réservera toujours une place pour ma Normandie. J'y retournerai un jour, parce que je ne suis pas parisien, je suis provincial et en plus normand !

Fait à Boulogne Billancourt le 1er octobre 2011
Et le temps s'écoule à travers l'ancre qui définit l'espace.
Je sais qu'un jour, nous arriverons au bout pour renaître à nouveau.
Aurélien Recher



Pour lire ce fichier PDF, cliquer sur l'icône :

Si vous ne possédez pas le logiciel
Acrobat Reader
indispensable pour sa lecture,
vous pouvez le télécharger sur le site :
Acrobat Reader

SOS Psychologue




Pour lire ce fichier PDF :  Rapport annuel pour 2010

SOS Psychologue




Pour lire ce fichier PDF :  La vie des associations

SOS Psychologue



Je dirai que quelqu'un de nostalgique éprouve de la tristesse, un manque, soit d'une personne, soit de quelque chose qui appartient à son passé.

En ce qui me concerne je n'éprouve pas de nostalgie, je n'ai pas envie de revivre ce passé de tristesse, de souffrances, tous ces états négatifs de ma vie, au contraire, je veux et je travaille pour effacer toutes traces de ce passé, me dénuder de tout ce qui m'a été affublé afin d'être moi-même aujourd'hui et de laisser mon essence s'exprimer.

Nous devons laisser le passé au passé et aller de l'avant, sinon il nous tire sans cesse en arrière. Toutefois, il n'est pas facile de se libérer de son passé, car malheureusement, sans le savoir, nous sommes attachés à la souffrance, à toutes ses manifestations, et nous devons nous désidentifier.

Dernièrement suite à un déménagement, j'ai pu constater que je n'avais aucune nostalgie quant au lieu où j'ai vécu durant une trentaine d'années. Je n'éprouve aucun besoin de retourner à cet endroit, c'est fini j'ai tourné la page, cela appartient à mon passé désormais.

Malgré tout je reconnais avoir des moments de nostalgie, d'ailleurs est-ce réellement de la nostalgie, car ces moments sont des moments de plaisir. Par exemple lorsque je vais dehors et que j'entends un avion, c'est un plaisir pour moi, un instant de ma vie que j'ai enregistré, car je me vois encore dans le jardin avec mon père, un instant privilégié avec lui, un instant de paix et je me rappelle me dire à ce moment-là « comme j'aimerais arrêter le temps » et là j'enregistrais en moi le bruit d'un avion, un moment de soleil, le chant d'un oiseau comme pour immortaliser cet instant à jamais.

Fait à Chessy, le 20 Septembre 2011
Je sens la fraîcheur de l'automne qui arrive discrètement
ainsi que la chaleur du soleil qui fait son apparition par moment.
Je vois le feuillage de l'été revêtir son manteau de couleurs fidèle à l'automne.
Pas de bruit, seulement celui de la nature,
c'est la paix et que cette paix accompagne chacun d'entre nous !
Claudine Thomas