NUMÉRO 162 REVUE BIMESTRIELLE septembre-octobre 2015

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Auteur Titre de l'article Título del artículo
 
Pioton-Cimetti, E. Graciela Éditorial Editorial
  Renoncer Renunciar
 
Bernard, Hervé Renoncer
 
Cohen, Rut Ma prière et mes renoncements Renuncia y elección
 
Delagneau, Philippe Renoncer
 
Giosa, Alejandro Renunciar
 
Manrique, Carla Nunca renunciaré a tu amor
 
SOS Psychologue Séance d'analyse de rêves de janvier 2015
 
Stella, Silvia La renuncia
 
Thomas, Claudine Renoncer


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Saint-Exupéry évoque un esclave, Bark, qu'avec des camarades il avait tenté de libérer en réunissant la somme nécessaire pour sa libération et qui, finalement, s'abandonne à son sort d'esclave.

« Des hommes qui ont vécu longtemps d'un grand amour, puis en furent privés, se lassent parfois de leur noblesse solitaire. Ils se rapprochent humblement de la vie, et, d'un amour médiocre, font leur bonheur. Ils ont trouvé doux d'abdiquer, de se faire serviles, et d'entrer dans la paix des choses. »

Il y a dans cette interprétation de la conduite de Bark, beaucoup de compréhension indulgente, quoi qu'on puisse dire. La grandeur spirituelle se trouve parfois dans la résignation, parfois dans la révolte.

Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Choisir, c'est renoncer… et je vois l'image dans mon premier livre de philosophie qui illustrait ce dilemme. Oui, je crois que j'ai toujours été impitoyable avec moi-même et, une fois le choix fait, je ne suis jamais revenue en arrière. Quand j'avais décidé d'aimer un homme, je savais que je l'aimerais jusqu'à mon dernier souffle. Même si j'ai été parfois déçue de lui, j'ai trouvé la force pour continuer. Inutile d'imaginer la tentation, pour moi : cela n'existe que pour les autres.

***

Je ne renonce pas à être libre, autonome, en essayant d'apprendre à exercer mon libre arbitre.

***

Quand je suis partie d'Argentine, je ne l'ai pas fait sur un coup de tête, mais avec le sentiment de n'avoir que cela à faire. Mes tâches étaient terminées. J'ai renoncé à ma position professionnelle, à ma vie de famille, à la facilité de tirer profit de mes constructions matérielles et affectives. Une voix m'avait dit : « Va conquérir ta vie autrement, va accomplir ton devoir ailleurs »…

***

Il fallait choisir entre continuer avec mon esclavage. Oui, un esclavage constitué d'un asservissement à des êtres dont le manque de respect et de reconnaissance étaient en train de m'annihiler.

***

Seulement pour mes enfants, je ne suis pas partie avant. J'ai attendu de les voir grandir et faire des choix de carrière. Mon père, qui me protégeait, était parti et la politique dans mon pays était devenue catastrophique. Mon poste de conseiller médical légiste dans la Marine de Guerre argentine me plaisait beaucoup, mais malheureusement nous étions entre la guérilla et la répression. Je suis partie sans renoncer à mon poste que deux ans après quand l'institution a trouvé une professionnelle qui pouvait me remplacer.

***

Le changement de pays a été horrible… Tout me manquait : les enfants qui sont venus peu à peu pour décider si la France était un choix possible. Trois sont partis. Ils sont quatre enfants : seule ma fille aînée est restée, elle s'est mariée à un français et ses deux enfants sont nés ici. Elle est docteur en Sciences Politiques (elle est la deuxième de mes quatre enfants). Mon fils aîné était médecin, il est décédé d'un anévrisme qui a éclaté dans son cerveau.

Le troisième est avocat, marié, avec deux garçons magnifiques dont je suis fière, et la quatrième est médecin à Rio Grande, en Patagonie en Argentine avec ses trois enfants. Elle a un fils qui s'appelle Nicanor et que j'aime particulièrement pour sa sensibilité et sa qualité dans la communication.

***

J'ai bien renoncé à beaucoup de choses. Maintenant je confirme que mon intention de quitter mon pays était juste.

***

Aujourd'hui je renonce à une vie affective de couple. J'ai eu ma dose de joie et de souffrance. L'amour, je continue à le donner par l'accomplissement de mes devoirs choisis, de par ma vie sur terre.

***

Je travaille chaque jour de ma vie pour devenir un être éveillé. C'est absolument nécessaire de se prendre en charge pour le meilleur et pour le pire.

L'empathie m'accompagne, mais pas l'identification.

***

J'ai trouvé ma paix pour le moment. Je sais que nous sommes tous dans un équilibre instable, mais c'est mon choix de renoncer à l'aveuglement.

***

Je dois parler des deux derniers articles de la lettre de SOS Psychologue, car ils ont été des portes qui s'ouvraient, pour me faire parler aujourd'hui du renoncement.

Le premier article s'appelait « Vieillir », le deuxième et dernier « Le message ». Dans le premier article je disais qu'on perd en jeunesse ce qu'on gagne en sagesse j'ai ajouté qu'il faut le vouloir pour arriver, à petits pas, vers la sagesse. Renoncer devient logique selon les circonstances et dans le second article « Le message », je décline la relation entre le mental et la prose, entre l'émotionnel et la poésie, entre le silence et l'action.

***

J'ai pu constater, après avoir écrit ces articles, que j'avais eu pas mal de renoncements dans ma vie, le plus difficile ayant été l'expatriation.

Dans les rues de Paris j'ai versé beaucoup de larmes, surtout au parc Monceau. Je faisais mon jogging en récitant des mantras pour m'apaiser.

J'avais un gymnase club en bas de chez moi. Entre les patients j'allais me défouler en faisant tout mon possible pour me rééquilibrer.

Le ciel était gris, la pluie fréquente. L'absence de ma maison sur la mer avec mes enfants et les chiennes opprimaient mon cœur, mais j'ai persisté.

***

Pour revenir en Argentine il fallait avant tout réussir. Donc, de temps en temps j'ai renversé le tableau gris et j'ai su mettre des couleurs dans ma nouvelle vie et je suis toujours ici 37 ans après. Et je renonce à me poser des questions au sujet de thèmes périmés…

***

Dans mon tableau du présent j'ai amélioré largement des points douteux de mon tableau du passé et je constate que j'ai un bon futur de paix et des réalisations de vie. En plus, et je l'ai dit avec une certaine fierté, j'ai mérité la Légion d'Honneur comme une reconnaissance objective qui veut dire : « d'accord pour tes choix et tes renoncements ».

***

Nota : Et le toucher symbolique de l'acceptation de mon choix de pays était comme pour fermer un cycle. La Légion d'Honneur m'a donc été donnée le 11 octobre 2007, à moi toute seule, à la Mairie du 16ème par le maire, Christian Taittinger, et le drapeau argentin flottait sur le fronton entre le drapeau français et celui de la Communauté européenne.

Fait à Paris le 22 octobre 2015,
dans une après-midi somptueuse de l'été indien.
Doctora E. Graciela Pioton-Cimetti



Le renoncement est-il un luxe ou une nécessité ? À une époque, dans notre civilisation occidentale (quoique son modèle tende à être mondial), où notre comportement à de nombreux niveaux, obéit aux commandements de la société de consommation, le terme de renoncement apparaîtrait presque comme obsolète pour nombre d'entre nous. En terme plus psychanalytique, la secondarisation de la pulsion est bien mise à mal au profit d'une sorte de glorification de la pulsion primaire, celle qui permet d'accéder le plus immédiatement possible au plaisir.

Certains rétorqueront que la foi religieuse, quelle que soit la religion, ou la morale, intègre cet acte comme valeur fondamentale pour vivre en accord avec son Dieu et pour le salut de son âme. Ce renoncement intervenant dans différentes situations, le plus souvent pour mettre des limites aux pulsions ou à des traits de caractères négatifs. Mais la foi religieuse est souvent vécue a minima, et certainement pas dans l'intégralité de ses commandements et devoirs, laissant malheureusement la place à une absence de retenue au détriment du renoncement, tout au moins un manque de vigilance, quand cette posture est consciente, car souvent tout se passe à un niveau inconscient où pulsions et foi religieuse se mêlent dans une certaine confusion.

C'est pourquoi j'estime que nous vivons dans un environnement sociétal et moral où l'acte de renoncement ne va pas de soi. Mais alors pourquoi tant de bons et saints esprits cherchent à nous convaincre d'être capables à renoncer !

Si la question semble toute simple, la réponse mérite quelque réflexion.

Pour grandir et réaliser sa vie, le renoncement est-il nécessaire ?

L'expérience quotidienne fourmille de mille et un renoncements :

  • Si je choisis telle filière d'études durant mon adolescence, je dois renoncer aux autres, à moins d'être un surdoué. Mais depuis longtemps après le Pic de la Mirandole, qui au XVème siècle pouvait embrasser tous les savoirs, il n'est plus possible de tout apprendre. Les sciences et les techniques ayant tant évolué en volume de connaissances et en spécialisation,
  • Si j'habite telle maison, dans tel quartier, dans telle ville, dans tel pays, je ne peux pas élire domicile ailleurs, sauf peut-être à vivre à l'hôtel, chez l'habitant, c'est-à-dire en itinérance, ce qui est un choix et dans tous les cas tout choix impose des contraintes et des limitations en termes d'environnement, de possibilités,
  • Si j'accepte de vivre avec telle compagne, je dois renoncer à toutes les autres femmes, à moins peut-être de vivre dans l'adultère, mais ce qui génère bien des problèmes pour éviter l'interférence des vies multiples qui en sont la conséquence directe, avec le stress lié à la crainte de dire le mot inopportun ou de faire le geste proscrit, malgré soi.

De nombreux autres exemples montrent que la vie est une succession ininterrompue de choix à plus ou moins long terme, qui engendrent quasi mécaniquement, tout un ensemble de renoncements, parfois sans nous en rendre compte, car c'est intégré dans notre éducation, dans notre morale, dans une sorte de contrat plus ou moins tacite avec l'autre, avec les autres, avec la société, avec une communauté…

Pourquoi ne pas pousser le raisonnement plus loin ? Pourquoi ne pas pratiquer le renoncement comme un acte habituel du quotidien, en pleine conscience, pour mieux remplir les choix que nous avons faits ?

Il ne s'agit pas de savoir ce qui nous convient le mieux, car après l'élimination des chemins qui nous paraissent sans réel avenir, il reste toujours plusieurs voies possibles. Et là il faut choisir, pour le meilleur et pour le pire. Certains le font méthodiquement en pesant scrupuleusement le pour et le contre, voire en le mesurant, mais comment être assuré de la bonne métrique utilisée ? D'autres fonctionnent à l'instinct ou s'en remettent à des proches de confiance.

L'important est ensuite de se tenir au choix adopté, avec discipline et constance, car le chemin, même s'il peut mener au « paradis », au moins à un certain bonheur, n'est pas sans obstacle, sans épreuve, sans douleur. Il faut donc tenir dans les renoncements qu'implique la fidélité à un choix, pour ne pas verser dans l'instabilité, dans l'inconstance, en pensant un peu, de temps en temps, trop souvent qu'il serait préférable de revenir à ses renoncements, à moins toutefois d'avoir une raison très sérieuse de le faire.

Mais tout est question de foi en soi, en l'avenir, dans la pertinence du parcours choisi.

Et qu'il est doux, même libérateur, de suivre une route choisie au préalable, car nous pouvons alors investir toute notre énergie, ce qui est parfois bien nécessaire, pour explorer cette contrée de la vie, qui, nous l'espérons, peut nous mener très loin, peut-être au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

Dans l'autre cas, changer régulièrement de chemin, l'incertitude, l'angoisse et l'inquiétude peuvent vite absorber toute notre énergie, avec le risque de déprime, de maladie, de déstructuration de l'être, de perte de repère, surtout quand, à une période avancée de notre vie, nous n'avons toujours pas effectué un choix, et encore moins renoncer aux autres choix. En fait, nous n'avons fait que renoncer, tout le temps et encore, à choisir, ce qui est à l'opposé de la psychologie du renoncement.

Mais il n'est jamais trop tard, pour peu que nous nous ouvrions à la vie et que nous l'accueillions activement, pour faire un choix et être capable de renoncer aux autres chemins !

Hervé Bernard



Existe-t-il une prière, des mots qui nous correspondent et entrent en résonance avec nous ?

Y a-t-il un moment précis du jour ou de la nuit où, soudain, nous avons la nécessité de parler avec une personne qui nous écoute lorsque nous avons besoin de quelque-chose ?

Y a-t-il une rencontre avec le silence de l'au-delà ou d'ici, lorsque nous nous sentons fragiles, anxieux, faibles et sans protection ?

Y a-t-il un silence qui nous berce comme une mère compréhensive lorsque nous sommes malades ou lorsque nous devons dire adieu à un être cher et aimé qui a quitté notre planète pour les étoiles ?

Existe-t-il une énergie pacifique qui se pose sur nos épaules lorsque nous nous sentons agressifs, en colère, affligés ou dans la peine ?

Est-ce que alors, nous faisons appel à un esprit extérieur qui soudain va entrer en nous pour nous sourire et nous donner l'assurance d'une réincarnation miraculeuse ?

Y a-t-il une prière ? Oui, sans aucun doute, il y en a une.

Ces paroles que nous nous approprions, bien qu'elles ne soient pas de nous, s'emparent de nos pensées, et nous apportent des promesses de paix, de pardon et de bonté.

Si le commencement de notre rencontre avec notre moi profond palpite dans notre for intérieur, ces paroles seront précieuses pour nous permettre d'éliminer ces pensées néfastes qui nous mènent à un désordre quotidien.

Cette prière, ces paroles remplies d'émotions sont déjà en elles-mêmes une guérison, car elles nous amènent vers une prise de conscience et une dimension plus élargie.

Nos vies physiques, émotionnelles, mentales et spirituelles s'unissent au moment de la prière. Il se passe alors quelque-chose que l'on pourrait comparer à un tremblement de terre qui hérisse notre peau à chaque prière. L'énonciation est la mise en parole de tout notre être. Cet être qui palpite dans chaque respiration, dans chaque pulsation, dans le souffle harmonieux du cœur.

Peu à peu et en pleine conscience, maintenant sans dévier notre attention, la prière va se convertir jour après jour, en notre vie.

Nous sommes ce que nous pensons, ce que nous faisons, ce que nous rêvons, ce que nous souhaitons ardemment.

Que ce soit dans les rêves ou dans la vigilance, nous sommes toujours ce que nous sommes.

De nombreuses fois, on suppose que l'on doit accomplir des tâches importantes, faire des recherches, ou des œuvres pour que notre vie soit transcendante.

Mais le transcendant dans notre vie, c'est tout simplement être ce tube de lumière qui nous connecte à l'énergie de l'univers et de la planète terre à l'univers dans son immensité.

Quelles que soient les techniques pour y arriver : yoga, tantra, respiration consciente, guérison à distance, toutes nous conduisent à nous alimenter de notre propre énergie afin de canaliser nos pensées et nos émotions dans un même alignement afin que notre chemin de vie ne soit pas arbitraire.

C'est à cause de cet éloignement avec notre être profond, cet arbitraire, avec lequel nous occupons nos jours et nos nuits, c'est cela qui nous donne de la tristesse, et de mauvaises habitudes.

Ayons donc recours à la prière pour nous guérir.

La prière va peu à peu se convertir en un ami invisible qui nous montre le chemin.

Nous traversons un pont et nous ne savons pas ce qu'il y a de l'autre côté, et cependant nous continuons à nous sentir ce que l'on appelle communément « de meilleures personnes ». Et cela malgré les innombrables inconvénients quotidiens qui emplissent nos vies.

Et nous couvrons dans nos regards chaque être vivant avec une complaisance inconnue.

Cette prière qui a commencé comme une prière s'est convertie en un manteau qui couvre nos épaules avec la douceur du soleil au printemps.

C'est le manteau de nos âmes et l'esprit de l'univers qui a embrassé nos personnalités.

Ma prière ?

« À ce que nous avons été, ce que nous sommes et ce que nous serons… à l'humanité toute entière, que nous protège la pluie d'étoiles et la poussière de l'amour ! »

Rut Cohen



Renoncer m'apparaît instinctivement comme une action contre nature. J'y vois dans un premier temps une contrainte qui me demanderait un effort considérable sans que j'en reconnaisse le sens.

C'est à première vue un chemin d'incompréhension.

Renoncer à quoi et pourquoi, quel en serait mon bénéfice ?

Pourquoi parler de renonciation alors que les influences externes me poussent vers l'acquisition, toujours plus d'acquisition et d'accumulation. Rien dans mon éducation, ma socialisation m'a conduit à poser la question de la renonciation et à en donner un sens.

Quelle est cette extravagance, car après tout, je vis bien ou du mieux qu'il m'est possible.

J'ai certainement dû renoncer, mais par contrainte extérieure, parfois dans l'injustice, il s'agissait-là d'un renoncement accidentel, non désiré.

En quoi puis-je être concerné par la renonciation, à quoi faudrait-il que je renonce en plus ?

Si je ne trouve pas la compréhension dans la vie publique, peut être puis-je chercher et trouver quelques éléments de réponse dans les philosophies, les religions et les psychologies.

Cette action a peut être un sens dans un monde intériorisé justement humain, dans un monde jamais évoqué avec honnêteté dans une société régie exclusivement par les lois économiques et financières du marché dont les politiques ne sont par ailleurs que des relais et, le cas échéant, des fusibles lorsque la dynamique financière s'essouffle.

Je vois bien ma difficulté à travailler ce thème, à travailler dans le sens de la transmission, car il me renvoie à ma plus grande intimité, au subtil, à un premier rejet instinctif d'un chemin de vie qui nous a été imposé et qu'une curiosité étrique nous demande d'explorer.

La transmission de sa propre expérience directe est difficile. Comment pouvoir transmettre l'expérience d'un monde à peine exploré à quelqu'un dont on a posé des écouteurs et un bandeau durant toute sa vie.

Comment lui parler de renonciation, encore plus si ce carcan l'a conduit à une vie misérable. Et pour ceux qui en ont plein les poches comment leur faire comprendre un renoncement alors qu'ils considèrent avoir réussi leur vie ?

Mais si nous avons l'instinct étrique que nous ne sommes pas cette représentation sociale, que nous ne sommes pas ce JE individuel matérialisé dans un corps qui lui est unique, si nous avons cette sensation étrique que tout reste caché et à découvrir, alors redevenons courageux à vouloir ouvrir une porte qui nous propose la perspective de la connaissance de notre vrai moi, de notre vrai nature, de ce que j'ai été et de ce que je suis aujourd'hui réellement, profondément.

Pour celui qui entreprendra un tel périple, le renoncement prendra alors tout son sens.

Je vous en prie, soyez alors vigilant, car dans ce domaine comme les autres, le démon guette sa proie.

Écoutez votre instinct sans juger et agissez. Soyez prudent, le chemin d'évolution où nous conduit le renoncement est le plus beau des paradis réels, mais l'abîme n'est pas loin aussi.

Choisissez quelqu'un pour vous accompagner qui en est fait l'exploration, comme un guide de haute montagne qui après son ascension revient dans la vallée saint et sauf, joyeux et humble avec son groupe.

L'humilité joyeuse associée à la compréhension des grandes vérités, à une connaissance explorée sont les signes réels que vous êtes en présence d'un être véritable qui sait.

Cet être sera en mesure sans l'évoquer de vous amener petit à petit sur un chemin d'évolution cohérent qui porte en lui le germe de la conscientisation pour vous-même et les autres.

Le renoncement est une chose sacrée. Les magiciens et leurs mirages ne sont pas admis à pénétrer cette sphère. C'est une chose sérieuse et dangereuse.

Sa maison intérieure se construit peu à peu, pas à pas sur les ruines de nos fardeaux dont nous n'avons plus besoin, qui n'étaient pas pour nous et qui ne le sont plus.

Soyons prudent, soyons vigilant et humble. Le prix à payer pour la libération intérieure est le renoncement. Soyez consciemment entourés, accompagnés par un papa ou une maman qui aime ses enfants et qui connaît la difficulté d'une telle entreprise.

Souvenons nous de la parole du Christ, nous sommes tous des appelés, mais il y a peu d'élus.

Choisissez bien votre élu pour être bien préparé à ce que vous aurez à renoncer pour être.

Fait à Chessy, le 26 octobre 2015
Philippe Delagneau



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SOS Psychologue



Renoncer à son passé, lui tourner le dos sans jamais se retourner, c'est ce qui me préoccupe actuellement, car je me rends bien compte que je suis encore attachée à certaines choses.

Il est important d'observer le tableau du passé et celui d'aujourd'hui pour voir ce qui n'a pas été réglé et pourquoi.

La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. En effet, seule la souffrance volontaire et un travail conscient sur nous-mêmes peuvent nous délivrer.

Renoncer à son propre cœur, à sa propre volonté, à son propre esprit ainsi qu'à son amour-propre, c'est se dépouiller pour se perdre dans cet abîme d'amour, d'humilité et de patience, c'est aussi se purifier de l'intérieur afin que l'extérieur aussi devienne pur.

Je vois en moi une très grande résistance que ce soit à la confrontation ou à la souffrance. Une partie de moi ne veut pas renoncer, c'est une aliénation. Qu'y a-t-il de plus insensé que de résister intérieurement à ce qui est déjà ? Pourquoi s'opposer à la vie même qui est maintenant ? S'abandonner à ce qui est, dire oui à la vie. Accepter le présent comme un allié et non comme un ennemi.

La douleur du passé : le corps de souffrance craint la lumière de la conscience, il a peur d'être dévoilé. En fait sa survie dépend de notre identification inconsciente et de notre peur d'affronter la douleur qui vit en nous. Accéder au pouvoir de l'instant présent est notre seule chance.

Fait à Chessy, le 26 Octobre 2015
Claudine Thomas